Aux sources du Hatha-Yoga

Le hathayoga, ou yoga postural, s’est répandu à travers le monde. Il a aujourd’hui des millions d’adeptes.
La thèse prédominante sur les origines du hathayoga est qu’il a été élaboré principalement dans un milieu shivaïte, et propagé par la secte de Goraknâth, les Goraknâthîs ou Nâthyogîs.
Mais James Mallinson, un chercheur anglais, est en train de remettre ces théories en question. Les textes sanskrits ou prâkrits, ainsi que la connaissance du terrain, ont beaucoup progressé ces dix dernières années.
Il en ressort que les postures non-assises du hathayoga proviennent principalement de milieux vishnouïtes shrîvaishnava ou pâncharâtrika.
D’autre part, il y aurait eu, vers le XVIIIe siècle, une fusion de l’école vishnouïte avec l’école dashnâmî de shringerî. Ce sont eux qui auraient produit la plupart des textes de hatha-yoga que nous connaissons. Cela consonne bien avec mes lectures de ce genre de textes et avec ce que l’on sait par ailleurs. Ainsi le jagadguru de Shiringerî Sacchidânanda Shivâbhinava Narasimha Bhârati, l’éditeur-compilateur de l’édition des œuvres de Shankara en 1910, était un fan du hathayoga. Cela colle aussi avec ce que l’on sait de Krishnamâchârya à la même époque et dans la même région. Il était shrîvaishnava.
En revanche, James Mallinson soutient que la place des Gorakhnâthîs a été largement surestimée dans l’élaboration du hatha-yoga. En réalité, les Gorakhnâthîs n’ont que peu contribué au hatha-yoga, en dehors du Yogabîja au XIIe siècle et de la Hathapradîpikâ au XVe siècle. Il dit :
« Je ne connais pas un seul texte sanskrit  sur le hatha-yoga ou un seul commentaire écrit par un membre de la tradition Goraksa Yogî depuis la Hathapradîpikâ« .
« A ce jour le lien des Nâth Yogîs avec le yoga n’existe que dans les mots : j’ai cherché en vain à trouver des adeptes du hathayoga parmi les Nâths d’aujourd’hui. Parmi les écoles importantes de hatha-yoga en Inde aujourd’hui, aucune n’a un gourou Nâth ; la majorité sont affiliées aux Dasnâmî sannyâsîs ».
Il ajoute :
« Même l’attribution de la Hathapradîpikâ aux Nâths n’est pas certaine. Elle pourrait relever une tradition siddha plus vaste » (ibid.).
De fait, comme le note Mallinson, la Hathapradîpikâ mentionne dans sa « lignée » Allâma  Prabhu, un maître vîrashaiva.
Je note aussi que toutes ces grandes figures et centres mentionnés à propos de la composition de ces textes se situent, comme par hasard, au Karnâtaka… A mon sens, cette région de l’Inde est l’une des plus riches, mais aussi l’une des plus négligée par les chercheurs spirituels occidentaux.
Et de manière générale, il se confirme que les Nâth Yogîs ont fait feu de tout bois… Ces yogîs ont toujours été davantage des sorciers que des méditants. Je conseille donc la prudence à tous ceux et celles qui seraient tentés par cette tradition d’aventuriers et de mercenaires. Ce sont les yogîs Nâths qui sont à l’origine de l’image de yogîs comme magiciens cruels et sans scrupules qui est encore vivante parmi les Indiens, surtout ceux du Nord. Les chefs récents et actuels de cette secte dans le Nord de l’Inde – Avaidyanâth etÂdityanâth – sont en effet des militants politiques peu recommandables, voire des truands. J’ai visité leur monastère et j’ai fréquenté un temps – il y a longtemps ! – ces milieux de sorciers mafieux. Bien sûr, les Nâths sont très nombreux, et il y a sans doute des gens bien parmi eux. mais encore une fois, je ne peux que conseiller la plus grande prudence.
Quoi qu’il en soit, le vishnouisme tantrique semble avoir joué un rôle dans l’élaboration du yoga beaucoup plus important qu’on ne pensait. Le hathayoga n’est pas l’apannage des Nâths. Les sectes vishnouïtes Râmânandî et Dashnâmî ne pratiquèrent pas seulement la bhakti (la dévotion), mais aussi le yoga. Il est temps de remettre en question le cliché de l’incompatibilité entre yoga et bhakti.
David Dubois
Trouvé sur l’excellent blog La Vache Cosmique
Pour aller plus loin sur les origines du yoga moderne relisez notre article: « Le yoga moderne est il authentique »


