yoga et narcissisme

Faut-il être « bien roulée » pour « faire » du Yoga ?

J’ai énormément hésité avant d’écrire le texte suivant et à l’instant où je l’écris, je suis loin d’être sûre de le destiner à la « publication », à « rendre public » ce qui abordera quelque chose d’aussi privé. Pour quoi le ferai-je ? Quel intérêt cela aurait-il pour moi et surtout pour le potentiel lecteur ?

Je ne sais pas. Mais on verra…

Si aujourd’hui vous êtes en train de le lire, c’est probablement que j’aurai estimé que le message qu’il véhicule est plus important que la préservation d’une part personnelle de ma vie par peur de l’impudeur.

Publié ou non, quelle que soit la décision, je serai peut-être amenée à la regretter…

Je ne sais pas. On verra…

 

Il est donc question ici – le titre est en cela suffisamment clair et explicite (pas de subtilité de langage qui rendrait les choses moins accessibles) – il est question, donc, de l’apparence dans la pratique du Yoga. Rien que l’écrire, il y a en moi quelque chose qui s’insurge : comment en arriver à parler d’apparence dans une pratique si intérieure qui n’a rien à voir (en tout cas à l’origine) avec un culte de la performance esthétique brandie à tous les miroirs ?

Et pourtant… l’envers du décor fabriqué avec des alibis de beauté intérieure en carton pâte est que, de plus en plus, le Yoga et ceux qui le pratiquent (ou du moins croient et disent le pratiquer) sont pris en otage et en même temps – par leur approbation silencieuse – se rendent complices d’une société qui tendrait à standardiser le bien-être… et le bien-paraître… au rang d’exigence à l’égard de soi-même, des autres et de la société toute entière.

En tant que pratiquant(e) de Yoga, et d’autant plus en tant que prof, si tu ne pratiques pas le Yoga dans sa dimension posturale quasi quotidiennement, si tu n’as pas l’hygiène de vie –  notamment alimentaire – qui va avec, tu es assez vite taxé(e) de ne pas prendre assez soin de toi. Alors faudra pas venir te plaindre si tu es fatigué(e), si tu tombes malade, si tu déprimes, etc. ! Tu as la responsabilité de toi-même et de ton propre bien-être : il faut vous prendre en charge lui et toi parce que, entre autres, à un moment donné on ne pourra plus compter sur qui que ce soit, pas même sur la Sécu, pour le faire.

 

C’est assez amusant quand j’y pense (il vaut sans doute mieux en rire qu’en pleurer) de voir l’évolution des choses…

Je disais justement à un ami la semaine dernière que, à l’époque où le Yoga est entré dans ma vie (au printemps 2003), j’y avais vu un refuge m’offrant la possibilité de pouvoir être libre d’être moi-même permettant alors à l’excessive perfectionniste que j’étais (et qu’il m’arrive encore souvent d’être) de trouver le repos.

Mais il s’avère que depuis disons environ 2 ou 3 ans, sous influence nord-américaine, la pratique du Yoga est récupérée par une sorte d’injonction à devenir « la meilleure version de soi-même », comme si être simplement soi-même ne suffisait pas et qu’il fallait se débarrasser de ce qui est considéré comme « bad » (mauvais) pour garder seulement le best of self (le meilleur de soi).

On se retrouve donc en fin de compte dans une sorte d’hygiénisme moderne où il conviendrait de se consacrer à la purification de son corps, de son esprit et de son âme, la mode obsessionnelle des detox en tout genre, concomitante à celle du Yoga, en est la plus sûre attestation. On te dit à longueur de « quotes » (citations dont se gargarisent les réseaux sociaux, les magazines « bien-être » et les étiquettes de tisane bio) que tu es beau (du moins à l’intérieur…) et que tu es digne d’être aimé tel que tu es… mais bon, faut quand même pas déconner, tache de faire des efforts pour quand même être mieux que ce que tu es, hein !

Finalement une sorte d’hypocrisie insupportable quand la fameuse petite phrase « Be yourself » est illustrée par une jeune-femme (ou un jeune-homme) très court vêtue et reconnue socialement comme étant sublime, voire même parfaite… de l’extérieur…

 

Je ne peux alors que me rappeler de ma lecture de l’ouvrage du sociologue Jean-François Amadieu, Le poids des apparences, que j’avais beaucoup utilisé il y a huit ans pour l’écriture de mon mémoire de Master de Sociologie (Corps « hors-norme ». Panser le stigmate de l’obésité par la quête de conformité).

Il s’agit d’une étude sociologique de laquelle il ressortait notamment que, dans le recrutement professionnel ainsi que matrimonial, la beauté extérieure est la plupart du temps supposée témoigner de la beauté intérieure : dans l’imaginaire collectif, quelqu’un de beau est considéré comme étant en meilleur santé, comme prenant plus et mieux soin de lui, comme ayant suffisamment d’amour pour lui-même pour se rendre aussi aimable par l’autre. Il s’agit d’une discrimination positive qui crée une sorte de cercle vertueux de réussite fait d’une meilleure chance à l’embauche et à l’élection sentimentale.

L’étude révèle que l’inverse est observable dans les mêmes proportions : un physique moins avantageux, pouvant constituer un facteur d’exclusion sociale, réclamera de l’individu qui en est pourvu le déploiement de davantage de qualités professionnelles et affectives « pour compenser », alors que l’absence de celles-ci serait d’une certaine manière excusée par la beauté de leurs concurrents.

 

Extrait d’une fiche de lecture de l’ouvrage que j’avais faite en amont de ma rédaction :

Tout au long de son ouvrage, Amadieu va largement insister sur la notion de préjugé. Il identifie deux effets puissants : l’effet de halo et l’effet Pygmalion.

L’effet de halo est le mécanisme par lequel les individus ont tendance à associer d’autres qualités à une personne incarnant leur idéal de beauté, un peu comme si le fait d’être beau aurait un effet aimant qui attirerait tous les autres adjectifs mélioratifs, même s’il s’agit de qualités qui n’ont rien à voir avec l’apparence (la richesse, la gentillesse, l’honnêteté, etc.). Ces préjugés sont liés à la société de l’image (érigée par les médias), où l’on valorise les stéréotypes à défaut de les décrypter.

Amadieu parle de l’effet Pygmalion dans le cadre de la réussite scolaire car c’est surtout lors de la socialisation primaire, alors que la personnalité de l’individu n’est pas encore bien établie, que l’on rencontre cet effet. L’effet Pygmalion renvoie à l’idée de prédiction créatrice : les individus se conformeraient à ce que leurs proches attendent d’eux, à l’image que les autres se font d’eux. Selon l’auteur, plus ils sont confrontés à ces attentes, plus il y a de chances pour qu’ils agissent de façon à rendre vrais ces préjugés en s’y conformant.

L’auteur souligne le rôle déterminant de la libéralisation des corps pour montrer que, si autrefois l’uniforme ou le code vestimentaire, imposé par la position sociale, permettait de savoir immédiatement « à qui on avait affaire »,  désormais, le sort réservé à chaque individu n’est plus autant prédéterminé et connu à l’avance et chacun a une responsabilité accrue face à son devenir, d’où une exacerbation de la concurrence ou, pour utiliser les mots de l’auteur, « une extension du domaine de la lutte ».

Selon lui, « l’intérêt renouvelé pour l’apparence en général provient d’une évolution qui a fait exploser les carcans traditionnels pour, paradoxalement, aliéner davantage ».

 

Il y a plusieurs mois, j’ai eu l’occasion de voir personnellement ces mécanismes à l’œuvre dans le contexte du Yoga.

J’ai accepté de rencontrer quelqu’un qui m’a connue à travers la lecture de mes textes qui ont justement étaient publiés ici (Yoganova magazine) et là (page Facebook).

Il est pratiquant de Yoga et a même l’intention de donner une orientation professionnelle à sa passion. Je ne donnerai pas davantage de détails à ce sujet pour éviter qu’il puisse être reconnaissable.

Parce qu’il m’avait proposé de prendre une part active à son projet, j’avais donc accepté de le rencontrer.

L’après-midi même de notre rencontre, il m’a clairement énoncé que, pour être plus crédible comme prof de Yoga, il faudrait que je fasse un travail sur mon image qui, selon lui, je le cite, « ne correspond pas suffisamment à ce que les élèves attendent d’une prof de Yoga à laquelle ils ont besoin de s’identifier ».

Il m’a donc dit que ce serait bien que je me teigne les cheveux en blond car ma couleur n’est « pas jolie », éventuellement que je me fasse poser des implants mammaires car « ce serait bien pour (moi) », et que je perde 10 à 15 kilos pour être « plus fit ». Suite à sa demande, je lui avais auparavant raconté dans quelles circonstances j’avais démarré le Yoga : le Yoga m’a accompagnée et soutenue tout au long d’un looooooooong chemin de réunification et de pacification avec moi-même à une époque où ma volonté de me débarrasser de mon corps pour en libérer mon âme fût si puissante que ces aspirations mystiques à n’être plus qu’un pur Esprit, une sorte de sainte éthérée, m’ont amenée à deux périodes d’ascèse sévère globalement entre l’âge de 15 et 24 ans. C’est donc en toute connaissance de cause qu’il me conseillait d’intervenir sur mon apparence alors même que l’acceptation de ma matérialité physique a été et reste un travail quotidien dans lequel le Yoga a joué et continue à jouer un rôle fondamental.

