Bikram en slip

Bikram Choudhury débouté par la justice américaine dans l’affaire des droits d’auteur sur des postures de Yoga

Bonne nouvelle pour les pratiquants de Yoga: Bikram Choudhury, le controversé professeur de Yoga qui a donné son nom au fameux « Bikram Yoga » et  qui poursuivait en justice ceux qui  osaient « copier » sa séquence de postures vient de se voir débouté par la neuvième Cour d’Appel Américaine qui a jugé ses prétentions « sans fondement ».

Rappelons que cela fait des années que Bikram se bat pour faire reconnaître ses droits d’auteur sur la série de 26 asanas qu’il enseigne depuis trois décennies. Pour défendre ce qu’il juge être sa création, le « Gourou en Speedo » a multiplié les sorties médiatiques (souvent maladroites) et les actions en justice contre un certain nombre de studios et d’enseignants.

De fait en 2003, il arrive à déposer sous droits d’auteur sa séquence de 26 poses et de deux méthodes de respiration dans une salle chauffée, c’est sur cette base qu’il va multiplier les recours légaux contre les hérétiques enseignants qui ne daignent pas verser les royalties à sa société.

Néammoins en Décembre 2012, le Juge Otis Wright de l’US District Court  décide que « même si la manière dont Choudhury a arrangé sa séquence est unique, la séquence ne peut ètre considérée comme une propriété intellectuelle  car les poses de yoga ne peuvent être soumises aux droit d’auteur« . source en anglais

Ce jugement constituait une première claque et la récente décision de la Neuvième Cour d’Appel vient porter un coup sévère aux prétentions de Bikram. Si la justice reconnait ses droits sur ses livres et ses DVD, il ne peut absolument pas prétendre aux droits de propriété sur une série  de pratiques qui font partie de l’héritage de l’humanité toute entière. Tout le monde peut donc enseigner une séquence similaire dans un environnement chaud.

Cest qui kle

C’est qui le patron ?

Ce n’est pas la première fois que « la star des yogis et le yogi des stars » comme il aime à s’appeler, connait des déboires judiciaires. Nous avons, dans un ancien article, mentionné les soupçons de viols et de violences sur d’anciennes élèves qui pèsent sur lui. Ces affaires sont toujours en attente de jugement mais on peut imaginer qu’il risque d’y laisser des plumes.

Tout allait pourtant  très bien il y a  encore peu de temps. Sa méthode connaissait une croissance exponentielle de l’autre coté de l’Atlantique (plus récemment en Europe) avec plus de 900 studios franchisés « Bikram Yoga ». La marque était vendeuse et la méthode appréciée par une clientèle urbaine stressée, en quête de challenge physique et  à fort pouvoir d’achat. Ses revenus personnels se comptent  en dizaines de millions de Dollars, en partie grâce aux formations d’enseignants onéreuses (entre 10000 et 15000 Dollars) mais toujours complètes , à la vente des produits dérivés et aux dividendes sur les bénéfices que chaque franchise se doit de lui reverser.

Avec des « disciples » aussi célèbres que Lady Gaga, Madonna ou Georges Clooney, celui qui se compare régulièrement à Jésus ou à Bouddha et qui possède des dizaines de voitures de luxe semblait intouchable.

Mais comme tout est impermanent, la « succes story » semble sur le point de s’achever, ses sorties médiatiques sexistes et maladroites ont énormément choqué dans la toujours puritaine Amérique et la vaste communauté « Yoga » américaine est ulcérée par le personnage et ses méthodes. Quelques studios ont déjà senti le vent tourner en se désolidarisant, se désignant souvent sous un plus neutre « Hot Yoga », ce n’est peut-être que le début.

En effet si  la justice reconnaissait la culpabilité de Bikram Choudhury dans les affaires de viols, ce serait une catastrophe pour lui, pour l’image du « Bikram Yoga »  ainsi que pour un grand nombre de franchisés à qui le charismatique « gourou »  à fait miroiter mille merveilles et qui ont souvent investi beaucoup d’argent (formation, onéreux système de chauffage,dividendes à payer etc…) dans ce projet.

Arnaud pour YogaNova

Et vous qu’en pensez vous ? Les asanas et autres techniques de Yoga doivent-ils être soumis au droit d’auteur ?
Faites nous en part dans les commentaires.



'Bikram Choudhury débouté par la justice américaine dans l’affaire des droits d’auteur sur des postures de Yoga' have 12 comments

  1. 19 octobre 2015 @ 19 h 15 min Denis Billo

    Etrange réalité que ce monde actuel…

    Bikram Choudhury, se vente d’être le milliardaire du Yoga, il propose des stages d’une semaine à 10.000 $ et il séduit tout le monde au point où si aujourd’hui vous ouvrez une salle de Yoga pour proposer son style de pratique vous aurez salle pleine.
    Alors dans les villes les salles ne désemplissent pas et se comptent presque par dizaine, la franchise se vend comme des petits pains, une super démarche marketing, mais la réalité est à vomir…

    Pourquoi appeler cela Yoga ?

    Le Yoga, faut-il le rappeler, vise à unir l’âme individuelle à l’âme universelle en s’appuyant sur le corps, la posture n’est que la 3ème étape sur 8 et le but du Yoga n’est pas la sudation, un corps souple et maigre, mais la méditation profonde en union avec l’indicible…

    Il semble que ces techniques venues des USA aient renversé la vision millénaire du Yoga, on essaye d’unir le corps à la respiration, au mieux trouver le bien être et continuer à patauger avec notre mental suractivé, alors toutes les portes de toutes sortes de dérives s’ouvrent avec de telles idées…
    C’est à celui qui sera le plus original et qui pourra pendant un moment tenir les hauteurs de notre décadence avant de disparaître poussé dehors par un autre encore plus malade…
    Argent, luxure, pouvoir, manipulations tout devient permis car la tenue n’y est plus et la ferveur est remplacée par l’égoïsme et la « starisation ».
    Comment peut-on se laisser enfumer par un bonhomme pareil qui en plus d’avoir déposé des noms de postures, à déposé aussi des enchainements et se retrouve aujourd’hui avec des accusations de viols, mais la véritable question est de savoir qui sera la prochaine star ?

