DARSHAN

Embrasser Amma, l’étreinte au goût de trop peu

Au sortir des collines de Garberville en Californie, USA, embarqué à l’arrière d’un pick up, à part quelques Rednecks et quelques travailleurs de la Ganja on n’aperçoit pas grand-chose.  Le paysage défile, la silhouette de la ville s’efface progressivement et puis, près d’un fast-food périphérique un peu délabré, une affiche qui l’est tout étant se dessine : improbable. 

« AMMA donnera DARSHAN à San Francisco dans 3 jours. »

Le lieu où allait se tenir la cérémonie était en banlieue et on pouvait facilement y accéder via le réseau B.A.R.T, le réseau ferroviaire de la région de la baie de San Francisco.

Je ne pouvais pas manquer cela.  Etre serré contre elle était parait-il divin. Je me devais d’en avoir le cœur net, si je puis dire !

ammabillboard

Nous sommes en 2010 et Lelouch n’a pas encore terminé la gestation de son film un+une où Amma apparait. Prisée des cinéastes, Jan Kounen en 2005 la magnifiera dans Darshan : l’étreinte. C’est à ce cinéaste chamaniquement engagé que je dois la découverte de Soudhamani Idamannel alias Amma.

Silhouette ronde, visage d’ange, Amma est une sainte qui serre dans ses bras les gens pour les laver de leurs pêchés, alléger leur souffrance et purifier leur karma.  Ineffable être de lumière, Amma n’a pas toujours été considérée comme tel. Une enfance rude, une propension dès sa prime jeunesse à toucher, embrasser, entourer avec ses bras les plus démunis et donc les intouchables ; ce qui provoqua bien sûr l’ire de sa famille, plus encline à lui donner une éducation stricte faite de sacrifices et de dévouement au carcan familial.

Le bâtiment où aura lieu l’évènement na rien de modeste et tout est savamment organisé. Je suis accueilli sympathiquement et un numéro m’ait distribué. Vu le nombre impressionnant de personnes, cela sera bien évidemment chacun son tour. Les locaux sont largement majoritaires, mais la foule est internationale et bigarrée.

 

Le long de la file immense qui patiente au son de Bhajans, pléthore de fleurs et d’encens exhument leurs parfums et des accolades s’improvisent dans une joie déjà contagieuse. On se croirait dans une véritable usine à câlin, avec l’humain et l’amour comme matières premières, les organisateurs comme machines outils et Amma en directrice de production.

 

Puis, celle qui osa lécher les plaies d’un lépreux apparaît dans un silence tout à coup assourdissant. J’avoue que la dévotion voire la déférence spontanée, subite et synchrone d’une foule toute entière me stupéfait quelque peu, sans que je sache vraiment pourquoi. J’allais bientôt savoir…

Dans trois heures exactement, le temps de l’attente qui me séparait des bras et du buste d’Amma.

Sachant qu’un « hug » avec Amma n’excède et ne doit pas excéder trente secondes, ces cent quatre vingt minutes ne seraient finalement pas grand-chose, sachant que d’autres patientèrent près de 7 heures pour avoir droit à leur câlin !

Amma 1bday-28

Les membres de l’ONG d’Amma, MAM, presque acronyme mais complètement synonyme de son patronyme organisent scientifiquement la manifestation et tout roule comme sur des roulettes. Je suis maintenant à moins de cinq mètres d’elle et dans trois minutes tout au plus, cela sera mon tour. Forcément j’ai hâte, je suis même bizarrement un peu nerveux.

Je commence légèrement à maugréer intérieurement sur le gigantisme de la manifestation et l’espace d’un instant j’ai même l’impression d’être au cirque. Même si les Américains sont très démonstratifs voire parfois plan-plan, nul doute, que je suis victime une fois de plus des pièges de mon mental. Je me ressaisis et je respire un grand coup, cela tombe bien c’est à moi !

Un Indien tout de blanc vêtu me fait un signe de tête et m’autorise à approcher la juste. Je m’avance tranquillement vers elle tout sourire. Elle me le rend. Je me risque à glisser quelques mots auxquels elle répond par un sourire encore plus béant et éclatant. Son sari est déjà tâché par les restes de maquillage déposés par les faciès étrennés. Je suis agenouillé devant elle comme le veut l’usage. Ses bras sont ouverts, les miens aussi. L’étreinte est proche. Elle m’agrippe dans un élan chaleureux et sûr. La mien se fait énergique, l’autre se mue en infinie douceur et générosité. Je me souviens encore de la multitude de coussins multicolores et puis subitement je ne me souviens de rien. Je n’ai aucune pensée ni problème. Je fais, je suis un, je flotte dans, je suis le cosmos. Comme une immersion subite à la félicité la plus pure, j’ai l’impression, de renaître ou plus exactement d’être né à nouveau mais d’une naissance sans pleurs, sans souffrance, sans hôpital, ni fessée.  Celle que je reçois est d’ordre spirituel, voisine d’une profonde plongée dans le vide et la béatitude. Je serre, je serre, je m’accroche, je m’accroche encore de plus en plus fort, de plus en plus profondément.

Puis, je sens une tape sèche sur l’épaule, l’étreinte se desserre doucement mais rapidement. Malgré moi, j’ouvre les yeux : Amma me sourit une nouvelle fois et me signifie silencieusement et gentiment que c’est fini.  Je lui rends son sourire sans masquer ma déception sur la fin de l’orgasme d’âme qu’elle vient de me donner.

