Photo et illustration : Bhujangâsana, by Pépée

Autopsie symbolique d’une posture (II) : Bhujangâsana, le Cobra qui se cabre en Kûrma-Meru

En Yoga, la symbolique du serpent occupe une place privilégiée. C’est notamment sous cette forme qu’est représentée la Kundalinî, l’énergie cosmique présente en nous à l’état de sommeil en bas de notre colonne vertébrale. Par la pratique du Yoga – voie de la transformation (de l’Ignorance à la Conscience éclairée) – la Kundalinî est stimulée à se réveiller afin de s’élever jusqu’à l’ultime étape de notre Eveil spirituel.

 

Cette énergie cosmique est donc personnifiée par un serpent inerte, enroulé trois fois et demi sur lui-même et paresseusement blotti dans Mûlâdhâra Chakra (le chakra-racine, localisé au niveau du périnée). Et l’on pourrait dire que, charmé sous l’effet du son « Om » et du Prâna (énergie vitale) que le Yoga insuffle en nous, le serpent enroulé et endormi est amené à se dresser et à monter le long de notre colonne vertébrale (« Sushumna », le canal énergétique médian) jusqu’à atteindre Sahasrâra Chakra (le chakra-couronne, situé légérement au-delà du sommet de la tête).

Ainsi, en partant de l’appui de son ancrage à la base du corps, le serpent se redresse vers la Lumière transcendant notre incarnation.

Cette symbolique est pleinement active dans Bhujangâsana, la posture du cobra dans laquelle l’animal terrestre que nous sommes (être humain) se redresse grâce à son inspiration – le Prâna qu’il incorpore – pour se révèler à sa véritable identité (« Purusha », de nature divine).

Il est essentiel de constater que, dans cette posture, c’est la force de l’ancrage du bas du corps au sol qui permet de se redresser. A l’instar de l’animal rampant que cette posture figure, les pieds, les genoux, les cuisses, les hanches, le pubis et le bas-ventre sont fermement enracinés dans le sol et c’est grâce à ce socle solide et sécurisant que le haut du corps a la liberté de s’élever.

Pour pouvoir comprendre ce jeu de forces antagonistes et complémentaires (ancrage à la terre d’une part et redressement vers le ciel d’autre part), il est intéressant de se plonger un peu dans la mythologie hindoue…
kundalini

La notion de Kûrma (le socle) – Meru (l’action) à l’oeuvre dans Amritamanthana, l’épisode du barattage de l’océan de lait

A l’origine de l’Univers, alors qu’ils étaient de simples mortels, les Deva (dieux) et les Asura (démons) se disputaient le pouvoir de l’ordre du Monde.

Sur conseil de Vishnu, préservateur de l’Univers, les Deva unirent leurs forces à celles des Asura pour faire bouillir l’océan de lait afin d’en extraire le nectar d’immortalité (Amrita).

Dans cette entreprise de barattage de l’océan de lait, Vishnu se mit au service des Deva. Il se présenta à eux sous la forme de son avatar Kûrma (la tortue) et leur fît don de ses qualités de fermeté et de stabilité par l’offrande de sa carapace comme support et pivot sur lequel poser le mont Meru. Le mont Meru constitua, quant à lui, la baratte elle-même tandis que Vâsuki, le roi des serpents (tiens donc ! Un serpent !…), consentit à enrouler son corps autour de la montagne.

Ainsi, en tirant de part et d’autre les extrémités de Vâsuki, les Deva d’un côté, les Asura de l’autre, actionnèrent le mouvement du mont Meru. Et c’est grâce à son ferme mais libre établissement sur Kûrma que Meru pût transmettre de façon efficace et intelligente toute son énergie de transformation à l’Océan de lait sans dévier de son axe et sans épuiser ses ressources.

De l’alliance cosmique entre le socle Kûrma et l’action Meru, naquirent de fabuleux trésors, à commencer par Amrita (le nectar d’immortalité) mais aussi Kâlakûta (le poison)…

En réalité, loin d’être une infamie, l’apparition de Kâlakûta eût l’imminent intérêt de conduire les Deva à une prise de conscience fondamentale : leur détermination à acquérir le pouvoir d’immortalité généra la menace de la destruction de l’Univers dont ils désiraient pourtant maintenir l’ordre et l’équilibre.