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  2. 19 octobre 2015 @ 20 h 37 min Didier COUR

    Effectivement, nous sommes « très encombrés » comme disait Satprem. Le fait que les gens soient aussi nombreux dans cette pratique dénote un manque de connaissance claire de ce qu’est le Yoga. Je ne critiquerai personne car c’est la loi de l’offre et de la demande, tout se vend, tout est possible en ce monde, n’est-ce pas merveilleux après tout?…MDR…
    Yoga, çà, certainement pas, chacun fait ce qu’il veut de son argent/énergie mais on devrait statuer pour attribuer le terme yoga de manière plus appropriée pour arrêter de vendre n’importe quoi avec une étiquette qui est censée inspirer confiance. Dieu reconnaitra les siens…:)

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  3. 20 octobre 2015 @ 21 h 13 min Kaivalya

    En s’intégrant dans la société occidentale, le Yoga en hérite aussi de ses attributs. Notre société est basée sur l’argent, la compétition, l’égoïsme et d’autres attributs tout aussi nuisibles à l’épanouissement spirituel, notre monde est un monde créé et dominé par l’ego. C’est pour cela que nous avons tellement besoin de pratiquer le Yoga. Je ne vois aussi aucune raison pour le Yoga échappe à ce monde de l’ego. Il est donc normal que des individus utilisent la notoriété actuelle du Yoga à des fins personnelles.

    Bien sûr on a le droit de critiquer ce système, mais le faire c’est le rendre plus réel et ça lui donne plus du poids. Personnellement je préfère regarder tout cela avec calme, sans jugement, de toute les façons tout ce qui n’est pas authentique ne durera pas. Je pense que le meilleur moyen de luter contre tout ça c’est de continuer à enseigner leYoga avec humilité, honnêtement, bénévolement ou pour quelques euros, au service des autres, sans attentes personnelles, comme le font des milliers d’enseignants de Yoga autour de la planète, y compris au États-Unis, cela par contre durera longtemps j’en suis sûr.

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  4. Yoganova

    21 octobre 2015 @ 18 h 08 min Yoganova

    Merci à tous les trois pour vos commentaires. Je voulais clarifier mon point de vue sur le Bikram Yoga que je connais pour l’avoir pratiqué un peu lors de mes séjours de l’autre coté de l’atlantique.
    Je commence par le positif, j’ai aimé le coté pratique dans la chaleur. Je lui vois deux points positifs:
    Celui de permettre de « pénétrer » plus profondément dans un asana du fait de la plus grande flexibilité du corps dû à la température. De plus cette alliance chaleur+postures permet une belle purification des deux premiers corps (koshas) du pratiquant, le corps physique et le corps « pranique » (Pranamayakosha). Purification qui est tangible et évidente assez rapidement et qui amène une belle clarté intérieure, une transparence du corps et un calme sensible du mentale.
    J’ajouterai à cela que cette alliance asanas-chaleur est à recommander à un grand nombre de personne de type lourd (Kapha) qui trouveront là une pratique qui peu rapidement transformer cette pesanteur en enthousiasme.
    Il en va autrement bien sur pour les types à dominante Pitta qui devraient sans doute pratiquer le Bikram avec parcimonie.
    En gros cela m’a rappeler mes sessions de de pratiques en Inde ou sous les tropiques où du fait de la chaleur, j’étais en sueur sur mon matelas et j’aimais cela.

    J’en viens maintenant au négatif. En premier lieu, le « style » Bikram fait très centre de fitness, l’ambiance dans la salle avec l’enseignant hurlant dans son micro pour essayer de motiver ses troupes est horripilante et va à l’encontre des recommandations traditionnelles « d’habiter » la posture et de ne pas forcer. Je vois là un vraie détournement des principes essentiels du Yoga pour plaire à une clientèle stressée et incapable de se concentrer, en bref, ceux qui d’habitude trouvent le Yoga trop ennuyeux…
    Un deuxième point faible vient de la pratique elle-même. Les « Bikramis » (terme inventé à l’instant) sont souvent élogieux sur la séquence des 26 postures choisies par Bikram et répétée à chaque séance.
    Je l’ai toujours trouvé très faible et finalement bien inférieure à d’autres séquences bien connues comme celle du Ashtanga par exemple. En fait après avoir essayer d’autres « Hot Yoga » non Bikram je n’y ai plus jamais remis les pieds.
    La dernière critique sera pour Bikram Choudhury lui même, si il y avait un concours de l’enseignant le plus pédant et le plus superficiel, il le gagnerait haut la main. L’idée même de donner des sous à ce bonhomme me retiendrai d’aller aux cours.
    Tout y est : l’ego démesuré, le matérialisme, la médiocrité intellectuelle et la libre interprétation d’une vieille tradition pour satisfaire ses ambitions. C’est Arnaud Desjardins qui disait de bien choisir son maître car on risque de finir comme lui … Et qui veut finir comme Bikram ?

    Bref tout n’est pas à jeter, je pense d’ailleurs que le concept de « Hot-Yoga » va survivre la chute plus que probable du Gourou de Beverly-Hills.
    Qu’en pensez vous ? Avez vous déjà participer à un cours de Bikram ?