La quiétude, la joie, l’ineffable s’éloignent quant à eux vraiment brusquement et je suis à deux doigts de mettre un « coup de boule » à cet indien qui me relève. Je passe en une fraction de seconde du bonheur à la colère, frustré d’avoir été ôté si rapidement des bras de l’univers. Le sourire compatissant du disciple suffit à me faire comprendre que mon tour est passé et que ceci ne constitue en rien une injustice, c’est tout simplement à quelqu’un d’autre de recevoir ce don du ciel. Quoi de plus normal…

Justement la question demeure : comment accepter de passer de nouveau à la normalité quand on a connu l’exceptionnel, l’unique ne fût-ce que quelques secondes ?

La réponse me vint juste après mon retour en ville : en acceptant de vivre, tout simplement…

Edouard Picod

Edouard est écrivain, voyageur  et yogi. De nature iconoclaste et « touche à tout », il aime à explorer des univers différents comme le prouve son dernier roman; une plongée dans le monde viril du « peuple des tribunes » et des fans de football. 

Et vous qu’en pensez-vous ? Faites en nous part dans les commentaires. 



'Embrasser Amma, l’étreinte au goût de trop peu' have 23 comments

  1. 26 janvier 2016 @ 18 h 16 min Akshaya

    Autant d’âmes, autant d’expériences. J’ai lu le lien qu’Adèle a partagé sur le précédent article consacrée à Amma et cela est assez perturbant quant à savoir où se situe le vrai du faux. C’est un doux euphémisme que de dire combien la puissance de Maya en ce bas monde est déboussolante pour qui n’a pas trouvé son GPS (Guru Pour Soi) intérieur.

    Répondre

    • Yoganova

      26 janvier 2016 @ 21 h 04 min Yoganova

      Merci Akshaya pour le GPS (guru pour soi) , je le ressortirai à l’occasion car très drôle.

      Répondre

      • 26 janvier 2016 @ 22 h 51 min Akshaya

        c’est avec grand plaisir que je partage ce prasad de la Mère Divine, Shrî Saraswati qui aime jouer avec la Matrikashakti.

        Répondre

    • 26 janvier 2016 @ 23 h 36 min Kaivalya

      Au delà de l’humour je trouve l’analogie entre le GPS et le Guru Intérieur très réaliste. En plus traduire GPS par Guru Pour Soi on y est vraiment.
      Je suis absolument d’accord avec toi Akshaya, tant qu’on à pas ouvert ne serait-ce qu’une brèche pour commencer à dialoguer avec son Guru Intérieur, celui-ci ne peut pas nous servir de GPS. Sans le GPS du Guru Intérieur nous restons dans l’illusion du monde extérieur dont Amma fait partie.
      Pourquoi aller chercher à l’extérieur ce qui se trouve à l’intérieur.
      Bien sûr les maîtres physiques sont utiles un temps, mais à la fin c’est le travail avec le Guru Intérieur qui nous fera sortir de l’illusion.

      Répondre

      • 26 janvier 2016 @ 23 h 57 min Akshaya

        Merci Kaivalya, j’ai mis beaucoup, beaucoup de temps avant d’amorcer ce virage vers l’intérieur et ce malgré les écrits que j’avais sous les yeux. Mais cela ne fait que confirmer cette métaphore qui dit qu’il est préférable de goûter le miel pour en connaître la saveur que de se le faire expliquer.

        Répondre

        • 27 janvier 2016 @ 14 h 24 min Kaivalya

          Moi aussi j’ai mis beaucoup de temps, peut-être bien plus que ce que je crois. C’est un choix, choisir le Guru Intérieur au lieu de l’ego. Si on fait le choix du Guru Intérieur cela suppose un lâcher prise de tout ce qui fait notre identité et de ce pour quoi nous sommes sur terre. C’est pour ça que c’est très difficile et que ça prend beaucoup de temps. C’est la mort de l’ego qui est une énergie très puissante et il ne va pas se laisser faire, la plupart des grands mystiques parlent de la nuit noire de l’âme.

          Répondre

    • 27 janvier 2016 @ 19 h 46 min Chloé

      Hahaha, merci Akshaya pour le GPS c’est exactement ça ! Le vrai Guru est à l’intérieur, toujours :-)

      Répondre

      • 28 janvier 2016 @ 3 h 39 min Akshaya

        Coucou Chloé, merci de partager ton sentiment de joie et ton expérience du Divin.

        Béni soit ce blog et Yoganova son concepteur qui nous permet d’échanger dans cet « espace virtuel » qui aboli les distances géographiques et partager nos avis, expériences et ainsi faire un satsang qui prend la forme d’aujourd’hui, c’est à dire internet.
        Mais tout en conservant l’essentiel, « demeurer en bonne compagnie » et cheminer à la quête de soi et du Soi. »

        Répondre

  2. 26 janvier 2016 @ 20 h 47 min Edouard

    Sur les polémiques et autres questions soulevées par Amma et son organisation récemment relayés de fort belle manière par YogaNova, je ne trouve pas grand chose à ajouter. La seule chose que je puis dire de façon catégorique et empirique, c’est qu’embrasser et se faire embrasser par elle surtout ; est une expérience spirituelle forte, unique et dont on ne sort pas indemne. Si des dérives sectaires et/ou monétaires ont pu être observées, elles ne doivent en rien au aucun cas dénaturer la nature éveillée d’AMMA. J’ai presque envie de dire d’ailleurs que si dérives il y a, cela montre que « son enseignement » fonctionne…