Kâlakûta est donc aussi un trésor dans la mesure où il amena les Deva à discerner leur part d’ombre : leur désir insatiable de toute-puissance matérialisé par leur soif inaltérable d’immortalité et de maîtrise du Monde. Et de là, ils convertirent ce désir de l’ego en désir divin : c’est dans un amour désintéressé qu’ils assistèrent Shiva dans son sauvetage de l’Univers.
Car désemparés, les Deva s’en remirent au Seigneur Shiva qui, par amour pour le Monde, aspira le poison sans l’avaler. Toute la nuit, Shiva lutta contre le sommeil pour conserver le poison dans sa gorge sans risquer de l’ingérer. Et pour le maintenir éveillé, les Deva passèrent toute la nuit à chanter et à danser. C’est à l’issue de cette nuit que le poison se transforma et, afin que les dieux se souviennent du risque que leur orgueil avait fait courir à l’Univers, Shiva devint complétement bleu.
Les Deva se consacrèrent ainsi à la préservation de l’ordre du Monde mais ils abandonnèrent leur intention de le faire dans une quête de reconnaissance, de gloire et de prestige personnels. Et c’est justement parce qu’ils renoncèrent à ce dessein égoïste qu’ils obtinrent la Grâce.

 Amrithamanthana-le-barattage-de-locéan-de-lait-la-tortue-Kûrma-qui-supporte-le-mont-Meru-autour-duquel-est-enroulé-le-serpent-Vâsuki

Amritamanthana / le barattage de l’océan de lait : la tortue Kûrma supporte le mont Meru autour duquel est enroulé le serpent Vâsuki

 

Métaphoriquement, le barattage de l’océan de lait fait en fait référence au processus de transformation qui est à l’oeuvre dans la pratique yoguique. En effet, dans l’assiduité à la pratique, émergent à notre surface toutes sortes de sensations, de sentiments, d’émotions. Tout en découvrant peu à peu le meilleur de nous-mêmes que nous cherchons à développer (notre Amrita), nous sommes également confrontés au poison présent en nous (Kâlakûta) et qui menace notre avancement et notre évolution ; ce poison est Avidya, l’ignorance, et ses ingrédients sont nos illusions, nos conditionnements, nos peurs, nos fausses croyances, etc.

Nous ne pouvons recracher ce poison et faire comme s’il n’existait pas. Il est là, prêt à agir en nous. Et, pour ne pas nous laisser détruire par ce poison intérieur, notre seul antidote est le discernement, la vigilance, l’attention à chaque instant.
C’est en cela que la pratique peut tant nous ébranler parfois. C’est un véritable apprentissage de la persévérance, de la patience et de la foi : la discipline que cela nous demande n’est pas vaine ; faire face à nos ombres, les sonder et les admettre nous permet petit à petit de nous en affranchir afin que la Lumière jaillisse et triomphe de notre obscurité.
Ce que dit aussi la légende c’est que notre désir ardent de prendre le pouvoir sur nous-mêmes et de nous établir dans la plus juste version de ce que nous sommes devrait toujours être équilibré par une humble confiance et un paisible abandon en une Transcendance qui nous apporte les grâces au moment où nous sommes prêts à les recevoir et suffisamment sages pour les préserver sans les abîmer dans un sursaut d’ego.
Cela illustre donc la nécessité de la complémentarité à trouver entre la détermination et le lâcher-prise afin de toujours garder à l’esprit que, même si nous avons le pouvoir de changer, nous n’avons pas la maîtrise de tout.
En réalité, nous ne pratiquons pas pour devenir meilleurs ; nous devenons meilleurs parce que nous pratiquons : les fruits de la pratique se récoltent lorsque nous nous détachons de nos attentes du résultat. Alors à défaut de devenir des dieux (Deva) ou des saints, au moins, nous pouvons devenir sains en nous libérant de tout ce qui nous empoisonne.

 