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    • 22 octobre 2015 @ 10 h 33 min Kaivalya

      C’est sûr on est loin du Padre Pio, mais il en faut pour tout le monde :) :)

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    • 22 octobre 2015 @ 12 h 16 min Marie

      @Kaivalya : Merci pour ce commentaire d’une grande pertinence ! A nouveau, je partage totalement votre avis. J’aurai bien cité les parties de votre commentaire qui font le plus écho en moi mais il aurait alors fallu que je copie-colle votre commentaire tout entier ! 😀
      En tous les cas, oui, je crois que nous n’avons pas à gaspiller notre énergie à nous indigner d’une pratique qui finalement ne garde du yoga que le nom… « Pardonnons leur, ils ne savent pas ce qu’ils font »… 😉 J’espère néanmoins que ceux et celles qui ont découvert le Yoga par le Bikram puissent un jour ouvrir la porte (et même les portes) à tout ce que le Bikram ne laisse hélas pas pénétrer en eux. La posture pour la posture, au bout d’un moment on en a fait le tour… Sinon, c’est bien dommage car cela revient à se priver de l’essentiel et de la profondeur de la pratique.
      Mais la plupart du temps, dans notre société, les gens sont habitués à ressentir leur corps lorsque celui-ci crie (transpirer à grosses gouttes, avoir des courbatures, rythme cardiaque exacerbé, respiration haletante, etc.) ; ils sont incapables de ressentir les messages que leur corps leur révèle dans le silence. Ca doit être dur pour avoir l’impression que ça marche. Je vois ça souvent. Si ce n’est pas difficile, si ça ne fait pas mal, beaucoup de gens disent qu’ils ne sentent rien et que rien ne se passe. Normal, ils restent bloqués à leur première enveloppe (annamayakosha) et n’ont pas développé une finesse des ressentis leur permettant de percevoir le travail subtil que des postures toutes simples peuvent entraîner dans leurs enveloppes plus profondes. Il ne reste donc qu’à espérer que ces personnes franchissent un jour la porte d’un cours où le Yoga est enseigné avec les valeurs qui l’ont fécondé : respect, honnêteté, bienveillance, …

      Quant à ce Bikram Choudhury, je crois en fait qu’il est victime de sa propre méthode…
      C’est là où je te rejoins, Yoganova : la « méthode » Bikram peut avoir des effets bénéfiques sur les tempéraments Kapha qui sont souvent victimes d’excès Tamas (lourdeur, apathie, frilosité dans tous les sens du terme…). En revanche, je déconseillerai vivement cette « méthode » aux tempéraments Pitta qui n’ont vraiment pas besoin de ça. Leur tempérament plutôt passionné, compétitif, perfectionniste, exigeant et parfois même sanguin n’en serait que davantage amplifié.
      Et le moins que l’on puisse dire c’est que Bikram ne manque pas de passion(s)… Je crois donc que la création de sa « méthode » n’a fait qu’exacerber ses tendances naturelles…
      Pourtant, tout yogi qui se respecte devrait bien savoir que la tendance naturelle de l’être humain est d’aller renforcer ce qu’il est / ce qu’il a déjà… On le voit bien : les personnes introverties qui sont à l’aise dans les flexions avant, dans les pratiques très intériorisantes vont naturellement avoir tendance à pratiquer dans ce sens ; les personnes très dynamiques vont quant à elles avoir tendance à privilégier les pratiques stimulantes… Lorsque l’on pratique avec discernement, on parvient à déceler en nous-mêmes nos propres tendances et l’intérêt du Yoga est aussi de venir équilibrer cela… et non pas venir amplifier ce qui est déjà là et étouffer ce qui n’est qu’à l’état résiduel.
      Et le problème, je crois, c’est que la plupart des pratiquants de Bikram sont en fait des personnes qui ne font qu’exacerber leur tempérament, tempérament qui est d’ailleurs loué par notre société contemporaine : performance, effort, apparence, etc, etc.
      Enfin, selon moi, la pratique Bikram a tendance à travailler énormément à la stimulation de Manipura Chakra. On le voit dans les postures qui composent la série des 26 asana. On le voit aussi dans le contexte d’enseignement : le prof qui harangue les élèves à se « dépasser », chaleur corporelle naturelle amplifiée par le système de chauffage artificiel, et aussi (d’après ce que j’ai lu sur le sujet) ce genre de cours est souvent bondé et se pratique dans des salles avec des miroirs… Bref, en effet, le culte de l’ego par excellence. Que ce soit dans un excès ou dans l’autre, d’ailleurs. Car les personnes qui ont déjà une haute estime d’elles-mêmes trouveront là l’occasion de se porter encore davantage aux nues (Bikram lui-même illustre merveilleusement cela ! Une caricature à lui-même, ce personnage !) ; et d’un autre côté, les personnes qui ont tendance à avoir un ego déficitaire auront peut-être l’occasion de se sentir encore plus rabaissées si elles ne parviennent pas à suivre.

      Bref, il ne reste plus grand chose de très équilibré là-dedans… Le créateur de la « méthode » en est le parfait exemple : il est lui-même sacrément déséquilibré, ce type !… Alors, oui, comme dit Arnaud Desjardins cité par Yoganova, vaudrait mieux bien choisir son maître, car s’il faut finir comme lui, autant éviter de finir complètement pervers, avide, des dollars à la place des pupilles et puis surtout furieusement ridicule en slip de bain et bandeau de tennisman 80’s sur le front ! 😀

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  5. 27 octobre 2015 @ 20 h 47 min Sebastien

    Je rebondis sur ce que Marie écrit car, d’une certaine manière, je ressens cela : je pratique le Ashtanga et le Yoga tout court depuis 1 mois et demi mais une des choses qui j’aime le plus est en effet de « souffrir » sur le tapis, de transpirer à grosses gouttes et parfois d’avoir des courbatures le lendemain car je sens mon corps lorsqu’il crie. Malheureusement je n’entends pas ou peu ce corps que j’habite dans le silence. J’espère qu’avec le temps je parviendrais à atteindre ces enveloppes profondes et à ressentir toutes les subtilités que peuvent offrir une posture toute simple.
    En ce sens, le Hatha que tu enseignes, Marie, pouvait m’y aider.