    Répondre

  3. 26 janvier 2016 @ 20 h 58 min Mima

    bienheureux déjà, que vous ayez pu sentir cette fusion au moment d’être dans les bras d’Amma… En ce qui me concerne, malgré plusieurs récidives sur plusieurs années, les mains sans délicatesse qui m’agrippaient pour me mettre à genoux, puis me pousser dans les bras d’Amma, puis m’en retirer, puis à nouveau me soulever pour m’intimer l’ordre de m’éloigner, m’ont beaucoup empêchée de goûter à cette étreinte, et d’être dans la fluidité d’un ressenti subtil…. je me souviens d’une année où j’ai davantage reçu son darshan en restant juste sur le côté de l’estrade, où l’on pouvait s’assoir, et en goûtant à sa présence, son sourire et son accueil sans relâche.. Une étreinte qui est victime de son succès en somme… 😉

    Répondre

    • 27 janvier 2016 @ 20 h 17 min Edouard

      Je suis véritablement triste de lire que votre expérience du Darshan ait été à ce point parasitée. je partage entièrement votre point de vue : AMMA et son Darshan sont victimes de leur succès.

      Répondre

      • 27 janvier 2016 @ 21 h 46 min Mima

        oui, et en même temps on ne peut pas se plaindre de ce succès ! mais j’ai le souvenir de la toute première rencontre avec Amma, il y a peut-être presque 20 ans, le « staff » était beaucoup moins nombreux autour d’elle, et en tous cas il n’y avait personne pour rythmer les étreintes. Il y avait même un homme après le darshan qui prenait le temps de nous donner un mantra, c’était beaucoup plus « cool ». Mais j’aime quand même venir la voir et j’aime toute l’énergie festive qui s’en dégage, même si pour ma part j’ai eu des expériences plus intenses avec Mère Meera.

        Répondre

  4. 27 janvier 2016 @ 14 h 33 min Nagesh

    Avons-nous réellement besoin de câlin ? Par Amma ou une autre ? (oui parce que les gurus mâles hum, ben c’est pas trop leur truc).

    Personnellement je ne ressens pas ce besoin, uniquement celui de ma compagne.. et c’est déjà le septième ciel..

    Répondre

    • 29 janvier 2016 @ 7 h 36 min Akshaya

      Disons que les câlin d’Amma se veulent d’essence divine, pour ce qui te concerne tu sembles trouver le divin dans le plaisir des sens.
      Mais « Tout est Shiva !, Rien n’existe qui ne soit Shiva ! ».

      C’est de l’humour qui se voudrait spirituel, j’espère que la cible aura été atteinte 😉

      Répondre

      • 29 janvier 2016 @ 20 h 13 min Nagesh

        Je ne parlais pas des sens ou de sexe. ma compagne a autant le Divin en elle que Amma et je le perçois chez elle. De ce fait, je ne vois ce que Amma m’apporterait de plus.

        Répondre

        • 30 janvier 2016 @ 2 h 44 min Akshaya

          Nul intention d’avoir voulu être désobligeant à ton encontre et si tu l’as reçu ainsi je m’en excuse.
          Pour continuer l’échange sur cet aspect concernant les personnes qui vont à la rencontre d’Amma, c’est, me semble-t-il, justement pour trouver chez un Être dit « éveillé » ce qu’ils ou elles ne perçoivent pas dans leur entourage quotidien.
          Le nomade est obligé de parcourir régulièrement des km pour aller chercher de l’eau, contrairement à celui qui vit au bord d’une rivière. C’est la différence entre le chercheur et l’homme accompli.

          Répondre

        • 30 janvier 2016 @ 10 h 34 min Kaivalya

          Je crois comprendre ce que tu dis Nagesh, ce qui est saint c’est la relation que l’on a avec les autres. Cette sainte relation on peut l’avoir avec tout le
          monde et bien sur avec ses proches. Comme tu le disais plus haut nous avons tous en nous une partie du divin. Quand nous arrivons a communiquer a travers cette partie divine qui est en nous nous creons une relation sainte, cette relation aura un but divin. Quand nous communiquons avec notre partie separee, l’ego, la relation a un but personnel.
          Peut-etre que certaines personnes (Amma?) peuvent induire plus facilement cette relation sainte, mais c’est possible avec tout le monde, car a un certain niveau nous sommes tous saint.

          Répondre

  5. 28 janvier 2016 @ 11 h 02 min Maud Yoga

    Hello :-) J’ai nominé votre super blog au Liebster awards :-) L’article par ici…http://leblogyoga.com/liebster-awards/

    Répondre

    • Yoganova

      1 février 2016 @ 11 h 28 min Yoganova

      Ha c’est très gentil Maud. Cela nous a aussi permis de découvrir votre beau et sympathique blog ! 😉

      Répondre

  6. 10 février 2016 @ 2 h 59 min Vincent

    Le mental étant incroyablement doué pour nous faire vivre ce qu’on attends plus que tout, il n’est pas à exclure que les sensations « positives génialissimes spirituellissimes fantastiques » soient le fruit d’un mental bien conditionné avant d’être enlacé par cette cher « Amma ». A cela on ajoute l’ambiance générale prompte à entraîner tout le monde et le tour est joué. Méfiance…

