Bhagavad gita

Et pour toi, c’est quoi le Yoga ?

Il y a quelques semaines, à une table de restaurant, un ami m’a demandé « Mais au fait, c’est quoi le
Yoga ? »
La même semaine je crois, j’ai été invitée à écrire un article pour Yoganova magazine.
J’y ai vu un signe de l’Univers me poussant à répondre à la question de manière un peu plus approfondie que je ne l’avais fait à cette table de restaurant…
Je cherchais alors à résumer ce vaste sujet en une phrase concise pour mon ami, et celle qui m’est venue est ce verset de la Baghavad Gita :

« A l’action seulement as-tu le droit et jamais à ses fruits ; ne laisse pas les fruits de l’action être ta motivation, ; et ne sois pas attaché à l’inaction non plus. »

Bhagavad Gita, Chapitre 2, Verset 47 (traduction libre)

Il y a déjà presque tout dans cette phrase. On peux remplacer le mot action par le mot pratique.On n’agit pas pour les résultats de la pratique, mais pour la pratique elle-même. Et on recevra ainsi bien plus que ce qu’on avait espéré, mais ça n’est que le premier paradoxe de cette pratique d’une richesse abyssale, et pourtant très simple :
Ne pas chercher les fruits, c’est renoncer à chercher dans le futur quelque chose qui n’existe pas, mais se plonger entièrement dans le moment présent. Dans l’histoire que conte la Bhagavad Gita, ce moment présent est un champ de bataille. Ne pas chercher à fuir, accepter de voir et sentir les choses telles qu’elles sont, et agir en conséquence. Si ce moment est un champ de bataille, alors il faudra tuer ses ennemis, voilà ce que dit alors Krishna à Arjuna. Pas très réjouissant vous allez me dire, et je suis plutôt pacifiste également. Mais ce champ de bataille est une métaphore de nos vies, et le message est : ne cherche pas à fuir, sois pleinement là où tu es, et alors tu seras en paix dans ton coeur.

Ça peut sembler fataliste, ça ne l’est pas. C’est là aussi un paradoxe que j’ai du mal à expliquer rationnellement, mais que je vis sur mon tapis de yoga. Particulièrement quand j’y vais « malgré moi », les jours où l’entrain me manque. Au bout de quelques profondes respirations dans une ou deux postures, quelque chose change déjà : je suis là, et ce « je » n’est pas celui d’avant la pratique.

Arjuna le plus grand guerrier de son temps, apeuré et incertain  reçoit l'enseignement de Krishna au milieu du champ de bataille ou va s'affronter deux gigantesques armées.

Arjuna le plus grand guerrier de son temps, apeuré et incertain reçoit l’enseignement de Krishna au milieu du champ de bataille où doit s’affronter deux gigantesques armées. Comment être sur que ce combat soit le bon ?

Et là je ne parle pas de postures compliquées ou acrobatiques, mais des plus simples. Adho Mukha Svanasana (chien tête en bas), par exemple. Est-ce que je met tout mon poids sur l’extérieur de mes mains, ou est-il bien réparti sur toute leur surface, incluant la base de mon index et mon pouce (et surtout qu’est-ce que ça change en moi), est-ce que je sens mon dos s’allonger encore et encore en poussant les os de mon bassin de plus en plus loin vers le ciel, est-ce que je sens ce délicieux étirement derrière mes jambes, dû au fait que mes ischios-jambiers sont toujours trop courts même après des années de pratique, ahhh, savourer la perfection dans l’imperfection ! Pas l’once d’un ennui dans cette posture pourtant « basique ».
Ma pratique, c’est une des choses pour lesquelles je suis le plus reconnaissante dans ma vie. C’est elle qui me force à quitter les nébuleuses de mon mental pour venir m’incarner pleinement dans ce corps et cette vie, c’est elle qui m’amène à sentir et à vivre plutôt qu’à commenter et épiloguer vainement, c’est elle qui me dévoile la réalité de ce que je suis et non la personne imaginaire issue des affabulations de mon ego. Cette réalité c’est une totale disponibilité, sans attente. Une transformation de l’aigreur, de la colère, du manque (… selon les jours) en quelque chose de doux et tranquille, un vide plein.
Je suis venue au yoga fatiguée des montagnes russes de mes émotions, et j’ai tout de suite été séduite par cette expérience que j’ai sentie transformatrice : on est pas la même personne après qu’avant, c’est indéniable.

