Amma en méditation

Ce grand mystère qu’est Amma

Considérée en Inde comme une Mahatma, une «grande âme», Amma apparaît dans le dernier film de Claude Lelouch. Mais qui est cette «balayeuse du mental» qui prône «la religion de l’amour»?

Paris, Janvier 2007. «Comment résumer une sainte, un ange?» balbutie Sharon Stone. Face à une minuscule Indienne, yeux noirs pétillants, rondeur maternelle, sourire désarmant. Kerala, 2013. Mers de cocotiers, tours improbables et temple bariolé. «La physique quantique l’a confirmé. Le cœur émet les plus fortes énergies vibratoires. Apprêtez-vous à l’ouvrir. Sinon vous ne comprendrez rien!» Le Swami en orange, bienveillant, s’éloigne dans l’Ashram. Fin 2015. Claude Lelouch est en promotion de «Un + Une». L’Inde et Amma en sont aussi deux acteurs essentiels. «Cette femme dégage de l’invisible. Un paradoxe! Essayer de filmer l’invisible…»

Sharon Stone aura finalement loué Sri Mata Amritanandamayi (Mère de la béatitude immortelle), 62 ans, à la tête du MAM, trust immense. «Elle a fait plus pour son pays que les gouvernements», a dit d’elle Mohammed Yunus, Prix Nobel. Reste qu’à un journaliste qui lui demandait en 2000 ce qu’elle ferait si elle pouvait changer le monde, elle répliqua: «Je serais balayeuse.» Entendez: «Balayeuse du mental!»

Lelouch, lui, aura surtout filmé ses «darshan», interminables étreintes offertes depuis 30 ans à 35 millions de personnes! Le rite, traduire «vision», est ancien. Réservé aux gourous authentiques qui, par leur seule présence, transmettraient la «shakti», l’énergie divine. Mais Amma est iconoclaste. Car prendre dans les bras en Inde, surtout si l’on est femme, est hautement tabou. Elle n’en a cure. Elle prend sur son sein. Et son sari blanc, maculé de sueur, larmes ou fond de teint, tous sexes, nationalités, croyances. «Je n’ai qu’une religion, l’amour. Je laisse couler un fleuve intarissable.»

Paraboles simples

«La religion de l’amour». Formule attractive en ces temps barbares. Mais l’invisible est-il débusqué? Car l’amour version «chabadabada» lelouchienne a peu à voir avec l’Amour que prône Amma. Celui du «Soi». «L’amour vrai est l’état d’où la peur est totalement absente. La peur fait partie du mental. Elle ne peut exister que quand on est identifié au corps et au mental.» Oups! Les héros du film, pleins de pulsions, désir et jalousie, ont encore du boulot. Mais Amma sera magnanime. «Dissoudre le mental et l’ego prend beaucoup de temps», console-t-elle volontiers ses dévots. De plus en plus nombreux, malgré quelques rites étranges pour les Occidentaux. Mais interpellés sûrement par la formule choc de Prévert: «Le mental ment, monumentalement!»

Mais l’invisible alors? Plonger dans la vie de Soudhamani Idamannel, née parmi de pauvres pêcheurs, aidera peut-être. Quoique… L’enfant ne babillera jamais comme un bébé, marchera à moins d’un an. A 9 ans, elle est contrainte de s’occuper de ses parents et de ses sept frères et sœurs qui la traiteront rudement. A 16 ans, elle doit quitter la hutte familiale où l’on ne sait plus comment gérer ses agissements dérangeants. Ne choisit-elle pas de méditer ou d’entrer en transe en invoquant le Ciel et Krishna, alors qu’elle est surchargée de tâches domestiques? Ne refuse-t-elle de se marier? Ne vole-t-elle dans les maigres réserves de famille pour donner à plus pauvre qu’elle? Et surtout, comment ose-t-elle (déjà) embrasser n’importe qui afin de le réconforter d’un karma trop lourd? Quelques décennies plus tard, l’ex-jeune paria, sans éducation ni aucun précepteur spirituel, est devenue incontournable dans les sommets œcuméniques. Pape, dalaï-lama et autres religieux respectés écoutent, interloqués, ses paraboles simples et insolites. Mais puissantes.

Source et ressource

Bollywood s’échinerait à la réduire à une «success story». Car au scénario convenu, il faudrait ajouter une résistance «herculéenne, inhumaine», à la soif, la faim, au sommeil. «Elle nous épuise», avouent ses fidèles. Qui ne s’étonnent pas qu’elle parle d’elle plutôt à la troisième personne, «comme si elle, ne comptait pas.» Et qui, pour tenir, s’adonnent au yoga ou aux «bhadjans», ces chants dévotionnels qu’elle chérit, «sa Source et sa ressource». Ajouter encore l’insensée pertinence des conseils – multidirectionnels – donnés à la volée aux «darshan». Ici à un scientifique émérite, un architecte; là, à une veuve désemparée, ou à un Japonais, à peine entraperçu des années plus tôt. Ajouter aussi ces images choisies par Jan Kounen pour son documentaire Darshan: L’étreinte (2005): une Amma si jeune, léchant les plaies d’un lépreux…

Des miracles? Elle n’en revendique jamais. A une exception près, il y a plus de 40 ans. Dans un temple, des sceptiques crient à l’imposture, et en réclament un. Elle refuse d’abord. Arguant que «chacun est capable de miracle en soi», que c’est là «l’essentiel». La colère gronde. En un instant, le lait contenu dans une jarre se fait crème.

Des membres du Parti communiste, assez actif à l’époque, rejoignirent les rangs de ses plus intraitables dévots. «C’est sa vie qui est le miracle, le don incarné», résume Dipamrita, sa représentante en France. Relayée par une autre Occidentale, qui a pris tôt la robe orange en Inde: «Vous craignez de n’avoir pas compris Amma? Rassurez-vous: je la suis depuis 38 ans, quasi jour et nuit, et moi non plus!»