    Répondre

  7. 30 mai 2016 @ 15 h 24 min Billo

    Rencontre avec Amma, le 6 novembre 2013…
    Je suis allé au Zenith à Toulon pour rencontrer Amma, juste en sortant de mon cours de Yoga qui a été très fort, très lumineux…
    Ambiance assez improbable, on se croirait dans un camp d’ados, tout le monde à le sourire sur les lèvres on a la sensation que tout le monde baigne dans l’allégresse…
    Mais quelque chose me gêne quand même, il y a beaucoup de gens que je ressens perdus, ils sont là, mais…
    Il y a des gens dehors, sa fume du shite, sa parle « Amour », mais décidément je n’aime pas ces grands rassemblements, avec les marchands du temple de partout qui vendent tout et surtout n’importe quoi, ha oui c’est pour les bonnes œuvres d’Amma…
    Que des objets made in china, avec la photo d’Amma dessus, pas même un mala digne de ce nom, rien, c’est triste et dérangeant…
    Je suis arrivé très tard (22h20) je n’ai plus droit à prendre un ticket pour recevoir le darshan d’Amma… :(
    Pourtant il n’y a pas énormément de monde, cela me surprend d’ailleurs, je m’attendais à une grande foule.
    Je trouve une personne qui me donne un ticket « échange » qui me permettrait de passer plus tôt demain matin, mais demain matin je ne serais pas là…
    Vers 1h du mat, je m’avance vers la file qui fait la queue.
    On est à la lettre W, donc bientôt fini…
    Le Darshan a commencé à 22h.
    Je vais voir une personne, tout de blanc vêtu, un jeune qui fait partie de l’organisation, je lui explique je suis là pour la première fois, que j’ai fait presque 1 heure de route pour venir recevoir le darshan d’Amma, mais qu’arrivé trop tard, je n’ai qu’un billet « échange ».
    Il me dit gentiment, que c’est mon jour de chance et m’échange mon ticket stérile pour un vrai ticket…
    Son « enthousiasme » un peu trop exagéré, me fais sourire…
    La musique, les mantras résonnent dans le Zénith, une belle et grande salle de concert.
    Me voilà dans la file vers le darshan d’Amma.
    Il y a une file de chaises, 2 à 2.
    Je tombe avec une jeune femme à côté de moi, visiblement dans un drôle d’état, entre la grande fragilité, la dépression et le sourire local… Ses énergies sont totalement en paquet, l’agitation en elle est à son comble en elle, sa respiration anarchique et forcément le mental est super agité…
    Elle connait les 2 personnes des 2 chaises de devant…
    Une autre personne vient la voir, une femme et lui dit de respirer et me demande de veiller sur elle, si elle entre en apnée…
    On passe rapidement de chaises en chaises…
    Je vais enlever mes chaussures et pose mon blouson par-dessus dans le coin réservé à cela.
    Il est 1 heure 10 du matin, l’heure où tous mes sens, énergies sont déployés, j’aime cette heure et pense que c’est une chance pour rencontrer Amma.
    Depuis que je suis arrivé, j’ai essayé de ressentir quelque chose, mais, non rien n’est là.
    En laissant de coté mon ressentiment sur ce lieu improbable et ces gens sortis d’on ne sait où.
    Je ne ressens rien qui vient à moi, aucune vibration spéciale. C’est un peu comme un grand hall de gare…

    J’approche de chaises en chaises vers Amma.
    Le cœur vibre…
    Je suis sur l’estrade !
    Les choses se bousculent !!
    On me pousse, me bouscule, la frénésire semble à son comble et cela à pour effet de m’emmener plus profondément en moi, vers ma lumière…
    Les personnes autour d’Amma sont comme des mouches, on me demande de me mettre à genoux devant elle, on me force à me mettre à genoux devant elle, on me pousse, on force sur ma tête pour qu’elle prenne la bonne place, gros délire pas vraiment cool, je crois que l’inconscience est là et la finesse est remplacée par des comportements frénétiques d’une foule en liesse inconsciente…

    Me voilà dans les bras d’Amma, elle m’attrape avec douceur et force, place ma tête contre elle du côté droit et murmure un mantra incompréhensible à mes oreilles.
    Je tente de percevoir quelque chose, mais rien… 😕
    Elle ne semble pas trop présente à son acte, elle parlait avec d’autres personnes à coté d’elle…
    On me donne un bonbon un pétale de rose et hop on m’éjecte…
    La chose à durée quelques secondes, mais cela à un gout d’organisation bien huilée, une belle mise en scène, vide…
    Je vais derrière elle à 10 mètres je m’assois et me dis, je vais en profiter pour méditer dans cette ambiance. Je reste 40 minutes dans une grande immobilité, tout disparaît…
    Puis je reviens dans ce lieu…
    Tous les gens autour de moi ont changé, je me suis rendu compte de rien.
    Je me lève, remet mes chaussures et part…
    Bof, bof…

    Je crois que c’est celui qui vient dans un lieu qui fait 99,9% du chemin en fonction de son désir, ses envies, son émotivité, ses forces et surtout pour ce genre d’événement ses faiblesses, sans oublier la mise en scène et je perçois qu’une personne centrée restera centrée…

    Répondre

    • Yoganova

      30 mai 2016 @ 15 h 33 min Yoganova

      Bonjour Denis, merci d’avoir pris le temps de partager votre expérience. A part certains détails, elle est assez proche de la mienne mais je n’en attendais pas énormément non plus. Cela justifie presque le titre de l’article « une étreinte au gout de trop peu »! 😉

      Ce qui n’empêche pas que j’ai du respect pour Amma et pour celles et ceux qui la suivent. Il en faut pour tout le monde et peut-être n’ai je pas l’âme d’un Bhakta.