Après ce premier cours quelque chose était évident : je ne suis pas qui je crois être et une autre manière de vivre ma vie est possible, où je ne serais pas comme un bouchon de liège à la merci du courant et des caprices de mon mental : une tranquillité souterraine toujours disponible si tant est que je m’en donne les moyens, au prix de plus ou moins d’effort selon les jours. Je cherchais une satisfaction qui soit plus durable que celle produite par un verre de vin ou
une nuit d’amour…

Une satisfaction qui vienne de l’intérieur. Quand on la ressent, on sait qu’elle a toujours été là, elle était seulement recouverte la plupart du temps par le tintamarre de notre mental.
Selon les mots de Patanjali : « Citta vritti nirodhah » : le Yoga est la cessation de la fluctuation de la
conscience. (Yoga Sutra 1.2)
On peut l’expérimenter, même si ça n’est que pendant quelques instants, pendant ou après un cours.
Alors si vous débutez, trouvez un enseignant près de chez vous, que vous pouvez suivre régulièrement, un qui vous parle, qui résonne avec vous. Le Yoga est une expérience qui passe d’humain à humain, ça ne sert à rien de forcer si vous ne sentez pas quelqu’un. A partir du moment où ça vous aide à reprendre contact avec vous-même, à goûter ne serait-ce que quelques instants à une interruption ou à une accalmie dans le flux de vos pensées, et bien, pour moi, c’est du Yoga…
Que l’enseignant soit plutôt Yin ou Yang, Vinyasa, Hatha ou Ashtanga, très spirituel ou très physique et pragmatique… Il en faut pour tous les êtres humains, et je ne vois pas de problème à ça.
Le seul signe qui ne trompe pas : vous devez sentir les effets, rapidement. Ici je vois certains me répondre que c’est en contradiction avec la citation du début, et qu’on ne devrait pas se soucier du résultat : je leur répondrais que le miracle, lorsque l’on cesse de se concentrer sur un résultat extérieur, c’est que ça nous transforme, nous et notre perception de ce qui est. Et là est le changement.
Et pratiquez. La Bhagavad Gita est un des plus beaux livres que j’ai jamais lu, mais le Yoga doit passer à travers votre chair, vos veines, transformer votre sang… Ici et maintenant, encore et encore.

«Concentré dans le Yoga, fais ton travail, O Arjuna, abandonnant l’attachement, avec un esprit
constant dans le succès et la défaite, car l’équanimité de l’esprit s’appelle Yoga. »
Bhagavad Gita, Chapitre 2, Verset 48 (traduction libre)
Namasté
Chloé

Chloé enseigne le Yoga dans la région de Genève, vous pouvez retrouver son actualité sur son site:
http://www.yoga-sur-les-voies.ch/

Pour aller plus loin, lire la Bhagavad Gita commentée par Sri Aurobindo . A ne pas manquer.

Et vous qu’en pensez-vous ? Faites en nous part dans les commentaires. 



'Et pour toi, c’est quoi le Yoga ?' have 10 comments

  1. 14 janvier 2016 @ 14 h 00 min Frédérique Laget

    Magnifique article. Merci beaucoup Chloé. Il résonne beaucoup en moi qui suis encore une yogini débutante (7 ans de pratique) mais qui aspire à enseigner le Yoga. On tombe facilement dans la volonté de résultat : plus de souplesse, plus d’acrobatie, plus d’endurance, plus de sérénité aussi… et pour ma part c’est là que je me suis blessée, physiquement deux fois, mentalement beaucoup plus. Ces blessures et ton article me rappellent le sens du Yoga. Un grand merci.

    Répondre

    • 14 janvier 2016 @ 16 h 42 min Chloé Bovay

      Merci Frédérique ! Je suis quand à moi une débutante de 8 ans de pratique 😉 Je crois que c’est bien de garder « l’esprit du débutant », quel que soit le nombre d’années de pratique, j’ai une amie enseignante qui dit à raison que c’est toujours la première fois ! Sinon on tombe dans l’automatisme ou la volonté de résultat comme tu le dis. Je pense que ce sont des écueils presque inévitables sur le chemin, pour nos natures parfaitement imparfaites… J’ai également eu des problèmes de dos qui m’ont amené à vivre ma pratique un peu différemment. Et si j’ai écrit un article là-dessus c’est que je sais que j’en ai grand besoin moi-même, j’arrive mieux à le pratiquer sur mon tapis que dans la vie de tous les jours, et là est pourtant le vrai Yoga non ? J’aime beaucoup la phrase de Richard Bach qui dit :

      « On enseigne le mieux ce qu’on a le plus besoin d’apprendre. »

      Bien à toi.