Le «karma yoga» en action

Dans la tradition, le «dharma» (ce qui est juste) s’appuie sur quatre yoga/piliers: yoga de dévotion, de la connaissance, des postures et de l’action. C’est ce dernier, le «karma yoga», que privilégie Amma pour «balayer», pragmatique, le sens «du moi, du mien, de l’ego».

Résultat, le «seva» (service désintéressé) de milliers de bénévoles, aux compétences parfois très pointues, a abouti au MAM, une ONG immense. Qui possède des fleurons, comme cet hôpital de Cochin, l’un des plus sophistiqués d’Asie, notamment pour la chirurgie de la main; ou cette université parmi les dix premières d’Inde. Mais lance aussi des recherches sur les nouvelles médecines ou les nanotechnologies, et des formations, pour les femmes ou les basses castes notamment. Sans compter 50 000 maisons construites notamment après le tsunami, des orphelinats et écoles. Et encore plus de 50 millions de dollars investis depuis 1989 dans l’aide d’urgence.

«Le MAM devrait servir de modèle de réactivité et d’efficacité pour l’ONU et d’autres ONG», a estimé un haut responsable onusien. Amma voit aussi la nature comme une preuve de «non-séparation entre le Créateur et la Création». D’où d’innombrables actions écologiques. Et, tout récemment, ce chèque de 27 millions d’euros pour aider à la création de toilettes dans tout le pays et au nettoyage du Gange! De très rares politiciens ont tenté de polémiquer sur les rentrées de fonds. En vain. Car les dépenses d’Amma sont visibles et concrètes. Et parce qu’elle n’hésite pas à aller dans les cuisines sauver des épluchures gaspillées.

Article paru sur letemps.ch (lien)

En bonus, le réalisateur Claude Lelouch nous parle de la création de son film er de sa rencontre avec Amma. « Amma est sans doute la femme de ma vie ».

Pour aller plus loin lisez les paroles d’Amma.

Et vous qu’en pensez-vous ? Avez-vous reçu le Darshan de Amma ? Faites-nous part de votre expérience dans les commentaires.



'Ce grand mystère qu’est Amma' have 15 comments

  1. 6 janvier 2016 @ 3 h 12 min Jaya-jyoti

    Amma et son organisation, la face cachée: Témoignage d’une ancienne dévote

    http://amma.liviscobal.fr/reflexions-personnelles/le-danger-amma.html

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  2. 7 janvier 2016 @ 2 h 13 min Emmanuelle Cabau

    Merci Jaya-jyoti, pour votre commentaire. Gloire à la lumière, à la clarté, c’est en effet la première fois que je lis un texte présentant Amma sous un autre visage. Ce qui m’a donné envie de sortir de l’aspect bhakti ou dévotionnel et d’aller enquêter un peu de mon côté…J’espère que ce témoignage ne disparaîtra pas non plus. Pour ma part, j’ai reçu le darshan 4 fois, une première fois à Paris il y a plus de 20 ans et 3 fois à Toulon plus récemment. Sous un angle extérieur, j’ai simplement observé que l’ambiance avait changé : beaucoup plus encadrée, de moins en moins d’espace libre pour danser, toujours plus de sécurité…mais tout cela est très complexe et mérite davantage d’approfondissement. Le phénomène « guru » réactive bien des transferts et des contre-transferts…

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    • Yoganova

      7 janvier 2016 @ 11 h 00 min Yoganova

      Bonjour Emmanuelle, juste quelques mots pour répondre à votre interrogation sur le maintien de ce message relativement critique envers Amma sur Yoganova.
      Nous avons une politique particulièrement libérale en terme de liberté d’expression si elle n’est pas utilisée pour calomnier gratuitement et qu’elle respecte les lois Françaises.
      Pour revenir sur le sujet d’Amma,j’ai lu (en partie) le blog cité plus haut et il y a bien sur des choses justes et des aspects de l’organisation d’Amma qui sont certainement problématiques. Une organisation aussi énorme, puissante et riche ne manque jamais de susciter des dérives liées à l’ambition personnelle et à l’argent. Demandez donc au Pape Francois et au Dalai-lama ce qu’ils en pensent. En revanche, les critiques sur Amma elle-même sont, je trouve, spécieuses et quelque peu injustes. Par exemple Amma y est accusée de maltraiter les femmes de son organisation et pour étayer son propos l’auteur cite ce conseil d’Amma à ses disciples féminins:

      « Les femmes aussi devraient faire attention à certaines choses. De nos jours, beaucoup de femmes indiennes portent des pantalons et des jeans. Il n’y a rien de mal à ça. Mais elles ne devraient pas perdre le sens des valeurs »
      « Les maux ne s’arrêteront pas en choisissant de s’habiller comme on a envie ou en choisissant d’être avec l’homme qu’on préfère au nom de la liberté »

      Je veux bien qu’Amma soit un peu trop traditionaliste et un peu « réac » comme on dirait chez nous parce qu’elle n’aime pas trop les pantalons, mais de là à y voir une sorte de maltraitance et de volonté de maintenir la femme sous la férule des hommes il y a un monde.

      L’auteur du blog va même jusqu’à faire la comparaison avec les excisions pratiqués en Afrique. C’est quand même abusif et presque malhonnête intellectuellement.

      Bref, c’est vrai qu’il faut rester vigilant face au phénomène sectaire mais si on ne fait que chercher la petite bête on finira toujours par la trouver…

      Arnaud de Yoganova

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  3. 8 janvier 2016 @ 4 h 38 min Jaya-jyoti

    Oui c’est sûr que le témoignage de cette ancienne dévote est teinté d’un subjectivisme évident, comment y échapper.
    Et tout là dedans n’y est pas pertinent.Loin de là.