    Répondre

    • 27 octobre 2015 @ 22 h 51 min Marie

      Bonsoir Sébastien,
      Heureuse de te lire ici ! :)
      En réalité, je crois que la pratique dépend aussi essentiellement de la façon dont on la pratique. On peut pratiquer des postures très simples mais avec une ardeur et un état d’esprit très agité ; et on peut pratiquer une pratique intense (comme l’Ashtanga) avec une finesse des ressentis et un état d’esprit très posé, très intériorisé, sans compétitivité, sans se faire violence. Je peux t’en parler parce que ma pratique est diverse. Je pratique le Hatha depuis 12 ans et demi, l’Ashtanga est arrivé bien plus tard (il y a seulement 2 ans). Mais si ma pratique de l’Ashtanga me permet d’approfondir des ressentis qui pourraient rester superficiels c’est probablement parce que j’ai mon expérience du Hatha qui a précédé et qui m’a permis d’aller vers cela. Aussi peut-être parce que je pratique l’Ashtanga en style Mysore (pas en cours guidé), et la plupart du temps seule, ce qui entraîne une pratique peut-être davantage respectueuse de mon propre rythme… et puis aussi parce que je ne suis pas une ashtangi très orthodoxe… :) je le confesse : je ne reste pas les 5 respirations officielles dans chaque posture car je trouve que ce n’est pas suffisant pour ressentir tout ce qui se passe dans la posture. Je reste la plupart du temps une bonne dizaine de respirations dans les postures. Ajoutes à cela mon pranayama qui dure une bonne demi-heure et un temps méditatif et ma pratique dure au total 3, voire 4h. Mais je ne pratique pas cela tous les jours évidemment. Les autres jours, j’ai une pratique plus personnelle que je crée moi-même.
      Néanmoins, je comprends bien ce que tu décris : te sentir vivant à travers la sueur, la douleur, la difficulté… A vrai dire, j’ai longtemps été comme cela aussi… avant de commencer à pratiquer le Yoga… Car c’est le Yoga qui m’a appris à être moins « violente » avec moi-même (même si, je t’avoue, j’ai encore bien du chemin à faire…). Et au-delà de la pratique du Yoga, c’est l’enseignement du Yoga qui m’a appris à avoir davantage de bienveillance envers moi. Aux débuts où j’enseignais, lorsque je construisais mes séances, j’ai eu de sérieuses prises de conscience du genre « je ne peux quand même pas leur faire faire ça ! c’est beaucoup trop exigeant ! ». Et pourtant, c’est ce que je pratiquais moi-même… Mais, en fait, Sébastien, en faisant évoluer ma pratique vers davantage de subtilité, j’ai compris que lorsque le corps et le souffle sont en difficulté, nous nous excentrons. Nous avons l’impression d’être davantage connectés à nous-mêmes parce que nous ressentons notre pouls s’accélérer, nous voyons concrètement la transpiration se manifester, nous sentons les muscles bander, etc. Mais tout cela est de l’ordre de notre enveloppe physique, la couche la plus extérieure de nous-mêmes. Et tant que nous nous concentrons là-dessus, éprouvant peut-être même le sentiment de nous sentir plus vivants puisque d’une certaine manière nous triomphons face à la mort (nous nous sentons plus forts que ce que nous imaginions, ce qui réactive un certain fantasme inconscient de l’immortalité). Mais cela est de l’ordre de l’ego. Et c’est lorsque nous abandonnons cette combativité que les choses se passent vraiment. Car il y a un lâcher-prise, un abandon qui nous permet de développer l’humilité de ne pas être plus, de ne pas être mieux que ce que nous sommes déjà. Bien sûr l’effort est important car la pratique n’est pas un miracle qui nous tombe dessus : paf ! soudain l’Eveil spirituel en étant resté seulement 10 minutes en Savasana. Non, non, il faut aussi travailler. Mais pas dans un travail acharné et surtout, pas seulement sur un travail postural. L’essentiel est dans le Souffle. Et c’est par le Souffle que le véritable travail se fait car il nous permet de laisser aussi le temps à la pratique de mûrir en nous.
      En tous les cas, tout ce que je t’écris là n’engage que moi. Je ne prétends pas détenir la Vérité. Il s’agit seulement de ma propre expérience et peut-être que d’autres personnes répondront à ton commentaire pour t’apporter une réponse plus riche qui peut-être fera davantage sens pour toi.
      Quoi qu’il en soit, personnellement, je ne te conseillerai pas d’arrêter l’Ashtanga (d’autant plus que tu as un excellent professeur ! En toute objectivité – même si j’ai du mal à rester objective à ce sujet – tu ne pouvais franchement pas mieux tomber, en tout cas dans la région). Ayant eu l’occasion de te cerner un peu en te voyant pratiquer à mes cours, je crois sincèrement que l’Ashtanga a beaucoup à t’apporter. Cependant, je pense qu’il est vraiment essentiel pour toi (surtout que je te sens en questionnement et en recherche) d’équilibrer cette pratique de l’Ashtanga par la pratique du Hatha et surtout du Pranayama (sans vouloir prêcher pour ma paroisse, bien entendu 😉 ). Et en plus, je crois que la pratique du Hatha te permettra aussi de mieux comprendre, mieux ressentir, mieux affiner et mieux vivre ta pratique de l’Ashtanga.
      Si tu as envie d’en discuter, je reste à ta disposition, tu sais où me trouver. 😉
      [ Quant au cours de Hatha, si le jour et l’horaire ne vont pas pour toi, je vais voir avec « le patron » 😀 pour en créer un ou plusieurs autres bien que mon emploi devient un peu serré. N’hésites pas à me communiquer les créneaux qui te conviendraient (même le dimanche). ]
      Au plaisir de lire ou de te voir à nouveau, je te souhaite une très bonne soirée et surtout… une belle découverte dans ta pratique car tu n’es qu’au début d’une sacrée exploration et ça, c’est réjouissant ! :)

      Répondre

      • 29 octobre 2015 @ 12 h 46 min Sebastien

        J’aime beaucoup de lire Marie, tu as un « don » pour transmettre une énergie positive et neuve :) Je vais tenter de te répondre plus personnellement via mon adresse perso pour ne pas être hors sujet vis-à-vis de l’article concernant ce grand athlète et philanthrope qu’est Mr Bikram… !