      Répondre

  2. 14 janvier 2016 @ 17 h 26 min muntsaky

    Wow!!! quel article! merci beaucoup Chloé! A partager sans modération. La présence en chaque instant et chaque respiration. Pas que sur le tapis, mais surtout en dehors du tapis. Ce n’est pas facile, mais…c’est tellement bien de revenir à soi… _/\_

    Répondre

    • 16 janvier 2016 @ 1 h 46 min Chloé Bovay

      Oui, pas que sur le tapis, mais surtout en dehors… Ce qui est beaucoup plus difficile je trouve ! Merci Munstaky pour ce retour enthousiaste :)

      Répondre

  3. 15 janvier 2016 @ 15 h 37 min Marie helene

    oh ! comme je reconnais mon experience (toujours renouvellée et lumineuse) lors de ma pratique de yoga dans vos propos. Oui cette concentration de l’ici et le maintenant sont une source d’apaisement et de bien être merveilleuse. Merci de ce témoignage dans lequel je me retrouve.

    Répondre

    • 15 janvier 2016 @ 17 h 21 min Chloé Bovay

      Merci Marie Helene ! J’aime les mots que vous utiliser pour parler de votre expérience : « toujours renouvelée et lumineuse », rien à rajouter, tout est dit !

      Répondre

  4. 15 février 2016 @ 18 h 46 min Vincent

    Article très sympathique, qui nous montre aussi une fois de plus la nécessité de connaître les textes anciens, véritable mine d’or de sagesse et d’évolution pour tous.
    Sinon pour ma part, je ne pense pas qu’il faille utiliser continuellement le mot « débutant » en Yoga. Considérer que nous sommes en « apprentissage permanent » me semble plus approprié.

    Répondre

    • 16 février 2016 @ 13 h 06 min Chloé

      Merci Vincent. Je ne crois pas avoir utilisé le mot « débutant » dans l’article, mais uniquement dans ma réponse à Frédérique. Après, ça dépend de ce que l’on met derrière les mots, comme toujours. « apprentissage permanent » c’est très bien ! A condition, en ce qui concerne les textes, que l’apprentissage ne soit pas une accumulation de connaissance mais une reconnaissance, un dévoilement de ce qui se trouve déjà en soi, à l’intérieur. En d’autres termes, ne pas confondre le panneau indicateur avec la destination. C’est du moins comme cela que je vois le yoga, et d’ailleurs je suis loin d’avoir une connaissances exhaustives des textes anciens. La Baghavad Gita est arrivée entre mes mains bien avant que je ne pratique le yoga (du moins sur mon tapis) et m’avait déjà énormément touchée, elle avait résonné très fort en moi. J’ai depuis appris à faire confiance à la vie : quand un livre doit arriver entre mes mains, il y arrive ! Mais je reconnais ne plus lire assidument depuis des années déjà, je ne suis pas de ces yogini là ! A chacun son chemin… 😉

      Répondre

      • 17 février 2016 @ 0 h 36 min Vincent

        Oui le terme débutant est utilisé dans les commentaires plus haut pas dans le texte.

        Sinon pour :
        « …en ce qui concerne les textes, que l’apprentissage ne soit pas une accumulation de connaissance mais une reconnaissance, un dévoilement de ce qui se trouve déjà en soi, à l’intérieur. En d’autres termes, ne pas confondre le panneau indicateur avec la destination. »

        Je suis tout à fait d’accord. Nombreux sont les textes qui résonnent en moi. Je ne compte plus le nombre de fois où de simples mots ou phrases m’offrent comme des « déclics » me faisant chaque fois avancer un peu plus. Ce sont toujours des moments simples mais fantastiques. Je pense que nous avons tous connu ça.

        :-)

        Répondre


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Attention ! Le yoga n’est pas sans risque

25 novembre 201625 novembre 2016
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Ouvrez vos chakras et ayez conscience de vos limites.