Sur le coup, je m’étais dit qu’il avait probablement raison, d’autant plus qu’il justifiait son propos par le fait qu’il souhaitait simplement que je puisse « être encore mieux » que « la belle personne » que je suis déjà. (ou comment faire passer la pilule en jetant un compliment un peu facile…).

Ensuite, je suis passée par une phase où j’ai eu envie de m’effondrer, ma propension à être intéressante et aimable simplement pour moi-même si difficilement acquise et qu’il me reste encore parfois à acquérir étant alors à nouveau profondément remise en doute par cette exhortation à être… non ! à paraître ! mieux que ce que je parais ainsi.

Et puis, quelque temps après cette rencontre, j’ai tout simplement eu envie de lui foutre mon poing dans la figure. 😀

Mais bon, Ahimsa, non-violence… j’ai promis-juré de tenir du mieux que je peux ce principe essentiel du Yoga, à commencer à l’égard de moi-même. En mordant la main qui lui porte un coup, le jeune chien ne répare pas l’offense qui lui a été faite… il a plutôt tout à gagner à conserver son énergie pour prendre soin de sa blessure en léchant sa plaie…

En fin de compte je lui suis reconnaissante car, à bien des égards (pas uniquement relatifs à l’épisode évoqué ici), il m’a permis de beaucoup avancer dans mon cheminement intérieur. Pour paraphraser la sagesse d’un ami qui m’avait dit cet été « c’est bien d’être malade parce que ça nous donne l’occasion d’expérimenter la guérison » : eh bien, c’est bien d’être blessé car cela nous fournit de quoi nous humaniser en nous apprenant à développer de la compassion et donc de l’amour pour nous-même et, par extension, pour autrui… y compris pour la personne à l’origine de la blessure… 😉

 

Alors, revenons-en au titre, à la question de départ… Faut-il être « bien roulée » pour « faire » du Yoga ?

Eh bien tout dépend de ce que l’on entend par « faire » du Yoga (d’où l’emploi des guillemets 😉 )…

Si l’on souhaite activement prendre part à la société du spectacle qui tend à faire de soi-même une sorte d’œuvre à admirer plutôt qu’un être à aimer, eh bien oui, il vaut mieux être « bien roulé » en effet…

A l’époque où j’ai découvert le Yoga, à aucun instant je n’aurai envisagé en faire une profession, je n’imaginais même pas que cela puisse en être une ! C’est après plusieurs années de pratique intérieure que s’est naturellement imposée à moi l’évidence de consacrer ma vie au Yoga par la pratique et la transmission de celui-ci. Et ce que j’entendais – et que j’entends toujours – par « pratique et transmission du Yoga » ne se limite pas aux Asana et aux Pranayama que l’on fait sur un tapis, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle, entre autres, j’écris : pour partager au-delà de ce rectangle d’un mètre quatre-vingt sur soixante centimètres.

Aujourd’hui, on assiste à la prolifération de formations de Yoga, que ce soit en Occident ou en Inde qui a trouvé là un formidable créneau touristique (il ne faut pas oublier que le Yoga qui sombrait, comme une Belle au bois dormant dans un long et profond sommeil, a été réveillé dans son pays d’origine par le baiser de l’intérêt occidental). Ainsi, nombre d’aspirants à la pratique envisagent celle-ci comme une voie professionnelle de conversion ou de reconversion et l’abordent comme l’on épouserait un BTS maçonnerie en tant d’années avec un équilibre parfait entre théorie et pratique, et avec la certitude d’obtenir à la fin le papier qui certifiera l’acquisition des compétences requises pour faire sa place dans le « métier ».

Et cette professionnalisation du Yoga a marchandisé celui-ci. On assiste en effet à la multiplication de « marchands de bien-être » face à une société toujours plus en demande (et oui… la loi de l’offre et de la demande a lieu aussi ici…) : de plus en plus de profs car de plus en plus d’élèves et bientôt encore plus de profs que d’élèves, bien que les profs demeurent eux-mêmes d’éternels apprenants…

Le choix de cours et de profs est de plus en plus grand. Alors il faut savoir vendre son cours et… se vendre soi-même…

J’en reviens donc à Amadieu dont l’étude concluait que l’apparence physique jouait un rôle important dans la  « valeur marchande et sociale » d’un individu.

J’en reviens aussi aux injonctions de ce yogi que j’ai rencontré, évoqué plus haut, qui insistait sur l’importance de travailler mon « image » si je voulais « faire (ma) place dans un milieu qui est de plus en plus concurrentiel ». Là encore, je le cite.

Alors oui, effectivement, vu sous cet angle, il faudrait probablement être « bien roulée » pour « réussir » dans le Yoga…

Il suffit de constater les efforts de présentation de soi déployés par de nombreuses pratiquantes[1], affublées de toute la panoplie de la jolie petite yogini avec, en tête, la tenue bien ajustée et les bijoux ethniques qui vont avec (notamment le fameux mala, collier de 108 perles servant d’instrument de méditation mais ici déspiritualisé pour être recyclé en accessoire de mode).

 

Mais…

On peut voir ici tout le paradoxe que cela contient quand on sait que le Yoga est avant tout une pratique de retour à l’essence de soi, un soi libéré de tous les vestiges de l’ego qui tend à faire de lui une icône en représentation.

Mais lorsque la peur de ne pas être assez bien, de ne pas être assez aimable, de ne pas être assez aimé disparaît, que reste-t-il ?

L’essentiel !

L’essentiel revient à comprendre de tout son être (pas seulement intellectuellement) que, contrairement à ce que l’on tend à voir de plus en plus, le Yoga n’est pas un outil d’immortalisation du corps afin que celui-ci soit pour toute la vie, et même au-delà de la vie, beau, jeune, mince, athlétique, séduisant, en pleine santé, etc. etc. « Faire » du Yoga pour obtenir ou entretenir la réalisation de ces aspirations revient à alimenter encore davantage l’ego qui est essentiellement nourri par la peur de mourir. La peur de la mort dont il est question est la peur de la mort de ce qui est périssable, à savoir le corps. Tout cela vient du mécanisme pernicieux qui est à l’œuvre en chaque être humain et qu’il convient de discerner afin de mieux pouvoir s’en délivrer : l’identification au corps, la confusion entre l’ego et le Soi.

C’est ici que la pratique commence vraiment en fait. Tout ce qui est fait avant n’est qu’une préparation à cette véritable pratique. Car nous ne « faisons » pas du Yoga. Tant que l’on reste dans cette illusion que c’est nous qui « faisons », nous restons piégés dans l’illusion que nous « pouvons », que nous avons donc le « pouvoir » sur nous-mêmes. C’est cela même qui crée l’inflation satisfaite de l’ego lorsque celui-ci fait face à ce qu’il considère comme une réussite (par exemple, parvenir un jour à faire une posture que nous ne savions pas faire jusque là). C’est aussi cela qui crée l’affliction lorsque quelqu’un nous dit qu’il faudrait être plus « jolie » pour être « plus crédible comme prof de Yoga », créant alors en nous la culpabilisation de ne pas réussir à faire de nous-même quelque chose de mieux… 😉

Non, nous ne « faisons » pas du Yoga. Ou bien, si l’on fait du Yoga, on reste alors en surface de ce que la pratique a à offrir. C’est peut-être déjà bien, mais c’est surtout bien dommage.

Lorsque l’on comprend que ce qui se passe en nous dans la pratique (là encore, lorsque je parle de « pratique », j’entends celle-ci au sens large et pas seulement ce qui se passe sur un tapis de Yoga, dans une salle de Yoga, guidé(e) par la voix d’un(e) prof de Yoga), lorsque l’on comprend intimement que ce qui se passe en nous dans la pratique nous dépasse largement, alors on peut goûter un aperçu de ce qu’est le Yoga, que ce qu’il propose n’est pas une immortalisation du corps mais au contraire une acceptation de la nature imparfaite et parfaitement limitée de celui-ci. Que, plutôt que de nager à la surface de soi-même (l’enveloppe corporelle), ce que le Yoga propose est l’immersion au plus profond de soi, là où est préservé le véritable trésor qu’aucun artifice extérieur ne saurait détrôner, là où palpite secrètement le seul fruit qui en nous est impérissable, la seule lumière qui en nous est immortelle.

Alors, non. Non, il ne faut pas nécessairement être « bien roulée » pour « être » en Yoga. Celui-ci, tout comme l’Amour auquel il initie, est présent en chacun et chacune, le seul effort étant de s’autoriser la déconstruction de tout ce qui empêche celui-ci de se révéler.