La notion de Kûrma (le socle) – Meru (l’action) à l’œuvre dans Bhujangâsana, la posture du Cobra
Dans cet épisode du Mâhâbhârata, grand récit de la mythologie hindoue, on trouve donc un précieux fondement de la pratique yoguique, à savoir la notion de Kûrma-Meru, l’association socle-action ou stabilité-mouvement.
Sur le plan physique, il est assez évident que Kûrma est représenté par les points d’appui du corps avec le sol. Pour Bhujangâsana, il s’agit du segment du corps qui part de la pointe des pieds jusqu’au bas-ventre, également les mains parfois.
Sur le plan mental, Kûrma correspond au support sur lequel l’attention se fixe. On y retrouve notamment le nombre de respirations durant lequel la posture est tenue, ainsi que l’orientation du regard (que l’on appelle « Drishti ») ; dans le cas de Bhujangâsana, il s’agit de Shambavi drishti (regard dirigé vers Ajnâ Chakra, point entre les deux sourcils). Ce support est associé à l’ajustement de l’attitude du mental (Bhâvana) destiné à produire l’expérience d’unification du corps, du souffle, du mental et des sens (Samgati) que l’on recherche par la pratique.
Enfin, sur le plan subtil, Kûrma est matérialisé par les Bandha, ces manœuvres énergétiques que l’on installe afin de sceller l’Énergie vitale (Prâna) en soi. Dans Bhujangâsana, Mûla bandha (rétraction périnéale) se maintient de façon continue et Uddiyâna bandha (rétraction abdominale) peut se prendre sur l’expir. En revanche, il n’y a pas de Jâlandhara bandha (rétraction du menton) puisque la gorge est tout à fait libre comme pour aspirer le Prâna ou plutôt Amrita, le nectar d’immortalité. Ceci dit, rassurons-nous, en pratiquant Bhujangâsana, nous ne courrons pas le risque, comme Shiva, d’aspirer le poison et de devenir complètement bleus (ouf !).
Kûrma constitue donc le socle stable et solide sur lequel le yogi peut compter pour établir son action (Meru). Sans cela, l’action risque d’être désorganisée, inefficace, anarchique, voire chaotique.
Meru est en fait le symbole de l’axe vertébral, à partir duquel prend naissance toute action. Par action, on parle bien sûr du mouvement physique (flexion, extension, torsion, contraction, étirement), mais aussi du mouvement respiratoire (inspiration, expiration, suspensions du souffle) et enfin du mouvement énergétique. Dans la posture du cobra, on voit bien à l’œuvre à la fois l’action de redressement dorsal mais aussi une action d’extension (flexion arrière), dans cette vive intention de favoriser le réveil de l’énergie cosmique.
C’est donc ici qu’entre en jeu Vâsuki, le roi des serpents, entouré autour du mont Meru. Il s’agit bien en fait de la Kundalinî, ce serpent enroulé à la base de l’axe vertébral (axe vertébral lui-même personnifié par le mont Meru). La pratique (barattage de l’océan de lait) entraîne donc à mettre en jeu la complémentarité de la stabilité (Kûrma) d’une part et de l’action (Meru) d’autre part pour permettre à l’énergie cosmique (Kundalinî) de se réveiller, nous faisant ainsi accéder à la part immortelle présente en nous (Purusha révélé par Prâna / Amrita).

On le comprend bien, tout est question d’ajustement : si l’ancrage de Meru en Kûrma est trop profond, l’action est remplacée par l’inertie et l’apathie (ce que l’on appelle excès « Tamas ») ; mais sans ancrage de Meru en Kûrma, décentrée et déconcentrée, l’action entraîne un déchaînement énergétique qui épuise plutôt que régénère (ce que l’on nomme excès « Rajas »)[1].

Posture du Cobra, symbolisme

Aspirant le Prâna, le cobra se cabra

Essayez donc de pratiquer Bhujangâsana en restant lourdement ancré dans le sol et sans inspirer : rien ne décollera du tapis ; a contrario, en laissant le bas du corps trop léger et totalement libre (avec les jambes qui se soulèvent par exemple) et en ne maîtrisant pas suffisamment le souffle, soit vous n’aurez pas la force de vous redresser, soit vous vous écroulerez…
C’est en cela que l’on dit que la posture doit être fermement établie (Sthira) dans un espace de confort (Sukha)[2] : la stabilité dans la détente et le plaisir dans la discipline. Kûrma assure la sécurité de l’ancrage sans que celui-ci n’enchevêtre ou assujettisse ; Meru procure la liberté du mouvement sans que celui-ci ne perturbe ou ébranle.
Ainsi engagé dans l’action juste, dans un esprit désintéressé et détaché, le yogi reçoit les bienfaits de sa pratique. Délivrée des voiles de l’ignorance et de l’ego qui la recouvraient, sa nature spirituelle – qui est immortelle (d’où Amrita) – se révèle alors à sa conscience comme étant sa véritable essence (Purusha).
Et Kâlakûta, le poison – c’est-à-dire tous les pièges et les obstacles que le mental et l’ego placent sur notre chemin – joue un rôle déterminant dans la mesure où il nous permet de développer toutes les ressources présentes en nous mais jusque là en sommeil et qui nous donnent la force de laisser notre nature spirituelle en ressortir triomphante. C’est cela que symbolise le réveil et le redressement de la Kundalinî.
Lorsque la stabilité de l’ancrage (Kûrma) et la liberté de l’action (Meru) s’allient, s’unissent et s’équilibrent dans sa pratique, le yogi apprend à connaître et à neutraliser, avec fermeté mais douceur, le poison.
Alors, le poison ne le tue pas, il l’immunise.

Marie Ghillebaert

[1]Pour plus de précisions sur Tamas et Rajas, voir l’article suivant : Trikonasana, le triangle aux trois Gunas.