      Répondre

    • 30 mai 2016 @ 18 h 08 min Edouard

      C’est triste de se rendre compte que peu ou prou de choses ont changé depuis 2010 …

      Répondre


Laisser un commentaire

YogaNova, le magazine francophone du Yoga et de la Spiritualité en ligne. Faites comme Shiva, lisez Yoganova !

Web Design MymensinghPremium WordPress ThemesWeb Development

Attention ! Le yoga n’est pas sans risque

25 novembre 201625 novembre 2016
15566474-Levitation-by-Indian-businessman-in-lotus-pose-in-the-office-near-the-wall-with-clock-and-his-shoes--Stock-Photo

Ouvrez vos chakras et ayez conscience de vos limites.

C'est l'une des études les plus conséquentes disponibles à ce jour sur la pratique du yogae t les blessures qui peuvent en résulter. Menée par deux chercheurs en traumatologie et épidémiologie de l'université d'Alabama de Birmingham, il en ressort que le yoga n'est évidemment pas le sport le plus traumatogène du répertoire, mais qu'il n'est pas pour autant dénué de risques. Et que les yogistes ayant dépassé les 65 ans doivent redoubler de prudence, car ce sont eux les plus vulnérables aux entorses, élongations et autres fractures. Le travail de Thomas A. Swain et Gerald McGwin, rassemblant quatorze ans de données récoltées aux États-Unis, montre aussi que le yoga a gagné en popularité sur la période, et que la fréquence des blessures s'en ressent. En moyenne, elle était de 10 pour 100.000 participants en 2001 et grimpe à 17 pour 100.000 en 2014. Après 65 ans, cette incidence –58 pour 100.000– est bien plus élevée, avec trois fois plus de fractures que pour les autres classes d'âge. Pour les individus âgés de 45 à 64 ans, elle est de 18 pour 100.000 et de 12 pour 100.000 pour ceux de 18 à 44 ans.
«Les blessures liées au yoga sont relativement rares, explique Swain, et comme on aurait s'en douter, l'incidence a tendance à monter avec l'âge du participant. Nous avons aussi observé que le taux de blessures augmente sur la période, ce qui pourrait traduire une plus grande popularité du yoga, avec davantage de personnes inexpérimentées qui ne prennent pas les précautions d'usage pour éviter les problèmes.»
Swain recommande de «consulter son médecin avant de débuter le yoga, d'être prudent et de connaître ses limites personnelles». Des limites que bon nombre de pratiquants débutants sont à même d'ignorer car «le yoga est bien plus difficile et exigeant qu'on le pense», précise McGwin. Au total, ce sont 29.590 blessures que les chercheurs ont répertoriées. Près de la moitié (45%) sont des entorses et le haut du corps est visiblement la zone la plus fragile.

Du yoga au travail….

21 septembre 201621 septembre 2016
yoga au bureauVous pouvez aller travailler ! » La séance d'une heure est terminée. Paula Taylor, professeur de yoga du réseau de coachs sportifs Fizix, libère ses douze élèves. Du chef sommelier à la femme de ménage, les 550 salariés du Bristol peuvent participer gratuitement à ce cours. Organisé dans une petite salle climatisée réservée aux employés, il coûte entre 80 € et 120 € au Comité d'Entreprise du palace. « Le point fort, c'est qu'il y a une homogénéité des groupes et ça crée une dynamique », se félicite son secrétaire adjoint Damien Largeau.   Collé serré   « On peut rencontrer des collègues d'autres services », renchérit Lucie Demai, hôtesse d'accueil. Allongé à sa gauche sur un tapis, Tony Le Douigou, dont elle n'a jamais été aussi proche, en est à son deuxième cours. « C'est plus apaisant que d'aller courir, observe le demi-chef de rang. Idéal pour se détendre avant de commencer le travail, de 16 heures à minuit ».   Debout depuis 7 heures du matin, le directeur d'achats Thomas Trucheret est en nage à la fin du cours, mais il savoure cette coupure en milieu d'après-midi : « J'aborde sereinement la deuxième partie de journée, sur le plan profesionnel et à la maison avec mes trois enfants ». Et de conclure, sourire en coin : « Le stress retombe. C'est parfait  : avec notre clientèle exigeante, il faut être très réactifs. » Voir l'article

Musculation et yoga, nouvelle mode made in US

23 août 201623 août 2016
reverse-ab-crunch

De nombreux hommes adeptes de musculation délaissent les poids et haltères pour des matelas de yoga, prenant le pas de l'intérêt grandissant pour une variante plus virile du yoga traditionnel, le «broga».

Le yoga, activité vieille de plusieurs millénaires, était autrefois pratiqué exclusivement par des hommes. L'activité physique «mâle» de l'ère moderne est aujourd'hui tout autre. «Le yoga se résume à bien plus qu'à des femmes qui se contorsionnent tels des bretzels végans», a lancé l'entrepreneur qui a fondé les cours de Jock Yoga, Michael DeCorte. Le centre d'entraînement Equinox de Toronto offre ces séances d'entraînement qui unissent les salutations au soleil à la musculation. De plus en plus de professeurs de yoga tentent d'attirer davantage d'hommes dans leurs classes en proposant des exercices qui misent sur la force plutôt que la flexibilité. Les adeptes de yoga sont constitués à 70% par des femmes, selon une étude de l'institut Ipsos publiée en 2016. M. DeCorte estime malgré tout que 50 à 85% des sportifs qui assistent à ses ateliers de Jock Yoga sont des hommes. D'autres centres de type «broga» essaiment un peu partout au pays. Jo-ga, à Halifax, Yoguy, à Vancouver, et le studio montréalais Mudraforce - où l'activité se pratique en toute nudité- ont notamment vu le jour. Une compagnie basée au Massachusetts, Broga yoga, détient un brevet sur l'emploi du mot-valise. L'entreprise se vante d'avoir plus de 12 000 clients et 500 professeurs à travers le monde, notamment par ses cours offerts par le biais de vidéo en ligne. Selon l'instigateur du «broga», Robert Sidoti, nombre d'hommes sont attirés par les bienfaits du yoga, mais craignent d'avoir un air efféminé en prenant la position du lotus.
En lire plus ...