C'est l'une des études les plus conséquentes disponibles à ce jour sur la pratique du yogae t les blessures qui peuvent en résulter. Menée par deux chercheurs en traumatologie et épidémiologie de l'université d'Alabama de Birmingham, il en ressort que le yoga n'est évidemment pas le sport le plus traumatogène du répertoire, mais qu'il n'est pas pour autant dénué de risques. Et que les yogistes ayant dépassé les 65 ans doivent redoubler de prudence, car ce sont eux les plus vulnérables aux entorses, élongations et autres fractures. Le travail de Thomas A. Swain et Gerald McGwin, rassemblant quatorze ans de données récoltées aux États-Unis, montre aussi que le yoga a gagné en popularité sur la période, et que la fréquence des blessures s'en ressent. En moyenne, elle était de 10 pour 100.000 participants en 2001 et grimpe à 17 pour 100.000 en 2014. Après 65 ans, cette incidence –58 pour 100.000– est bien plus élevée, avec trois fois plus de fractures que pour les autres classes d'âge. Pour les individus âgés de 45 à 64 ans, elle est de 18 pour 100.000 et de 12 pour 100.000 pour ceux de 18 à 44 ans.
«Les blessures liées au yoga sont relativement rares, explique Swain, et comme on aurait s'en douter, l'incidence a tendance à monter avec l'âge du participant. Nous avons aussi observé que le taux de blessures augmente sur la période, ce qui pourrait traduire une plus grande popularité du yoga, avec davantage de personnes inexpérimentées qui ne prennent pas les précautions d'usage pour éviter les problèmes.»
Swain recommande de «consulter son médecin avant de débuter le yoga, d'être prudent et de connaître ses limites personnelles». Des limites que bon nombre de pratiquants débutants sont à même d'ignorer car «le yoga est bien plus difficile et exigeant qu'on le pense», précise McGwin. Au total, ce sont 29.590 blessures que les chercheurs ont répertoriées. Près de la moitié (45%) sont des entorses et le haut du corps est visiblement la zone la plus fragile.

Du yoga au travail….

21 septembre 201621 septembre 2016
yoga au bureauVous pouvez aller travailler ! » La séance d'une heure est terminée. Paula Taylor, professeur de yoga du réseau de coachs sportifs Fizix, libère ses douze élèves. Du chef sommelier à la femme de ménage, les 550 salariés du Bristol peuvent participer gratuitement à ce cours. Organisé dans une petite salle climatisée réservée aux employés, il coûte entre 80 € et 120 € au Comité d'Entreprise du palace. « Le point fort, c'est qu'il y a une homogénéité des groupes et ça crée une dynamique », se félicite son secrétaire adjoint Damien Largeau.   Collé serré   « On peut rencontrer des collègues d'autres services », renchérit Lucie Demai, hôtesse d'accueil. Allongé à sa gauche sur un tapis, Tony Le Douigou, dont elle n'a jamais été aussi proche, en est à son deuxième cours. « C'est plus apaisant que d'aller courir, observe le demi-chef de rang. Idéal pour se détendre avant de commencer le travail, de 16 heures à minuit ».   Debout depuis 7 heures du matin, le directeur d'achats Thomas Trucheret est en nage à la fin du cours, mais il savoure cette coupure en milieu d'après-midi : « J'aborde sereinement la deuxième partie de journée, sur le plan profesionnel et à la maison avec mes trois enfants ». Et de conclure, sourire en coin : « Le stress retombe. C'est parfait  : avec notre clientèle exigeante, il faut être très réactifs. » Voir l'article

Musculation et yoga, nouvelle mode made in US

23 août 201623 août 2016
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De nombreux hommes adeptes de musculation délaissent les poids et haltères pour des matelas de yoga, prenant le pas de l'intérêt grandissant pour une variante plus virile du yoga traditionnel, le «broga».