'Aux sources du Hatha-Yoga' have 3 comments

  1. 3 janvier 2015 @ 1 h 23 min Denis

    C’est bien regrettable de commencer une explication par ces mots « Le hathayoga, ou yoga postural », cela prouve une méconnaissance de ce qu’est le Hatha Yoga…
    Prenons par exemple la Gheranda Samhita (traité classique de Hatha Yoga traduction de Jean Papin), traité écrit par Adinatha un shivaïte tantrique de la secte des Natha-yogin. On trouve dans ce livre de très belles explications des postures (Asana) mais aussi sur les gestes et sceaux (mudras), le retournement de l’activité sensorielle (Pratyahara), le contrôle de l’énergie du souffle vital (Pranayama), la méditation (Dhyana) et l’enstase ou identification (Samadhi)…
    A la différence avec Patanjali on ne trouve pas Yama et Niyama mais la toute première étape passe par des nettoyages du corps (satkarman). Pour autant la posture ne reste que la deuxième étape sur sept dans la Gheranda Samhita et dans le Yoga de Patanjali la troisième étape sur huit !
    Je ne peux que vous conseiller aussi de lire la Yoga Tattva Upanishad qui donne une explication très claire de la puissance du Hatha Yoga et dans laquelle on ne trouve que quatre postures citées…
    Alors pourquoi réduire le hatha yoga au yoga postural ?
    Il semble que la plus part des cours de Yoga donnés en occident se rattachent au personnage de Krishnamâchârya qui n’a gardé que la posture et une douce respiration associée aux mouvements.
    On doit comprendre qu’a la base Krishnamâchârya « créateur du yoga moderne » a répondu à une demande d’un maharaja pour entrainer des soldats et que tout aspect spirituel a donc été mis de côté.
    Krishnamâchârya et ses descendants (B.K.S. Iyengar, Pattabhi Jois, T.K.V. Desikachar et TK Sribbashyam) sans oublier tous les autres personnages inspirés par lui ont délibérément fait du Hatha Yoga quelque chose d’aseptisé qui convient parfaitement au marché occidental, par le fait d’avoir supprimé le travail profond dans le pranayama et l’idée spirituelle traditionnelle que le yogin cherche avant tout à s’unir à l’universel pour échapper à sa condition individuelle, source de souffrances.
    Dans cette « amputation » seul l’aspect visible dans le Yoga est resté et c’est la posture qui aujourd’hui est regardée, analysée, poussée dans ses retranchements les plus précis, souvent dans un souci d’esthétisme et de bien être bien extérieur. En oubliant que ce qui compte avec un véhicule, ce n’est pas de passer des années à regarder le moteur ou la taille du câble d’accélérateur, mais bien de mettre la première et de commencer à voyager avec…
    Force est aussi de constater que ce Yoga « postural » est devenu un énorme marché en occident où tous les « styles », loin de la tradition, se créent à la vitesse des nouveaux groupes musicaux, pour disparaitre aussi rapidement, on trouve même de nos jours le « yoga vélo » !
    Dans cette course effrénée et compulsive à celui qui sera le plus original il existe même des nouveaux maîtres devenus milliardaires du Yoga et qui s’en ventent tout en ayant déposé à leur compte les noms millénaires des postures sans oublier les fédérations internationales de Yoga qui organise le championnat du monde de Yoga.
    Pour autant en cherchant bien il est possible de trouver encore de grands maîtres dans la tradition du Yoga aussi bien chez les Nathas que dans le Sampradaya, mais il est évident qu’ils sont bien moins connus et médiatisés mais bien présent encore !

