Un chien fait du yoga

Autopsie symbolique d’une posture (III) : Adho mukha svânâsana, un flair ouvert sur le Prâna à 4 pattes dans le Yoga

À travers la pratique de l’Asana – par l’intermédiaire de son corps, du Souffle qui circule à l’intérieur de celui-ci, et de la conscience de ce processus à l’œuvre en lui-même – le yogi est amené à éprouver et à prouver la réalité du caractère sacré de l’expérience humaine qui lui est donnée de vivre.

Au-delà de la simple architecture fonctionnelle, plus ou moins harmonieuse – disons-le – d’os, de muscles, de fibres, de sang, d’eau et de chair, il se passe en nous le déroulement de toute une vie à elle seule (Prâna – le Souffle vital) qui vient transcender la notion de corporalité pour nous révéler tout le sens de notre incarnation : « Ceci n’est pas qu’un corps »…[1]

 

Bien qu’il ne soit évidemment et fort heureusement pas nécessaire d’être Hindou pour étudier le Yoga, il ne faut néanmoins pas oublier que la discipline que nous pratiquons a vu le jour et a grandi dans le berceau de l’Hindouisme. Ainsi, les Purushârtha – les quatre buts de l’existence – définis par cette tradition ont inspiré les quatre piliers du Yoga qui, faut-il encore le rappeler, n’est pas – eh non ! – une quelconque activité d’entretien physique.

Nous avons besoin de ces quatre piliers pour tenir debout, stables et équilibrés, dans notre corps (ou plutôt dans nos corps…) et dans notre vie. Et il suffirait qu’un de ces piliers vienne à manquer pour que l’ensemble vienne à se déstabiliser, voire à s’effondrer.

Puisque rien ne remplace la pratique, autant mettre celle-ci au service de la théorie en illustrant cette notion de « piliers du Yoga » à l’aide d’une posture couramment pratiquée : Adho mukha svânâsana, le chien tête en bas. Étant le meilleur ami de l’homme, ce dernier devrait avoir matière à nous dévoiler…

 

 

Adho mukha svânâsana, à 4 pattes dans le Yoga

 

Les quatre Purushârtha ou buts fondamentaux de l’existence pourraient être apparentés aux quatre pattes sur lesquelles nous tenons fermement dans notre chien pour nous redresser ; quatre pattes ancrées dans la terre pour créer de l’espace dans le corps qui s’immobilise pour laisser place au seul mouvement du Souffle ; quatre pattes-piliers, donc, dont le socle connecté à la terre (les deux mains et les deux pieds) procure à l’Unité de l’Être les fondations nécessaires à l’échafaudage de sa construction et à l’édification de son élévation.

Eka pada adho mukha svânâsana

Eka pada adho mukha svânâsana

Essayez donc Eka pada adho mukha svânâsana : levez la patte ! Loin de vous soulager, vous serez alors confrontés à une déstabilisation plus ou moins importante qui aura pour principale conséquence d’engendrer un plus ou moins important raccourcissement du souffle par l’effort plus ou moins important que vous aurez à fournir pour éviter d’être en proie à la gravité qui tend à vous faire vaciller, voire tomber.

Levez une deuxième patte pour voir ! Vous voilà en Adho mukha vrksâsana (l’équilibre sur les mains) ! Ou alors… vous voilà, plus probablement, les quatre fers en l’air… mais, nom d’un chien, impossible de trouver le nom sanskrit de cette posture !

Alors, s’ils sont si fondamentaux ces quatre piliers, quels sont-ils ?

Selon la tradition, les quatre Purushârtha font référence aux quatre étapes (Âshrama) de la vie de Bhrâmane[2].

 

Le premier pilier, Dharma, correspond aux années où se forgent l’éthique, la morale et la vertu. Il s’agit en fait de l’adéquation aux lois universelles, mais aussi sociales, spirituelles et politiques, qui permettent le bon fonctionnement et le bon ordre du Monde. À ces lois communes, il faut aussi ajouter les lois personnelles, propres à chacun.

En Yoga, on pourrait relier ce pilier aux deux premiers membres de l’Ashtanga Yoga définis dans les Yoga-Sutra : les Yama qui font référence à la ligne de conduite qu’il convient de tenir avec autrui, et les Niyama qui précisent l’attitude personnelle à respecter pour soi-même.[3]

Lorsque le Dharma est chancelant, l’individu développe un important sentiment de culpabilité, faute d’être en accord avec l’éthique générale et/ou son éthique personnelle.

Il s’agit du sentiment de manquer à son devoir d’humain envers la vie qu’il a reçu.

 

Le deuxième pilier, Artha, apparaît à l’âge où se construisent l’aspect matériel de la vie, sur le plan professionnel mais aussi familial. C’est ce qui constitue l’établissement du sentiment de sécurité par l’inscription dans une fonction, dans un statut en œuvrant pour le Monde à travers les traces que l’on y laisse (création et production professionnelle, reproduction et descendance familiale) et pour soi-même (subvenir à ses besoins).

Artha a nécessairement besoin de Dharma pour en assurer l’encadrement éthique. Ainsi, là encore, on retrouve en filigrane les Yama et Niyama, et plus particulièrement Asteya (le refus de l’appropriation malhonnête des choses) et Samtosha (le contentement qui permet notamment d’éviter le désir d’accumulation ostentatoire).

En revanche, si Artha n’est pas établi, l’individu est alors amené à ressentir un profond sentiment d’insécurité à l’origine de peurs l’empêchant d’avancer.

Il s’agit du sentiment de manquer en quelque sorte l’échange dans lequel on donne de soi au Monde par ce que l’on y crée et l’on reçoit du Monde le fruit de notre participation à son fonctionnement.

 

Le troisième pilier, Kâma, s’érige au moment où l’être prend conscience de sa vie intérieure, de la force de son corps et de son esprit. Il s’agit de la jouissance, du plaisir de profiter pleinement de ce que la vie a à nous offrir.

Loin d’être un plaisir débridé et chaotique dans lequel on se perd, Kâma est plutôt le plaisir juste et intense dans lequel on se trouve lorsque l’on est centré au plus proche de ses ressentis, eux-mêmes affranchis de tout ego (Asmita klesha) qui tendrait à les juger, à les provoquer (Râga : désir insatiable de reproduire les situations de plaisir) ou à les nier (Dvesha : rejet et répulsion des situations désagréables).

On peut donc dire que Kâma est en quelque sorte la délicieuse suite de Artha. Si Artha sème la graine et cueille les fruits (participer à la marche du Monde en construisant sa vie matérielle et recevoir la juste rétribution de cette participation), Kâma est le moment où l’on savoure les fruits. Tous les fruits.

En Yoga, cela correspond également à cette notion de fruits : les fruits que la pratique fait mûrir en nous et que nous pouvons nous autoriser à déguster allégrement. Il s’agit, à son stade le plus accessible, du bien-être que la pratique génère en nous : la décontraction du corps, l’allongement de la respiration, l’apaisement des fluctuations de l’esprit. Puis plus tard, lorsque la pratique atteint ses sommets : la Félicité et l’extase spirituelle.