Le yoga, activité vieille de plusieurs millénaires, était autrefois pratiqué exclusivement par des hommes. L'activité physique «mâle» de l'ère moderne est aujourd'hui tout autre. «Le yoga se résume à bien plus qu'à des femmes qui se contorsionnent tels des bretzels végans», a lancé l'entrepreneur qui a fondé les cours de Jock Yoga, Michael DeCorte. Le centre d'entraînement Equinox de Toronto offre ces séances d'entraînement qui unissent les salutations au soleil à la musculation. De plus en plus de professeurs de yoga tentent d'attirer davantage d'hommes dans leurs classes en proposant des exercices qui misent sur la force plutôt que la flexibilité. Les adeptes de yoga sont constitués à 70% par des femmes, selon une étude de l'institut Ipsos publiée en 2016. M. DeCorte estime malgré tout que 50 à 85% des sportifs qui assistent à ses ateliers de Jock Yoga sont des hommes. D'autres centres de type «broga» essaiment un peu partout au pays. Jo-ga, à Halifax, Yoguy, à Vancouver, et le studio montréalais Mudraforce - où l'activité se pratique en toute nudité- ont notamment vu le jour. Une compagnie basée au Massachusetts, Broga yoga, détient un brevet sur l'emploi du mot-valise. L'entreprise se vante d'avoir plus de 12 000 clients et 500 professeurs à travers le monde, notamment par ses cours offerts par le biais de vidéo en ligne. Selon l'instigateur du «broga», Robert Sidoti, nombre d'hommes sont attirés par les bienfaits du yoga, mais craignent d'avoir un air efféminé en prenant la position du lotus.
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Le dalai lama juge qu’il y a trop de réfugiés en Europe

31 mai 201631 mai 2016
Dalai lama trouve qu'il y a trop de réfugiés en EuropeLe dalaï-lama a estimé qu'il y avait à présent "trop" de réfugiés en Europe après la vague d'arrivée l'an dernier et que ces migrants cherchant protection ne devaient rester que provisoirement sur place, dans une interview publiée aujourd'hui en Allemagne. "Quand nous regardons le visage de chaque réfugié, surtout ceux des enfants et des femmes, nous ressentons leur souffrance et un être humain qui a de meilleures conditions de vie a la responsabilité de les aider. Mais d'un autre côté, il y en a trop à présent" en Europe, a déclaré le chef spirituel des Tibétains au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. "L'Europe, l'Allemagne en particulier, ne peut devenir un pays arabe, l'Allemagne est l'Allemagne", a-t-il ajouté, en référence au fait qu'une majorité des migrants vient de pays arabes comme la Syrie ou l'Irak. "Il y en a tant que cela devient difficile sur le plan pratique. Et sur le plan moral, je trouve aussi que ces réfugiés ne devraient être accueillis que provisoirement. L'objectif devrait être qu'ils retournent (dans leur pays) et aident à reconstruire leur pays", a estimé le dalaï-lama, qui vit lui-même en exil en Inde depuis plus de 50 ans. L'Allemagne a accueilli l'an dernier un nombre record d'un million de réfugiés. Source Le Figaro

Tendance: le yoga en moumoute et chaussures de ski…

6 avril 20166 avril 2016
ski_yoga_poseLe murmure du torrent et le chant des oiseaux dans les bouleaux apaisent déjà. Dans le décor vivant du Plan de l’Eau, aux Menuires, se déroule la randonnée «yoga et raquettes», encadrée par Brigitte Ruff, accompagnatrice en montagne, et Anita Thevenot, masseuse ayurvédique. Après une première marche dans la poudreuse, telle une page blanche, une première pause est consacrée à des exercices d’étirement. Le groupe, limité à douze personnes maximum, forme un petit cercle. Raquettes aux pieds, on tend et on étire ses bras vers le ciel. Profonde inspiration, puis on relâche totalement son buste et ses membres supérieurs jusqu’à frôler la neige. Pendant une quinzaine de minutes, Anita aide chacun à prendre conscience de son corps. «La montagne, avec son paysage somptueux et son air pur, offre un cadre idéal pour pratiquer le yoga pranayama, qui met l’accent sur la respiration», précise-t-elle. On repart ensuite plus détendu, attentif aux empreintes d’animaux et au silence, seulement rompu par le bruit feutré des raquettes. Plus loin, c’est la posture de la salutation au soleil. Un long et ressourçant déroulement du corps, pratiqué plusieurs fois, après avoir déchaussé et s’être installé sur un petit tapis de yoga, prêté par Anita. Les deux autres pauses zen sont consacrées à des exercices respiratoires et à de la méditation, assis en tailleur. Lancées l’an dernier au départ de la station de Val Thorens, ces randonnées bien-être hebdomadaires, de trois heures, affichent complet. Les clients? Souvent des femmes, n’ayant jamais pratiqué le yoga ou même les raquettes, mais curieuses de découvrir cette balade hybride. Morzine mise aussi sur l’engouement autour du yoga. Probablement inspirée par la station suisse d’Engadin St. Moritz qui lançait en 2014 la première piste de yoga du monde, Morzine propose cet hiver la piste des yogis, un itinéraire bleu de 2400 mètres jalonné de dix emplacements pour pratiquer des postures relaxantes, sans forcément ôter ses skis. Enfin, sous le nom de marche afghane, évocateur de montagne loitaine, la station de Samoëns invite à une sortie en raquettes accompagnée par un professionnel. Durant cette randonnée, le travail constant sur la respiration facilite la gestion de l’effort en altitude et relaxe. Les activités bien-être en montagne ne se résument plus à des papouilles et des bains bouillonnants dans des centres aqualudiques mais tirent parti, enfin, d’un environnement unique. Voir l'article sur le site de Libération