[2]« Sthirasukhamâsanam », Yoga-Sutra, II.46 : L’asana est définie par le fait d’être établi dans la posture avec fermeté (Sthira) et aisance (Sukha).

Photo et illustration : Bhujangâsana, by Pépée  (son site)

Pour aller plus loin, n’hésitez pas à vous procurer ce fantastique poème épique qu’est le Mahabharata. Pour commander sur Amazon cliquez sur la photo.

Marie Ghillebaert

À Propos de Marie Ghillebaert

Marie a étudié la sociologie et l’ethnologie. L'humain l'intéresse. Elle étudie, pratique et transmet le Yoga avec enthousiasme. Après avoir suivi une formation Viniyoga avec Claude Maréchal, elle a été diplômée ETY et elle est à présent enseignante IFY . Au cours de plusieurs stages, elle a reçu l'enseignement de Michèle Lefèvre (Yogamrita) en Yoga et Ayurveda. Considérant qu'elle a encore tout à apprendre, elle fait de chaque voyage en Inde l'occasion de développer son expérience et sa connaissance du Yoga en suivant des enseignements de différentes traditions. Le Yoga qu'elle transmet est ainsi le fruit des diverses inspirations qui l'épanouissent dans sa pratique personnelle et qu'elle a à cœur de partager avec ses élèves à Lille et dans les Flandres



'Autopsie symbolique d’une posture (II) : Bhujangâsana, le Cobra qui se cabre en Kûrma-Meru' Pas encore de commentaires

Quelque chose à ajouter? Les commentaires sont ouverts!

Laisser un commentaire

YogaNova, le magazine francophone du Yoga et de la Spiritualité en ligne. Faites comme Shiva, lisez Yoganova !

Web Design MymensinghPremium WordPress ThemesWeb Development

Attention ! Le yoga n’est pas sans risque

25 novembre 201625 novembre 2016
15566474-Levitation-by-Indian-businessman-in-lotus-pose-in-the-office-near-the-wall-with-clock-and-his-shoes--Stock-Photo

Ouvrez vos chakras et ayez conscience de vos limites.

C'est l'une des études les plus conséquentes disponibles à ce jour sur la pratique du yogae t les blessures qui peuvent en résulter. Menée par deux chercheurs en traumatologie et épidémiologie de l'université d'Alabama de Birmingham, il en ressort que le yoga n'est évidemment pas le sport le plus traumatogène du répertoire, mais qu'il n'est pas pour autant dénué de risques. Et que les yogistes ayant dépassé les 65 ans doivent redoubler de prudence, car ce sont eux les plus vulnérables aux entorses, élongations et autres fractures. Le travail de Thomas A. Swain et Gerald McGwin, rassemblant quatorze ans de données récoltées aux États-Unis, montre aussi que le yoga a gagné en popularité sur la période, et que la fréquence des blessures s'en ressent. En moyenne, elle était de 10 pour 100.000 participants en 2001 et grimpe à 17 pour 100.000 en 2014. Après 65 ans, cette incidence –58 pour 100.000– est bien plus élevée, avec trois fois plus de fractures que pour les autres classes d'âge. Pour les individus âgés de 45 à 64 ans, elle est de 18 pour 100.000 et de 12 pour 100.000 pour ceux de 18 à 44 ans.
«Les blessures liées au yoga sont relativement rares, explique Swain, et comme on aurait s'en douter, l'incidence a tendance à monter avec l'âge du participant. Nous avons aussi observé que le taux de blessures augmente sur la période, ce qui pourrait traduire une plus grande popularité du yoga, avec davantage de personnes inexpérimentées qui ne prennent pas les précautions d'usage pour éviter les problèmes.»
Swain recommande de «consulter son médecin avant de débuter le yoga, d'être prudent et de connaître ses limites personnelles». Des limites que bon nombre de pratiquants débutants sont à même d'ignorer car «le yoga est bien plus difficile et exigeant qu'on le pense», précise McGwin. Au total, ce sont 29.590 blessures que les chercheurs ont répertoriées. Près de la moitié (45%) sont des entorses et le haut du corps est visiblement la zone la plus fragile.

Du yoga au travail….