Mais lorsque Kâma est absent de la vie, l’individu est alors confronté à éprouver un sentiment intense de frustration.

Il s’agit ici du sentiment de manquer. Tout simplement. Manquer ce que l’on est en droit de recevoir compte tenu de sa juste participation à l’ordre du Monde (Dharma et Artha).

 

Enfin, le quatrième et dernier pilier, Moksha, qui découle en fait des trois premiers piliers, arrive à l’étape où l’on atteint la Grâce absolue par la compréhension du Tout. Moksha est la Libération des cycles de réincarnation, l’étape à laquelle la conscience personnelle, enfin unie à la conscience universelle, peut alors se délivrer de la nécessaire incarnation humaine dont l’expérience ne consistait en rien d’autre qu’à lui permettre de se révéler et à atteindre l’Éveil spirituel.

Lorsque l’individu parvient à ce stade où les trois premiers piliers Dharma, Artha et Kâma sont ancrés de façon juste et pleinement équilibrés en lui, alors il en vient à discerner sa véritable nature et la non-dualité de l’Univers : il est entièrement dans le Monde et le Monde est entièrement en lui.

Si Moksha n’est pas atteint, l’individu reste alors captif du sentiment d’être prisonnier de la matière, de son ego, de l’ignorance de l’essence de lui-même, attaché à la fois à ses passions et à ses souffrances auxquelles il s’identifie.

Il s’agit ainsi du sentiment de manquer de sens. Manquer le sens de l’Univers, manquer le sens de son existence, manquer le sens de soi-même.

 

En Adho mukha svânâsana, si nous levons une patte, un pilier – comme nous l’avons vu plus haut (Eka pada adho mukha svânâsana) – nous tenons encore dans la posture, nous ne nous écroulons pas encore, nous pouvons continuer à vivre, mais nous sentons bien ce manque : il nous manque quelque chose, un point d’appui, pour nous sentir bien établis, pour que notre dos soit pleinement aligné (par l’asymétrie de la posture, le dos ayant naturellement tendance à vriller) et donc pour que Prâna (le Souffle) puisse circuler harmonieusement et remonter le long de Sushumna (canal énergétique central suivant le tracé de l’axe vertébral).

Adho mukha vrksâsana

Adho mukha vrksâsana

 

Adho mukha svânâsana, un flair ouvert au Prâna

 

Quatre piliers. Quatre pattes. Quatre étapes respiratoires aussi.

Un respiration est découpée en quatre temps respiratoires que l’on pourrait envisager d’associer à chacun des quatre piliers du Yoga définis précédemment.

[ Pour respecter l’ordre d’explication des quatre piliers suivi plus haut, afin de privilégier un raisonnement clair, la respiration qui sera décrite ici démarrera, de façon moins traditionnelle, non pas par l’inspiration mais par la suspension poumons vides. ]

 

Nous entrons dans Adho mukha svânâsana sur une expiration et nous voilà donc dans la posture, redressés sur nos quatre pattes.

L’expiration achevée, il est essentiel d’avoir la patience de ne pas tout de suite réinspirer, éviter même de préconcevoir déjà par le mental cette prochaine inspiration. Rien ne presse. Suspension poumons vides. Oeil vif (Drishti[4] en direction du nombril), oreille dressée vers ce temps de silence, connectés à la plénitude de l’absence. Absence d’action, absence de pensée, absence d’air. Poumons vides…

Ce temps de suspens où le souffle précédent laisse son souvenir dans les poumons est nécessaire à l’expérimentation de la sobriété et de l’épure du vide pour laisser la place au Dharma de s’installer. Partir du néant, du vide, pour planter ce premier pilier, cette première fondation nécessaire à l’établissement des justes dispositions à l’accueil de la Vie dans laquelle nous entrons et que nous laissons entrer en nous dès notre premier souffle. En nous offrant l’expérience de ce vide qu’il n’est pas nécessaire de remplir trop vite, cet instant encadré par l’expir qui le précédé et l’inspir qui le succède nous apprend justement à nous centrer et à nous concentrer sur la modération propre au Dharma : poser les cadres éthiques et se préparer moralement ; et créer ainsi en soi le berceau favorable à la naissance et à la croissance de l’inspiration à venir que l’on invite en installant Jalandhara Bandha (le retrait du menton vers la gorge amorçant l’inspir).
Vient donc le moment de cette inspiration qui prend appui sur le socle des deux premiers piliers (apparentés aux deux bras) : Dharma apparu précédemment à l’occasion de la suspension poumons vides et Artha que l’on vient planter avec cette inspiration.

Construire avec les mains enracinées et les bras fermement tenus, comme en prolongement de Sushumna (le long de la colonne vertébrale) pour y faire progresser le Prâna que l’on laisse y pénétrer.

Inspirer le Souffle de la plante des pattes avant (la paume des mains) et le faire remonter jusque dans le dos, les poumons, le long des flancs, le ventre puis enfin l’arrière-train (le bassin) qui s’étire en direction du ciel. Et durant ce processus inspiratoire, empêcher Prâna de se disperser et de s’évaporer au-delà de soi-même en installant Mula Bandha (la rétraction périnéale) qui s’affirme et s’affermit au fil de l’inspir.

À l’instar de ce à quoi Artha fait référence, parallèlement au Prâna qui entre en nous et s’approprie tout notre Être, il s’agit pour nous aussi d’entrer concrètement dans la matière et dans l’Univers. D’une part, en laissant nos empreintes (de pattes) dans celui-ci, la construction matérielle de notre vie étant symbolisée par ce contact présent et solide des mains à la terre sur laquelle nous laissons ainsi la trace de notre passage et surtout de notre présence. D’autre part, en y plongeant la tête la première (« museau vers le bas » étant la traduction littérale de « Adho mukha ») par l’engagement total que nous investissons dans notre corps et dans notre vie.

 

L’inspiration ayant permis au Prâna de remonter jusqu’au bassin, toute l’attention s’oriente ainsi dans cette région qui constitue la jonction entre le haut du corps (les pattes avant, c’est-à-dire les membres supérieurs, représentatives des deux premiers piliers) et le bas du corps (les pattes arrières, c’est-à-dire les membres inférieurs, représentatives des deux derniers piliers).

Tout peut alors s’arrêter – suspension poumons pleins – le temps de laisser complètement mûrir l’Énergie que nous avons accueilli jusqu’à ce qu’elle vienne réveiller la Kundalinî endormie dans la région périnéale. Et Mula bandha favorise la prise de conscience de tout le processus alors à l’œuvre au cœur de nous-mêmes.

Car c’est ce moment que l’Amrita[5] – le nectar d’Immortalité – choisit pour fermenter en nous afin de délivrer, le moment venu (à l’expiration suivante), toute son essence et surtout toute l’essence de nous-mêmes. Laisser l’Énergie se transformer en soi pour la laisser à son tour nous transformer.