    Mais il y a quand même des dérives qui si sont réelles et vécues remettent beaucoup de choses en question.

    Traiter ses dévots à coup de pieds dans les côtes quand on prône la non violence c’est limite.
    Faire des crises de colère incontrôlables quand on prône la réddition de l’égo et la transcendance des émotions idem.

    Alors il est vrai que oui j’ai tendance à chercher la petite bête.
    Ca fait peut-être partie de mon histoire personnelle,

    Combien de gurus célèbres (et tristement célèbres pour certains) prônent des règles de vie strictes alors qu’ils s’adonnent eux-mêmes à des dérives déjà difficilement acceptable pour un humain lambda ?

    Je fais partie de ces personnes qui pensent que la rencontre avec un guru authentique et un enseignement véritable sont nécessaires pour arpenter le long chemin qui mène à Moksha.

    Dans ce cas on attend dudit guru d’être impeccable mais surtout congruent et cohérent.

    Alors oui j’ai pour habitude de m’informer au maximum sur les figures qu’on nous présente toutes lisses et féeriques, quitte à chercher les témoignages polémiques.

    Après c’est à chacun de faire sa propre synthèse de compréhension et d’activer le discernement pour une discrimination juste. Mon rôle se borne juste ici et ailleurs à faire entendre et résonner le son de cloche dissonant.

    Que Viveka guident les pas de chacun dans ce monde de voiles, d’illusion et de miroir aux alouettes :)

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    • Yoganova

      9 janvier 2016 @ 20 h 23 min Yoganova

      Bonjour Jaya-jyoti, ce n’est pas moi qui vais vous décourager d’utiliser votre discernement quand il s’agit de tester un mètre spirituel ou une personne qui s’affiche comme tel bien au contraire. Vous avez entièrement raison.

      D’ailleurs dans la rubrique « A Propos » de ce site, nous annonçons clairement la couleur:

      « Nos années d’expériences et de voyages nous ont maintes fois prouvé qu’en matière de Spiritualité, comme pour le reste, il est sain de faire usage d’un juste discernement (viveka) et d’esprit critique. Ça tombe bien, les Français étant généralement très (trop?) doués pour cela, on ne devrait pas s’ennuyer dans les commentaires… »

      Alors oui, Viveka est absolument indispensable surtout si, comme vous le pensez (et je vous rejoins là-dessus) la rencontre avec un maître authentique est, le plus souvent, nécessaire pour arpenter le chemin.
      Mais tout cela est une question d’équilibre, il faut aussi se rappeler que nous projetons souvent nos peurs et nos espoirs sur les autres, d’autant plus quand il s’agit d’êtres appelés à jouer un grand rôle dans nos vies.

      Je ne m’attarde pas plus sur le sujet car j’imagine que vous êtes totalement d’accord avec cela. J’aimerais juste revenir sur le site « anti-amma » cité plus haut.

      J’ai un peu farfouillé de ci de là et je dois admettre que ma première impression s’est confirmée. Les arguments et les critiques sont spécieux et quelques fois à la limite du procès d’intention. L’auteur est visiblement déçu(e) de son expérience dans l’ashram d’Amma, c’est compréhensible et respectable mais la charge est un peu abusive et tape quelques-fois sous la ceinture.

      Dans les quelques textes que j’ai survolé, il était question de son poids excessif, du fait qu’elle mangeait du riz au poisson comme dans sa jeunesse et autres peccadilles du genre. Il faudrait répondre point par point à ces critiques, je n’en ai ni le temps ni l’envie et n’étant pas un dévot de Amma je serai mal placé pour cela mais ce serait un travail intéressant.

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  4. 8 janvier 2016 @ 12 h 31 min Emmanuelle Cabau

    Tout ce sujet du guru est très complexe, c’est pour cela que j’ai parlé de transferts et transferts négatifs, y compris sur le plan culturel. Par exemple dans le témoignage, il est question d’une vidéo où l’on verrait une cérémonie où Amma fait le geste de couper les têtes avec une longue épée. Et j’imagine déjà les « béni oui-oui » de la non-violence de s’insurger… Il n’y a rien de choquant à cela. Sans être une grande érudite, il me vient à l’esprit qu’il s’agit vraisemblablement d’une représentation de Kali, coupant la tête, qui représente le mental. Nous avons le même symbolisme dans notre tradition occidentale alchimique, avec l’exemple du corbeau, qu’il s’agit de « décapiter ». En décapitant le corbeau, le massage à entendre est celui de « la mort des confortables et sécurisantes certitudes mentales de l’égo ». (pour les curieux souhaitant sortir de l’ignorance, voir par exemple le site de Pascal Bouchet ici : http://www.alkimie.net/pages/interpretation-d-images-alchimiques/ ou bien taper « corbeau décapité alchimie sur google).

    Il est plus simple de bondir sur une interprétation, de s’approprier une signification et de monter cela en mayonnaise spécieuse comme vous le dites Arnaud, plutôt que d’effectuer une véritable recherche en matière de symbolisme…Tant que je reste dans ce fonctionnement là, je reste « abonnée » à une vie placée sous le signe de la dualité.

    Ce qui m’inquiète ce ne sont donc pas les contenus eux-mêmes : je suis persuadée qu’en les prenant un par un, comme je viens de le faire sur le plan culturel, on mettrait surtout en évidence l’histoire personnelle de tel ou tel dévot plutôt qu’une « faille » d’Amma. L’attachement au guru est source de multiples projections, qui sont ultimement libératrices (et ce même avec un « mauvais » guru).