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  2. 27 février 2015 @ 10 h 22 min hridaya

    Le débat, a mon avis ne se pose pas là, et de cette manière,

    C’est encore se demander lorsque l’on monte dans une automobile en 2015, si elle est la même chose qu’au 19 ° siècle
    .la réponse et paradoxale, non car elle est très différente d’un point de vue de la technologie embarqué, oui car elle a un habitacle le corps, un moteurs, l’énergie qui la propulse, et surtout, peut-être l’essentiel mais qui n’est pas la voiture un conducteurs, la conscience.
    Déplaçons, un peu plus le questionnement : ce qui nous intéresse en 2015 comme au moyen âge et bien avant du point de vue du yoga, c’est d’arriver a bon port.
    On ne peut que faire que des suppositions quand a l’apparitions du travail postural et de la paternité de ces derniers des nath originel ou pas. Encore une supposition que de dire que la qualité énergétique des pratiquant du 15° ou 16 °siècle était sensiblement dégradé par rapport aux nath ou autre originel. On pourrait dire également que ce yoga ou ces yoga ont évolué au et a mesure des recherches des uns et des autre. Enrichissement mutuel, foisonnement des techniques.
    Quels importance ? L’essentiel ce ne sont pas les outils, c’est l’esprit que l’on met derrière tout cela, et c’est la finalité. Le retour a la source. Puis le retour dans la vie, qui finalement n’est que la même chose. Alors mauvais débat, ou déplacement intellectuel…..
    Opposer bakta et yogins est encore un clivage et une rupture total avec la réalité d’une pratique totale. C’est encore inventer une guerre qui n’existe pas. Juste dans la tète de ceux qui pensent !!!!

    tout comme d’ailleurs opposer asana pranayama, mudra etc…
    L’entrainement de chacune de ces pratique se fera séparément, encore que pas, de posture sans pranayama, pour des raison de confort et de faciliter d’apprentissage les mudra pourront se faire a part. Mais la finalité pour une pratique bien mené sera de tout associer trouvé le lien, l’unité dans une seule et même pratique.la mise en vibrations par le pranayama attisera la dévotion et vice versa.
    A ce moment prathyara fera son apparition, et dharana sera là et amènera spontanément a dhyâna, quand a samadhi plaise a dieu qu’il soit là.
    L’essentiel c’est de respecter la méthode, il sera bien temps de se rendre compte que l’on peut se passer de posture….. Ensuite,……. vingt ans après
    C’est du dernier cri en ce moment de dire qu’il n’y a rien a faire .juste s’assoir et attendre.
    les mirages sont partout, mais ils partent tous du même endroit .ma perceptions interieur bref, mon cerveau !!!!
    c’est du derniers cri que de prouver que quelque chose nous est inutile parce que nous ne voulons le faire .et que c’est une perte de temps car cela est dur…..
    Parce que je le vaux bien !!!!! que ne suis pas cette être grossiers de chairs et sang.
    c’est également balayer de la mains, la représentations divine du corps dans le culte tantrique, afin de le réintégrer dans le corps de la divinité universelle .
    il ni a rien de grossier dans le monde, le corps et le temple et sans lui que serais-je ?
    C’est également occulter la part de magie divine dans le hatha yoga et sa part de chamanisme antique, le rappel aux grands archétypes universels, la référence aux animaux, végétaux et sages.
    Magique et non sorciers !!!!!!
    C’est également, à mon avis nous séparer de l’univers, de ses satkti. Oublier matsyandrasana, oublier la posture de gorakhsa. Oublier kurmasana et garbhasana.il ni y a que celui qui n’aura pas éprouvé ces pratiques qui sera prêt a s’en passer.
    Le danger à mon avis de ce type de discours de la part de mr Dubois que j’ai rencontré et au demeurant fort sympathique et auteurs de sites et de traductions remarquable, c’est au nom, d’une neo compréhension de la traditions, de produire une erreur aussi remarquable que ce qu’il pointe du doigt. D’être victime de sa propre modernité, une modernité veut en chasser une autre, au nom de la science nouvelle et de sa nouvelle compréhensions .nier la place du corps , a mon avis c’est nier notre existence.et probablement mettre la charrue avant les bœuf et occulter l’argile qui nous façonne. Le projet tantrique réintègre le corps a l’univers, a dieu, comme manifestation du divin.
    C’ est un vision inclusive et non excluante .comment pourrait-on avoir un dieu qui ne serait pas tout ? ce qui est hors de dieu n’existe pas, mon corps est fait de la substance du divin, tiré de son imaginaire de son rêve.et c’est de ce corps que je dois le réaliser.

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Attention ! Le yoga n’est pas sans risque

25 novembre 201625 novembre 2016
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Ouvrez vos chakras et ayez conscience de vos limites.