Ce temps de suspension du Prâna en soi est l’instant où l’on peut alors s’autoriser, à l’appui de Kâma (le troisième pilier), à jouir pleinement de cette vie humaine dont l’expérience nous permet d’accéder au divin nectar que nous sommes alors libres de savourer.

Ce moment où l’air est soigneusement conservé dans les poumons, où le Prâna reste précieusement blotti aux confins de nous-mêmes, est en effet un temps où – en abandonnant toute intention, toute volonté et toute action – nous pouvons nous abandonner nous-mêmes à ce que nous recevons. Rien n’est à provoquer, tout se fait en nous à la seule condition que l’ego fasse enfin profil bas pour laisser faire, accueillir et honorer la Grâce qui nous est donnée de vivre. Ni contrôle, ni attachement, ni désir, ni rejet.

C’est ce temps de suspens où tout se joue qui est propice à la Transformation, préliminaire à la Réalisation.

 

Nous voilà alors prêts à expirer, à nous rendre tels que nous sommes. À partir du bassin, deux mouvements concomitants s’expriment au moment de cette expiration.

D’une part, le mouvement d’Apana Vâyu[6], le souffle d’expulsion, qui amorce sa descente à partir du bassin, traverse tout le territoire des pattes arrières jusqu’à être rendu à la terre. C’est ce souffle qui emporte avec lui tous les résidus de la transformation énergétique qui eût lieu lors de la suspension poumons pleins. Ainsi, toutes les afflictions et souffrances faisant obstacle à la Réalisation sont alors évacuées et éliminées par la plante des pieds, favorisant ainsi la Libération, la Réalisation : Moksha, notre dernier pilier.

Par ailleurs, le Prâna, sublimé lors de la suspension poumons pleins, est alors amené à remonter Sushumna jusqu’au sommet du crâne (Sahasrâra chakra), aidé par la réalisation d’Uddiyana bandha (la rétraction abdominale) qui, comme une vague, accompagne le Souffle vital à gagner sa destination vers l’Éveil.

 

Schéma pour la 2eme partie

 

Le chien se tient debout sur ses quatre pattes, stables et ancrées, fermement plantées dans la terre pour fournir à son arrière-train le socle solide sur lequel il pourra s’élever comme un sommet, comme le devant de la scène où – souffle suspendu, regard fixe, conscience claire – tout va se jouer.

Le dos tracé comme une ligne droite, ni braqué ni cabré, fournit à son flair (Prâna) la piste idéale jusqu’au trésor à déterrer au plus profond de lui-même qui lui permettra de se dételer de sa condition d’être soumis et attaché au faux maître qu’est son ego.

Le voilà alors pleinement libre et réalisé, établi sur les quatre piliers qui lui ont permis de transcender son incarnation sous la forme d’un chien pour s’éveiller à sa sublimation incarnée du divin.

Pour mettre à la fin - illustration humour

C’est pas comme ça qu’on fait la posture du chien inversé.

Marie Ghillebaert

[1]Pour un peu plus de détails au sujet des 5 « corps » (Koshas) qui constituent l’être humain, voir l’article suivant : http://www.yoganova.fr/la-liberation-a-vol-doiseau-deployer-ses-ailes-avec-foi-et-atteindre-le-ciel-en-soi/

[2]Les Bhrâmanes, qui désignent essentiellement les prêtres, constituent la caste la plus élevée dans l’Hindouisme.

[3]Pour un développement des notions de Yama et Niyama, voir cet article relayé par Yoganova : http://www.yoganova.fr/les-lecons-de-vie-du-yoga-les-yamas-et-niyamas/

[4]Dristhi : orientation du regard.

[5]Sur le sujet de l’Amrita, revenir à l’article suivant, dans lequel ce sujet a été développé : http://www.yoganova.fr/autopsie-symbolique-dune-posture-ii-bhujangasana-le-cobra-qui-se-cabre-en-kurma-meru/

[6]Les Vâyu, qui sont au nombre de cinq (Apana Vayu, Prâna Vayu, Samana Vayu, Udana Vayu et Vyana Vayu), seront détaillés à l’occasion d’un prochain article.

 Et vous qu’en pensez vous ?  N’hésitez pas à nous en faire part dans les commentaires.

 

Marie Ghillebaert

À Propos de Marie Ghillebaert

Marie a étudié la sociologie et l’ethnologie. L'humain l'intéresse. Elle étudie, pratique et transmet le Yoga avec enthousiasme. Après avoir suivi une formation Viniyoga avec Claude Maréchal, elle a été diplômée ETY et elle est à présent enseignante IFY . Au cours de plusieurs stages, elle a reçu l'enseignement de Michèle Lefèvre (Yogamrita) en Yoga et Ayurveda. Considérant qu'elle a encore tout à apprendre, elle fait de chaque voyage en Inde l'occasion de développer son expérience et sa connaissance du Yoga en suivant des enseignements de différentes traditions. Le Yoga qu'elle transmet est ainsi le fruit des diverses inspirations qui l'épanouissent dans sa pratique personnelle et qu'elle a à cœur de partager avec ses élèves à Lille et dans les Flandres



'Autopsie symbolique d’une posture (III) : Adho mukha svânâsana, un flair ouvert sur le Prâna à 4 pattes dans le Yoga' have 10 comments

  1. 22 janvier 2016 @ 11 h 14 min Denis Billo

    Les quatre étapes de la vie sont aussi codifiées dans le temps et en lien avec les 4 vedas.
    Dans la tradition il est dit que la première étape dure de 0 à 25 ans, c’est le temps de l’apprentissage du rituel et les textes qui sont vus sont les Samhita, le Brahmane est alors Brahmacharya (chaste => Orienté vers Brahman).

    Puis de 25 ans au moment où les enfants quittent le foyer, le Brahmane offre le rituel, il doit être marié pour faire cela et il a une vie sociale importante, de simple employé à parfois patron de grosses industries, les textes qui vont avec cette période sont les Brâhmana.

    Donc une fois que les enfants quittent le foyer, le couple si il est encore présent se retire dans la retraite, souvent hors de l’agitation du monde. Le rituel s’incarne et les textes qui vont avec sont les Âranyaka, les livres forestiers qui donnent des explications cosmologiques, métaphysiques, contemplatives.

    A l’âge de 75 ans le Brahman quitte tout, devient Sannyasin (renonçant) et part souvent en pèlerinage par exemple autour du Gange.
    La quête de la libération est en marche et les textes qui vont avec cette époque sont les Upanishads.

    Pour revenir à la posture Adho mukha svânâsana, elle est finalement assez mineure, n’offre pas de grande stabilité, donc resté longtemps dedans n’apporte pas grand-chose. Le travail sur Ida et pingala ou encore Susumna est assez faible, alors oui on peut monter et descendre des jambes, pourquoi pas ?

    La mécanique nous montre d’une manière simple que la stabilité est réalisée par un appui plan, c’est à dire 3 points d’appuis.
    Cela nous donne le tabouret ou encore toutes les petites tables. Le fait de rajouter un quatrième pied est souvent dû au fait que nous faisons des choses carrés, mais si on faisait des choses avec 5 cotés on mettrait de force 5 piliers, alors que 3 permettent la stabilité.