    Ce qui m’inquiète comme suggère JayaJyoti, c’est bien plutôt cette image lisse, le fait que le dvd ait disparu, que les témoignages soient effacés, les sites de controverse fermés, etc. Cette vision d’une organisation qui ré-écrit son histoire au fur et à mesure ressemble tellement à ce que nous vivons au quotidien avec les nombreuses manipulations politiques et médiatiques…que cela me fait froid dans le dos.

    J’ai beaucoup de respect pour Amma, j’ai pu ressentir cette intense vague de bhakti qui l’anime, et qui est aussi la somme de nos énergies individuelles plus ce quelque chose que je nommerai « Grâce » mais il serait naïf de croire que tout est parfait dans cette organisation. En yoga on parle des 3 granthis du corps d’énergie, pour simplifier disons le « senti » relié au chakra racine, le mental relié au chakra 3e œil et le « senti-mental » relié au chakra cardiaque. Une vision « équilibrée » supposerait de voir la réalité depuis ces 3 nœuds et non en en privilégiant un seul.

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    • Yoganova

      9 janvier 2016 @ 20 h 34 min Yoganova

      Emmanuelle Cabau, je partage votre conclusion sur Amma et ses prouesses en escrime. Au niveau symbolique, elle est parfaitement dans son rôle d’incarnation du Divin Féminin notamment sous ses aspects « courroucés » que sont Kali et Chinamasta.

      Ce qui est surprenant en revanche, c’est qu’une personne qui a vécu quelques temps à l’ashram d’Amma s’en scandalise. Ça dénote une certaine méconnaissance du contexte Indien et de la métaphysique Hindoue.

      En revanche si Amma avait physiquement tranché la tête de quelques disciples, nous pourrions objectivement nous inquiéter. :)

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  5. 8 janvier 2016 @ 20 h 30 min Jaya-jyoti

    Oui :)

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  6. 11 janvier 2016 @ 17 h 36 min Akshaya

    En passant d’une histoire à l’autre, d’une voie à l’autre, d’un maître à l’autre (Satya Saï Baba; Baba Muktananda, Amma, Sogyal Rinpoché, pour ne citer que les plus connus) On retrouve le même schéma d’enseignement « ambivalent » (ou controversé) avec une structure « humanitaro-spirituel » où l’argent coule à flot, où l’entourage veille a éteindre tout départ de feu et où des rumeurs d’abus sexuels vont bon train.
    Que dire du catholicisme ou d’autres communautés chrétiennes avec des débordements plus ou moins similaires qui ont souvent fait les choux gras des médias et le silence complaisant de la hiérarchie de l’Église.
    Le chemin est fastidieux, complexe et les épreuves n’y manquent pas, au bout du chemin c’est l’inéluctable mort. Celle de l’égo et une fois achevé, c’est la résurrection de notre véritable nature, le Soi.
    Ste Thérèse d’Avila disait que là où elle était passé, aucun conquistador, aussi courageux soit-il, n’aurait osé s’y engager.
    C’est dire la somme de courage, de détermination de force intérieure, de foi dont il faut faire preuve. Cette sainte qui a vécu des expériences d’éveils, sublimes et « abominables » a cheminé sous l’égide de son maître, St Jean de la Croix qui parlait de « La nuit obscure » et de « La vive flamme d’amour ». Cela à un moment où l’Église dans son ensemble était loin d’être exemplaire.
    Alors je conclurai avec ce principe du Tao « Les chercheurs sont souvent moqués, raillés par ceux qui les observent, mais cela aussi est le Tao ».

    Répondre

  7. 16 janvier 2016 @ 3 h 05 min adèle

    Et le livre de gail Tredwell qui était sa suivante depuis le début de son ascension et ce pendant 20 ans, est-il digne d’intérêts?

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    • Yoganova

      17 janvier 2016 @ 19 h 58 min Yoganova

      Bonjour Adèle, personnellement je ne peux pas me prononcer, ne l’ayant pas lu. Vous savez quelles sont ses principales critiques ?

      Répondre

      • 20 janvier 2016 @ 2 h 28 min Adèle

        Je n’ai pas lu le livre en question car il n’est pas traduit en Français, mais peut êet, mais voici un lien d’une personne qui a lu le livre de Gail Tredwell appelée Gayatri quand elle vivait dans l’ashram en tant confidente et suivante d’Amma qu’il connaît bien aussi et qui donne une autre vision sur le sujet et cite des passages du livre en question, peut être le connaissez vous :

        http://amma.liviscobal.fr/docs/jv_la_personnalite_dAmma-15-04-2015.pdf

        Répondre

  8. 20 janvier 2016 @ 13 h 01 min Kaivalya

    Bonjour a tous,

    Personnellement je n’ai pas le culte du Guru. Dans ma tradition occidentale et chrétienne, il ne me semble pas qu’il y ait vénération de saint de leur vivant. Si je me base sur l’église catholique, les saints sont déclarés comme tel lorsqu’ils sont mort, et parfois bien longtemps après leur mort. Dans cette tradition, pour être déclaré Saint il faut un procès en béatification, un procès en canonisation et au moins deux miracles post mortem. Ce que je comprends dans cette procédure c’est que personne selon l’église catholique ne peut être déclaré Saint de son vivant.

    Dans la tradition indienne, que je ne connais pas bien, j’ai l’impression qu’on vénère les Saints de leur vivant, et je ne sais pas comment ceux-ci sont déclarés comme tel.

    Personnellement je pense qu’aucun homme ou femme vivant sur terre ne mérite d’être vénéré comme Saint. D’après moi si on est sur terre avec un corps, et l’ego qui va avec, c’est qu’on a des problèmes à résoudre et qu’on est venu ici-bas pour les résoudre, sinon on ne serait pas là. Il y a peut-être quelques exceptions (Avatar) mais ils sont à mon avis très rares.