Marie Ghillebaert

[1]Je parle ici au féminin car il s’avère que, dans le domaine, la gente féminine est plus concernée par le sujet. A la fois parce que les femmes sont aujourd’hui plus représentées dans la pratique du Yoga, mais aussi parce que – je m’en réfère encore à Amadieu – celles-ci sont également plus touchées par l’effet de halo dont il parle (cf. extrait de la fiche de lecture de son ouvrage in corpus).

Et vous qu’en pensez-vous ? Faites nous part de votre opinion dans les commentaires.

Marie Ghillebaert

À Propos de Marie Ghillebaert

Marie a étudié la sociologie et l’ethnologie. L'humain l'intéresse. Elle étudie, pratique et transmet le Yoga avec enthousiasme. Après avoir suivi une formation Viniyoga avec Claude Maréchal, elle a été diplômée ETY et elle est à présent enseignante IFY . Au cours de plusieurs stages, elle a reçu l'enseignement de Michèle Lefèvre (Yogamrita) en Yoga et Ayurveda. Considérant qu'elle a encore tout à apprendre, elle fait de chaque voyage en Inde l'occasion de développer son expérience et sa connaissance du Yoga en suivant des enseignements de différentes traditions. Le Yoga qu'elle transmet est ainsi le fruit des diverses inspirations qui l'épanouissent dans sa pratique personnelle et qu'elle a à cœur de partager avec ses élèves.Le Yoga qu'elle transmet est ainsi le fruit des diverses inspirations qui l'épanouissent dans sa pratique personnelle et qu'elle a à cœur de partager avec ses élèves à Lille et dans les Flandres



'Faut-il être « bien roulée » pour « faire » du Yoga ?' have 62 comments

  1. 2 novembre 2016 @ 12 h 59 min Christiane

    Le concept de beauté est lui aussi un grand sujet à controverse. Qu’est-ce être beau/belle? Rien à voir avec « être bien roulé(e) »…Il n’en reste pas moins qu’une pratique de yoga véridique, assumée et équilibrée, rend beau même si on est « mal roulé(e) ». D’ailleurs comme vous le soulignez, cette personne mérite-t-elle le nom de yogi ???? Marie, Restez surtout comme vous êtes! moi je vous trouve très bien!

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    • 2 novembre 2016 @ 21 h 47 min Marie

      Bonsoir Christiane,
      Oui vous avez tout à fait raison, outre le fait qu’elle soit totalement subjective, la notion de « beauté » recouvre surtout une dimension bien plus profonde que quelque chose qui relèverait de la simple apparence physique.
      Ici, dans ce texte, traité sous un axe essentiellement sociologique (mais pas que !), je fais référence à la « norme de beauté » sociologiquement entendue, c’est-à-dire un modèle socialement reconnu comme physiquement beau. En cela les médias, notamment les magazines, soutiennent un rôle éminent dans l’élection de tels ou tels critères de beauté.
      Concernant le yogi auquel je fais allusion dans le texte, je ne serai jamais juge de qui que ce soit dans le domaine. Même les plus grands yogis ont pu connaître des moments d’égarement, c’est le propre de la nature humaine : yogis mais pas dieux… 😉 Par ailleurs, pour avoir eu de longues discussions avec lui plus ou moins douloureuses, je ne crois pas me tromper en avançant qu’il a évolué dans sa perception de l’apparence « idéale » que devrait avoir, selon lui, une représentante du Yoga. Du moins, j’ose l’espérer…
      Bien à vous Christiane.

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  2. Yoganova

    2 novembre 2016 @ 13 h 26 min Yoganova

    Coucou Marie, je voulais juste ajouter quelques mots pour souligner combien je suis heureux de publier ce texte. Il est courageux, engagé et soulève deux questions particulièrement importantes sur le culte du corps et les rouages marketing dans le yoga moderne.

    Nous avions déjà un peu abordé ces sujets mais jamais de manière si personnelle. Quand aux conseils marketing de ton « ami » pour te rendre plus « bankable » sur le « marché », en plus de la goujaterie, ils sont ridicules, malvenus et dénottent assez bien le niveau de conscience et les priorités de cette personne.

    A l’écouter Amma serait trop grosse pour être crédible en tant qu’enseignante spirituelle et Ramana Maharishi pas assez baraqué…Bref, mieux vaut en rire.

    Encore bravo pour ce texte.

    Arnaud pour Yoganova

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    • 2 novembre 2016 @ 21 h 52 min Marie

      Merci infiniment à toi, Arnaud… Et notamment de croire suffisamment en moi, bien plus que moi en moi-même parfois… 😉 , pour m’aider à franchir les obstacles que représentent mes peurs (toutes mes peurs 😉 ).
      Je m’en tiendrai à ce sobre remerciement, tu connais toute la reconnaissance et la gratitude que je te porte à bien des égards. :)

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  3. 2 novembre 2016 @ 14 h 43 min Klimis

    Merci pour ce lumineux post. Vous avez tellement raison! Je suis désolée moi aussi de voir que le yoga, conçu comme une voie de libération de l’être, est trop souvent récupéré par la société occidentale comme outil de renforcement de l’ego et un piège cruel pour de nombreuses femmes perfectionnistes (dont je fais partie). Il est donc essentiel d’en parler pour éviter que les yoginis sincères se laissent déstabiliser sur ce chemin de crête qui mène à la libération et à la plénitude. Alors merci encore, du fond du cœur.

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    • 2 novembre 2016 @ 21 h 57 min Marie

      Merci beaucoup Klimis pour ce témoignage dans lequel je me retrouve. Le piège de laisser l’Amour de Soi être influencé par ce qui est considéré comme acceptable ou non, joli ou non, etc. est parfois grand… Là est tout l’apport du Yoga : trouver en soi une stabilité et une sécurité intérieures suffisantes pour ne pas laisser s’éteindre notre Lumière intérieure sous l’effet d’un vent glacial qui soufflerait pour tenter de nous faire tomber…
      Namaste

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  4. 2 novembre 2016 @ 15 h 15 min Emilie

    Merci beaucoup Marie pour ce partage ! Le yoga à la base n’a rien à voir avec le « culte du beau », c’est une pratique spirituelle dénuée de religiosité… Nous nous conditionnons énormément à associer la « beauté » de la minceur, du joli vêtement (un vieux jogging c’est super confortable pour faire du yoga, non ?) avec ce qui est « bien ». La beauté est intérieure et ne se préoccupe guère des apparences, qui sont secondaires dans la vie…
    Il y a trop de yogas différents à mon sens sur le marché ; j’ai testé 3 cours et aucun ne m’a satisfaite, pourtant bien différents. Trop sportif pour l’un, trop de visualisations pour le second, et le troisième je ne m’en souviens plus, cela fait des années…
    Je pense trouver un jour « mon » yoga, loin des aspects mercantiles, du culte des apparences et du jugement de la performance.

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    • 2 novembre 2016 @ 22 h 03 min Marie

      Bonsoir Emilie,
      En vous lisant, je prends conscience de façon encore plus grande de la difficulté que cela doit représenter pour quelqu’un qui démarre le Yoga à l’époque actuelle de trouver une pratique qui corresponde à sa recherche personnelle. Comme vous le soulignez, tant de « styles » de Yoga différents, pléthore de cours, beaucoup de déceptions aussi… je m’en rends compte avec des témoignages qui me sont rapportés par certains de mes élèves qui se sentaient perdus à trouver un cours qui leur corresponde et leur parle.
      En tous les cas, je vous souhaite de tout coeur de trouver votre propre Yoga, Emilie et qu’il puisse vous permettre de vous découvrir et vous épanouir de la plus « belle » 😉 façon !
      Namaste

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  5. 2 novembre 2016 @ 15 h 17 min Gaëlle Cosnuau

    Félicitations et merci beaucoup Marie pour ce bel et touchant article qui aborde bien des sujets sensibles ! Étant française en Amérique du Nord (Québec) je vois et vis très très bien tout ce que tu décris ! Je m’évertue d’enseigner et d’apprendre encore au quotidien,aussi près que possible des enseignements, ce qu’est « d’être en Yoga  » plutôt que de « faire ». Nous sommes ici bien-sûr aussi confrontés grandement à cette explosion commerciale et d’apparences du Yoga mais aussi à l’émergence de centres et de professeurs qui restent proches de la tradition, de la spiritualité et de leur essence. Ils où elles les transmettent admirablement et reçoivent aussi je pense après un certain temps une partie de ceux et celles qui pensaient avoir à être « bien roulés », qui embarquaient « tête baissée » dans ce moule mais qui font tout d’un coup ou tranquillement de belles prises de conscience ! Tout ceci ne nous appartient pas et un des plus grand travail que cela nous pousse aussi à faire n’est
    -ce pas acceptation , lâcher prise , non-jugement, pureté (dans nos intentions et nos pensées )? Ce travail sur nous-même et la transmission de nos apprentissages et expériences finit par placer sur notre chemin exactement les bonnes personnes (qui nous font aussi parfois bondir et réfléchir) qui seront en accord (ou non) et rechercheront le type de partages que nous proposons !
    Je suis confiante ( un peu trop optimiste peut-être ? ) que la tendance tend à s’inverser pour une poignée qui va continuer sur la voie du yoga guidés par des gens comme toi et d’autres nombreux !
    BRAVO encore d’oser t’exprimer sur ces sujets qui ne font que « secouer » un peu les esprits embrumés dans ce carcan social mais comme tu le sais nous en sommes tous et toutes des co-créateurs! En ceci responsables si tel est notre choix d’éveiller un lecteur ou un élève à la fois , à notre mesure et selon leur bon vouloir …
    NAMASTE! Bises du Québec xx

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    • 2 novembre 2016 @ 22 h 34 min Marie

      Merci infiniment Gaëlle pour ce si beau commentaire ! Quelle joie de te lire !