    Répondre

    • 22 janvier 2016 @ 11 h 15 min Denis Billo

      Edite
      « Puis de 25 ans jusqu’au moment où les enfants quittent le foyer »

      Répondre

    • 22 janvier 2016 @ 12 h 01 min Marie

      Bonjour Denis,

      Merci pour ce commentaire dans lequel tu fais mention, à juste titre, des 4 âges de la vie (Brâhmachârya, Grârhasthya, Vânaprashta, puis Sannyâsa).
      J’ai voulu consacrer cet article au Purushârtha et m’en tenir à cela pour me centrer sur un seul sujet qui est déjà bien vaste et sur lequel mon texte n’a aucunement vertu d’être exhaustif.
      J’aurai très bien pu aussi parler des 4 âges du Monde (Satya Yuga, Tretâ Yuga, Dvâpara Yuga et le Kali Yuga que nous vivons actuellement). Mais il me semble plus juste d’écrire sur ce que je crois avoir intégrer… Libre à toi de penser que cette intégration reste… bancale… 😀
      Si j’ai choisi d’évoquer cette notion à travers la posture d’Adho mukha svânâsana c’est parce que d’une part, elle est l’une des premières postures enseignées dans de nombreuses écoles de Yoga (pas toutes, j’en conviens), c’est une posture globalement accessible à chacun et chacune (sauf cas particuliers) et, contrairement à ce que tu lui reproche, je trouve qu’elle offre une grande stabilité et une manière accessible de ressentir la présence du Souffle et l’action des bandhas pourvu, bien entendu, qu’on la tienne un peu plus lontemps qu’un simple passage furtif dans un vinyasa ou une salutation… Si ça se trouve c’est parce que tu n’y reste pas assez longtemps que tu n’y ressens rien… Ce serait l’ironie du sort, ça, quand même ! Ha ha ha !
      Je suis d’ailleurs assez surprise, venant de toi (ou peut-être non, pas tant surprise que ça finalement…), que tu puisses écrire avec une pointe de mépris : « alors oui, on peut monter et descendre les jambes, pourquoi pas ? ». Je suis sûre que tu sais très bien qu’il ne s’agit pas seulement de bêtement lever la patte. N’est-ce pas ? Sinon la posture n’est rien d’autre qu’une action mécanique sans grand intérêt.
      On pourrait développer davantage sur le rôle d’Apana Vâyu si tu veux mais, promis, je m’y consacrerai dans un prochain texte.
      Quant à Ida et Pingala ou encore Sushumna, pardonnes-moi mais il me semble que le travail qui y est réalisé ne dépend pas tant de la posture que l’on réalise mais de l’intention, de l’écoute, du ressenti, de la conscience que l’on place sur le plan énergétique lorsque l’on pratique l’Asana, quelle qu’elle soit. Au risque de passer pour une hérétique du Yoga, je considère que dire de Sîrsâsana (quand bien même elle est décrite dans les textes comme la reine des postures) qu’elle est nettement plus glorieuse que ce vulgaire chien tête en bas, c’est passer à côté de l’essentiel. Il n’existe, selon moi, pas de posture qui vaut mieux qu’une autre (ouh la la la la ! Qu’est-ce qu’elle dit là ?!!! Si avec ça, je ne suis pas rétrogradée de Kârma… :D). Pour moi, si la conscience de l’énergie est pleinement présente, il peut se passer parfois bien plus de choses dans une « posture mineure » (je reprends ton expression) que dans une posture royale faite sans conscience. Affirmer le contraire reviendrait à dire que l’on sait mieux de l’extérieur ce qui se passe à l’intérieur…
      Mais tout cela n’est bien entendu que mon humble ressenti… Ça vaut ce que ça vaut, donc… 😉

      Bien à toi Denis et au plaisir ! :)

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  2. 22 janvier 2016 @ 13 h 22 min Chloé Bovay

    Merci Marie pour cette belle description d’une de mes postures préférées, que je ne trouve pas de tout « mineure », ça n’est pas pour rien qu’elle est tant pratiquée. Souvent dans le yoga, ce sont les choses les plus simples qui gagne en profondeur et en beauté au fur et à mesure qu’on les pratique et qu’elle deviennent partie intégrante de notre quotidien, comme les salutations au soleil par exemple ou Adho Mukha Svanasana. Quand j’ai commencé à suivre des cours de yoga, je n’aimais pas les salutations au soleil, que je trouvais trop répétitives, et j’attendais que l’enseignante passe à quelque chose de plus « intéressant ». ça n’est que quand j’ai commencé à pratiquer (quasi) quotidiennement que je me suis rendue compte que c’est cette répétition qui me permettait de plonger plus profondément en moi-même et de me détacher de mon mental, que j’ai découvert leur magie en quelques sorte. Quand à Adho Mukha Svanasana, elle continue de gagner en subtilité chaque jour supplémentaire que je la pratique, c’est un éternel renouvellement, et ton article brillant, poétique et inspiré va sûrement m’aider à l’approfondir encore plus ! D’avance merci !
    Bien à toi

    Répondre

    • 22 janvier 2016 @ 18 h 34 min Marie

      Merci Chloé pour le partage de ton expérience !
      Je crois en effet qu’il nous faut nous laisser le temps d’apprivoiser notre pratique… ou plutôt… il serait plus juste de dire « de nous laisser apprivoiser par notre pratique ».
      En fait, et ceci est valable pour tout dans nos vies, ce que nous n’aimons pas a priori ou du moins ce dont nous ne percevons pas l’intérêt, pour peu que nous acceptons de nous y aventurer et que nous n’abandonnons pas trop vite, finit par nous révéler toute l’étendue de ce que nous avons à en recevoir. Et c’est parfois et même souvent ce que nous abordons avec le plus d’appréhension ou de rejet qui a le plus à nous livrer et à nous enseigner pour nous permettre d’avancer.
      Le principal, je crois, est de s’offrir le cadeau de vivre les choses en pleine conscience, sans jugement, dans un accueil des ressentis qui nous sont donnés de vivre.
      Je suis heureuse si l’interprétation personnelle que j’ai pu partager de cette posture te permettra de découvrir de nouvelles choses dans cette posture qui a évolué avec toi dans ta pratique.
      Je te souhaite alors une belle exploration sur ton tapis et en dehors puisque la pratique et le quotidien se nourrissent l’un l’autre…
      Namaste