    Dans le document du lien fourni par Adèle il est cité Mâ Anandamayi qui dit :

    « Vous n’avez qu’un Guru c’est Dieu »

    Mon maître spirituel dit quelque chose de similaire :

    « Vous n’avez qu’un Guru c’est votre Guru Intérieur »

    Ce que j’en comprends c’est qu’il ne faut pas chercher le Guru à l’extérieur mais à l’intérieur de nous. Dans un autre post je disais qu’au moment de la séparation Dieu avait mis une partie de lui-même en chacun de nous. Dans la tradition chrétienne c’est le Sain-Esprit, le Christ Intérieur, mais on peut l’appeler comme on veut, Guru Intérieur par exemple, peut importe le nom. Voilà ce qu’il faut chercher, ouvrir un brèche intérieure, même petite, pour commencer à dialoguer avec cette partie de Dieu qui est en nous.

    Bien sûr les maîtres spirituels vivant sont utiles, ils peuvent nous aider à ouvrir cette brèche, mais personnellement je les considère comme des hommes, avec les problèmes des hommes, peut-être sont-ils plus avancé spirituellement que moi, mais pas comme des Dieux.

    Répondre

  9. 8 février 2016 @ 11 h 37 min Les grands maitres du yoga 2 ~ Adesa YogaAdesa Yoga

    […] L’article de Yoganova à son sujet. […]

    Répondre

  10. 16 février 2016 @ 16 h 08 min Adèle

    Un autre lien de J. Vignes pour avoir une idée de l’organisation en question :

    http://www.jacquesvigne.com/JV/traductions2015/Comprendre_la_psychologie_de_Amma_et_de_son_mouvement.pdf

    Répondre


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Attention ! Le yoga n’est pas sans risque

25 novembre 201625 novembre 2016
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Ouvrez vos chakras et ayez conscience de vos limites.

C'est l'une des études les plus conséquentes disponibles à ce jour sur la pratique du yogae t les blessures qui peuvent en résulter. Menée par deux chercheurs en traumatologie et épidémiologie de l'université d'Alabama de Birmingham, il en ressort que le yoga n'est évidemment pas le sport le plus traumatogène du répertoire, mais qu'il n'est pas pour autant dénué de risques. Et que les yogistes ayant dépassé les 65 ans doivent redoubler de prudence, car ce sont eux les plus vulnérables aux entorses, élongations et autres fractures. Le travail de Thomas A. Swain et Gerald McGwin, rassemblant quatorze ans de données récoltées aux États-Unis, montre aussi que le yoga a gagné en popularité sur la période, et que la fréquence des blessures s'en ressent. En moyenne, elle était de 10 pour 100.000 participants en 2001 et grimpe à 17 pour 100.000 en 2014. Après 65 ans, cette incidence –58 pour 100.000– est bien plus élevée, avec trois fois plus de fractures que pour les autres classes d'âge. Pour les individus âgés de 45 à 64 ans, elle est de 18 pour 100.000 et de 12 pour 100.000 pour ceux de 18 à 44 ans.
«Les blessures liées au yoga sont relativement rares, explique Swain, et comme on aurait s'en douter, l'incidence a tendance à monter avec l'âge du participant. Nous avons aussi observé que le taux de blessures augmente sur la période, ce qui pourrait traduire une plus grande popularité du yoga, avec davantage de personnes inexpérimentées qui ne prennent pas les précautions d'usage pour éviter les problèmes.»
Swain recommande de «consulter son médecin avant de débuter le yoga, d'être prudent et de connaître ses limites personnelles». Des limites que bon nombre de pratiquants débutants sont à même d'ignorer car «le yoga est bien plus difficile et exigeant qu'on le pense», précise McGwin. Au total, ce sont 29.590 blessures que les chercheurs ont répertoriées. Près de la moitié (45%) sont des entorses et le haut du corps est visiblement la zone la plus fragile.

Du yoga au travail….

21 septembre 201621 septembre 2016
yoga au bureauVous pouvez aller travailler ! » La séance d'une heure est terminée. Paula Taylor, professeur de yoga du réseau de coachs sportifs Fizix, libère ses douze élèves. Du chef sommelier à la femme de ménage, les 550 salariés du Bristol peuvent participer gratuitement à ce cours. Organisé dans une petite salle climatisée réservée aux employés, il coûte entre 80 € et 120 € au Comité d'Entreprise du palace. « Le point fort, c'est qu'il y a une homogénéité des groupes et ça crée une dynamique », se félicite son secrétaire adjoint Damien Largeau.   Collé serré   « On peut rencontrer des collègues d'autres services », renchérit Lucie Demai, hôtesse d'accueil. Allongé à sa gauche sur un tapis, Tony Le Douigou, dont elle n'a jamais été aussi proche, en est à son deuxième cours. « C'est plus apaisant que d'aller courir, observe le demi-chef de rang. Idéal pour se détendre avant de commencer le travail, de 16 heures à minuit ».   Debout depuis 7 heures du matin, le directeur d'achats Thomas Trucheret est en nage à la fin du cours, mais il savoure cette coupure en milieu d'après-midi : « J'aborde sereinement la deuxième partie de journée, sur le plan profesionnel et à la maison avec mes trois enfants ». Et de conclure, sourire en coin : « Le stress retombe. C'est parfait  : avec notre clientèle exigeante, il faut être très réactifs. » Voir l'article

Musculation et yoga, nouvelle mode made in US

23 août 201623 août 2016
reverse-ab-crunch

De nombreux hommes adeptes de musculation délaissent les poids et haltères pour des matelas de yoga, prenant le pas de l'intérêt grandissant pour une variante plus virile du yoga traditionnel, le «broga».