Le dalai lama juge qu’il y a trop de réfugiés en Europe

31 mai 201631 mai 2016
Dalai lama trouve qu'il y a trop de réfugiés en EuropeLe dalaï-lama a estimé qu'il y avait à présent "trop" de réfugiés en Europe après la vague d'arrivée l'an dernier et que ces migrants cherchant protection ne devaient rester que provisoirement sur place, dans une interview publiée aujourd'hui en Allemagne. "Quand nous regardons le visage de chaque réfugié, surtout ceux des enfants et des femmes, nous ressentons leur souffrance et un être humain qui a de meilleures conditions de vie a la responsabilité de les aider. Mais d'un autre côté, il y en a trop à présent" en Europe, a déclaré le chef spirituel des Tibétains au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. "L'Europe, l'Allemagne en particulier, ne peut devenir un pays arabe, l'Allemagne est l'Allemagne", a-t-il ajouté, en référence au fait qu'une majorité des migrants vient de pays arabes comme la Syrie ou l'Irak. "Il y en a tant que cela devient difficile sur le plan pratique. Et sur le plan moral, je trouve aussi que ces réfugiés ne devraient être accueillis que provisoirement. L'objectif devrait être qu'ils retournent (dans leur pays) et aident à reconstruire leur pays", a estimé le dalaï-lama, qui vit lui-même en exil en Inde depuis plus de 50 ans. L'Allemagne a accueilli l'an dernier un nombre record d'un million de réfugiés. Source Le Figaro

Tendance: le yoga en moumoute et chaussures de ski…

6 avril 20166 avril 2016
ski_yoga_poseLe murmure du torrent et le chant des oiseaux dans les bouleaux apaisent déjà. Dans le décor vivant du Plan de l’Eau, aux Menuires, se déroule la randonnée «yoga et raquettes», encadrée par Brigitte Ruff, accompagnatrice en montagne, et Anita Thevenot, masseuse ayurvédique. Après une première marche dans la poudreuse, telle une page blanche, une première pause est consacrée à des exercices d’étirement. Le groupe, limité à douze personnes maximum, forme un petit cercle. Raquettes aux pieds, on tend et on étire ses bras vers le ciel. Profonde inspiration, puis on relâche totalement son buste et ses membres supérieurs jusqu’à frôler la neige. Pendant une quinzaine de minutes, Anita aide chacun à prendre conscience de son corps. «La montagne, avec son paysage somptueux et son air pur, offre un cadre idéal pour pratiquer le yoga pranayama, qui met l’accent sur la respiration», précise-t-elle. On repart ensuite plus détendu, attentif aux empreintes d’animaux et au silence, seulement rompu par le bruit feutré des raquettes. Plus loin, c’est la posture de la salutation au soleil. Un long et ressourçant déroulement du corps, pratiqué plusieurs fois, après avoir déchaussé et s’être installé sur un petit tapis de yoga, prêté par Anita. Les deux autres pauses zen sont consacrées à des exercices respiratoires et à de la méditation, assis en tailleur. Lancées l’an dernier au départ de la station de Val Thorens, ces randonnées bien-être hebdomadaires, de trois heures, affichent complet. Les clients? Souvent des femmes, n’ayant jamais pratiqué le yoga ou même les raquettes, mais curieuses de découvrir cette balade hybride. Morzine mise aussi sur l’engouement autour du yoga. Probablement inspirée par la station suisse d’Engadin St. Moritz qui lançait en 2014 la première piste de yoga du monde, Morzine propose cet hiver la piste des yogis, un itinéraire bleu de 2400 mètres jalonné de dix emplacements pour pratiquer des postures relaxantes, sans forcément ôter ses skis. Enfin, sous le nom de marche afghane, évocateur de montagne loitaine, la station de Samoëns invite à une sortie en raquettes accompagnée par un professionnel. Durant cette randonnée, le travail constant sur la respiration facilite la gestion de l’effort en altitude et relaxe. Les activités bien-être en montagne ne se résument plus à des papouilles et des bains bouillonnants dans des centres aqualudiques mais tirent parti, enfin, d’un environnement unique. Voir l'article sur le site de Libération

Le paradoxe Vegan de la femme branchée.