      Et que dire de cette phrase : « Ce travail sur nous-même et la transmission de nos apprentissages et expériences finit par placer sur notre chemin exactement les bonnes personnes (qui nous font aussi parfois bondir et réfléchir) qui seront en accord (ou non) et rechercheront le type de partages que nous proposons ! »… Si ce n’est qu’elle ne résume au mieux ce que ressent de façon de plus en plus évidente. En effet, chaque personne mise sur notre route constitue en fait, à sa manière (même si celle-ci est parfois douloureuse), à nous faire avancer un peu plus vers l’essence de nous-même et, comme toi (dans ce cas, nous sommes toutes les deux optimistes :) ), je tend à croire de toutes mes forces en une évolution du Monde vers davantage d’authenticité et d’Amour. En cela nous avons tous notre rôle de guide à jouer nous aussi : plus nous laissons notre Cœur s’ouvrir pour laisser la Lumière qui y règne rayonner dans la pureté de ce que nous sommes vraiment, plus nous autorisons indirectement l’autre à en faire autant.
      J’étais tombée il y a quelques temps sur une citation de Tagore qui disait : « Si j’avais eu la conscience suffisamment claire et les mots suffisamment nuancés pour l’exprimer, j’aurais aimé te dire que nous sommes là pour explorer, découvrir et partager ce qu’il y a de meilleur en nous.
      Chacun possède un trésor. Sois conscient et généreux de ton trésor et, en même temps, reste ouvert, attentif à recevoir le trésor des autres, disposé à apprendre et à te remettre en question.
      Cherche la beauté, la vérité, l’excellence en accueillant aussi ta fragilité, ta vulnérabilité et ton ombre, de sorte d’être à même d’accueillir celle des autres.
      Occupe joyeusement ta place : il y a de la place pour chacun, sinon ni toi ni moi ne serions là. Pense que ta place que tu n’occupes pas pour ne pas déranger reste vide à jamais et réjouis-toi que chacun occupe pleinement la sienne autour de toi. »
      Tout est dit.

      Je t’envoie toute mon amitié, Gaëlle.
      Bien à toi de l’autre côté de l’Océan. :)

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  6. 2 novembre 2016 @ 15 h 24 min Hélène

    Merci Marie pour ce texte et merci Yoganova pour l’avoir publié.
    J’ai moi aussi ce sentiment depuis quelques années, il y a d’abord eu les magazines de yoga qui titraient « s’accepter comme vous êtes » et ne publiaient que des photos de jeunes mannequins très bien roulées et puis, petit à petit, surtout en ville, des cours de yoga remplis de jeunes yogis et yoginis tous plus beaux les uns que les autres et qui vous regardent l’air étonnés parce que vous faites 5 kilos de plus qu’eux ou que, encore pire, vous avez dépassé les 31 ans !
    A la campagne, en tout cas là où j’habite, les choses sont restées différentes, le yoga est vu soi comme une secte, soit comme un truc de mamie, l’avantage est qu’on peut rester soi-même !
    Et puis, chère Marie, il avait très mauvais goût ce garçon-faux-yogi-pas-très-malin, elle est très jolie votre couleur de cheveux !

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    • 2 novembre 2016 @ 22 h 22 min Marie

      Bonsoir Hélène,

      Oui, je sentais moi aussi une grande dissonance entre le « Yoga » en campagne et le « Yoga » en ville. C’est une des raisons qui me freinait à développer des cours en métropole… Mais finalement, avec l’expérience, je constate que les choses se font plutôt bien : les pratiquants choisissent le lieu où ils pratiquent en fonction de l’énergie qui y règne et celle-ci est créée par les autres personnes qui y pratiquent et aussi par la ligne donnée par la personne qui enseigne. Ceux qui ne s’y retrouvent pas vont ailleurs… Par ailleurs, je crois que la distinction la plus criante est surtout observable entre ce qui se passe à Paris d’un côté, et en Province de l’autre.
      J’ai la chance d’avoir reçu un enseignement de personnes profondément empruntes d’humilité (je pense particulièrement à Michèle Lefèvre / Yogamrita). Mais j’ai été très souvent choquée de trouver en stage de Yoga des pratiquants qui, pour toute réponse à mon bonjour chaleureux, me toisaient de haut en bas… peut-être parce que j’étais trop maigre (à certaines périodes), un peu plus ronde (à d’autres périodes), pas assez blonde, pas assez fournie mammairement, ou je ne sais quoi encore, allez savoir ! Si ça se trouve c’est juste parce que je ne portais pas un legging à 100 euros comme elles ! 😀
      Avec le recul, après avoir énormément réfléchi à cette contradiction douloureuse par rapport à la prétendue bienveillance que l’on est censé trouver absolument partout dans le milieu du Yoga, je crois simplement que ces personnes ont avant tout elles-mêmes besoin de trouver de l’Amour pour elles-mêmes (et donc, par extension, pour l’Autre) et d’être rassurées par rapport à ce qu’elles sont elles-mêmes (plutôt que sur ce qu’elles paraissent). C’est en tout cas l’hypothèse que j’ai choisi de tenir et en cela j’espère sincèrement que le Yoga puisse les aider à voir au-delà du visible pour découvrir le cœur qui bat sous la peau et les vêtements hype. 😉

      Une lumineuse pratique à vous, Hélène !

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  7. 2 novembre 2016 @ 16 h 09 min Satya

    Bravo pour ce texte . Dommage que vous ne donniez pas le non de ce pseudo Yogi afin que d’autres ne rentrent pas là dedans. Il est vrai que ces derniers temps je me posais la question suivante  » Il faut être un canon de beauté (extérieure) pour faire du Yoga à en croire et voire les images, vidéos » formatrice de Yoga et pratiquante depuis 30 ans , je vois le Yoga se transformer en culte du corps ,^j’espere que nous reviendrons vite à l’essence même du Yoga. Merci pour votre texte

    Répondre

    • 2 novembre 2016 @ 22 h 25 min Marie

      Bonsoir Satya,

      Oh non, le nom n’est pas nécessaire. Le récit de cette expérience n’avait d’autre vertu que d’illustrer le propose du texte à l’aide de quelque chose qui m’a profondément marquée.
      Je suis d’accord avec vous concernant la récupération du Yoga à des fins mercantiles et superficielles. Dieu merci, il reste d’authentiques transmissions, partages, échanges et je crois que c’est essentiellement cela qu’il faut tenter de mettre en lumière et de développer.

      Om Shanti

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  8. 2 novembre 2016 @ 17 h 09 min Gord

    Bonjour Marie, votre texte aura au moins le mérite de réveiller en chacun de nous qui le voudra bien cette question, spécialement valable dans le contexte du yoga, mais pas que: « d’où je viens et où je veux aller? » N’est-ce pas la question récurrente et centrale de nos vies, celle d’avoir le désir et le courage de CHANGER. Le yoga n’est-il pas d’abord et surtout un moyen de changer ce que j’aspire à changer en moi (alors que si souvent nous voulons changer les autres, y compris, n’est-ce pas terrible, ceux qu’ont dit aimer?). L’ascèse, la quête de la pureté, de la perfection (notamment dans la pratique des asanas, et aussi de notre aspect physique aussi bien que spirituel), est-ce celà l’essence du yoga? Si c’était celà, j’arrèterais de suite, car ce serait une forme d’intégrisme supplémentaire dont pas plus la société que les individus qui la composent n’ont besoin. Quelle calamité que toute forme d’intégrisme! et la recherche forcenée d’une quelconque pureté restera définitivement dangereuse. C’est le culte de l’ego porté à son paroxysme, il me semble. Alors nos corps, dans tout celà? On peut aimer ce que la nature met sous nos yeux (c’est mon cas, je suis très sensible au corps féminin) mais d’abord chacun de nous ne verra pas le même beau (ou laid) dans tel ou tel corps. Ensuite et surtout, il y a ceux et celles qui en font trop, parfois seulement un tout petit peu trop: mais là, toujours un hiatus se dessine qui va nous montrer des dissonances, des incohérences entre corps et esprit, corps et âme. Il manque alors la grâce…Pour ma part, je compte sur mon 6e sens, mon intuition, ajna, qui m’avertit alors que je dois passer mon chemin… Evidemment, quand il s’agit d’ériger en système ce type de manifestation ou de culte des apparences (regardez les 1eres page des magazines de yoga, c’est absolument de la même veine que pour les magazines dits féminins, d ‘ailleurs tous, ou à peu près, aux mains de mâles!), il me semble que le 6e sens n’est plus nécessaire: c’est du marketing, auquel se laisse prendre qui veut. Que vous importent ces outrances? Nous avons mieux affaire que nous en occuper. Le monde sera toujours ainsi et il l’a toujours été, c’est le monde (un peu de taoïsme ne saurait nuire!). Et maintenant, je vais même me faire l’avocat du diable: soyez belles et beaux, soyons beaux, chacun à notre manière faisons tout notre possible pour celà, dans le principal et l’accessoire. Ne comptons pas que sur la chance ou la malchance pour nous justifier d’être beau ou moins beau. Car le beau c’est la Lumière du monde, et chacun de nous peut être un de ses astres
    Joël Gord