Le paradoxe Vegan de la femme branchée.

2 novembre 20152 novembre 2015
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Assez régulièrement ( et de plus en plus ) je vois des gens arriver à un mode de vie vegan ( ce qui en soit est plutôt bien ) mais ce que je trouve étrange c’est souvent le paradoxe éthique assez flagrant et parfois cliché.
Pour commencer, beaucoup des végan avec qui j’ai les échanges les plus houleux sont souvent des filles, entre 20 et 30 ans, « converties » depuis assez peu de temps.
Autant je crois sincèrement aux bienfondés de ce mode de vie lorsqu’il est choisi et pensé de bout en bout, autant je suis souvent confronté à des situations de fort malaise lors de nombreux échanges.
Cela se manifeste par plusieurs choses récurrentes : le prosélytisme, la suffisance et l’incohérence.
Je vais dresser un portrait caricatural pour essayer de bien faire comprendre ça … ( pour ce faire je ne vais que juxtaposer des éléments issus de posts ayant défilé sur mon fil d’actualité perso )
Faisant la queue pour avoir son café-pumpkin starbuck, elle attend en faisant un petit selfie marrant pour montrer son nouveau bonnet en coton bio.
Elle poste ça en ligne avec son nouvel iphone.
Un peu plus tard elle rentre chez elle, se fait un petit smoothie banane, mangue et lait de coco, le tout dans un super blender trouvé sur amazon.
Un petit tour sur son compte instagram nous fera découvrir sa garde robe pour constater que toutes les fringues sont bio. Comme tout est bio, le label "équitable" est apposé sur son chocolat, son café et ses épices.
Plus tard, un passage sur son compte facebook nous montrera de nombreux partages militant où on voit combien l'industrie agro-alimentaire est trash (les vidéos le montrent très bien assurément … (ne pas aller sur une page d'une végan à l'heure du repas !).
On la verra également se réjouir de la fermeture d'un abattoir, voyant le signe d'un réel progrès pour "la cause".
Elle prend soin d'elle, les statistiques publiées sur ses joggings grâce à l'application embarquée dans ses nike en sont la preuve ! Et après une bonne douche avec un savon Lush elle sent super bon le fruit de la passion.
Et ce soir après cette belle journée elle se fait un petit plaisir : un steak végétal. Tellement bien fait qu'on dirait trop de la viande (mais sans la souffrance animale) ! Un petit bout de "Faux-mage" à base de noix de cajou et un avocat. Et en dessert un petit bout de chocolat équitable.
Elle a le sourire en préparant ses vacances en Thaïlande en achetant sont billet en ligne sur son macbook, avec son chat sphinx qui ronronne sur ses genoux et peux enfin aller se coucher, en paix avec elle-même et ses convictions … aujourd'hui encore, elle n'a été la cause d'aucune souffrance animale.
Et là je vous vois venir avec un "Heuuu mais Samten, il est où le problème, je ne vois pas trop où tu veux en venir … elle a l'air plutôt cool la nana là … non ?"
Oui oui elle est cool ! Et c'est vraiment chouette que par son véganisme elle se sente impliquée dans la cause animale, le progrès et l'évolution de l'humanité à des hautes sphères de conscience et d'empathie !
MAIS … Et hélas c'est là que le bât blesse…
Son café est issu de la souffrance des hommes, d'une production qui détruit l'environnement dans lequel il est produit et contribue au déséquilibre nord-sud où la domination occidentale est vécue de plein fouet par les producteurs-esclaves.
Son téléphone est issu d'une production où les métaux rares sont également issus de productions où les hommes sont traités en esclaves dans des mines aux conditions abominables. En plus l'obsolescence perçue fait qu'elle changera de téléphone alors même que ce dernier sera encore tout à fait fonctionnel.
Elle se réjouit de la fermeture d’un abattoir sans réaliser que le nombre d’animaux abattus restera inchangé ... le seul changement sera que ces pauvres bêtes devront parcourir encore plus de distance dans le transport final ... l’élément souvent le plus traumatisant pour l’animal (mais aussi pour l’éleveur qui respecte ses animaux).