Le yoga, activité vieille de plusieurs millénaires, était autrefois pratiqué exclusivement par des hommes. L'activité physique «mâle» de l'ère moderne est aujourd'hui tout autre. «Le yoga se résume à bien plus qu'à des femmes qui se contorsionnent tels des bretzels végans», a lancé l'entrepreneur qui a fondé les cours de Jock Yoga, Michael DeCorte. Le centre d'entraînement Equinox de Toronto offre ces séances d'entraînement qui unissent les salutations au soleil à la musculation. De plus en plus de professeurs de yoga tentent d'attirer davantage d'hommes dans leurs classes en proposant des exercices qui misent sur la force plutôt que la flexibilité. Les adeptes de yoga sont constitués à 70% par des femmes, selon une étude de l'institut Ipsos publiée en 2016. M. DeCorte estime malgré tout que 50 à 85% des sportifs qui assistent à ses ateliers de Jock Yoga sont des hommes. D'autres centres de type «broga» essaiment un peu partout au pays. Jo-ga, à Halifax, Yoguy, à Vancouver, et le studio montréalais Mudraforce - où l'activité se pratique en toute nudité- ont notamment vu le jour. Une compagnie basée au Massachusetts, Broga yoga, détient un brevet sur l'emploi du mot-valise. L'entreprise se vante d'avoir plus de 12 000 clients et 500 professeurs à travers le monde, notamment par ses cours offerts par le biais de vidéo en ligne. Selon l'instigateur du «broga», Robert Sidoti, nombre d'hommes sont attirés par les bienfaits du yoga, mais craignent d'avoir un air efféminé en prenant la position du lotus.
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Le dalai lama juge qu’il y a trop de réfugiés en Europe

31 mai 201631 mai 2016
Dalai lama trouve qu'il y a trop de réfugiés en EuropeLe dalaï-lama a estimé qu'il y avait à présent "trop" de réfugiés en Europe après la vague d'arrivée l'an dernier et que ces migrants cherchant protection ne devaient rester que provisoirement sur place, dans une interview publiée aujourd'hui en Allemagne. "Quand nous regardons le visage de chaque réfugié, surtout ceux des enfants et des femmes, nous ressentons leur souffrance et un être humain qui a de meilleures conditions de vie a la responsabilité de les aider. Mais d'un autre côté, il y en a trop à présent" en Europe, a déclaré le chef spirituel des Tibétains au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. "L'Europe, l'Allemagne en particulier, ne peut devenir un pays arabe, l'Allemagne est l'Allemagne", a-t-il ajouté, en référence au fait qu'une majorité des migrants vient de pays arabes comme la Syrie ou l'Irak. "Il y en a tant que cela devient difficile sur le plan pratique. Et sur le plan moral, je trouve aussi que ces réfugiés ne devraient être accueillis que provisoirement. L'objectif devrait être qu'ils retournent (dans leur pays) et aident à reconstruire leur pays", a estimé le dalaï-lama, qui vit lui-même en exil en Inde depuis plus de 50 ans. L'Allemagne a accueilli l'an dernier un nombre record d'un million de réfugiés. Source Le Figaro

Tendance: le yoga en moumoute et chaussures de ski…

6 avril 20166 avril 2016
ski_yoga_poseLe murmure du torrent et le chant des oiseaux dans les bouleaux apaisent déjà. Dans le décor vivant du Plan de l’Eau, aux Menuires, se déroule la randonnée «yoga et raquettes», encadrée par Brigitte Ruff, accompagnatrice en montagne, et Anita Thevenot, masseuse ayurvédique. Après une première marche dans la poudreuse, telle une page blanche, une première pause est consacrée à des exercices d’étirement. Le groupe, limité à douze personnes maximum, forme un petit cercle. Raquettes aux pieds, on tend et on étire ses bras vers le ciel. Profonde inspiration, puis on relâche totalement son buste et ses membres supérieurs jusqu’à frôler la neige. Pendant une quinzaine de minutes, Anita aide chacun à prendre conscience de son corps. «La montagne, avec son paysage somptueux et son air pur, offre un cadre idéal pour pratiquer le yoga pranayama, qui met l’accent sur la respiration», précise-t-elle. On repart ensuite plus détendu, attentif aux empreintes d’animaux et au silence, seulement rompu par le bruit feutré des raquettes. Plus loin, c’est la posture de la salutation au soleil. Un long et ressourçant déroulement du corps, pratiqué plusieurs fois, après avoir déchaussé et s’être installé sur un petit tapis de yoga, prêté par Anita. Les deux autres pauses zen sont consacrées à des exercices respiratoires et à de la méditation, assis en tailleur. Lancées l’an dernier au départ de la station de Val Thorens, ces randonnées bien-être hebdomadaires, de trois heures, affichent complet. Les clients? Souvent des femmes, n’ayant jamais pratiqué le yoga ou même les raquettes, mais curieuses de découvrir cette balade hybride. Morzine mise aussi sur l’engouement autour du yoga. Probablement inspirée par la station suisse d’Engadin St. Moritz qui lançait en 2014 la première piste de yoga du monde, Morzine propose cet hiver la piste des yogis, un itinéraire bleu de 2400 mètres jalonné de dix emplacements pour pratiquer des postures relaxantes, sans forcément ôter ses skis. Enfin, sous le nom de marche afghane, évocateur de montagne loitaine, la station de Samoëns invite à une sortie en raquettes accompagnée par un professionnel. Durant cette randonnée, le travail constant sur la respiration facilite la gestion de l’effort en altitude et relaxe. Les activités bien-être en montagne ne se résument plus à des papouilles et des bains bouillonnants dans des centres aqualudiques mais tirent parti, enfin, d’un environnement unique. Voir l'article sur le site de Libération

Le paradoxe Vegan de la femme branchée.