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    • 2 novembre 2016 @ 18 h 31 min Vincent

      Permettez-moi de ne pas être d’accord quand vous dites :

      « Que vous importent ces outrances? Nous avons mieux affaire que nous en occuper. Le monde sera toujours ainsi et il l’a toujours été, c’est le monde (un peu de taoïsme ne saurait nuire!). Et maintenant, je vais même me faire l’avocat du diable: soyez belles et beaux, soyons beaux, chacun à notre manière faisons tout notre possible pour cela, dans le principal et l’accessoire. »

      Pour ma part je ne peux tolérer qu’on salisse le Yoga avec toutes ces dérives marketing, cette superficialité, ces débilités en tout genre. Il est normal, quand je vois un tas d’ignorants en face de moi se gargarisant de leur mauvaise direction, que je leur explique que ce yoga qu’ils croient pratiquer n’en est en fait pas. Ne rien dire c’est se rendre complice de ces bassesses qui, au final, plus que de maintenir les gens dans l’ignorance et l’égo, en détourne trop ailleurs qui pensent que cette discipline spirituelle merveilleuse n’est pas pour eux alors qu’ils n’en tireraient que des bénéfices.

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      • 2 novembre 2016 @ 19 h 22 min Gord

        Bonsoir Vincent.
        Bien sûr que votre avis peut différer du mien. Par contre je ne crois pas avoir écrit « ne rien dire », puisque j’ai moi-même éprouvé le besoin de m’exprimer. Simplement, je ne peux pas me sentir responsable de ces conduites que vous dénoncez. Je les regarde de loin, comme on regarde passer les nuages… Que chacun devienne responsable de lui-même, et laisse à l’autre toute liberté de se conduire différemment, celà aussi me paraît être une valeur de l’enseignement du yoga. Déjà, Patenjali avait écrit, il me semble, que pour beaucoup la voie du yoga serait très éprouvante, un travail très difficile, alors que certains auraient son résultat (l’illumination) sans avoir rien fait, du moins en apparence, dès leur venue sur terre… Je sais, pour ma part, que j’appartiens au premier groupe. Ca ne me laisse aucune illusion sur l’état du monde, mais je ne veux pas cultiver l’amertume, et encore moins la peur: j’ai adopté la fable de Pierre Rahbi, n’étant qu’un petit colibri qui souhaite faire sa part du travail. Le travail sur le corps, certes. Mais avant tout le travail mental sur soi à la recherche de ce qu’en yoga on nomme yama et niyama.
        Joël

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    • 2 novembre 2016 @ 23 h 08 min Marie

      Bonsoir Joël,

      Je suis bien d’accord avec vous concernant la dangerosité de l’intégrisme d’une pureté et d’une perfection à rechercher à tout prix. Chacun(e) n’en connaît que trop bien les ravages, sur un plan universel comme sur un plan personnel. En ce qui me concerne, c’est précisément cette quête de pureté spirituelle qui m’a amenée très loin, presque trop loin dans une démarche d’extinction physique jusqu’à ce que ma rencontre avec le Yoga m’aide à relier chaque fragment de moi-même que j’effaçais jusqu’à ne plus exister qu’en pointillés.
      Voilà pourquoi ces « outrances m’importent » pour reprendre votre question.
      Parce que la place du corps est un thème que j’ai étudié sous toutes les coutures, non par des lectures mais par ma propre expérience, sur un plan physiologique, sociologique, ethnologique, spirituel et j’en passe.
      J’ai un respect, une reconnaissance et une gratitude indescriptible pour tout ce que le Yoga m’a enseigné. C’est pour cette raison que s’est présentée à moi l’évidence de le transmettre. Je suis témoin au quotidien de bien trop de blessures explicites ou muettes, marquées dans les mots ou dans les corps, pour ne pas m’engager à protéger ce qui me semble être abîmé par des enjeux économiques ou du moins artificiels. Cela a été un vrai combat en moi pour savoir si je devrais publier ou non cet article car je m’y expose et je n’aime pas beaucoup avoir à m’exposer mais, si ce partage peut réconforter au moins une personne, alors j’estime que ce ne sera pas vain.
      Dans votre second message en réponse à Vincent, vous dites : « Simplement, je ne peux pas me sentir responsable de ces conduites que vous dénoncez. Je les regarde de loin, comme on regarde passer les nuages… Que chacun devienne responsable de lui-même, et laisse à l’autre toute liberté de se conduire différemment »
      Pour ma part, oui, je me sens une responsabilité, justement en tant que transmetteur du Yoga : celle de dire aux personnes qui aimeraient pratiquer mais en sont dissuadées par des « images idéales de yogi(ni) » que ce que le Yoga enseigne n’a rien à voir avec ce que l’on donne à voir. Nous sommes en effet responsables de nous-mêmes et chacun a sa propre liberté de penser, de faire et d’être différemment de nous. Mais cela n’empêche pas d’énoncer ce qui est essentiel à nos yeux et nous tient à cœur. Sinon nous ne sommes que des spectateurs qui « regardent de loin passer les nuages » ainsi que la société. Vous évoquez Pierre Rahbi… eh bien oui ! justement ! Son message est que faire sa part c’est aussi s’investir dans le monde à son petit niveau, ce qui ne veut pas dire travailler que sur soi-même. A ce propos, je vous invite à lire le commentaire de Gaëlle qui vous précède : nous sommes co-créateurs du monde dont nous faisons partie.

      Bien à vous Joël, Namaste

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  9. 2 novembre 2016 @ 18 h 18 min Vincent

    Cher Marie,

    Tout d’abord, vous l’avez bien compris, cette personne que vous avez rencontrée n’est en rien un yogi. Nous avons un spécimen de plus qui ira grossir les rangs pathétiques de ceux qui n’ont rien compris…

    Votre article, bien qu’intéressant, était-il vraiment utile ? Je ne pense pas, car cela montre ce que ici nous connaissons déjà, à savoir ces multiples dérives, cette dénaturation du yoga qui n’en est plus, par une société de consommation matérialiste en crise, malade et superficielle, ni plus, ni moins.

    Le temps que l’effet de mode passe et que le Yoga réapparaisse sous son unique et véritable jour, c’est à nous de continuer à le présenter correctement, pour couper court à toutes ces débilités qui viennent en générale d’outre-atlantique.

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    • 2 novembre 2016 @ 22 h 45 min Marie

      Bonsoir Vincent,

      Je n’irai pas jusqu’à dire que cette personne n’est pas un yogi, c’est juste son discours a montré dans toute sa splendeur les effets de l’illusion propre au Samskara. Ce qu’il est le regarde lui, personne ne se résume à ce qu’il a montré de lui ni aux propos qu’il a pu tenir à l’occasion d’une rencontre. C’est en tous les cas le choix de recul que je fais concernant cette épisode, auquel se sont ajoutés bien d’autres plus ou moins douloureux aussi, mais ce n’était pas utile d’en faire mention dans le contexte de ce texte.
      Concernant l’utilité de mon texte, eh bien je dirai qu’on s’en fiche un peu à vrai dire de savoir si c’est utile ou pas. Si l’on s’en tenait à ne faire les choses utiles, on ne ferait pas grand chose ! Je ne cherche pas à écrire pour être utile. J’écris, c’est tout. D’autant plus dans ce texte-ci que je ne destinais pas à la publication. Et à un moment vient l’envie ou même le besoin de partager pour échanger. Sinon… pourquoi avez-vous pris le temps d’écrire ce commentaire qui n’est peut-être lui non plus pas utile ? 😉 (je vous taquine :) ).
      En tous les cas, je suis tout à fait d’accord avec vous lorsque vous dites « c’est à nous de continuer à le présenter correctement ». Je nuancerai simplement : « correctement » reste du domaine du subjectif… Je crois qu’il nous revient surtout de présenter le Yoga en notre âme et conscience, en soutenant toute la « beauté » que cette pratique revêt et révèle en chacun(e) de nous.