C'est l'une des études les plus conséquentes disponibles à ce jour sur la pratique du yogae t les blessures qui peuvent en résulter. Menée par deux chercheurs en traumatologie et épidémiologie de l'université d'Alabama de Birmingham, il en ressort que le yoga n'est évidemment pas le sport le plus traumatogène du répertoire, mais qu'il n'est pas pour autant dénué de risques. Et que les yogistes ayant dépassé les 65 ans doivent redoubler de prudence, car ce sont eux les plus vulnérables aux entorses, élongations et autres fractures. Le travail de Thomas A. Swain et Gerald McGwin, rassemblant quatorze ans de données récoltées aux États-Unis, montre aussi que le yoga a gagné en popularité sur la période, et que la fréquence des blessures s'en ressent. En moyenne, elle était de 10 pour 100.000 participants en 2001 et grimpe à 17 pour 100.000 en 2014. Après 65 ans, cette incidence –58 pour 100.000– est bien plus élevée, avec trois fois plus de fractures que pour les autres classes d'âge. Pour les individus âgés de 45 à 64 ans, elle est de 18 pour 100.000 et de 12 pour 100.000 pour ceux de 18 à 44 ans.
«Les blessures liées au yoga sont relativement rares, explique Swain, et comme on aurait s'en douter, l'incidence a tendance à monter avec l'âge du participant. Nous avons aussi observé que le taux de blessures augmente sur la période, ce qui pourrait traduire une plus grande popularité du yoga, avec davantage de personnes inexpérimentées qui ne prennent pas les précautions d'usage pour éviter les problèmes.»
Swain recommande de «consulter son médecin avant de débuter le yoga, d'être prudent et de connaître ses limites personnelles». Des limites que bon nombre de pratiquants débutants sont à même d'ignorer car «le yoga est bien plus difficile et exigeant qu'on le pense», précise McGwin. Au total, ce sont 29.590 blessures que les chercheurs ont répertoriées. Près de la moitié (45%) sont des entorses et le haut du corps est visiblement la zone la plus fragile.

Du yoga au travail….

21 septembre 201621 septembre 2016
yoga au bureauVous pouvez aller travailler ! » La séance d'une heure est terminée. Paula Taylor, professeur de yoga du réseau de coachs sportifs Fizix, libère ses douze élèves. Du chef sommelier à la femme de ménage, les 550 salariés du Bristol peuvent participer gratuitement à ce cours. Organisé dans une petite salle climatisée réservée aux employés, il coûte entre 80 € et 120 € au Comité d'Entreprise du palace. « Le point fort, c'est qu'il y a une homogénéité des groupes et ça crée une dynamique », se félicite son secrétaire adjoint Damien Largeau.   Collé serré   « On peut rencontrer des collègues d'autres services », renchérit Lucie Demai, hôtesse d'accueil. Allongé à sa gauche sur un tapis, Tony Le Douigou, dont elle n'a jamais été aussi proche, en est à son deuxième cours. « C'est plus apaisant que d'aller courir, observe le demi-chef de rang. Idéal pour se détendre avant de commencer le travail, de 16 heures à minuit ».   Debout depuis 7 heures du matin, le directeur d'achats Thomas Trucheret est en nage à la fin du cours, mais il savoure cette coupure en milieu d'après-midi : « J'aborde sereinement la deuxième partie de journée, sur le plan profesionnel et à la maison avec mes trois enfants ». Et de conclure, sourire en coin : « Le stress retombe. C'est parfait  : avec notre clientèle exigeante, il faut être très réactifs. » Voir l'article

Musculation et yoga, nouvelle mode made in US

23 août 201623 août 2016
reverse-ab-crunch

De nombreux hommes adeptes de musculation délaissent les poids et haltères pour des matelas de yoga, prenant le pas de l'intérêt grandissant pour une variante plus virile du yoga traditionnel, le «broga».