2 novembre 20152 novembre 2015
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Assez régulièrement ( et de plus en plus ) je vois des gens arriver à un mode de vie vegan ( ce qui en soit est plutôt bien ) mais ce que je trouve étrange c’est souvent le paradoxe éthique assez flagrant et parfois cliché.
Pour commencer, beaucoup des végan avec qui j’ai les échanges les plus houleux sont souvent des filles, entre 20 et 30 ans, « converties » depuis assez peu de temps.
Autant je crois sincèrement aux bienfondés de ce mode de vie lorsqu’il est choisi et pensé de bout en bout, autant je suis souvent confronté à des situations de fort malaise lors de nombreux échanges.
Cela se manifeste par plusieurs choses récurrentes : le prosélytisme, la suffisance et l’incohérence.
Je vais dresser un portrait caricatural pour essayer de bien faire comprendre ça … ( pour ce faire je ne vais que juxtaposer des éléments issus de posts ayant défilé sur mon fil d’actualité perso )
Faisant la queue pour avoir son café-pumpkin starbuck, elle attend en faisant un petit selfie marrant pour montrer son nouveau bonnet en coton bio.
Elle poste ça en ligne avec son nouvel iphone.
Un peu plus tard elle rentre chez elle, se fait un petit smoothie banane, mangue et lait de coco, le tout dans un super blender trouvé sur amazon.
Un petit tour sur son compte instagram nous fera découvrir sa garde robe pour constater que toutes les fringues sont bio. Comme tout est bio, le label "équitable" est apposé sur son chocolat, son café et ses épices.
Plus tard, un passage sur son compte facebook nous montrera de nombreux partages militant où on voit combien l'industrie agro-alimentaire est trash (les vidéos le montrent très bien assurément … (ne pas aller sur une page d'une végan à l'heure du repas !).
On la verra également se réjouir de la fermeture d'un abattoir, voyant le signe d'un réel progrès pour "la cause".
Elle prend soin d'elle, les statistiques publiées sur ses joggings grâce à l'application embarquée dans ses nike en sont la preuve ! Et après une bonne douche avec un savon Lush elle sent super bon le fruit de la passion.
Et ce soir après cette belle journée elle se fait un petit plaisir : un steak végétal. Tellement bien fait qu'on dirait trop de la viande (mais sans la souffrance animale) ! Un petit bout de "Faux-mage" à base de noix de cajou et un avocat. Et en dessert un petit bout de chocolat équitable.
Elle a le sourire en préparant ses vacances en Thaïlande en achetant sont billet en ligne sur son macbook, avec son chat sphinx qui ronronne sur ses genoux et peux enfin aller se coucher, en paix avec elle-même et ses convictions … aujourd'hui encore, elle n'a été la cause d'aucune souffrance animale.
Et là je vous vois venir avec un "Heuuu mais Samten, il est où le problème, je ne vois pas trop où tu veux en venir … elle a l'air plutôt cool la nana là … non ?"
Oui oui elle est cool ! Et c'est vraiment chouette que par son véganisme elle se sente impliquée dans la cause animale, le progrès et l'évolution de l'humanité à des hautes sphères de conscience et d'empathie !
MAIS … Et hélas c'est là que le bât blesse…
Son café est issu de la souffrance des hommes, d'une production qui détruit l'environnement dans lequel il est produit et contribue au déséquilibre nord-sud où la domination occidentale est vécue de plein fouet par les producteurs-esclaves.
Son téléphone est issu d'une production où les métaux rares sont également issus de productions où les hommes sont traités en esclaves dans des mines aux conditions abominables. En plus l'obsolescence perçue fait qu'elle changera de téléphone alors même que ce dernier sera encore tout à fait fonctionnel.
Elle se réjouit de la fermeture d’un abattoir sans réaliser que le nombre d’animaux abattus restera inchangé ... le seul changement sera que ces pauvres bêtes devront parcourir encore plus de distance dans le transport final ... l’élément souvent le plus traumatisant pour l’animal (mais aussi pour l’éleveur qui respecte ses animaux).
La banane de son smoothie provient d'équateur, issue d'une terra-formation imposée par les États-Unis pour que ces pays ne viennent pas concurrencer la production de maïs OGM. La mangue provient d'Inde et a peut-être véhiculé des parasites qui détruisent nos vergers. L'avocat provient d'Israël et le lait de coco de Thaïlande, finançant les deux des régimes politiques discutables. Les transport “bio” n’existe pas ... les bateaux délestent en pleine mer, les camions brulent du gasoil et dans les deux cas il y a un paquet de dommages collatéraux. Ben oui, combien de dauphins pris dans les pales des bateaux, de biches , d’oiseaux, de hérissons percutées, écrasés pour que nos fruits exotiques arrivent à bon port ?
Son blender vient de chine, assemblé dans une usine où les gens sont traités comme de la marchandise et payés une misère et acheté sur un site qui bafoue le droit du travail à longueur de temps.
Ses habits, comme sa nourriture, ont parcouru des milliers de kilomètres pour être parfois produit avec des produits chimiques (malgré les labels bios affichés) et cousu par des enfants, au même titre que ses nikes.
Sa fausse viande et son faux fromage sont issus de productions industrielle et chimique pas forcément très saine et de loin pas locale
Son chat provient d'un élevage de croisements génétiques et nourrit avec des boites industrielles (et là autre paradoxe : doit-on imposer le véganisme aux animaux … ah ben non ce serait aller à l'encontre de leur nature, dans ce cas là c'est pas pareil)
Son billet d'avion compensera le bilan carbone de son véganisme.