      Namaste Vincent :)

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      • 3 novembre 2016 @ 1 h 02 min Vincent

        « En tous les cas, je suis tout à fait d’accord avec vous lorsque vous dites « c’est à nous de continuer à le présenter correctement ». Je nuancerai simplement : « correctement » reste du domaine du subjectif… »

        Il va de soi que quand j’écris « correctement » je sous-entends, bien entendu, dans le respect de la tradition et surtout en montrant la profondeur du Yoga, aux antipodes de la superficialité et de la logique commerciale de la plupart des cours actuels.

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  10. 2 novembre 2016 @ 23 h 48 min muntsaky

    Bravo encore pour ce merveilleux article qui nous amène bien à réfléchir. Merci de partager cet article aussi personnel et qui nous fait questionner le pourquoi de ce chemin.
    Le yoga c’est la beauté! Quand je dis ça je ne parle pas des postures parfaites, des pantalons dernier cri…je parle de ce chemin qui nous amène à la connaissance de nous même, de ses valeurs, du partage, de la solidarité, de la vie. ..
    J’ai connu un yogi qui avait des gros problèmes physiques. Il ne pouvait plus faire la plupart des postures…mais sa connaissance, son vécu, son partage et l’amour vers les autres m’ont montré ce que le yoga voulait vraiment dire.
    Namaste Marie _/\_

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    • 3 novembre 2016 @ 10 h 29 min Marie

      C’est une vision du Yoga et de la Beauté que je partage totalement avec toi, Muntsa. Ce qui est beau est l’Amour que révèle la pratique en nous, au cœur de notre être, et qui nous permet de trouver l’Harmonie avec nous-mêmes et tout ce qui nous entoure.
      Je t’embrasse et te souhaite une très belle journée Muntsa !

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  11. 3 novembre 2016 @ 7 h 10 min Isabelle

    Marie, la réponse est dans votre question et vous le savez bien. Mais il est intéressant de dénoncer la manière dont le monde du fitness et du bien-être tente de phagocyter le yoga à des fins commerciales et mercantiles : yoga pants (c’est vrai c’est joli mais on sait toutes qu’un simple legging ou survet suffit), applis smartphone pour la méditation (ça c’est quand même le top de l’absurde!), yoginis youtubeuses en bikini sur la plage (le sable c’est mou, c’est pas l’idéal pour les appuis), lignes « yoga » dans la plupart des grandes enseignes de vêtements (zara, h&m, esprit…), ex top-model hommes et femmes qui se reconvertissent dans l’enseignement de yoga et qui forcément nous dépriment avec leurs physiques tellement parfaits, festivals de yoga avec des profs de renommée soi-disant internationale, dont personne n’a jamais entendu parler et qui débarquent avec stands de jus de coco, tapis de yoga à 80€ pièce, et toute la panoplie du parfait (e) yogi, j’en passe et des meilleures.
    Ce que je trouve magnifique dans la pratique du yoga, quand on a pu toucher à l’essence même de ce qu’est le yoga, c’est que lorsque tout est aligné, corps, mental et souffle, mon corps n’a plus d’importance : pourtant je suis bien là, je suis présente à moi, mais il n’y a plus de limite entre mon corps et le reste, et une joie profonde émerge de l’intérieur, une joie qui n’est pas liée avec ce qui se passe à l’extérieur. C’est ma vision du yoga. Ca ne s’explique pas, cela se ressent, c’est une expérience à vivre. C’est ce que j’essaye de transmettre dans mes cours, c’est la manière dont je vis le yoga. Pas de miroirs, pas de jugement, pas de compétition.
    Abaisser le yoga à une simple pratique de bien-être, coincé entre la manucure, le thé vert et le smoothie, c’est le dénaturer, le déformer, l’appauvrir, le piller, c’est passer à côté de ce qu’il est réellement.

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    • 3 novembre 2016 @ 10 h 37 min Marie

      Bonjour Isabelle,
      Oui bien sûr que la réponse à la question du titre est évidente, c’est justement pour cela que ce titre m’est apparu comme évident. :)
      Je suis tout à fait d’accord avec vous concernant l’absurdité de tout ce marketing autour du Yoga, des stars auto-proclamées et des festivals en tout genre… J’ai d’ailleurs écrit sur le sujet : https://yogasesame.com/2016/10/21/le-grand-cirque-du-yoga/ (version un tout petit peu modifiée par rapport à celle qui avait été publiée originellement ici sur Yoganova).
      Mais cette phrase, Isabelle : « Ce que je trouve magnifique dans la pratique du yoga, quand on a pu toucher à l’essence même de ce qu’est le yoga, c’est que lorsque tout est aligné, corps, mental et souffle, mon corps n’a plus d’importance : pourtant je suis bien là, je suis présente à moi, mais il n’y a plus de limite entre mon corps et le reste, et une joie profonde émerge de l’intérieur, une joie qui n’est pas liée avec ce qui se passe à l’extérieur. » Quelle merveille ! C’est en effet exactement pour cette raison que le Yoga est arrivé dans ma vie comme une évidence, c’est de cette façon qu’il me tient à cœur de le pratiquer et de le transmettre.
      Je vous souhaite à vous et vos élèves une pratique profondément vivante, Isabelle.
      Namaste

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  12. 3 novembre 2016 @ 9 h 26 min Kaivalya

    Marie, tu dois pardonner.

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    • 3 novembre 2016 @ 10 h 26 min Marie

      C’est fait depuis longtemps Kaivalya. Sans cela je n’aurai pu écrire ce texte. 😉
      Namaste

      Répondre

      • 3 novembre 2016 @ 10 h 46 min Kaivalya

        Je ne pense pas Marie, si tu avais vraiment pardonné tu n’aurais pas écrit ce texte et parlé de cette personne.

        Répondre

        • 3 novembre 2016 @ 21 h 21 min Marie Ghillebaert

          Kaivalya, ce n’est pas un texte qui parle de moi (honnêtement ça n’aurait pas grand intérêt), ce qui est abordé ici est une question qui me dépasse largement et mon expérience personnelle n’avait d’autre visée que d’être mise au service du propos du texte afin de mieux incarner celui-ci, que celui-ci ne soit pas juste le récit d’une observation mais aussi le fruit d’une implication réelle. Même si je ne me suis pas posée toutes ces questions en l’écrivant et qu’au moment d’envisager une éventuelle publication, j’ai pu être amenée à réfléchir à couper ce passage, mais j’ai finalement laissé tel que je l’ai écrit par souci d’honnêteté et d’authenticité.

          Répondre

          • 7 novembre 2016 @ 14 h 36 min Kaivalya

            Bonjour Marie,

            Dommage, perso je suis sûr que parler de vous m’aurait fait plus progresser que le sujet présent. Une autre fois.

          • 7 novembre 2016 @ 16 h 25 min Marie Ghillebaert

            Bonjour Kaivalya
            Eh bien si l’on suit votre théorie (cf. votre commentaire précédent), si je n’éprouve pas le besoin de parler de moi c’est probablement que j’ai pardonné… 😉
            Voilà une bien bonne nouvelle ! 😀
            Bien à vous Kaivalya. :-)

  13. 3 novembre 2016 @ 14 h 33 min Liyane Bliksem

    Bonjour Marie,

    Je suis moi même pratiquante et enseignante de Yoga depuis longue date, et à la lecture de votre article, je ne peux que m’exclamer : excellent et (malheureusement) tellement vrai!
    Nous sommes dans une société de sur-consommation ou le paraître, en d’autres termes la superficialité ou le « beau factice » (illustrant à mon sens parfaitement la notion « new-age »), est mis sur un piedestal, au détriment de ce qui importe vraiment, notre conscience et tout ce que cela sous-entend. En somme, la raison d’être du Yoga, ce que baucoup semblent oublier… En même temps, il faut comprendre, la discipline, c’est tellement moins amusant, n’est ce pas?
    Pire encore est le détournement malsain qui a été fait de certains rites du Tantra Yoga (mais pas que) pour répondre aux caprices du consommateur et à la vénalité des « praticiens ». Je pense évidemment en premier au massage tantrique, un réel soin doublé d’une méditation guidée, que l’on réduit trop souvent à un vulgaire massage érotique, voire pire, alors que nous sommes ici aux antipodes de cette mauvaise foi lubrique… (je n’ai rien contre le massage érotique, mais dans ce cas, appelons un chat, un chat!)
    Enfin, je me retrouve tellement dans vos propos, particulièrement lorsque je pense à cette gérante de centre bien-être (quitté depuis) qui me dit un jour : « il faudrait que vous mettiez un peu de rouge à lèvres et des talons hauts » (il est rare que je porte l’un ou l’autre). C’est à se demander ce qu’elle fait lors de ses massages… Triste.
    Pour conclure, je découvre ce site aujourd’hui par l’intermédiaire d’un contact Facebook, et votre écrit me donne envie d’en lire plus, merci à vous pour cette belle authenticité dont fait beaucoup trop défaut notre société moderne!