Le yoga, activité vieille de plusieurs millénaires, était autrefois pratiqué exclusivement par des hommes. L'activité physique «mâle» de l'ère moderne est aujourd'hui tout autre. «Le yoga se résume à bien plus qu'à des femmes qui se contorsionnent tels des bretzels végans», a lancé l'entrepreneur qui a fondé les cours de Jock Yoga, Michael DeCorte. Le centre d'entraînement Equinox de Toronto offre ces séances d'entraînement qui unissent les salutations au soleil à la musculation. De plus en plus de professeurs de yoga tentent d'attirer davantage d'hommes dans leurs classes en proposant des exercices qui misent sur la force plutôt que la flexibilité. Les adeptes de yoga sont constitués à 70% par des femmes, selon une étude de l'institut Ipsos publiée en 2016. M. DeCorte estime malgré tout que 50 à 85% des sportifs qui assistent à ses ateliers de Jock Yoga sont des hommes. D'autres centres de type «broga» essaiment un peu partout au pays. Jo-ga, à Halifax, Yoguy, à Vancouver, et le studio montréalais Mudraforce - où l'activité se pratique en toute nudité- ont notamment vu le jour. Une compagnie basée au Massachusetts, Broga yoga, détient un brevet sur l'emploi du mot-valise. L'entreprise se vante d'avoir plus de 12 000 clients et 500 professeurs à travers le monde, notamment par ses cours offerts par le biais de vidéo en ligne. Selon l'instigateur du «broga», Robert Sidoti, nombre d'hommes sont attirés par les bienfaits du yoga, mais craignent d'avoir un air efféminé en prenant la position du lotus.
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Le dalai lama juge qu’il y a trop de réfugiés en Europe

31 mai 201631 mai 2016
Dalai lama trouve qu'il y a trop de réfugiés en EuropeLe dalaï-lama a estimé qu'il y avait à présent "trop" de réfugiés en Europe après la vague d'arrivée l'an dernier et que ces migrants cherchant protection ne devaient rester que provisoirement sur place, dans une interview publiée aujourd'hui en Allemagne. "Quand nous regardons le visage de chaque réfugié, surtout ceux des enfants et des femmes, nous ressentons leur souffrance et un être humain qui a de meilleures conditions de vie a la responsabilité de les aider. Mais d'un autre côté, il y en a trop à présent" en Europe, a déclaré le chef spirituel des Tibétains au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. "L'Europe, l'Allemagne en particulier, ne peut devenir un pays arabe, l'Allemagne est l'Allemagne", a-t-il ajouté, en référence au fait qu'une majorité des migrants vient de pays arabes comme la Syrie ou l'Irak. "Il y en a tant que cela devient difficile sur le plan pratique. Et sur le plan moral, je trouve aussi que ces réfugiés ne devraient être accueillis que provisoirement. L'objectif devrait être qu'ils retournent (dans leur pays) et aident à reconstruire leur pays", a estimé le dalaï-lama, qui vit lui-même en exil en Inde depuis plus de 50 ans. L'Allemagne a accueilli l'an dernier un nombre record d'un million de réfugiés. Source Le Figaro

Tendance: le yoga en moumoute et chaussures de ski…

6 avril 20166 avril 2016
ski_yoga_poseLe murmure du torrent et le chant des oiseaux dans les bouleaux apaisent déjà. Dans le décor vivant du Plan de l’Eau, aux Menuires, se déroule la randonnée «yoga et raquettes», encadrée par Brigitte Ruff, accompagnatrice en montagne, et Anita Thevenot, masseuse ayurvédique. Après une première marche dans la poudreuse, telle une page blanche, une première pause est consacrée à des exercices d’étirement. Le groupe, limité à douze personnes maximum, forme un petit cercle. Raquettes aux pieds, on tend et on étire ses bras vers le ciel. Profonde inspiration, puis on relâche totalement son buste et ses membres supérieurs jusqu’à frôler la neige. Pendant une quinzaine de minutes, Anita aide chacun à prendre conscience de son corps. «La montagne, avec son paysage somptueux et son air pur, offre un cadre idéal pour pratiquer le yoga pranayama, qui met l’accent sur la respiration», précise-t-elle. On repart ensuite plus détendu, attentif aux empreintes d’animaux et au silence, seulement rompu par le bruit feutré des raquettes. Plus loin, c’est la posture de la salutation au soleil. Un long et ressourçant déroulement du corps, pratiqué plusieurs fois, après avoir déchaussé et s’être installé sur un petit tapis de yoga, prêté par Anita. Les deux autres pauses zen sont consacrées à des exercices respiratoires et à de la méditation, assis en tailleur. Lancées l’an dernier au départ de la station de Val Thorens, ces randonnées bien-être hebdomadaires, de trois heures, affichent complet. Les clients? Souvent des femmes, n’ayant jamais pratiqué le yoga ou même les raquettes, mais curieuses de découvrir cette balade hybride. Morzine mise aussi sur l’engouement autour du yoga. Probablement inspirée par la station suisse d’Engadin St. Moritz qui lançait en 2014 la première piste de yoga du monde, Morzine propose cet hiver la piste des yogis, un itinéraire bleu de 2400 mètres jalonné de dix emplacements pour pratiquer des postures relaxantes, sans forcément ôter ses skis. Enfin, sous le nom de marche afghane, évocateur de montagne loitaine, la station de Samoëns invite à une sortie en raquettes accompagnée par un professionnel. Durant cette randonnée, le travail constant sur la respiration facilite la gestion de l’effort en altitude et relaxe. Les activités bien-être en montagne ne se résument plus à des papouilles et des bains bouillonnants dans des centres aqualudiques mais tirent parti, enfin, d’un environnement unique. Voir l'article sur le site de Libération