2 novembre 20152 novembre 2015
83241
Assez régulièrement ( et de plus en plus ) je vois des gens arriver à un mode de vie vegan ( ce qui en soit est plutôt bien ) mais ce que je trouve étrange c’est souvent le paradoxe éthique assez flagrant et parfois cliché.
Pour commencer, beaucoup des végan avec qui j’ai les échanges les plus houleux sont souvent des filles, entre 20 et 30 ans, « converties » depuis assez peu de temps.
Autant je crois sincèrement aux bienfondés de ce mode de vie lorsqu’il est choisi et pensé de bout en bout, autant je suis souvent confronté à des situations de fort malaise lors de nombreux échanges.
Cela se manifeste par plusieurs choses récurrentes : le prosélytisme, la suffisance et l’incohérence.
Je vais dresser un portrait caricatural pour essayer de bien faire comprendre ça … ( pour ce faire je ne vais que juxtaposer des éléments issus de posts ayant défilé sur mon fil d’actualité perso )
Faisant la queue pour avoir son café-pumpkin starbuck, elle attend en faisant un petit selfie marrant pour montrer son nouveau bonnet en coton bio.
Elle poste ça en ligne avec son nouvel iphone.
Un peu plus tard elle rentre chez elle, se fait un petit smoothie banane, mangue et lait de coco, le tout dans un super blender trouvé sur amazon.
Un petit tour sur son compte instagram nous fera découvrir sa garde robe pour constater que toutes les fringues sont bio. Comme tout est bio, le label "équitable" est apposé sur son chocolat, son café et ses épices.
Plus tard, un passage sur son compte facebook nous montrera de nombreux partages militant où on voit combien l'industrie agro-alimentaire est trash (les vidéos le montrent très bien assurément … (ne pas aller sur une page d'une végan à l'heure du repas !).
On la verra également se réjouir de la fermeture d'un abattoir, voyant le signe d'un réel progrès pour "la cause".
Elle prend soin d'elle, les statistiques publiées sur ses joggings grâce à l'application embarquée dans ses nike en sont la preuve ! Et après une bonne douche avec un savon Lush elle sent super bon le fruit de la passion.
Et ce soir après cette belle journée elle se fait un petit plaisir : un steak végétal. Tellement bien fait qu'on dirait trop de la viande (mais sans la souffrance animale) ! Un petit bout de "Faux-mage" à base de noix de cajou et un avocat. Et en dessert un petit bout de chocolat équitable.
Elle a le sourire en préparant ses vacances en Thaïlande en achetant sont billet en ligne sur son macbook, avec son chat sphinx qui ronronne sur ses genoux et peux enfin aller se coucher, en paix avec elle-même et ses convictions … aujourd'hui encore, elle n'a été la cause d'aucune souffrance animale.
Et là je vous vois venir avec un "Heuuu mais Samten, il est où le problème, je ne vois pas trop où tu veux en venir … elle a l'air plutôt cool la nana là … non ?"
Oui oui elle est cool ! Et c'est vraiment chouette que par son véganisme elle se sente impliquée dans la cause animale, le progrès et l'évolution de l'humanité à des hautes sphères de conscience et d'empathie !
MAIS … Et hélas c'est là que le bât blesse…
Son café est issu de la souffrance des hommes, d'une production qui détruit l'environnement dans lequel il est produit et contribue au déséquilibre nord-sud où la domination occidentale est vécue de plein fouet par les producteurs-esclaves.
Son téléphone est issu d'une production où les métaux rares sont également issus de productions où les hommes sont traités en esclaves dans des mines aux conditions abominables. En plus l'obsolescence perçue fait qu'elle changera de téléphone alors même que ce dernier sera encore tout à fait fonctionnel.
Elle se réjouit de la fermeture d’un abattoir sans réaliser que le nombre d’animaux abattus restera inchangé ... le seul changement sera que ces pauvres bêtes devront parcourir encore plus de distance dans le transport final ... l’élément souvent le plus traumatisant pour l’animal (mais aussi pour l’éleveur qui respecte ses animaux).
La banane de son smoothie provient d'équateur, issue d'une terra-formation imposée par les États-Unis pour que ces pays ne viennent pas concurrencer la production de maïs OGM. La mangue provient d'Inde et a peut-être véhiculé des parasites qui détruisent nos vergers. L'avocat provient d'Israël et le lait de coco de Thaïlande, finançant les deux des régimes politiques discutables. Les transport “bio” n’existe pas ... les bateaux délestent en pleine mer, les camions brulent du gasoil et dans les deux cas il y a un paquet de dommages collatéraux. Ben oui, combien de dauphins pris dans les pales des bateaux, de biches , d’oiseaux, de hérissons percutées, écrasés pour que nos fruits exotiques arrivent à bon port ?
Son blender vient de chine, assemblé dans une usine où les gens sont traités comme de la marchandise et payés une misère et acheté sur un site qui bafoue le droit du travail à longueur de temps.
Ses habits, comme sa nourriture, ont parcouru des milliers de kilomètres pour être parfois produit avec des produits chimiques (malgré les labels bios affichés) et cousu par des enfants, au même titre que ses nikes.
Sa fausse viande et son faux fromage sont issus de productions industrielle et chimique pas forcément très saine et de loin pas locale
Son chat provient d'un élevage de croisements génétiques et nourrit avec des boites industrielles (et là autre paradoxe : doit-on imposer le véganisme aux animaux … ah ben non ce serait aller à l'encontre de leur nature, dans ce cas là c'est pas pareil)
Son billet d'avion compensera le bilan carbone de son véganisme.
A côté de ça j'essaie d'imaginer une personne qui consommera bio, local, de saison avec, certes de la viande de temps en temps (mais qui vient d'un paysan qui connaît toutes ses bêtes) qui portera ses fringues jusqu'à l'usure, n'aura que le strict nécessaire chez lui, pas de robots ménagers dans tous les sens, pas d'ordi, pas de fruits exotiques … et qui pourtant sera la "cible" des végans en raison de son manque de conscience et de sensibilité… et là je me dit qu'il y a un soucis dans la manière qu'ont les végans de mener leur "combat" …