      Répondre

      • 22 janvier 2016 @ 19 h 00 min Chloé Bovay

        J’aime beaucoup ton interprétation personnelle, elle va définitivement apporter de l’eau à mon moulin. Je crois que si on exprime les choses d’une manière « personnelle », ce qui est ton cas, c’est le gage que le message est passé à travers Soi : à travers son corps, à travers son esprit, sa sensibilité propre et unique et je trouve ça essentiel et très important. Sinon on n’est que des singes savants qui répètent ce qu’ils ont appris, lu et entendu, et ça n’est pas très intéressant. Je suis reconnaissante à mes professeurs de m’avoir dit : « Enseigne seulement à partir de ta propre expérience ». Après tout, le Yoga n’est-il pas le retour à Soi, et ensuite l’Union avec plus grand que soi (et ça n’est pas forcément chronologique, le « temps » n’existe pas vraiment dans cette expérience, mais ça c’est un autre débat). Bref je voulais dire que quand on arrive à exprimer l’Universel avec nos mots personnels… c’est définitivement le signe que l’on est sur la bonne voie et que l’on peux aider les autres à trouver la leur, universelle et unique… merveilleuse !
        Namaste

        Répondre

        • 23 janvier 2016 @ 1 h 11 min Marie

          Je crois en effet que ce que l’on transmet le mieux est probablement ce que l’on a soi-même intégré, vécu à travers notre propre expérience, ressenti au plus profond de nous-mêmes pour pouvoir le délivrer d’une manière pleinement habitée, avec cœur et avec âme. La connaissance livresque, théorique, technique est plus ou moins à la portée de tous ; mais incorporer, assimiler, incarner les choses est sans doute ce qui nous différencie d’un texte, aussi savant soit-il. La conscience du ressenti, la présence à soi-même, le retour vers notre propre centre est selon moi mille fois plus riche que le pouvoir de la pensée et l’encensement du savoir intellectuel. Bien que les deux ne sont pas forcément à mettre en concurrence. Chacun des deux est une source d’enseignement. Mais là où l’expérimentation peut se suffire à elle-même, il me semble que l’intellectualisation à elle seule constitue toujours une carence.
          C’est en tous les cas ma conception des choses… Et c’est surtout un parfait alibi qui arrange bien la ridicule lectrice que je suis… Mais chut ! 😀
          Merci à toi Chloé pour ces jolis mots si gracieusement assemblés ! :)

          Répondre

  3. 22 janvier 2016 @ 20 h 00 min Marie-Eve

    Grrr, mon commentaire était presque fini et voilà qu’une mauvaise manipulation a tout effacé :-(
    Je prends une grande respiration et je recommence :-)

    Merci Marie pour cet article jouissif !
    J’apprécie également la réponse dessous ! (Ah mais, il ne faut pas se laisser marcher sur la queue !)
    Merci à Chloé également!

    J’apprécie les liens que l’on fait avec tout. Dès lors que le cœur s’en mêle tout est possible.

    J’aime de plus en plus cette posture et y rester 5 mn et + est devenu aisé. Alors que je ne l’appréciais pas spécialement au début (mes poignets souffraient), maintenant, mettre le poids à l’arrière est très aidant. Aussi, repousser les mains dans le sol comme si on voulait étirer le tapis vers l’avant, le dos se creuse, les ischions pointent vers le ciel, le cœur s’ouvre, le souffle prend tout l’espace et tout le corps devient aérien. La tête complètement relâchée, le mental et l’ego se mettent en veilleuse pour accueillir plus grand que soi.
    En ressortir à chaque fois complètement régénérée. …Ce qui fait que l’on peut commencer par ça, le matin au saut du lit! :-)

    Répondre

    • 23 janvier 2016 @ 1 h 00 min Marie

      Ha ha ha ! Le Yoga serait-il un rempart à l’énervement face aux caprices informatiques ? 😀 Pour ma part, pas souvent hélas, mais je pratique, je jure que je pratique ! 😀
      Je te remercie Marie-Eve pour ce gentil commentaire et ce joli partage ! Toutes tes remarques sont très justes au sujet de la posture !
      Au début, en effet, les poignets ont tendance à trinquer, c’est souvent dû au fait que le poids du corps est trop dans les mains (les deux premiers piliers 😉 ) généralement à cause d’une chaîne arrière trop raide. Ce qui compte est donc de chercher à répartir de façon plus équilibrée le poids du corps et pour cela le bassin joue un rôle clé. Il prend deux directions : à la fois vers le ciel dans l’intention d’allonger la colonne vertébrale, mais aussi vers l’arrière ce qui permet de décharger un peu les poignets du poids du corps.
      Néanmoins, l’appui des mains dans le sol est essentiel pour permettre au bassin de s’élever et au dos de s’étirer. Pour cela, les mains s’enfoncent dans le sol comme si elles voulaient entrer sous terre (on creuse les fondations 😉 ), les bras sont tendus, les coudes rentrés, les aisselles spacieuses, les épaules loin des oreilles (plutôt que la tête enroulée dans les épaules…), les omoplates serrées, la poitrine déployée.
      Ensuite, le fait de plier un peu les genoux est souvent aidant au départ, même si les talons ne touchent pas le sol. Au moins, ça a le mérite de mieux placer le dos car les ischions arrivent ainsi à mieux monter lorsque les genoux sont un peu fléchis. Le placement du dos est, selon moi, toujours à privilégier par rapport à l’étirement des jambes. Une fois que le dos est bien placé, on peut alors commencer à déplier doucement les genoux et descendre les talons au sol, en veillant à ne pas perdre le placement du dos.
      Dans cette même recherche d’alignement vertébral, comme dans Uttanâsana et Paschimottanâsana, l’intention est de viser à ramener le ventre vers les cuisses de manière à insérer de l’espace entre les vertèbres favorisant ainsi l’allongement de l’axe vertébral. Alors, le Prâna peut donc circuler de façon beaucoup plus fluide et harmonieuse le long de Sushumna. C’est ici que la visualisation du Souffle prend d’ailleurs ton sens car la posture doit se mettre avant tout au service du Souffle et non l’inverse.
      Et une fois que tout cela, qui a tendance à être « sthira » par la vigilance et la tonicité que cela réclame, une fois que tout cela est en harmonie, on peut alors percevoir enfin qu’Adho mukha svânâsana est aussi une posture idéale pour expérimenter aussi la notion de « sukha », l’aisance dans la posture. La volonté et l’intention peuvent alors s’incliner pour permettre pleinement à la posture d’agir en nous plutôt que nous d’agir sur elle. Et cette action de la posture en nous, au-delà de la dimension purement motrice, se fait sur un plan bien plus subtil et c’est ce que j’ai tenté de rendre dans le texte au-dessous duquel nous sommes présentement en train de commenter.
      C’est en tous les cas de cette manière que je pratique et que j’essaye du mieux que je peux d’enseigner.
      Au plaisir de te lire Marie-Eve (et de rencontrer enfin 😉 ) !
      Très bon week-end à toi ! :)

      Répondre

  4. 24 janvier 2016 @ 19 h 29 min muntsaky

    Merci Marie pour cet article! j’adore cette posture et malgré que au premier temps elle peut paraitre pas confortable et difficile, avec le temps on peut bien l’utiliser pour se « reposer » et ce recentrer.
    Om Shanti

    Répondre


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Attention ! Le yoga n’est pas sans risque

25 novembre 201625 novembre 2016
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Ouvrez vos chakras et ayez conscience de vos limites.