Le paradoxe Vegan de la femme branchée.

2 novembre 20152 novembre 2015
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Assez régulièrement ( et de plus en plus ) je vois des gens arriver à un mode de vie vegan ( ce qui en soit est plutôt bien ) mais ce que je trouve étrange c’est souvent le paradoxe éthique assez flagrant et parfois cliché.
Pour commencer, beaucoup des végan avec qui j’ai les échanges les plus houleux sont souvent des filles, entre 20 et 30 ans, « converties » depuis assez peu de temps.
Autant je crois sincèrement aux bienfondés de ce mode de vie lorsqu’il est choisi et pensé de bout en bout, autant je suis souvent confronté à des situations de fort malaise lors de nombreux échanges.
Cela se manifeste par plusieurs choses récurrentes : le prosélytisme, la suffisance et l’incohérence.
Je vais dresser un portrait caricatural pour essayer de bien faire comprendre ça … ( pour ce faire je ne vais que juxtaposer des éléments issus de posts ayant défilé sur mon fil d’actualité perso )
Faisant la queue pour avoir son café-pumpkin starbuck, elle attend en faisant un petit selfie marrant pour montrer son nouveau bonnet en coton bio.
Elle poste ça en ligne avec son nouvel iphone.
Un peu plus tard elle rentre chez elle, se fait un petit smoothie banane, mangue et lait de coco, le tout dans un super blender trouvé sur amazon.
Un petit tour sur son compte instagram nous fera découvrir sa garde robe pour constater que toutes les fringues sont bio. Comme tout est bio, le label "équitable" est apposé sur son chocolat, son café et ses épices.
Plus tard, un passage sur son compte facebook nous montrera de nombreux partages militant où on voit combien l'industrie agro-alimentaire est trash (les vidéos le montrent très bien assurément … (ne pas aller sur une page d'une végan à l'heure du repas !).
On la verra également se réjouir de la fermeture d'un abattoir, voyant le signe d'un réel progrès pour "la cause".
Elle prend soin d'elle, les statistiques publiées sur ses joggings grâce à l'application embarquée dans ses nike en sont la preuve ! Et après une bonne douche avec un savon Lush elle sent super bon le fruit de la passion.
Et ce soir après cette belle journée elle se fait un petit plaisir : un steak végétal. Tellement bien fait qu'on dirait trop de la viande (mais sans la souffrance animale) ! Un petit bout de "Faux-mage" à base de noix de cajou et un avocat. Et en dessert un petit bout de chocolat équitable.
Elle a le sourire en préparant ses vacances en Thaïlande en achetant sont billet en ligne sur son macbook, avec son chat sphinx qui ronronne sur ses genoux et peux enfin aller se coucher, en paix avec elle-même et ses convictions … aujourd'hui encore, elle n'a été la cause d'aucune souffrance animale.
Et là je vous vois venir avec un "Heuuu mais Samten, il est où le problème, je ne vois pas trop où tu veux en venir … elle a l'air plutôt cool la nana là … non ?"
Oui oui elle est cool ! Et c'est vraiment chouette que par son véganisme elle se sente impliquée dans la cause animale, le progrès et l'évolution de l'humanité à des hautes sphères de conscience et d'empathie !
MAIS … Et hélas c'est là que le bât blesse…
Son café est issu de la souffrance des hommes, d'une production qui détruit l'environnement dans lequel il est produit et contribue au déséquilibre nord-sud où la domination occidentale est vécue de plein fouet par les producteurs-esclaves.
Son téléphone est issu d'une production où les métaux rares sont également issus de productions où les hommes sont traités en esclaves dans des mines aux conditions abominables. En plus l'obsolescence perçue fait qu'elle changera de téléphone alors même que ce dernier sera encore tout à fait fonctionnel.
Elle se réjouit de la fermeture d’un abattoir sans réaliser que le nombre d’animaux abattus restera inchangé ... le seul changement sera que ces pauvres bêtes devront parcourir encore plus de distance dans le transport final ... l’élément souvent le plus traumatisant pour l’animal (mais aussi pour l’éleveur qui respecte ses animaux).