Je me dois de rajouter un GROS P.S. à ce texte : je ne me considère absolument pas comme étant moi-même éthiquement irréprochable, loin de là ! J'essaie de faire au mieux ma part en restant un maximum cohérent entre mes convictions et mes capacités de consommation. Mais par contre l'issue de mes réflexions, de mes pensées, mes idées, je les PARTAGE. J'espère que parfois ma vision des choses en convainc certain mais je considère toujours que les choix éthique sont personnels et que nous ne pourrons jamais être irréprochables sans devenir extrêmes et sans s'extraire totalement du système, ce qui n'est pas ma volonté, au contraire, j'espère pouvoir être le témoin d'évolutions du système dans "mon" sens quitte à devoir faire des compromis, mais que je choisis.
EDIT : suite à l’engouement et aux nombreux comm qu’a suscité cet article aux différents endroits où il a été partagé et comme ça a dépassé le cercle des gens qui me connaissent, je me dois de me présenter pour permettre de contextualiser éventuellement cet article. Pour commencer je dois moi-même faire face à de nombreux paradoxes de consommation lié à mon choix de travail : étant photographe j’ai en effet beaucoup de matériel technologique ( ordinateurs, tablette, appareils photos ... ) qui ont un cout éthique important. Je n’ai pour le moment pas trouvé de solution pour ce pan là. J’ai passé plusieurs période de ma vie à appliquer un régime végétarien et un mode de vie assez proche des principes végétaliens sous pas mal d’aspects. Je me considère comme étant assez impliqué dans les domaines de la réflexion sur nos modes de vies, nos interactions avec l’environnement. J’ai un très grand intérêt pour la permaculture, les productions équitables ( je ne parle pas des labels qui spolient le terme ). Suite à de nombreuses réflexions j’en suis venu à avoir un mode de vie où les choix alimentaires et de consommation générale sont souvent mis dans la balance du pour et du contre au moment de l’acte d’achat. J’ai également un régime alimentaire qui est aussi très “fashion” car j’ai une alimentation principalement axée sur les principes du Dr Seignalet, à savoir sans gluten, sans produits laitiers, sans sucres raffinés ( mais je n’en fais pas un dogme, je m’accorde des exceptions si je n’ai pas le choix ou même si simplement j’en ai envie), je suis venu à ce régime il y a plus de 7 ans pour des raisons de santé et il m’a apporté beaucoup de choses ( j’en discute volontiers avec ceux qui s’y intéressent ). D’autres principes alimentaires font également parti de mes convictions, principalement le fait de consommer local, de saison et bio ( et dans ma région ça veux dire qu’il faut aimer le choux et les poireaux ). Je porte avec moi un assez lourd bilan carbone car j’ai beaucoup voyagé, mais ces voyages m’ont permit en contre partie d’apprendre énormément de choses sur l’humain, la nature, les interactions entre les deux, mais surtout pour réaliser qu’il n’existe pas de valeurs “universelles” ... partout les gens ont des convictions qu’ils sont parfois prêt à défendre avec armes et sang ! J’ai aussi vu qu’il y a un réel angélisme de la part des gens qui vivent leur conviction depuis le fond de leur canapé ikéa ... car à travers le monde j’ai été témoin de la violence , partout sous un nombre inimaginable de formes ! Les seuls moments où j’ai eu la sensation de m’en extraire on été ceux où j’ai été seul face à la nature, loin du fait des Hommes ! J’ai vu plus d’amour et de respect chez une productrice de bœuf bio en France qu’envers des vaches “sacrées” au Népal. J’ai recommencé à manger de la viande en voyage, lorsque j’ai été reçu par des gens qui n’avaient rien d’autre à me proposer et qu’il aurait été plus que déplacé de dénigrer ce geste pour mon petit confort intellectuel. Et puis j’ai appris à reconnaitre qu’il y a de réelles différences entre les modes de production et que cela impact directement nos valeurs et notre environnement, j’y suis de plus en plus attentif et rencontre des gens merveilleux depuis. Comme je l’ai dit à de nombreuses reprises, je trouve merveilleux que de plus en plus de gens s’intéressent aux modes alimentaires “alternatifs” ( qu’ils soient végan, végétariens, sans gluten, bio ... ) car ça montre que les gens ne prennent plus tout pour argent comptant. Mais je prône également la coexistence et l’évolution douce. C’est souvent en ça que mes avis divergent avec les militants ( végan ou autre) sur les manières d’agir : Les études en neuroscience montrent que face à une démonstration de la violence (vidéo d’un abattoir par exemple), le cerveau d’une personne non préparée, vivra ça comme une agression ... mais au lieu d’obtenir un électrochoc contre le système, le trauma sera dirigé contre la personne qui lui aura fait vivre ce trauma... avec un effet inverse à celui désiré... mais je m’égare à parler de ça.
Bref, je tente juste de faire avec les outils à ma disposition pour rester le plus cohérent possible entre mes choix, mes croyances, mes moyens et mes aspirations. Jonglant moi-même avec certains paradoxes.
EDIT 2 :
Je n’ai hélas rien inventé pour créer ce personnage fictif ! juste pris quelques éléments sur différents posts de mes contacts ... j’ai même été assez soft pour qu’on ne pense pas que j’exagère le trait ! Et pour celles et ceux qui me font la critique d’avoir choisi une femme plutôt qu’un homme c’est pour la même raison ( qui n’est pas lié à une réalité statistique et objective ) : je n’ai pas eu autant d’occasion de voir ce type de posts et de profils dans mon fil d’actualité.