        Répondre

        • Yoganova

          29 octobre 2015 @ 17 h 46 min Yoganova

          Sébastien, il est interdit de draguer nos contributrices dans les commentaires !
          Non, je plaisante ! 😉
          Plus sérieusement, j’étais comme vous à mes débuts dans le yoga, il fallait que je force et que je transpire à grosses gouttes pour commencer à sentir et habiter mon corps. Et puis comme le Yoga est bien fait, le corps est devenu de plus en plus souple, ouvert, large et transparent.
          A ce moment là comme le recommande Marie dans son commentaire, j’ai naturellement gardé les pauses plus longuement. Je pense que c’est le processus naturel de la pratique.
          C’est d’ailleurs pour cela que je ne suis pas totalement opposé à des pratiques « uniquement » physiques, elles peuvent mener plus loin et elles sont souvent la première marche vers quelque chose de plus subtil.
          Si je peux me permettre un conseil, ce serait celui de pratiquer régulièrement et de manière disciplinée et le reste viendra au fur et à mesure.
          Bonne continuation.

          Répondre

          • 29 octobre 2015 @ 23 h 33 min Marie

            Merci Sébastien, c’est gentil ! :)
            Et oui, bien sûr, tu peux me faire part de tes questionnements, tes interrogations, tes doutes, etc. par mail. Ca évitera à Yoganova de faire des plaisanteries hors de propos… 😉 Mais ne lui en tenons pas rigueur, il fait ça uniquement pour augmenter le nombre de commentaires sur son blog. S’il réitère, je pourrais toujours le menacer de faire une grève ! Ha ha ha ! 😀
            Sinon, je partage totalement les conseils qu’il t’a donné dans son commentaire. Plus ta pratique sera régulière, plus tu sentiras celle-ci évoluer. Le plus important, toutefois, est d’apprendre à rester sans attente par rapport aux fruits que tu pourrais recueillir. Les choses se font à leur rythme et l’on avance au rythme où nous sommes prêts à recevoir et intégrer.
            Bonne soirée à toi et à très bientôt alors…

  6. 29 octobre 2015 @ 20 h 37 min Sebastien

    Merci de vos conseils. J’envisage, pour commencer, de passer d’une séance d’Ashtanga à deux séances par semaine. Pratiquer est très agréable et je dirais même parfois que j’adore ça ! J’espère simplement que ce n’est qu’un effet de nouveauté parce que je suis du genre à très vite m’emballer pour ensuite…
    Sinon, draguer Marie n’était pas mon intention :)
    Bonne soirée

    Répondre


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Attention ! Le yoga n’est pas sans risque

25 novembre 201625 novembre 2016
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Ouvrez vos chakras et ayez conscience de vos limites.

C'est l'une des études les plus conséquentes disponibles à ce jour sur la pratique du yogae t les blessures qui peuvent en résulter. Menée par deux chercheurs en traumatologie et épidémiologie de l'université d'Alabama de Birmingham, il en ressort que le yoga n'est évidemment pas le sport le plus traumatogène du répertoire, mais qu'il n'est pas pour autant dénué de risques. Et que les yogistes ayant dépassé les 65 ans doivent redoubler de prudence, car ce sont eux les plus vulnérables aux entorses, élongations et autres fractures. Le travail de Thomas A. Swain et Gerald McGwin, rassemblant quatorze ans de données récoltées aux États-Unis, montre aussi que le yoga a gagné en popularité sur la période, et que la fréquence des blessures s'en ressent. En moyenne, elle était de 10 pour 100.000 participants en 2001 et grimpe à 17 pour 100.000 en 2014. Après 65 ans, cette incidence –58 pour 100.000– est bien plus élevée, avec trois fois plus de fractures que pour les autres classes d'âge. Pour les individus âgés de 45 à 64 ans, elle est de 18 pour 100.000 et de 12 pour 100.000 pour ceux de 18 à 44 ans.
«Les blessures liées au yoga sont relativement rares, explique Swain, et comme on aurait s'en douter, l'incidence a tendance à monter avec l'âge du participant. Nous avons aussi observé que le taux de blessures augmente sur la période, ce qui pourrait traduire une plus grande popularité du yoga, avec davantage de personnes inexpérimentées qui ne prennent pas les précautions d'usage pour éviter les problèmes.»
Swain recommande de «consulter son médecin avant de débuter le yoga, d'être prudent et de connaître ses limites personnelles». Des limites que bon nombre de pratiquants débutants sont à même d'ignorer car «le yoga est bien plus difficile et exigeant qu'on le pense», précise McGwin. Au total, ce sont 29.590 blessures que les chercheurs ont répertoriées. Près de la moitié (45%) sont des entorses et le haut du corps est visiblement la zone la plus fragile.

Du yoga au travail….

21 septembre 201621 septembre 2016
yoga au bureauVous pouvez aller travailler ! » La séance d'une heure est terminée. Paula Taylor, professeur de yoga du réseau de coachs sportifs Fizix, libère ses douze élèves. Du chef sommelier à la femme de ménage, les 550 salariés du Bristol peuvent participer gratuitement à ce cours. Organisé dans une petite salle climatisée réservée aux employés, il coûte entre 80 € et 120 € au Comité d'Entreprise du palace. « Le point fort, c'est qu'il y a une homogénéité des groupes et ça crée une dynamique », se félicite son secrétaire adjoint Damien Largeau.   Collé serré   « On peut rencontrer des collègues d'autres services », renchérit Lucie Demai, hôtesse d'accueil. Allongé à sa gauche sur un tapis, Tony Le Douigou, dont elle n'a jamais été aussi proche, en est à son deuxième cours. « C'est plus apaisant que d'aller courir, observe le demi-chef de rang. Idéal pour se détendre avant de commencer le travail, de 16 heures à minuit ».   Debout depuis 7 heures du matin, le directeur d'achats Thomas Trucheret est en nage à la fin du cours, mais il savoure cette coupure en milieu d'après-midi : « J'aborde sereinement la deuxième partie de journée, sur le plan profesionnel et à la maison avec mes trois enfants ». Et de conclure, sourire en coin : « Le stress retombe. C'est parfait  : avec notre clientèle exigeante, il faut être très réactifs. » Voir l'article

Musculation et yoga, nouvelle mode made in US

23 août 201623 août 2016
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De nombreux hommes adeptes de musculation délaissent les poids et haltères pour des matelas de yoga, prenant le pas de l'intérêt grandissant pour une variante plus virile du yoga traditionnel, le «broga».