La banane de son smoothie provient d'équateur, issue d'une terra-formation imposée par les États-Unis pour que ces pays ne viennent pas concurrencer la production de maïs OGM. La mangue provient d'Inde et a peut-être véhiculé des parasites qui détruisent nos vergers. L'avocat provient d'Israël et le lait de coco de Thaïlande, finançant les deux des régimes politiques discutables. Les transport “bio” n’existe pas ... les bateaux délestent en pleine mer, les camions brulent du gasoil et dans les deux cas il y a un paquet de dommages collatéraux. Ben oui, combien de dauphins pris dans les pales des bateaux, de biches , d’oiseaux, de hérissons percutées, écrasés pour que nos fruits exotiques arrivent à bon port ?
Son blender vient de chine, assemblé dans une usine où les gens sont traités comme de la marchandise et payés une misère et acheté sur un site qui bafoue le droit du travail à longueur de temps.
Ses habits, comme sa nourriture, ont parcouru des milliers de kilomètres pour être parfois produit avec des produits chimiques (malgré les labels bios affichés) et cousu par des enfants, au même titre que ses nikes.
Sa fausse viande et son faux fromage sont issus de productions industrielle et chimique pas forcément très saine et de loin pas locale
Son chat provient d'un élevage de croisements génétiques et nourrit avec des boites industrielles (et là autre paradoxe : doit-on imposer le véganisme aux animaux … ah ben non ce serait aller à l'encontre de leur nature, dans ce cas là c'est pas pareil)
Son billet d'avion compensera le bilan carbone de son véganisme.
A côté de ça j'essaie d'imaginer une personne qui consommera bio, local, de saison avec, certes de la viande de temps en temps (mais qui vient d'un paysan qui connaît toutes ses bêtes) qui portera ses fringues jusqu'à l'usure, n'aura que le strict nécessaire chez lui, pas de robots ménagers dans tous les sens, pas d'ordi, pas de fruits exotiques … et qui pourtant sera la "cible" des végans en raison de son manque de conscience et de sensibilité… et là je me dit qu'il y a un soucis dans la manière qu'ont les végans de mener leur "combat" …
Je me dois de rajouter un GROS P.S. à ce texte : je ne me considère absolument pas comme étant moi-même éthiquement irréprochable, loin de là ! J'essaie de faire au mieux ma part en restant un maximum cohérent entre mes convictions et mes capacités de consommation. Mais par contre l'issue de mes réflexions, de mes pensées, mes idées, je les PARTAGE. J'espère que parfois ma vision des choses en convainc certain mais je considère toujours que les choix éthique sont personnels et que nous ne pourrons jamais être irréprochables sans devenir extrêmes et sans s'extraire totalement du système, ce qui n'est pas ma volonté, au contraire, j'espère pouvoir être le témoin d'évolutions du système dans "mon" sens quitte à devoir faire des compromis, mais que je choisis.
EDIT : suite à l’engouement et aux nombreux comm qu’a suscité cet article aux différents endroits où il a été partagé et comme ça a dépassé le cercle des gens qui me connaissent, je me dois de me présenter pour permettre de contextualiser éventuellement cet article. Pour commencer je dois moi-même faire face à de nombreux paradoxes de consommation lié à mon choix de travail : étant photographe j’ai en effet beaucoup de matériel technologique ( ordinateurs, tablette, appareils photos ... ) qui ont un cout éthique important. Je n’ai pour le moment pas trouvé de solution pour ce pan là. J’ai passé plusieurs période de ma vie à appliquer un régime végétarien et un mode de vie assez proche des principes végétaliens sous pas mal d’aspects. Je me considère comme étant assez impliqué dans les domaines de la réflexion sur nos modes de vies, nos interactions avec l’environnement. J’ai