21 septembre 201621 septembre 2016
yoga au bureauVous pouvez aller travailler ! » La séance d'une heure est terminée. Paula Taylor, professeur de yoga du réseau de coachs sportifs Fizix, libère ses douze élèves. Du chef sommelier à la femme de ménage, les 550 salariés du Bristol peuvent participer gratuitement à ce cours. Organisé dans une petite salle climatisée réservée aux employés, il coûte entre 80 € et 120 € au Comité d'Entreprise du palace. « Le point fort, c'est qu'il y a une homogénéité des groupes et ça crée une dynamique », se félicite son secrétaire adjoint Damien Largeau.   Collé serré   « On peut rencontrer des collègues d'autres services », renchérit Lucie Demai, hôtesse d'accueil. Allongé à sa gauche sur un tapis, Tony Le Douigou, dont elle n'a jamais été aussi proche, en est à son deuxième cours. « C'est plus apaisant que d'aller courir, observe le demi-chef de rang. Idéal pour se détendre avant de commencer le travail, de 16 heures à minuit ».   Debout depuis 7 heures du matin, le directeur d'achats Thomas Trucheret est en nage à la fin du cours, mais il savoure cette coupure en milieu d'après-midi : « J'aborde sereinement la deuxième partie de journée, sur le plan profesionnel et à la maison avec mes trois enfants ». Et de conclure, sourire en coin : « Le stress retombe. C'est parfait  : avec notre clientèle exigeante, il faut être très réactifs. » Voir l'article

Musculation et yoga, nouvelle mode made in US

23 août 201623 août 2016
reverse-ab-crunch

De nombreux hommes adeptes de musculation délaissent les poids et haltères pour des matelas de yoga, prenant le pas de l'intérêt grandissant pour une variante plus virile du yoga traditionnel, le «broga».

Le yoga, activité vieille de plusieurs millénaires, était autrefois pratiqué exclusivement par des hommes. L'activité physique «mâle» de l'ère moderne est aujourd'hui tout autre. «Le yoga se résume à bien plus qu'à des femmes qui se contorsionnent tels des bretzels végans», a lancé l'entrepreneur qui a fondé les cours de Jock Yoga, Michael DeCorte. Le centre d'entraînement Equinox de Toronto offre ces séances d'entraînement qui unissent les salutations au soleil à la musculation. De plus en plus de professeurs de yoga tentent d'attirer davantage d'hommes dans leurs classes en proposant des exercices qui misent sur la force plutôt que la flexibilité. Les adeptes de yoga sont constitués à 70% par des femmes, selon une étude de l'institut Ipsos publiée en 2016. M. DeCorte estime malgré tout que 50 à 85% des sportifs qui assistent à ses ateliers de Jock Yoga sont des hommes. D'autres centres de type «broga» essaiment un peu partout au pays. Jo-ga, à Halifax, Yoguy, à Vancouver, et le studio montréalais Mudraforce - où l'activité se pratique en toute nudité- ont notamment vu le jour. Une compagnie basée au Massachusetts, Broga yoga, détient un brevet sur l'emploi du mot-valise. L'entreprise se vante d'avoir plus de 12 000 clients et 500 professeurs à travers le monde, notamment par ses cours offerts par le biais de vidéo en ligne. Selon l'instigateur du «broga», Robert Sidoti, nombre d'hommes sont attirés par les bienfaits du yoga, mais craignent d'avoir un air efféminé en prenant la position du lotus.
En lire plus ...

Le dalai lama juge qu’il y a trop de réfugiés en Europe

31 mai 201631 mai 2016
Dalai lama trouve qu'il y a trop de réfugiés en EuropeLe dalaï-lama a estimé qu'il y avait à présent "trop" de réfugiés en Europe après la vague d'arrivée l'an dernier et que ces migrants cherchant protection ne devaient rester que provisoirement sur place, dans une interview publiée aujourd'hui en Allemagne. "Quand nous regardons le visage de chaque réfugié, surtout ceux des enfants et des femmes, nous ressentons leur souffrance et un être humain qui a de meilleures conditions de vie a la responsabilité de les aider. Mais d'un autre côté, il y en a trop à présent" en Europe, a déclaré le chef spirituel des Tibétains au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. "L'Europe, l'Allemagne en particulier, ne peut devenir un pays arabe, l'Allemagne est l'Allemagne", a-t-il ajouté, en référence au fait qu'une majorité des migrants vient de pays arabes comme la Syrie ou l'Irak. "Il y en a tant que cela devient difficile sur le plan pratique. Et sur le plan moral, je trouve aussi que ces réfugiés ne devraient être accueillis que provisoirement. L'objectif devrait être qu'ils retournent (dans leur pays) et aident à reconstruire leur pays", a estimé le dalaï-lama, qui vit lui-même en exil en Inde depuis plus de 50 ans. L'Allemagne a accueilli l'an dernier un nombre record d'un million de réfugiés. Source Le Figaro