Le yoga, activité vieille de plusieurs millénaires, était autrefois pratiqué exclusivement par des hommes. L'activité physique «mâle» de l'ère moderne est aujourd'hui tout autre. «Le yoga se résume à bien plus qu'à des femmes qui se contorsionnent tels des bretzels végans», a lancé l'entrepreneur qui a fondé les cours de Jock Yoga, Michael DeCorte. Le centre d'entraînement Equinox de Toronto offre ces séances d'entraînement qui unissent les salutations au soleil à la musculation. De plus en plus de professeurs de yoga tentent d'attirer davantage d'hommes dans leurs classes en proposant des exercices qui misent sur la force plutôt que la flexibilité. Les adeptes de yoga sont constitués à 70% par des femmes, selon une étude de l'institut Ipsos publiée en 2016. M. DeCorte estime malgré tout que 50 à 85% des sportifs qui assistent à ses ateliers de Jock Yoga sont des hommes. D'autres centres de type «broga» essaiment un peu partout au pays. Jo-ga, à Halifax, Yoguy, à Vancouver, et le studio montréalais Mudraforce - où l'activité se pratique en toute nudité- ont notamment vu le jour. Une compagnie basée au Massachusetts, Broga yoga, détient un brevet sur l'emploi du mot-valise. L'entreprise se vante d'avoir plus de 12 000 clients et 500 professeurs à travers le monde, notamment par ses cours offerts par le biais de vidéo en ligne. Selon l'instigateur du «broga», Robert Sidoti, nombre d'hommes sont attirés par les bienfaits du yoga, mais craignent d'avoir un air efféminé en prenant la position du lotus.
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Le dalai lama juge qu’il y a trop de réfugiés en Europe

31 mai 201631 mai 2016
Dalai lama trouve qu'il y a trop de réfugiés en EuropeLe dalaï-lama a estimé qu'il y avait à présent "trop" de réfugiés en Europe après la vague d'arrivée l'an dernier et que ces migrants cherchant protection ne devaient rester que provisoirement sur place, dans une interview publiée aujourd'hui en Allemagne. "Quand nous regardons le visage de chaque réfugié, surtout ceux des enfants et des femmes, nous ressentons leur souffrance et un être humain qui a de meilleures conditions de vie a la responsabilité de les aider. Mais d'un autre côté, il y en a trop à présent" en Europe, a déclaré le chef spirituel des Tibétains au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. "L'Europe, l'Allemagne en particulier, ne peut devenir un pays arabe, l'Allemagne est l'Allemagne", a-t-il ajouté, en référence au fait qu'une majorité des migrants vient de pays arabes comme la Syrie ou l'Irak. "Il y en a tant que cela devient difficile sur le plan pratique. Et sur le plan moral, je trouve aussi que ces réfugiés ne devraient être accueillis que provisoirement. L'objectif devrait être qu'ils retournent (dans leur pays) et aident à reconstruire leur pays", a estimé le dalaï-lama, qui vit lui-même en exil en Inde depuis plus de 50 ans. L'Allemagne a accueilli l'an dernier un nombre record d'un million de réfugiés. Source Le Figaro

Tendance: le yoga en moumoute et chaussures de ski…

6 avril 20166 avril 2016
ski_yoga_poseLe murmure du torrent et le chant des oiseaux dans les bouleaux apaisent déjà. Dans le décor vivant du Plan de l’Eau, aux Menuires, se déroule la randonnée «yoga et raquettes», encadrée par Brigitte Ruff, accompagnatrice en montagne, et Anita Thevenot, masseuse ayurvédique. Après une première marche dans la poudreuse, telle une page blanche, une première pause est consacrée à des exercices d’étirement. Le groupe, limité à douze personnes maximum, forme un petit cercle. Raquettes aux pieds, on tend et on étire ses bras vers le ciel. Profonde inspiration, puis on relâche totalement son buste et ses membres supérieurs jusqu’à frôler la neige. Pendant une quinzaine de minutes, Anita aide chacun à prendre conscience de son corps. «La montagne, avec son paysage somptueux et son air pur, offre un cadre idéal pour pratiquer le yoga pranayama, qui met l’accent sur la respiration», précise-t-elle. On repart ensuite plus détendu, attentif aux empreintes d’animaux et au silence, seulement rompu par le bruit feutré des raquettes. Plus loin, c’est la posture de la salutation au soleil. Un long et ressourçant déroulement du corps, pratiqué plusieurs fois, après avoir déchaussé et s’être installé sur un petit tapis de yoga, prêté par Anita. Les deux autres pauses zen sont consacrées à des exercices respiratoires et à de la méditation, assis en tailleur. Lancées l’an dernier au départ de la station de Val Thorens, ces randonnées bien-être hebdomadaires, de trois heures, affichent complet. Les clients? Souvent des femmes, n’ayant jamais pratiqué le yoga ou même les raquettes, mais curieuses de découvrir cette balade hybride. Morzine mise aussi sur l’engouement autour du yoga. Probablement inspirée par la station suisse d’Engadin St. Moritz qui lançait en 2014 la première piste de yoga du monde, Morzine propose cet hiver la piste des yogis, un itinéraire bleu de 2400 mètres jalonné de dix emplacements pour pratiquer des postures relaxantes, sans forcément ôter ses skis. Enfin, sous le nom de marche afghane, évocateur de montagne loitaine, la station de Samoëns invite à une sortie en raquettes accompagnée par un professionnel. Durant cette randonnée, le travail constant sur la respiration facilite la gestion de l’effort en altitude et relaxe. Les activités bien-être en montagne ne se résument plus à des papouilles et des bains bouillonnants dans des centres aqualudiques mais tirent parti, enfin, d’un environnement unique. Voir l'article sur le site de Libération

Le paradoxe Vegan de la femme branchée.