La banane de son smoothie provient d'équateur, issue d'une terra-formation imposée par les États-Unis pour que ces pays ne viennent pas concurrencer la production de maïs OGM. La mangue provient d'Inde et a peut-être véhiculé des parasites qui détruisent nos vergers. L'avocat provient d'Israël et le lait de coco de Thaïlande, finançant les deux des régimes politiques discutables. Les transport “bio” n’existe pas ... les bateaux délestent en pleine mer, les camions brulent du gasoil et dans les deux cas il y a un paquet de dommages collatéraux. Ben oui, combien de dauphins pris dans les pales des bateaux, de biches , d’oiseaux, de hérissons percutées, écrasés pour que nos fruits exotiques arrivent à bon port ?
Son blender vient de chine, assemblé dans une usine où les gens sont traités comme de la marchandise et payés une misère et acheté sur un site qui bafoue le droit du travail à longueur de temps.
Ses habits, comme sa nourriture, ont parcouru des milliers de kilomètres pour être parfois produit avec des produits chimiques (malgré les labels bios affichés) et cousu par des enfants, au même titre que ses nikes.
Sa fausse viande et son faux fromage sont issus de productions industrielle et chimique pas forcément très saine et de loin pas locale
Son chat provient d'un élevage de croisements génétiques et nourrit avec des boites industrielles (et là autre paradoxe : doit-on imposer le véganisme aux animaux … ah ben non ce serait aller à l'encontre de leur nature, dans ce cas là c'est pas pareil)
Son billet d'avion compensera le bilan carbone de son véganisme.
A côté de ça j'essaie d'imaginer une personne qui consommera bio, local, de saison avec, certes de la viande de temps en temps (mais qui vient d'un paysan qui connaît toutes ses bêtes) qui portera ses fringues jusqu'à l'usure, n'aura que le strict nécessaire chez lui, pas de robots ménagers dans tous les sens, pas d'ordi, pas de fruits exotiques … et qui pourtant sera la "cible" des végans en raison de son manque de conscience et de sensibilité… et là je me dit qu'il y a un soucis dans la manière qu'ont les végans de mener leur "combat" …
Je me dois de rajouter un GROS P.S. à ce texte : je ne me considère absolument pas comme étant moi-même éthiquement irréprochable, loin de là ! J'essaie de faire au mieux ma part en restant un maximum cohérent entre mes convictions et mes capacités de consommation. Mais par contre l'issue de mes réflexions, de mes pensées, mes idées, je les PARTAGE. J'espère que parfois ma vision des choses en convainc certain mais je considère toujours que les choix éthique sont personnels et que nous ne pourrons jamais être irréprochables sans devenir extrêmes et sans s'extraire totalement du système, ce qui n'est pas ma volonté, au contraire, j'espère pouvoir être le témoin d'évolutions du système dans "mon" sens quitte à devoir faire des compromis, mais que je choisis.
EDIT : suite à l’engouement et aux nombreux comm qu’a suscité cet article aux différents endroits où il a été partagé et comme ça a dépassé le cercle des gens qui me connaissent, je me dois de me présenter pour permettre de contextualiser éventuellement cet article. Pour commencer je dois moi-même faire face à de nombreux paradoxes de consommation lié à mon choix de travail : étant photographe j’ai en effet beaucoup de matériel technologique ( ordinateurs, tablette, appareils photos ... ) qui ont un cout éthique important. Je n’ai pour le moment pas trouvé de solution pour ce pan là. J’ai passé plusieurs période de ma vie à appliquer un régime végétarien et un mode de vie assez proche des principes végétaliens sous pas mal d’aspects. Je me considère comme étant assez impliqué dans les domaines de la réflexion sur nos modes de vies, nos interactions avec l’environnement. J’ai