Tendance: le yoga en moumoute et chaussures de ski…

6 avril 20166 avril 2016
ski_yoga_poseLe murmure du torrent et le chant des oiseaux dans les bouleaux apaisent déjà. Dans le décor vivant du Plan de l’Eau, aux Menuires, se déroule la randonnée «yoga et raquettes», encadrée par Brigitte Ruff, accompagnatrice en montagne, et Anita Thevenot, masseuse ayurvédique. Après une première marche dans la poudreuse, telle une page blanche, une première pause est consacrée à des exercices d’étirement. Le groupe, limité à douze personnes maximum, forme un petit cercle. Raquettes aux pieds, on tend et on étire ses bras vers le ciel. Profonde inspiration, puis on relâche totalement son buste et ses membres supérieurs jusqu’à frôler la neige. Pendant une quinzaine de minutes, Anita aide chacun à prendre conscience de son corps. «La montagne, avec son paysage somptueux et son air pur, offre un cadre idéal pour pratiquer le yoga pranayama, qui met l’accent sur la respiration», précise-t-elle. On repart ensuite plus détendu, attentif aux empreintes d’animaux et au silence, seulement rompu par le bruit feutré des raquettes. Plus loin, c’est la posture de la salutation au soleil. Un long et ressourçant déroulement du corps, pratiqué plusieurs fois, après avoir déchaussé et s’être installé sur un petit tapis de yoga, prêté par Anita. Les deux autres pauses zen sont consacrées à des exercices respiratoires et à de la méditation, assis en tailleur. Lancées l’an dernier au départ de la station de Val Thorens, ces randonnées bien-être hebdomadaires, de trois heures, affichent complet. Les clients? Souvent des femmes, n’ayant jamais pratiqué le yoga ou même les raquettes, mais curieuses de découvrir cette balade hybride. Morzine mise aussi sur l’engouement autour du yoga. Probablement inspirée par la station suisse d’Engadin St. Moritz qui lançait en 2014 la première piste de yoga du monde, Morzine propose cet hiver la piste des yogis, un itinéraire bleu de 2400 mètres jalonné de dix emplacements pour pratiquer des postures relaxantes, sans forcément ôter ses skis. Enfin, sous le nom de marche afghane, évocateur de montagne loitaine, la station de Samoëns invite à une sortie en raquettes accompagnée par un professionnel. Durant cette randonnée, le travail constant sur la respiration facilite la gestion de l’effort en altitude et relaxe. Les activités bien-être en montagne ne se résument plus à des papouilles et des bains bouillonnants dans des centres aqualudiques mais tirent parti, enfin, d’un environnement unique. Voir l'article sur le site de Libération

Le paradoxe Vegan de la femme branchée.