2 novembre 20152 novembre 2015
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Assez régulièrement ( et de plus en plus ) je vois des gens arriver à un mode de vie vegan ( ce qui en soit est plutôt bien ) mais ce que je trouve étrange c’est souvent le paradoxe éthique assez flagrant et parfois cliché.
Pour commencer, beaucoup des végan avec qui j’ai les échanges les plus houleux sont souvent des filles, entre 20 et 30 ans, « converties » depuis assez peu de temps.
Autant je crois sincèrement aux bienfondés de ce mode de vie lorsqu’il est choisi et pensé de bout en bout, autant je suis souvent confronté à des situations de fort malaise lors de nombreux échanges.
Cela se manifeste par plusieurs choses récurrentes : le prosélytisme, la suffisance et l’incohérence.
Je vais dresser un portrait caricatural pour essayer de bien faire comprendre ça … ( pour ce faire je ne vais que juxtaposer des éléments issus de posts ayant défilé sur mon fil d’actualité perso )
Faisant la queue pour avoir son café-pumpkin starbuck, elle attend en faisant un petit selfie marrant pour montrer son nouveau bonnet en coton bio.
Elle poste ça en ligne avec son nouvel iphone.
Un peu plus tard elle rentre chez elle, se fait un petit smoothie banane, mangue et lait de coco, le tout dans un super blender trouvé sur amazon.
Un petit tour sur son compte instagram nous fera découvrir sa garde robe pour constater que toutes les fringues sont bio. Comme tout est bio, le label "équitable" est apposé sur son chocolat, son café et ses épices.
Plus tard, un passage sur son compte facebook nous montrera de nombreux partages militant où on voit combien l'industrie agro-alimentaire est trash (les vidéos le montrent très bien assurément … (ne pas aller sur une page d'une végan à l'heure du repas !).
On la verra également se réjouir de la fermeture d'un abattoir, voyant le signe d'un réel progrès pour "la cause".
Elle prend soin d'elle, les statistiques publiées sur ses joggings grâce à l'application embarquée dans ses nike en sont la preuve ! Et après une bonne douche avec un savon Lush elle sent super bon le fruit de la passion.
Et ce soir après cette belle journée elle se fait un petit plaisir : un steak végétal. Tellement bien fait qu'on dirait trop de la viande (mais sans la souffrance animale) ! Un petit bout de "Faux-mage" à base de noix de cajou et un avocat. Et en dessert un petit bout de chocolat équitable.
Elle a le sourire en préparant ses vacances en Thaïlande en achetant sont billet en ligne sur son macbook, avec son chat sphinx qui ronronne sur ses genoux et peux enfin aller se coucher, en paix avec elle-même et ses convictions … aujourd'hui encore, elle n'a été la cause d'aucune souffrance animale.
Et là je vous vois venir avec un "Heuuu mais Samten, il est où le problème, je ne vois pas trop où tu veux en venir … elle a l'air plutôt cool la nana là … non ?"
Oui oui elle est cool ! Et c'est vraiment chouette que par son véganisme elle se sente impliquée dans la cause animale, le progrès et l'évolution de l'humanité à des hautes sphères de conscience et d'empathie !
MAIS … Et hélas c'est là que le bât blesse…
Son café est issu de la souffrance des hommes, d'une production qui détruit l'environnement dans lequel il est produit et contribue au déséquilibre nord-sud où la domination occidentale est vécue de plein fouet par les producteurs-esclaves.
Son téléphone est issu d'une production où les métaux rares sont également issus de productions où les hommes sont traités en esclaves dans des mines aux conditions abominables. En plus l'obsolescence perçue fait qu'elle changera de téléphone alors même que ce dernier sera encore tout à fait fonctionnel.
Elle se réjouit de la fermeture d’un abattoir sans réaliser que le nombre d’animaux abattus restera inchangé ... le seul changement sera que ces pauvres bêtes devront parcourir encore plus de distance dans le transport final ... l’élément souvent le plus traumatisant pour l’animal (mais aussi pour l’éleveur qui respecte ses animaux).
La banane de son smoothie provient d'équateur, issue d'une terra-formation imposée par les États-Unis pour que ces pays ne viennent pas concurrencer la production de maïs OGM. La mangue provient d'Inde et a peut-être véhiculé des parasites qui détruisent nos vergers. L'avocat provient d'Israël et le lait de coco de Thaïlande, finançant les deux des régimes politiques discutables. Les transport “bio” n’existe pas ... les bateaux délestent en pleine mer, les camions brulent du gasoil et dans les deux cas il y a un paquet de dommages collatéraux. Ben oui, combien de dauphins pris dans les pales des bateaux, de biches , d’oiseaux, de hérissons percutées, écrasés pour que nos fruits exotiques arrivent à bon port ?
Son blender vient de chine, assemblé dans une usine où les gens sont traités comme de la marchandise et payés une misère et acheté sur un site qui bafoue le droit du travail à longueur de temps.
Ses habits, comme sa nourriture, ont parcouru des milliers de kilomètres pour être parfois produit avec des produits chimiques (malgré les labels bios affichés) et cousu par des enfants, au même titre que ses nikes.
Sa fausse viande et son faux fromage sont issus de productions industrielle et chimique pas forcément très saine et de loin pas locale
Son chat provient d'un élevage de croisements génétiques et nourrit avec des boites industrielles (et là autre paradoxe : doit-on imposer le véganisme aux animaux … ah ben non ce serait aller à l'encontre de leur nature, dans ce cas là c'est pas pareil)
Son billet d'avion compensera le bilan carbone de son véganisme.