un très grand intérêt pour la permaculture, les productions équitables ( je ne parle pas des labels qui spolient le terme ). Suite à de nombreuses réflexions j’en suis venu à avoir un mode de vie où les choix alimentaires et de consommation générale sont souvent mis dans la balance du pour et du contre au moment de l’acte d’achat. J’ai également un régime alimentaire qui est aussi très “fashion” car j’ai une alimentation principalement axée sur les principes du Dr Seignalet, à savoir sans gluten, sans produits laitiers, sans sucres raffinés ( mais je n’en fais pas un dogme, je m’accorde des exceptions si je n’ai pas le choix ou même si simplement j’en ai envie), je suis venu à ce régime il y a plus de 7 ans pour des raisons de santé et il m’a apporté beaucoup de choses ( j’en discute volontiers avec ceux qui s’y intéressent ). D’autres principes alimentaires font également parti de mes convictions, principalement le fait de consommer local, de saison et bio ( et dans ma région ça veux dire qu’il faut aimer le choux et les poireaux ). Je porte avec moi un assez lourd bilan carbone car j’ai beaucoup voyagé, mais ces voyages m’ont permit en contre partie d’apprendre énormément de choses sur l’humain, la nature, les interactions entre les deux, mais surtout pour réaliser qu’il n’existe pas de valeurs “universelles” ... partout les gens ont des convictions qu’ils sont parfois prêt à défendre avec armes et sang ! J’ai aussi vu qu’il y a un réel angélisme de la part des gens qui vivent leur conviction depuis le fond de leur canapé ikéa ... car à travers le monde j’ai été témoin de la violence , partout sous un nombre inimaginable de formes ! Les seuls moments où j’ai eu la sensation de m’en extraire on été ceux où j’ai été seul face à la nature, loin du fait des Hommes ! J’ai vu plus d’amour et de respect chez une productrice de bœuf bio en France qu’envers des vaches “sacrées” au Népal. J’ai recommencé à manger de la viande en voyage, lorsque j’ai été reçu par des gens qui n’avaient rien d’autre à me proposer et qu’il aurait été plus que déplacé de dénigrer ce geste pour mon petit confort intellectuel. Et puis j’ai appris à reconnaitre qu’il y a de réelles différences entre les modes de production et que cela impact directement nos valeurs et notre environnement, j’y suis de plus en plus attentif et rencontre des gens merveilleux depuis. Comme je l’ai dit à de nombreuses reprises, je trouve merveilleux que de plus en plus de gens s’intéressent aux modes alimentaires “alternatifs” ( qu’ils soient végan, végétariens, sans gluten, bio ... ) car ça montre que les gens ne prennent plus tout pour argent comptant. Mais je prône également la coexistence et l’évolution douce. C’est souvent en ça que mes avis divergent avec les militants ( végan ou autre) sur les manières d’agir : Les études en neuroscience montrent que face à une démonstration de la violence (vidéo d’un abattoir par exemple), le cerveau d’une personne non préparée, vivra ça comme une agression ... mais au lieu d’obtenir un électrochoc contre le système, le trauma sera dirigé contre la personne qui lui aura fait vivre ce trauma... avec un effet inverse à celui désiré... mais je m’égare à parler de ça.
Bref, je tente juste de faire avec les outils à ma disposition pour rester le plus cohérent possible entre mes choix, mes croyances, mes moyens et mes aspirations. Jonglant moi-même avec certains paradoxes.
EDIT 2 :
Je n’ai hélas rien inventé pour créer ce personnage fictif ! juste pris quelques éléments sur différents posts de mes contacts ... j’ai même été assez soft pour qu’on ne pense pas que j’exagère le trait ! Et pour celles et ceux qui me font la critique d’avoir choisi une femme plutôt qu’un homme c’est pour la même raison ( qui n’est pas lié à une réalité statistique et objective ) : je n’ai pas eu autant d’occasion de voir ce type de posts et de profils dans mon fil d’actualité.