2 novembre 20152 novembre 2015
83241
Assez régulièrement ( et de plus en plus ) je vois des gens arriver à un mode de vie vegan ( ce qui en soit est plutôt bien ) mais ce que je trouve étrange c’est souvent le paradoxe éthique assez flagrant et parfois cliché.
Pour commencer, beaucoup des végan avec qui j’ai les échanges les plus houleux sont souvent des filles, entre 20 et 30 ans, « converties » depuis assez peu de temps.
Autant je crois sincèrement aux bienfondés de ce mode de vie lorsqu’il est choisi et pensé de bout en bout, autant je suis souvent confronté à des situations de fort malaise lors de nombreux échanges.
Cela se manifeste par plusieurs choses récurrentes : le prosélytisme, la suffisance et l’incohérence.
Je vais dresser un portrait caricatural pour essayer de bien faire comprendre ça … ( pour ce faire je ne vais que juxtaposer des éléments issus de posts ayant défilé sur mon fil d’actualité perso )
Faisant la queue pour avoir son café-pumpkin starbuck, elle attend en faisant un petit selfie marrant pour montrer son nouveau bonnet en coton bio.
Elle poste ça en ligne avec son nouvel iphone.
Un peu plus tard elle rentre chez elle, se fait un petit smoothie banane, mangue et lait de coco, le tout dans un super blender trouvé sur amazon.
Un petit tour sur son compte instagram nous fera découvrir sa garde robe pour constater que toutes les fringues sont bio. Comme tout est bio, le label "équitable" est apposé sur son chocolat, son café et ses épices.
Plus tard, un passage sur son compte facebook nous montrera de nombreux partages militant où on voit combien l'industrie agro-alimentaire est trash (les vidéos le montrent très bien assurément … (ne pas aller sur une page d'une végan à l'heure du repas !).
On la verra également se réjouir de la fermeture d'un abattoir, voyant le signe d'un réel progrès pour "la cause".
Elle prend soin d'elle, les statistiques publiées sur ses joggings grâce à l'application embarquée dans ses nike en sont la preuve ! Et après une bonne douche avec un savon Lush elle sent super bon le fruit de la passion.
Et ce soir après cette belle journée elle se fait un petit plaisir : un steak végétal. Tellement bien fait qu'on dirait trop de la viande (mais sans la souffrance animale) ! Un petit bout de "Faux-mage" à base de noix de cajou et un avocat. Et en dessert un petit bout de chocolat équitable.
Elle a le sourire en préparant ses vacances en Thaïlande en achetant sont billet en ligne sur son macbook, avec son chat sphinx qui ronronne sur ses genoux et peux enfin aller se coucher, en paix avec elle-même et ses convictions … aujourd'hui encore, elle n'a été la cause d'aucune souffrance animale.
Et là je vous vois venir avec un "Heuuu mais Samten, il est où le problème, je ne vois pas trop où tu veux en venir … elle a l'air plutôt cool la nana là … non ?"
Oui oui elle est cool ! Et c'est vraiment chouette que par son véganisme elle se sente impliquée dans la cause animale, le progrès et l'évolution de l'humanité à des hautes sphères de conscience et d'empathie !
MAIS … Et hélas c'est là que le bât blesse…
Son café est issu de la souffrance des hommes, d'une production qui détruit l'environnement dans lequel il est produit et contribue au déséquilibre nord-sud où la domination occidentale est vécue de plein fouet par les producteurs-esclaves.
Son téléphone est issu d'une production où les métaux rares sont également issus de productions où les hommes sont traités en esclaves dans des mines aux conditions abominables. En plus l'obsolescence perçue fait qu'elle changera de téléphone alors même que ce dernier sera encore tout à fait fonctionnel.
Elle se réjouit de la fermeture d’un abattoir sans réaliser que le nombre d’animaux abattus restera inchangé ... le seul changement sera que ces pauvres bêtes devront parcourir encore plus de distance dans le transport final ... l’élément souvent le plus traumatisant pour l’animal (mais aussi pour l’éleveur qui respecte ses animaux).
La banane de son smoothie provient d'équateur, issue d'une terra-formation imposée par les États-Unis pour que ces pays ne viennent pas concurrencer la production de maïs OGM. La mangue provient d'Inde et a peut-être véhiculé des parasites qui détruisent nos vergers. L'avocat provient d'Israël et le lait de coco de Thaïlande, finançant les deux des régimes politiques discutables. Les transport “bio” n’existe pas ... les bateaux délestent en pleine mer, les camions brulent du gasoil et dans les deux cas il y a un paquet de dommages collatéraux. Ben oui, combien de dauphins pris dans les pales des bateaux, de biches , d’oiseaux, de hérissons percutées, écrasés pour que nos fruits exotiques arrivent à bon port ?
Son blender vient de chine, assemblé dans une usine où les gens sont traités comme de la marchandise et payés une misère et acheté sur un site qui bafoue le droit du travail à longueur de temps.
Ses habits, comme sa nourriture, ont parcouru des milliers de kilomètres pour être parfois produit avec des produits chimiques (malgré les labels bios affichés) et cousu par des enfants, au même titre que ses nikes.
Sa fausse viande et son faux fromage sont issus de productions industrielle et chimique pas forcément très saine et de loin pas locale
Son chat provient d'un élevage de croisements génétiques et nourrit avec des boites industrielles (et là autre paradoxe : doit-on imposer le véganisme aux animaux … ah ben non ce serait aller à l'encontre de leur nature, dans ce cas là c'est pas pareil)
Son billet d'avion compensera le bilan carbone de son véganisme.
A côté de ça j'essaie d'imaginer une personne qui consommera bio, local, de saison avec, certes de la viande de temps en temps (mais qui vient d'un paysan qui connaît toutes ses bêtes) qui portera ses fringues jusqu'à l'usure, n'aura que le strict nécessaire chez lui, pas de robots ménagers dans tous les sens, pas d'ordi, pas de fruits exotiques … et qui pourtant sera la "cible" des végans en raison de son manque de conscience et de sensibilité… et là je me dit qu'il y a un soucis dans la manière qu'ont les végans de mener leur "combat" …