A côté de ça j'essaie d'imaginer une personne qui consommera bio, local, de saison avec, certes de la viande de temps en temps (mais qui vient d'un paysan qui connaît toutes ses bêtes) qui portera ses fringues jusqu'à l'usure, n'aura que le strict nécessaire chez lui, pas de robots ménagers dans tous les sens, pas d'ordi, pas de fruits exotiques … et qui pourtant sera la "cible" des végans en raison de son manque de conscience et de sensibilité… et là je me dit qu'il y a un soucis dans la manière qu'ont les végans de mener leur "combat" …
Je me dois de rajouter un GROS P.S. à ce texte : je ne me considère absolument pas comme étant moi-même éthiquement irréprochable, loin de là ! J'essaie de faire au mieux ma part en restant un maximum cohérent entre mes convictions et mes capacités de consommation. Mais par contre l'issue de mes réflexions, de mes pensées, mes idées, je les PARTAGE. J'espère que parfois ma vision des choses en convainc certain mais je considère toujours que les choix éthique sont personnels et que nous ne pourrons jamais être irréprochables sans devenir extrêmes et sans s'extraire totalement du système, ce qui n'est pas ma volonté, au contraire, j'espère pouvoir être le témoin d'évolutions du système dans "mon" sens quitte à devoir faire des compromis, mais que je choisis.
EDIT : suite à l’engouement et aux nombreux comm qu’a suscité cet article aux différents endroits où il a été partagé et comme ça a dépassé le cercle des gens qui me connaissent, je me dois de me présenter pour permettre de contextualiser éventuellement cet article. Pour commencer je dois moi-même faire face à de nombreux paradoxes de consommation lié à mon choix de travail : étant photographe j’ai en effet beaucoup de matériel technologique ( ordinateurs, tablette, appareils photos ... ) qui ont un cout éthique important. Je n’ai pour le moment pas trouvé de solution pour ce pan là. J’ai passé plusieurs période de ma vie à appliquer un régime végétarien et un mode de vie assez proche des principes végétaliens sous pas mal d’aspects. Je me considère comme étant assez impliqué dans les domaines de la réflexion sur nos modes de vies, nos interactions avec l’environnement. J’ai un très grand intérêt pour la permaculture, les productions équitables ( je ne parle pas des labels qui spolient le terme ). Suite à de nombreuses réflexions j’en suis venu à avoir un mode de vie où les choix alimentaires et de consommation générale sont souvent mis dans la balance du pour et du contre au moment de l’acte d’achat. J’ai également un régime alimentaire qui est aussi très “fashion” car j’ai une alimentation principalement axée sur les principes du Dr Seignalet, à savoir sans gluten, sans produits laitiers, sans sucres raffinés ( mais je n’en fais pas un dogme, je m’accorde des exceptions si je n’ai pas le choix ou même si simplement j’en ai envie), je suis venu à ce régime il y a plus de 7 ans pour des raisons de santé et il m’a apporté beaucoup de choses ( j’en discute volontiers avec ceux qui s’y intéressent ). D’autres principes alimentaires font également parti de mes convictions, principalement le fait de consommer local, de saison et bio ( et dans ma région ça veux dire qu’il faut aimer le choux et les poireaux ). Je porte avec moi un assez lourd bilan carbone car j’ai beaucoup voyagé, mais ces voyages m’ont permit en contre partie d’apprendre énormément de choses sur l’humain, la nature, les interactions entre les deux, mais surtout pour réaliser qu’il n’existe pas de valeurs “universelles” ... partout les gens ont des convictions qu’ils sont parfois prêt à défendre avec armes et sang ! J’ai aussi vu qu’il y a un réel angélisme de la part des gens qui vivent leur conviction depuis le fond de leur canapé ikéa ... car à travers le monde j’ai été témoin de la violence , partout sous un nombre inimaginable de formes ! Les seuls moments où j’ai eu la sensation de m’en extraire on été ceux où j’ai été seul face à la nature, loin du fait des Hommes ! J’ai vu plus d’amour et de respect chez une productrice de bœuf bio en France qu’envers des vaches “sacrées” au Népal. J’ai recommencé à manger de la viande en voyage, lorsque j’ai été reçu par des gens qui n’avaient rien d’autre à me proposer et qu’il aurait été plus que déplacé de dénigrer ce geste pour mon petit confort intellectuel. Et puis j’ai appris à reconnaitre qu’il y a de réelles différences entre les modes de production et que cela impact directement nos valeurs et notre environnement, j’y suis de plus en plus attentif et rencontre des gens merveilleux depuis. Comme je l’ai dit à de nombreuses reprises, je trouve merveilleux que de plus en plus de gens s’intéressent aux modes alimentaires “alternatifs” ( qu’ils soient végan, végétariens, sans gluten, bio ... ) car ça montre que les gens ne prennent plus tout pour argent comptant. Mais je prône également la coexistence et l’évolution douce. C’est souvent en ça que mes avis divergent avec les militants ( végan ou autre) sur les manières d’agir : Les études en neuroscience montrent que face à une démonstration de la violence (vidéo d’un abattoir par exemple), le cerveau d’une personne non préparée, vivra ça comme une agression ... mais au lieu d’obtenir un électrochoc contre le système, le trauma sera dirigé contre la personne qui lui aura fait vivre ce trauma... avec un effet inverse à celui désiré... mais je m’égare à parler de ça.
Bref, je tente juste de faire avec les outils à ma disposition pour rester le plus cohérent possible entre mes choix, mes croyances, mes moyens et mes aspirations. Jonglant moi-même avec certains paradoxes.
EDIT 2 :
Je n’ai hélas rien inventé pour créer ce personnage fictif ! juste pris quelques éléments sur différents posts de mes contacts ... j’ai même été assez soft pour qu’on ne pense pas que j’exagère le trait ! Et pour celles et ceux qui me font la critique d’avoir choisi une femme plutôt qu’un homme c’est pour la même raison ( qui n’est pas lié à une réalité statistique et objective ) : je n’ai pas eu autant d’occasion de voir ce type de posts et de profils dans mon fil d’actualité.