C'est l'une des études les plus conséquentes disponibles à ce jour sur la pratique du yogae t les blessures qui peuvent en résulter. Menée par deux chercheurs en traumatologie et épidémiologie de l'université d'Alabama de Birmingham, il en ressort que le yoga n'est évidemment pas le sport le plus traumatogène du répertoire, mais qu'il n'est pas pour autant dénué de risques. Et que les yogistes ayant dépassé les 65 ans doivent redoubler de prudence, car ce sont eux les plus vulnérables aux entorses, élongations et autres fractures. Le travail de Thomas A. Swain et Gerald McGwin, rassemblant quatorze ans de données récoltées aux États-Unis, montre aussi que le yoga a gagné en popularité sur la période, et que la fréquence des blessures s'en ressent. En moyenne, elle était de 10 pour 100.000 participants en 2001 et grimpe à 17 pour 100.000 en 2014. Après 65 ans, cette incidence –58 pour 100.000– est bien plus élevée, avec trois fois plus de fractures que pour les autres classes d'âge. Pour les individus âgés de 45 à 64 ans, elle est de 18 pour 100.000 et de 12 pour 100.000 pour ceux de 18 à 44 ans.
«Les blessures liées au yoga sont relativement rares, explique Swain, et comme on aurait s'en douter, l'incidence a tendance à monter avec l'âge du participant. Nous avons aussi observé que le taux de blessures augmente sur la période, ce qui pourrait traduire une plus grande popularité du yoga, avec davantage de personnes inexpérimentées qui ne prennent pas les précautions d'usage pour éviter les problèmes.»
Swain recommande de «consulter son médecin avant de débuter le yoga, d'être prudent et de connaître ses limites personnelles». Des limites que bon nombre de pratiquants débutants sont à même d'ignorer car «le yoga est bien plus difficile et exigeant qu'on le pense», précise McGwin. Au total, ce sont 29.590 blessures que les chercheurs ont répertoriées. Près de la moitié (45%) sont des entorses et le haut du corps est visiblement la zone la plus fragile.

Du yoga au travail….

21 septembre 201621 septembre 2016
yoga au bureauVous pouvez aller travailler ! » La séance d'une heure est terminée. Paula Taylor, professeur de yoga du réseau de coachs sportifs Fizix, libère ses douze élèves. Du chef sommelier à la femme de ménage, les 550 salariés du Bristol peuvent participer gratuitement à ce cours. Organisé dans une petite salle climatisée réservée aux employés, il coûte entre 80 € et 120 € au Comité d'Entreprise du palace. « Le point fort, c'est qu'il y a une homogénéité des groupes et ça crée une dynamique », se félicite son secrétaire adjoint Damien Largeau.   Collé serré   « On peut rencontrer des collègues d'autres services », renchérit Lucie Demai, hôtesse d'accueil. Allongé à sa gauche sur un tapis, Tony Le Douigou, dont elle n'a jamais été aussi proche, en est à son deuxième cours. « C'est plus apaisant que d'aller courir, observe le demi-chef de rang. Idéal pour se détendre avant de commencer le travail, de 16 heures à minuit ».   Debout depuis 7 heures du matin, le directeur d'achats Thomas Trucheret est en nage à la fin du cours, mais il savoure cette coupure en milieu d'après-midi : « J'aborde sereinement la deuxième partie de journée, sur le plan profesionnel et à la maison avec mes trois enfants ». Et de conclure, sourire en coin : « Le stress retombe. C'est parfait  : avec notre clientèle exigeante, il faut être très réactifs. » Voir l'article

Musculation et yoga, nouvelle mode made in US

23 août 201623 août 2016
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De nombreux hommes adeptes de musculation délaissent les poids et haltères pour des matelas de yoga, prenant le pas de l'intérêt grandissant pour une variante plus virile du yoga traditionnel, le «broga».

Le yoga, activité vieille de plusieurs millénaires, était autrefois pratiqué exclusivement par des hommes. L'activité physique «mâle» de l'ère moderne est aujourd'hui tout autre. «Le yoga se résume à bien plus qu'à des femmes qui se contorsionnent tels des bretzels végans», a lancé l'entrepreneur qui a fondé les cours de Jock Yoga, Michael DeCorte. Le centre d'entraînement Equinox de Toronto offre ces séances d'entraînement qui unissent les salutations au soleil à la musculation. De plus en plus de professeurs de yoga tentent d'attirer davantage d'hommes dans leurs classes en proposant des exercices qui misent sur la force plutôt que la flexibilité. Les adeptes de yoga sont constitués à 70% par des femmes, selon une étude de l'institut Ipsos publiée en 2016. M. DeCorte estime malgré tout que 50 à 85% des sportifs qui assistent à ses ateliers de Jock Yoga sont des hommes. D'autres centres de type «broga» essaiment un peu partout au pays. Jo-ga, à Halifax, Yoguy, à Vancouver, et le studio montréalais Mudraforce - où l'activité se pratique en toute nudité- ont notamment vu le jour. Une compagnie basée au Massachusetts, Broga yoga, détient un brevet sur l'emploi du mot-valise. L'entreprise se vante d'avoir plus de 12 000 clients et 500 professeurs à travers le monde, notamment par ses cours offerts par le biais de vidéo en ligne. Selon l'instigateur du «broga», Robert Sidoti, nombre d'hommes sont attirés par les bienfaits du yoga, mais craignent d'avoir un air efféminé en prenant la position du lotus.
En lire plus ...

Le dalai lama juge qu’il y a trop de réfugiés en Europe

31 mai 201631 mai 2016
Dalai lama trouve qu'il y a trop de réfugiés en EuropeLe dalaï-lama a estimé qu'il y avait à présent "trop" de réfugiés en Europe après la vague d'arrivée l'an dernier et que ces migrants cherchant protection ne devaient rester que provisoirement sur place, dans une interview publiée aujourd'hui en Allemagne. "Quand nous regardons le visage de chaque réfugié, surtout ceux des enfants et des femmes, nous ressentons leur souffrance et un être humain qui a de meilleures conditions de vie a la responsabilité de les aider. Mais d'un autre côté, il y en a trop à présent" en Europe, a déclaré le chef spirituel des Tibétains au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. "L'Europe, l'Allemagne en particulier, ne peut devenir un pays arabe, l'Allemagne est l'Allemagne", a-t-il ajouté, en référence au fait qu'une majorité des migrants vient de pays arabes comme la Syrie ou l'Irak. "Il y en a tant que cela devient difficile sur le plan pratique. Et sur le plan moral, je trouve aussi que ces réfugiés ne devraient être accueillis que provisoirement. L'objectif devrait être qu'ils retournent (dans leur pays) et aident à reconstruire leur pays", a estimé le dalaï-lama, qui vit lui-même en exil en Inde depuis plus de 50 ans. L'Allemagne a accueilli l'an dernier un nombre record d'un million de réfugiés. Source Le Figaro