Je me dois de rajouter un GROS P.S. à ce texte : je ne me considère absolument pas comme étant moi-même éthiquement irréprochable, loin de là ! J'essaie de faire au mieux ma part en restant un maximum cohérent entre mes convictions et mes capacités de consommation. Mais par contre l'issue de mes réflexions, de mes pensées, mes idées, je les PARTAGE. J'espère que parfois ma vision des choses en convainc certain mais je considère toujours que les choix éthique sont personnels et que nous ne pourrons jamais être irréprochables sans devenir extrêmes et sans s'extraire totalement du système, ce qui n'est pas ma volonté, au contraire, j'espère pouvoir être le témoin d'évolutions du système dans "mon" sens quitte à devoir faire des compromis, mais que je choisis.
EDIT : suite à l’engouement et aux nombreux comm qu’a suscité cet article aux différents endroits où il a été partagé et comme ça a dépassé le cercle des gens qui me connaissent, je me dois de me présenter pour permettre de contextualiser éventuellement cet article. Pour commencer je dois moi-même faire face à de nombreux paradoxes de consommation lié à mon choix de travail : étant photographe j’ai en effet beaucoup de matériel technologique ( ordinateurs, tablette, appareils photos ... ) qui ont un cout éthique important. Je n’ai pour le moment pas trouvé de solution pour ce pan là. J’ai passé plusieurs période de ma vie à appliquer un régime végétarien et un mode de vie assez proche des principes végétaliens sous pas mal d’aspects. Je me considère comme étant assez impliqué dans les domaines de la réflexion sur nos modes de vies, nos interactions avec l’environnement. J’ai un très grand intérêt pour la permaculture, les productions équitables ( je ne parle pas des labels qui spolient le terme ). Suite à de nombreuses réflexions j’en suis venu à avoir un mode de vie où les choix alimentaires et de consommation générale sont souvent mis dans la balance du pour et du contre au moment de l’acte d’achat. J’ai également un régime alimentaire qui est aussi très “fashion” car j’ai une alimentation principalement axée sur les principes du Dr Seignalet, à savoir sans gluten, sans produits laitiers, sans sucres raffinés ( mais je n’en fais pas un dogme, je m’accorde des exceptions si je n’ai pas le choix ou même si simplement j’en ai envie), je suis venu à ce régime il y a plus de 7 ans pour des raisons de santé et il m’a apporté beaucoup de choses ( j’en discute volontiers avec ceux qui s’y intéressent ). D’autres principes alimentaires font également parti de mes convictions, principalement le fait de consommer local, de saison et bio ( et dans ma région ça veux dire qu’il faut aimer le choux et les poireaux ). Je porte avec moi un assez lourd bilan carbone car j’ai beaucoup voyagé, mais ces voyages m’ont permit en contre partie d’apprendre énormément de choses sur l’humain, la nature, les interactions entre les deux, mais surtout pour réaliser qu’il n’existe pas de valeurs “universelles” ... partout les gens ont des convictions qu’ils sont parfois prêt à défendre avec armes et sang ! J’ai aussi vu qu’il y a un réel angélisme de la part des gens qui vivent leur conviction depuis le fond de leur canapé ikéa ... car à travers le monde j’ai été témoin de la violence , partout sous un nombre inimaginable de formes ! Les seuls moments où j’ai eu la sensation de m’en extraire on été ceux où j’ai été seul face à la nature, loin du fait des Hommes ! J’ai vu plus d’amour et de respect chez une productrice de bœuf bio en France qu’envers des vaches “sacrées” au Népal. J’ai recommencé à manger de la viande en voyage, lorsque j’ai été reçu par des gens qui n’avaient rien d’autre à me proposer et qu’il aurait été plus que déplacé de dénigrer ce geste pour mon petit confort intellectuel. Et puis j’ai appris à reconnaitre qu’il y a de réelles différences entre les modes de production et que cela impact directement nos valeurs et notre environnement, j’y suis de plus en plus attentif et rencontre des gens merveilleux depuis. Comme je l’ai dit à de nombreuses reprises, je trouve merveilleux que de plus en plus de gens s’intéressent aux modes alimentaires “alternatifs” ( qu’ils soient végan, végétariens, sans gluten, bio ... ) car ça montre que les gens ne prennent plus tout pour argent comptant. Mais je prône également la coexistence et l’évolution douce. C’est souvent en ça que mes avis divergent avec les militants ( végan ou autre) sur les manières d’agir : Les études en neuroscience montrent que face à une démonstration de la violence (vidéo d’un abattoir par exemple), le cerveau d’une personne non préparée, vivra ça comme une agression ... mais au lieu d’obtenir un électrochoc contre le système, le trauma sera dirigé contre la personne qui lui aura fait vivre ce trauma... avec un effet inverse à celui désiré... mais je m’égare à parler de ça.
Bref, je tente juste de faire avec les outils à ma disposition pour rester le plus cohérent possible entre mes choix, mes croyances, mes moyens et mes aspirations. Jonglant moi-même avec certains paradoxes.
EDIT 2 :
Je n’ai hélas rien inventé pour créer ce personnage fictif ! juste pris quelques éléments sur différents posts de mes contacts ... j’ai même été assez soft pour qu’on ne pense pas que j’exagère le trait ! Et pour celles et ceux qui me font la critique d’avoir choisi une femme plutôt qu’un homme c’est pour la même raison ( qui n’est pas lié à une réalité statistique et objective ) : je n’ai pas eu autant d’occasion de voir ce type de posts et de profils dans mon fil d’actualité.