un très grand intérêt pour la permaculture, les productions équitables ( je ne parle pas des labels qui spolient le terme ). Suite à de nombreuses réflexions j’en suis venu à avoir un mode de vie où les choix alimentaires et de consommation générale sont souvent mis dans la balance du pour et du contre au moment de l’acte d’achat. J’ai également un régime alimentaire qui est aussi très “fashion” car j’ai une alimentation principalement axée sur les principes du Dr Seignalet, à savoir sans gluten, sans produits laitiers, sans sucres raffinés ( mais je n’en fais pas un dogme, je m’accorde des exceptions si je n’ai pas le choix ou même si simplement j’en ai envie), je suis venu à ce régime il y a plus de 7 ans pour des raisons de santé et il m’a apporté beaucoup de choses ( j’en discute volontiers avec ceux qui s’y intéressent ). D’autres principes alimentaires font également parti de mes convictions, principalement le fait de consommer local, de saison et bio ( et dans ma région ça veux dire qu’il faut aimer le choux et les poireaux ). Je porte avec moi un assez lourd bilan carbone car j’ai beaucoup voyagé, mais ces voyages m’ont permit en contre partie d’apprendre énormément de choses sur l’humain, la nature, les interactions entre les deux, mais surtout pour réaliser qu’il n’existe pas de valeurs “universelles” ... partout les gens ont des convictions qu’ils sont parfois prêt à défendre avec armes et sang ! J’ai aussi vu qu’il y a un réel angélisme de la part des gens qui vivent leur conviction depuis le fond de leur canapé ikéa ... car à travers le monde j’ai été témoin de la violence , partout sous un nombre inimaginable de formes ! Les seuls moments où j’ai eu la sensation de m’en extraire on été ceux où j’ai été seul face à la nature, loin du fait des Hommes ! J’ai vu plus d’amour et de respect chez une productrice de bœuf bio en France qu’envers des vaches “sacrées” au Népal. J’ai recommencé à manger de la viande en voyage, lorsque j’ai été reçu par des gens qui n’avaient rien d’autre à me proposer et qu’il aurait été plus que déplacé de dénigrer ce geste pour mon petit confort intellectuel. Et puis j’ai appris à reconnaitre qu’il y a de réelles différences entre les modes de production et que cela impact directement nos valeurs et notre environnement, j’y suis de plus en plus attentif et rencontre des gens merveilleux depuis. Comme je l’ai dit à de nombreuses reprises, je trouve merveilleux que de plus en plus de gens s’intéressent aux modes alimentaires “alternatifs” ( qu’ils soient végan, végétariens, sans gluten, bio ... ) car ça montre que les gens ne prennent plus tout pour argent comptant. Mais je prône également la coexistence et l’évolution douce. C’est souvent en ça que mes avis divergent avec les militants ( végan ou autre) sur les manières d’agir : Les études en neuroscience montrent que face à une démonstration de la violence (vidéo d’un abattoir par exemple), le cerveau d’une personne non préparée, vivra ça comme une agression ... mais au lieu d’obtenir un électrochoc contre le système, le trauma sera dirigé contre la personne qui lui aura fait vivre ce trauma... avec un effet inverse à celui désiré... mais je m’égare à parler de ça.
Bref, je tente juste de faire avec les outils à ma disposition pour rester le plus cohérent possible entre mes choix, mes croyances, mes moyens et mes aspirations. Jonglant moi-même avec certains paradoxes.
EDIT 2 :
Je n’ai hélas rien inventé pour créer ce personnage fictif ! juste pris quelques éléments sur différents posts de mes contacts ... j’ai même été assez soft pour qu’on ne pense pas que j’exagère le trait ! Et pour celles et ceux qui me font la critique d’avoir choisi une femme plutôt qu’un homme c’est pour la même raison ( qui n’est pas lié à une réalité statistique et objective ) : je n’ai pas eu autant d’occasion de voir ce type de posts et de profils dans mon fil d’actualité.