Tendance: le yoga en moumoute et chaussures de ski…

6 avril 20166 avril 2016
ski_yoga_poseLe murmure du torrent et le chant des oiseaux dans les bouleaux apaisent déjà. Dans le décor vivant du Plan de l’Eau, aux Menuires, se déroule la randonnée «yoga et raquettes», encadrée par Brigitte Ruff, accompagnatrice en montagne, et Anita Thevenot, masseuse ayurvédique. Après une première marche dans la poudreuse, telle une page blanche, une première pause est consacrée à des exercices d’étirement. Le groupe, limité à douze personnes maximum, forme un petit cercle. Raquettes aux pieds, on tend et on étire ses bras vers le ciel. Profonde inspiration, puis on relâche totalement son buste et ses membres supérieurs jusqu’à frôler la neige. Pendant une quinzaine de minutes, Anita aide chacun à prendre conscience de son corps. «La montagne, avec son paysage somptueux et son air pur, offre un cadre idéal pour pratiquer le yoga pranayama, qui met l’accent sur la respiration», précise-t-elle. On repart ensuite plus détendu, attentif aux empreintes d’animaux et au silence, seulement rompu par le bruit feutré des raquettes. Plus loin, c’est la posture de la salutation au soleil. Un long et ressourçant déroulement du corps, pratiqué plusieurs fois, après avoir déchaussé et s’être installé sur un petit tapis de yoga, prêté par Anita. Les deux autres pauses zen sont consacrées à des exercices respiratoires et à de la méditation, assis en tailleur. Lancées l’an dernier au départ de la station de Val Thorens, ces randonnées bien-être hebdomadaires, de trois heures, affichent complet. Les clients? Souvent des femmes, n’ayant jamais pratiqué le yoga ou même les raquettes, mais curieuses de découvrir cette balade hybride. Morzine mise aussi sur l’engouement autour du yoga. Probablement inspirée par la station suisse d’Engadin St. Moritz qui lançait en 2014 la première piste de yoga du monde, Morzine propose cet hiver la piste des yogis, un itinéraire bleu de 2400 mètres jalonné de dix emplacements pour pratiquer des postures relaxantes, sans forcément ôter ses skis. Enfin, sous le nom de marche afghane, évocateur de montagne loitaine, la station de Samoëns invite à une sortie en raquettes accompagnée par un professionnel. Durant cette randonnée, le travail constant sur la respiration facilite la gestion de l’effort en altitude et relaxe. Les activités bien-être en montagne ne se résument plus à des papouilles et des bains bouillonnants dans des centres aqualudiques mais tirent parti, enfin, d’un environnement unique. Voir l'article sur le site de Libération

Le paradoxe Vegan de la femme branchée.