    Liyane

    Répondre

    • 3 novembre 2016 @ 22 h 52 min Marie Ghillebaert

      Bonsoir Liyane,

      Merci beaucoup pour votre témoignage. Depuis tout pile un an, je découvre le monde du Tantra qui m’apporte un approfondissement de ce que le Yoga m’avait déjà apporté jusque là. J’ai la chance d’être très bien accompagnée sur cette voie et il m’a en effet parlé de ces dérives qui existent dans le domaine. Comme vous le dites, c’est bien triste en effet cette dénaturation des choses.
      C’est la raison pour laquelle les initiateurs au Tantra comme au Yoga ont un rôle primordial à jouer pour permettre à ces disciplines de rester ce qu’elles sont et non pas une sorte de pratique difficilement identifiable qui en porte seulement le nom, allez savoir pourquoi… pour l’exotisme peut-être ? Alors que le plus beau voyage auquel invite le Yoga et le Tantra est avant tout un voyage intérieur. Pas besoin de bouddhas en plastique, de tenue ethnique, de ceci et de cela… Lorsque des personnes qui prennent un premier contact avec moi me demandent ce qu’elles doivent apporter pour assister au cours, je leur réponds : « Vous-même. C’est tout ce dont vous avez besoin. »
      Et c’est bien assez. On peut se passer de tout le reste.
      Voilà aussi ce qui est essentiel : ne pas créer de faux besoins. Non, il ne faut pas ressembler à ceci ou à cela, non il ne faut pas telle ou telle marque de tapis de Yoga, non il ne faut pas une huile de massage constituée avec les essences les plus rares et les plus chères, etc.
      Revenir à la simplicité de soi-même. Dans tous les sens du terme.

      Belle continuation à vous Liyane !

      Répondre

  14. 3 novembre 2016 @ 16 h 09 min kubera

    Merci beaucoup pour ce témoignage ! Je ne peux que rejoindre Arnaud : un texte courageux, touchant, et qui ose dire à voix haute ce que beaucoup de femmes (et quelques hommes) prennent comme humiliation pour ne pas être « comme il faudrait ».

    il y a plein de vertus différentes inhérentes au yoga, et chacun y pioche ce dont il a besoin (ou ce qu’il peut..). Et clairement accepter son corps, son être, se mettre en harmonie avec qui nous sommes « vraiment », la et maintenant, et hyper important.

    Bravo à toi et merci à toutes celles et tous ceux qui refusent de se laisser dicter leur apparences sur des pressions sociales et extérieure !

    Portez vous bien !!

    Répondre

    • 3 novembre 2016 @ 21 h 29 min Marie Ghillebaert

      Merci Kubera pour ce si encourageant commentaire. Je suis profondément en accord avec vous concernant l’importance d’apprendre à se sentir en harmonie avec soi-même, corps, esprit, cœur et âme pacifiés en abandonnant la soumission ou du moins l’approbation à des idéaux tant sociaux que personnels. Voilà un beau travail de délivrance au faux-maître que constitue l’ego et les egos. C’est un long cheminement vers la liberté de s’établir dans la vérité de Soi, dénudé des éventuels masques sociaux que nous nous sentirions obligés de revêtir pour se conformer à ce que (l’on croit que) l’on attend de nous.
      Belle soirée à vous Kubera.

      Répondre

  15. 3 novembre 2016 @ 18 h 20 min sarah

    Bonjour,

    Tout d’abord un grand merci pour nous donner autant de matière à penser et pour votre sincérité qui me touche que ça soit par vos écrits de ci ou de là :)

    Nous sommes tous responsables des mots que nous prononçons et c’est pourquoi j’adore cette prière qui dit « Eternel, mets une garde à ma bouche, Veille sur la porte de mes lèvres ». Malgré la douleur que cela représente, je vous remercie d’avoir partagé avec nous votre expérience. Et je me rends comptes que de la même manière qu’il y a cette quête de beauté dans une pratique qui ne peut être réduite à cela, il y a le même problème avec les mots et leur sens. On nous apprend à dire ce que veulent entendre les autres sans dire que si c’est mots ne sont pas sincères ils n’apportent rien, sinon un leurre. Je me souviens d’un collègue qui me disait « je me suis mal exprimé » comme on peut l’apprendre en formation mais son corps et son ton de voix disaient « tu n’as rien compris idiote » ou c’est comme cette expression « la meilleure version de toi même », je vois ce qu’elle peut exprimer mais ça me parait dans la plupart des cas totalement faux….

    Cela demande beaucoup de travail personnel que de ne pas se laisser tromper par la forme et réussir à accéder au fond.

    Voilà ce à quoi cela me fait penser :)

    Merci pour vos mots sincères, j’aime à le penser, et belle et longue route

    Sarah

    Répondre

    • 3 novembre 2016 @ 21 h 38 min Marie Ghillebaert

      Merci infiniment Sarah pour ce partage très juste. En effet, les difficultés de communication sont souvent à l’origine de nombreuses blessures. Voilà tout le travail de l’humain de réussir à s’entendre… et à s’écouter surtout… La parabole de la Tour de Babel en est une belle métaphore : l’ego des êtres humains mène ceux-ci à l’incompréhension et à l’inconscience de l’autre et de soi-même aussi.
      Je crois que c’est un beau chemin pour soi aussi d’apprendre à prendre du recul par rapport à nos propres blessures, liées à notre sensibilité et à notre histoire propres : apprendre à ne pas laisser dépendre l’Amour présent en nous-mêmes de certains mots ou actes venant de l’extérieur et que nous intégrons en nous comme des éléments destructeurs. En cela, la méditation Tong Len que m’a enseignée une amie chère l’été dernier m’aide énormément : envoyer de l’Amour et de la compassion à soi-même, à un être aimé, à un inconnu, puis enfin à un être qui nous a causé du tort. C’est profondément puissant et réparateur.
      Encore merci pour vos mots qui m’ont beaucoup touchée, Sarah.
      Bien à vous.

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  16. 3 novembre 2016 @ 21 h 32 min Pablo Carigand

    La qualité de votre réaction à cette rencontre pour le moins paradoxale, Marie, est telle que je me demande si vous n’avez pas rencontré un véritable maître ironique! Étant ethnologue/anthropologue également, votre inspiration alimente ma réflexion sur un sujet qui me tient particulièrement à cœur sans pour le moment parvenir à pondre quoi que ce soit: une anthropologie du vécu. Cela implique un renversement de perspective totale et la mise en place d’une méthodologie novatrice adéquate…

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    • 4 novembre 2016 @ 14 h 22 min Marie

      Bonjour Pablo,

      Oui en effet, toute la difficulté tient dans le fait d’avoir le recul suffisant sur le vécu pour que l’affect ne prenne pas (du moins, pas trop) le pas sur l’observation la plus objective possible.

      Au fond, c’est un travail de Yoga à part entière : être à la fois en soi (dans l’expérience vécue de plein fouet en tant que sujet, donc) mais aussi hors de soi (dans une observation détachée, désimprégnée de l’impact des émotions mises en jeu). Un va et vient constant entre la position d’objet observé et celle de témoin. C’est un exercice (sans l’avoir pourtant considéré comme tel) auquel je suis habituée depuis des années, bien avant même de découvrir le Yoga, celui-ci ayant néanmoins affiné ma capacité à me prendre comme objet d’étude tout en m’apprenant à ne plus le faire au détriment de mon droit (et même devoir) à investir ma place de sujet.

      Par un très heureux hasard, car je ne suis pas une grande lectrice, j’ai découvert récemment quelques écrits de Marguerite Porete, une mystique chrétienne du XIIIème siècle ayant fait partie du courant des Béguines et j’ai notamment gardé cet extrait qui a fait particulièrement écho en moi :

      « Comme les Hindous l’ont vu, la grande difficulté pour chercher Dieu, c’est que nous le portons au centre de nous-mêmes. Comment aller vers moi ? Chaque pas que je fais me mène hors de moi. C’est pourquoi on ne peut pas chercher Dieu. Le seul procédé, c’est de sortir hors de soi et de se contempler du dehors. Alors, du dehors, on voit au centre de soi Dieu tel qu’il est. Sortir de soi, c’est la renonciation totale à être quelqu’un, le consentement complet à être seulement quelque chose ».
      (Marguerite Porete, Le miroir des âmes simples et anéanties)

      Le travail du pratiquant de Yoga, du chercheur mystique et de l’anthropologue sont finalement assez proches : faire une rupture épistémologique avec tout ce que l’on croit connaître au sujet de l’objet d’étude, d’autant plus lorsque ce dernier s’avère être nous-même, pour pouvoir parvenir à la connaissance la plus juste et fine de celui-ci.

      Merci Pablo pour votre commentaire et bonne route pour votre projet.