A côté de ça j'essaie d'imaginer une personne qui consommera bio, local, de saison avec, certes de la viande de temps en temps (mais qui vient d'un paysan qui connaît toutes ses bêtes) qui portera ses fringues jusqu'à l'usure, n'aura que le strict nécessaire chez lui, pas de robots ménagers dans tous les sens, pas d'ordi, pas de fruits exotiques … et qui pourtant sera la "cible" des végans en raison de son manque de conscience et de sensibilité… et là je me dit qu'il y a un soucis dans la manière qu'ont les végans de mener leur "combat" …
Je me dois de rajouter un GROS P.S. à ce texte : je ne me considère absolument pas comme étant moi-même éthiquement irréprochable, loin de là ! J'essaie de faire au mieux ma part en restant un maximum cohérent entre mes convictions et mes capacités de consommation. Mais par contre l'issue de mes réflexions, de mes pensées, mes idées, je les PARTAGE. J'espère que parfois ma vision des choses en convainc certain mais je considère toujours que les choix éthique sont personnels et que nous ne pourrons jamais être irréprochables sans devenir extrêmes et sans s'extraire totalement du système, ce qui n'est pas ma volonté, au contraire, j'espère pouvoir être le témoin d'évolutions du système dans "mon" sens quitte à devoir faire des compromis, mais que je choisis.
EDIT : suite à l’engouement et aux nombreux comm qu’a suscité cet article aux différents endroits où il a été partagé et comme ça a dépassé le cercle des gens qui me connaissent, je me dois de me présenter pour permettre de contextualiser éventuellement cet article. Pour commencer je dois moi-même faire face à de nombreux paradoxes de consommation lié à mon choix de travail : étant photographe j’ai en effet beaucoup de matériel technologique ( ordinateurs, tablette, appareils photos ... ) qui ont un cout éthique important. Je n’ai pour le moment pas trouvé de solution pour ce pan là. J’ai passé plusieurs période de ma vie à appliquer un régime végétarien et un mode de vie assez proche des principes végétaliens sous pas mal d’aspects. Je me considère comme étant assez impliqué dans les domaines de la réflexion sur nos modes de vies, nos interactions avec l’environnement. J’ai un très grand intérêt pour la permaculture, les productions équitables ( je ne parle pas des labels qui spolient le terme ). Suite à de nombreuses réflexions j’en suis venu à avoir un mode de vie où les choix alimentaires et de consommation générale sont souvent mis dans la balance du pour et du contre au moment de l’acte d’achat. J’ai également un régime alimentaire qui est aussi très “fashion” car j’ai une alimentation principalement axée sur les principes du Dr Seignalet, à savoir sans gluten, sans produits laitiers, sans sucres raffinés ( mais je n’en fais pas un dogme, je m’accorde des exceptions si je n’ai pas le choix ou même si simplement j’en ai envie), je suis venu à ce régime il y a plus de 7 ans pour des raisons de santé et il m’a apporté beaucoup de choses ( j’en discute volontiers avec ceux qui s’y intéressent ). D’autres principes alimentaires font également parti de mes convictions, principalement le fait de consommer local, de saison et bio ( et dans ma région ça veux dire qu’il faut aimer le choux et les poireaux ). Je porte avec moi un assez lourd bilan carbone car j’ai beaucoup voyagé, mais ces voyages m’ont permit en contre partie d’apprendre énormément de choses sur l’humain, la nature, les interactions entre les deux, mais surtout pour réaliser qu’il n’existe pas de valeurs “universelles” ... partout les gens ont des convictions qu’ils sont parfois prêt à défendre avec armes et sang ! J’ai aussi vu qu’il y a un réel angélisme de la part des gens qui vivent leur conviction depuis le fond de leur canapé ikéa ... car à travers le monde j’ai été témoin de la violence , partout sous un nombre inimaginable de formes ! Les seuls moments où j’ai eu la sensation de m’en extraire on été ceux où j’ai été seul face à la nature, loin du fait des Hommes ! J’ai vu plus d’amour et de respect chez une productrice de bœuf bio en France qu’envers des vaches “sacrées” au Népal. J’ai recommencé à manger de la viande en voyage, lorsque j’ai été reçu par des gens qui n’avaient rien d’autre à me proposer et qu’il aurait été plus que déplacé de dénigrer ce geste pour mon petit confort intellectuel. Et puis j’ai appris à reconnaitre qu’il y a de réelles différences entre les modes de production et que cela impact directement nos valeurs et notre environnement, j’y suis de plus en plus attentif et rencontre des gens merveilleux depuis. Comme je l’ai dit à de nombreuses reprises, je trouve merveilleux que de plus en plus de gens s’intéressent aux modes alimentaires “alternatifs” ( qu’ils soient végan, végétariens, sans gluten, bio ... ) car ça montre que les gens ne prennent plus tout pour argent comptant. Mais je prône également la coexistence et l’évolution douce. C’est souvent en ça que mes avis divergent avec les militants ( végan ou autre) sur les manières d’agir : Les études en neuroscience montrent que face à une démonstration de la violence (vidéo d’un abattoir par exemple), le cerveau d’une personne non préparée, vivra ça comme une agression ... mais au lieu d’obtenir un électrochoc contre le système, le trauma sera dirigé contre la personne qui lui aura fait vivre ce trauma... avec un effet inverse à celui désiré... mais je m’égare à parler de ça.
Bref, je tente juste de faire avec les outils à ma disposition pour rester le plus cohérent possible entre mes choix, mes croyances, mes moyens et mes aspirations. Jonglant moi-même avec certains paradoxes.
EDIT 2 :
Je n’ai hélas rien inventé pour créer ce personnage fictif ! juste pris quelques éléments sur différents posts de mes contacts ... j’ai même été assez soft pour qu’on ne pense pas que j’exagère le trait ! Et pour celles et ceux qui me font la critique d’avoir choisi une femme plutôt qu’un homme c’est pour la même raison ( qui n’est pas lié à une réalité statistique et objective ) : je n’ai pas eu autant d’occasion de voir ce type de posts et de profils dans mon fil d’actualité.