2 novembre 20152 novembre 2015
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Assez régulièrement ( et de plus en plus ) je vois des gens arriver à un mode de vie vegan ( ce qui en soit est plutôt bien ) mais ce que je trouve étrange c’est souvent le paradoxe éthique assez flagrant et parfois cliché.
Pour commencer, beaucoup des végan avec qui j’ai les échanges les plus houleux sont souvent des filles, entre 20 et 30 ans, « converties » depuis assez peu de temps.
Autant je crois sincèrement aux bienfondés de ce mode de vie lorsqu’il est choisi et pensé de bout en bout, autant je suis souvent confronté à des situations de fort malaise lors de nombreux échanges.
Cela se manifeste par plusieurs choses récurrentes : le prosélytisme, la suffisance et l’incohérence.
Je vais dresser un portrait caricatural pour essayer de bien faire comprendre ça … ( pour ce faire je ne vais que juxtaposer des éléments issus de posts ayant défilé sur mon fil d’actualité perso )
Faisant la queue pour avoir son café-pumpkin starbuck, elle attend en faisant un petit selfie marrant pour montrer son nouveau bonnet en coton bio.
Elle poste ça en ligne avec son nouvel iphone.
Un peu plus tard elle rentre chez elle, se fait un petit smoothie banane, mangue et lait de coco, le tout dans un super blender trouvé sur amazon.
Un petit tour sur son compte instagram nous fera découvrir sa garde robe pour constater que toutes les fringues sont bio. Comme tout est bio, le label "équitable" est apposé sur son chocolat, son café et ses épices.
Plus tard, un passage sur son compte facebook nous montrera de nombreux partages militant où on voit combien l'industrie agro-alimentaire est trash (les vidéos le montrent très bien assurément … (ne pas aller sur une page d'une végan à l'heure du repas !).
On la verra également se réjouir de la fermeture d'un abattoir, voyant le signe d'un réel progrès pour "la cause".
Elle prend soin d'elle, les statistiques publiées sur ses joggings grâce à l'application embarquée dans ses nike en sont la preuve ! Et après une bonne douche avec un savon Lush elle sent super bon le fruit de la passion.
Et ce soir après cette belle journée elle se fait un petit plaisir : un steak végétal. Tellement bien fait qu'on dirait trop de la viande (mais sans la souffrance animale) ! Un petit bout de "Faux-mage" à base de noix de cajou et un avocat. Et en dessert un petit bout de chocolat équitable.
Elle a le sourire en préparant ses vacances en Thaïlande en achetant sont billet en ligne sur son macbook, avec son chat sphinx qui ronronne sur ses genoux et peux enfin aller se coucher, en paix avec elle-même et ses convictions … aujourd'hui encore, elle n'a été la cause d'aucune souffrance animale.
Et là je vous vois venir avec un "Heuuu mais Samten, il est où le problème, je ne vois pas trop où tu veux en venir … elle a l'air plutôt cool la nana là … non ?"
Oui oui elle est cool ! Et c'est vraiment chouette que par son véganisme elle se sente impliquée dans la cause animale, le progrès et l'évolution de l'humanité à des hautes sphères de conscience et d'empathie !
MAIS … Et hélas c'est là que le bât blesse…
Son café est issu de la souffrance des hommes, d'une production qui détruit l'environnement dans lequel il est produit et contribue au déséquilibre nord-sud où la domination occidentale est vécue de plein fouet par les producteurs-esclaves.
Son téléphone est issu d'une production où les métaux rares sont également issus de productions où les hommes sont traités en esclaves dans des mines aux conditions abominables. En plus l'obsolescence perçue fait qu'elle changera de téléphone alors même que ce dernier sera encore tout à fait fonctionnel.
Elle se réjouit de la fermeture d’un abattoir sans réaliser que le nombre d’animaux abattus restera inchangé ... le seul changement sera que ces pauvres bêtes devront parcourir encore plus de distance dans le transport final ... l’élément souvent le plus traumatisant pour l’animal (mais aussi pour l’éleveur qui respecte ses animaux).
La banane de son smoothie provient d'équateur, issue d'une terra-formation imposée par les États-Unis pour que ces pays ne viennent pas concurrencer la production de maïs OGM. La mangue provient d'Inde et a peut-être véhiculé des parasites qui détruisent nos vergers. L'avocat provient d'Israël et le lait de coco de Thaïlande, finançant les deux des régimes politiques discutables. Les transport “bio” n’existe pas ... les bateaux délestent en pleine mer, les camions brulent du gasoil et dans les deux cas il y a un paquet de dommages collatéraux. Ben oui, combien de dauphins pris dans les pales des bateaux, de biches , d’oiseaux, de hérissons percutées, écrasés pour que nos fruits exotiques arrivent à bon port ?
Son blender vient de chine, assemblé dans une usine où les gens sont traités comme de la marchandise et payés une misère et acheté sur un site qui bafoue le droit du travail à longueur de temps.
Ses habits, comme sa nourriture, ont parcouru des milliers de kilomètres pour être parfois produit avec des produits chimiques (malgré les labels bios affichés) et cousu par des enfants, au même titre que ses nikes.
Sa fausse viande et son faux fromage sont issus de productions industrielle et chimique pas forcément très saine et de loin pas locale
Son chat provient d'un élevage de croisements génétiques et nourrit avec des boites industrielles (et là autre paradoxe : doit-on imposer le véganisme aux animaux … ah ben non ce serait aller à l'encontre de leur nature, dans ce cas là c'est pas pareil)
Son billet d'avion compensera le bilan carbone de son véganisme.
A côté de ça j'essaie d'imaginer une personne qui consommera bio, local, de saison avec, certes de la viande de temps en temps (mais qui vient d'un paysan qui connaît toutes ses bêtes) qui portera ses fringues jusqu'à l'usure, n'aura que le strict nécessaire chez lui, pas de robots ménagers dans tous les sens, pas d'ordi, pas de fruits exotiques … et qui pourtant sera la "cible" des végans en raison de son manque de conscience et de sensibilité… et là je me dit qu'il y a un soucis dans la manière qu'ont les végans de mener leur "combat" …
Je me dois de rajouter un GROS P.S. à ce texte : je ne me considère absolument pas comme étant moi-même éthiquement irréprochable, loin de là ! J'essaie de faire au mieux ma part en restant un maximum cohérent entre mes convictions et mes capacités de consommation. Mais par contre l'issue de mes réflexions, de mes pensées, mes idées, je les PARTAGE. J'espère que parfois ma vision des choses en convainc certain mais je considère toujours que les choix éthique sont personnels et que nous ne pourrons jamais être irréprochables sans devenir extrêmes et sans s'extraire totalement du système, ce qui n'est pas ma volonté, au contraire, j'espère pouvoir être le témoin d'évolutions du système dans "mon" sens quitte à devoir faire des compromis, mais que je choisis.
EDIT : suite à l’engouement et aux nombreux comm qu’a suscité cet article aux différents endroits où il a été partagé et comme ça a dépassé le cercle des gens qui me connaissent, je me dois de me présenter pour permettre de contextualiser éventuellement cet article. Pour commencer je dois moi-même faire face à de nombreux paradoxes de consommation lié à mon choix de travail : étant photographe j’ai en effet beaucoup de matériel technologique ( ordinateurs, tablette, appareils photos ... ) qui ont un cout éthique important. Je n’ai pour le moment pas trouvé de solution pour ce pan là. J’ai passé plusieurs période de ma vie à appliquer un régime végétarien et un mode de vie assez proche des principes végétaliens sous pas mal d’aspects. Je me considère comme étant assez impliqué dans les domaines de la réflexion sur nos modes de vies, nos interactions avec l’environnement. J’ai un très grand intérêt pour la permaculture, les productions équitables ( je ne parle pas des labels qui spolient le terme ). Suite à de nombreuses réflexions j’en suis venu à avoir un mode de vie où les choix alimentaires et de consommation générale sont souvent mis dans la balance du pour et du contre au moment de l’acte d’achat. J’ai également un régime alimentaire qui est aussi très “fashion” car j’ai une alimentation principalement axée sur les principes du Dr Seignalet, à savoir sans gluten, sans produits laitiers, sans sucres raffinés ( mais je n’en fais pas un dogme, je m’accorde des exceptions si je n’ai pas le choix ou même si simplement j’en ai envie), je suis venu à ce régime il y a plus de 7 ans pour des raisons de santé et il m’a apporté beaucoup de choses ( j’en discute volontiers avec ceux qui s’y intéressent ). D’autres principes alimentaires font également parti de mes convictions, principalement le fait de consommer local, de saison et bio ( et dans ma région ça veux dire qu’il faut aimer le choux et les poireaux ). Je porte avec moi un assez lourd bilan carbone car j’ai beaucoup voyagé, mais ces voyages m’ont permit en contre partie d’apprendre énormément de choses sur l’humain, la nature, les interactions entre les deux, mais surtout pour réaliser qu’il n’existe pas de valeurs “universelles” ... partout les gens ont des convictions qu’ils sont parfois prêt à défendre avec armes et sang ! J’ai aussi vu qu’il y a un réel angélisme de la part des gens qui vivent leur conviction depuis le fond de leur canapé ikéa ... car à travers le monde j’ai été témoin de la violence , partout sous un nombre inimaginable de formes ! Les seuls moments où j’ai eu la sensation de m’en extraire on été ceux où j’ai été seul face à la nature, loin du fait des Hommes ! J’ai vu plus d’amour et de respect chez une productrice de bœuf bio en France qu’envers des vaches “sacrées” au Népal. J’ai recommencé à manger de la viande en voyage, lorsque j’ai été reçu par des gens qui n’avaient rien d’autre à me proposer et qu’il aurait été plus que déplacé de dénigrer ce geste pour mon petit confort intellectuel. Et puis j’ai appris à reconnaitre qu’il y a de réelles différences entre les modes de production et que cela impact directement nos valeurs et notre environnement, j’y suis de plus en plus attentif et rencontre des gens merveilleux depuis. Comme je l’ai dit à de nombreuses reprises, je trouve merveilleux que de plus en plus de gens s’intéressent aux modes alimentaires “alternatifs” ( qu’ils soient végan, végétariens, sans gluten, bio ... ) car ça montre que les gens ne prennent plus tout pour argent comptant. Mais je prône également la coexistence et l’évolution douce. C’est souvent en ça que mes avis divergent avec les militants ( végan ou autre) sur les manières d’agir : Les études en neuroscience montrent que face à une démonstration de la violence (vidéo d’un abattoir par exemple), le cerveau d’une personne non préparée, vivra ça comme une agression ... mais au lieu d’obtenir un électrochoc contre le système, le trauma sera dirigé contre la personne qui lui aura fait vivre ce trauma... avec un effet inverse à celui désiré... mais je m’égare à parler de ça.
Bref, je tente juste de faire avec les outils à ma disposition pour rester le plus cohérent possible entre mes choix, mes croyances, mes moyens et mes aspirations. Jonglant moi-même avec certains paradoxes.
EDIT 2 :
Je n’ai hélas rien inventé pour créer ce personnage fictif ! juste pris quelques éléments sur différents posts de mes contacts ... j’ai même été assez soft pour qu’on ne pense pas que j’exagère le trait ! Et pour celles et ceux qui me font la critique d’avoir choisi une femme plutôt qu’un homme c’est pour la même raison ( qui n’est pas lié à une réalité statistique et objective ) : je n’ai pas eu autant d’occasion de voir ce type de posts et de profils dans mon fil d’actualité.