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  17. 3 novembre 2016 @ 21 h 34 min Gord

    Marie, bonsoir.
    Ce que nous disons tous, vous et tous les participants de ce forum, correspond bien sûr à une réalité (mercantilisme, « m’as-tu-vu » , etc…) regrettable. Mais il me semble que c’est aussi l’expression d’une souffrance diffuse, passée mais encore actuelle, chez beaucoup qui peut-être ne s’aiment pas tels qu’ils sont. Alors, je rejoindrais ainsi volontiers celui ou celle qui a écrit plus haut sur le pardon, sous le pseudo Kaivalya. Certes, en comparaison, notre débat et bien véniel, mais il me remémore les paroles de Jésus crucifié : »Père, pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ». C’était le même homme qui, quelques années plus tôt, chassait violemment les vendeurs du Temple… Comme si, malgré les obstacles grandissants et les attaques de ses semblables (ou grâce à eux, peut-être?) il grandissait lui aussi: ahimsa remplaçait la bastonnade contre les marchands. N’avons nous pas mieux à faire que de la bile noire (mélancholie), de l’amertume, de la rancoeur… Une fois la dénonciation faite des errements que nous condamnons, efforçons-nous de briller comme autant de soleils (briller, c’est donner la lumière d’amour). Ca me rappelle une anecdote: récemment, en sortant d’un cours de yoga, j’entre dans une boutique voisine d’aménagement maison. Sans préambule, les deux personnes qui s’en occupent me disent qu’elle pensent que je sors du yoga, parce qu’elles ont remarqué combien tous ceux qui en viennent sont affables, souriants, épanouis, et respirent l’harmonie. Alors, j’ai su un peu plus que j’avais une prof de qualité. Merci à elle et à vous-tous.
    Joël

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    • 3 novembre 2016 @ 22 h 08 min Marie Ghillebaert

      Bonsoir Joël,
      Merci beaucoup pour ce partage très juste avec lequel je suis bien d’accord.
      Toutefois permettez-moi d’être un peu intriguée car je n’ai pas le sentiment d’avoir fait preuve dans ce texte de virulence, de violence, ou même d’amertume ou de rancœur. Bien au contraire. Je ne prendrai pas la peine de m’auto-citer, ce serait assez ridicule, mais il suffit de relire de nombreux passages du texte, à commencer par la fin du passage personnel qui semble vous troubler, Kaivalya et vous, ainsi que la fin du texte.
      J’ai tendance moi aussi à privilégier l’intérêt pour la Lumière, pour la Joie, pour l’Amour plutôt que les dénonciations et les plongées dans l’obscurité.
      Toutefois, lorsque j’entends ma filleule (nièce) de 6 ans me dire, alors que je l’initie au Yoga à sa demande, que telle ou telle chose elle ne peut pas le faire parce qu’elle a un gros ventre (d’après sa maman, c’est-à-dire ma belle-soeur)… Là encore ce n’est qu’un exemple… je crois qu’il y a un réel travail à faire et je crois que le Yoga est justement une des plus belles voies d’appropriation et d’acceptation de son corps et, au-delà, de soi-même. Alors entendre des personnes (pas que ma nièce) se croire « pas adaptées » pour le Yoga pour de multiples raisons, notamment parce qu’elles ne parviennent pas à s’identifier aux modèles qui leur sont proposés me donne à penser qu’il est important pour ces personnes de savoir que si, elles sont belles et adaptées telles qu’elles sont pour pratiquer le Yoga, aimer, s’aimer elles-mêmes et être aimées.
      Je trouve qu’il serait malsain de se contenter de fermer les yeux et compter jusqu’à trois avec l’espoir que, quand on les rouvrira, ça y est on s’acceptera et s’aimera soi-même de façon inconditionnelle. C’est un long chemin. Je ne le sais que trop bien. Et le Yoga est un merveilleux compagnon dans cette voie. C’est la raison pour laquelle personne ne devrait s’en sentir privé.
      Sans entrer dans la rancœur ou l’aigreur, il est je crois essentiel cependant de faire preuve de discernement quant aux mécanismes de l’ego, comme je le dis dans le texte : à la fois l’ego qui pousse à la mise en scène d’un soi idéal et finalement peu humain, mais aussi l’ego qui mène à la comparaison à ces modèles impossibles et de fait à la dévaluation de soi.
      Cela fait selon moi partie intégrante de Svadhyaya, l’étude de soi : apprendre à composer avec ce que nous sommes et avec la réalité du monde qui nous entoure.
      Et cela n’est absolument pas incompatible avec la Lumière, le rayonnement, le sourire et tout le reste que vous évoquez si bien. Bien au contraire…
      Je vous souhaite de beaux moments de Grâce avec l’accompagnement de votre professeur qui en effet, si elle vous guide à vous sentir plus heureux à la fin de la séance par rapport au début, alors oui elle transmet le Yoga avec justesse.
      Bien à vous, Joël. :)

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      • 4 novembre 2016 @ 17 h 10 min Gord

        Marie, bonjour.
        Ce n’est pas d’amertume ou de rancoeur, dont je parlais, mais bien de souffrance. Le yoga n’est-il pas avant tout une voie de recherche pour éradiquer les souffrances humaines, quelles qu’elles soient? Et en celà, notamment, c’est une expérience individuelle, comme la souffrance elle-même. Pensez-vous qu’elle puisse être collective? Aussi, quand la souffrance vient de l’extérieur de soi, dire stop! peut paraître évident (et pourtant, nombreux sont ceux d’entre nous qui, du fait de leur passé, bien souvent, ne sachant pas dire non! ou stop! ont la nécessité de l’apprendre ou réapprendre à l’âge adulte) mais quand celà se passe intimement à l’intérieur de soi, n’est-ce pas bien plus difficile encore de parvenir à dorénavant refuser de subir mais tout autant de créer cette souffrance en soi? Et lorsque je parle de violence, c’est avant tout à cette pulsion d’auto-destruction qui s’imisce si facilement en nous, que je fais référence. Or, si je parviens à justifier celle-ci vis à vis de moi-même, consciemment ou inconsciemment, comment ne pas comprendre l’aisance avec laquelle je justifierai celle-là: ma violence extérieure de destruction de l’Autre, ou sa tentative? Ahimsa me paraît vraiment être le pivot universel de la voie du yoga, mais plus généralement de tout épanouissement de soi dans l’harmonie universelle. Dit autrement: est-ce que (hors d’une vision anthropocentrique) les arbres se gênent entre eux dans la forêt primaire? Ne me répondez pas que les arbres ne sont pas des êtres sociaux: même la science vous dira qu’elle a des preuves qu’ils communiquent entre eux… La vie n’est-elle pas un mystère qui mérite toute notre attention, et la fin de la souffrance (je ne dis pas simplement la douleur) ne justifie-t-elle pas de mobiliser toutes nos énergies physique, mentale, spirituelle et autres? Qu’en pensez-vous? Tout ce que vous avez développé plus haut correspond, il me semble, à une source de souffrance pour les uns(unes) mais de plaisir pour d’autres. Durant tout l’espace de notre vie, peut-être nous revient-il d’apprivoiser aussi bien la souffrance que le plaisir…Du yin et du yang doit-il y avoir un jour un vainqueur?

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        • 5 novembre 2016 @ 3 h 04 min Marie Ghillebaert

          La souffrance que l’on rejette (dvesha) et le plaisir que l’on recherche (raga) n’existent pas plus que l’image que nous nous faisons de nous-mêmes et que les autres peuvent avoir de nous-mêmes. Tout n’est que projection ou encore création de notre mental ou égo. Rien n’existe vraiment. C’est la raison pour laquelle il convient de ne veiller à s’attacher ni à la souffrance, ni au plaisir d’ailleurs.
          Comme vous le dites si bien, ce qui peut être source de souffrance pour l’un peut en fait être source de plaisir pour l’autre.
          De la même manière, comme de nombreuses personnes l’ont relevé dans leur commentaire, la notion de « beau » ou de « laid » est une détermination imprégnée de la subjectivité de chaque juge.
          Tout cela n’est guère très important en réalité.
          L’essentiel est ailleurs.
          Je vous rejoins lorsque vous dites que l’on peut dire stop à la souffrance. Je crois aussi qu’il peut exister une forme d’attachement à celle-ci qui conduit à la nourrir, en fin de compte à ne sentir existant qu’en tant qu’être souffrant avec la peur que, si la souffrance disparaît, on disparaisse avec elle. Il s’agit d’une identification à la souffrance. J’ai très bien connu cela et l’auto-destruction à laquelle cela mène. J’en suis aussi bien trop souvent témoin autour de moi.
          En effet, Ahimsa est sans l’un des plus essentiels enseignements que le Yoga ait à nous transmettre. Le Yoga-Sutra II.16 (Heyam dukham anagatam) ne dit rien d’autre : ce qui est à éviter est la souffrance à venir. Et effectivement, ahimsa – la non-violence – en est le meilleur outil.
          Mais pour que cette non-violence soit naturelle car je crois qu’elle, encore faut-il qu’il y ait compréhension, ce qui réclame étude.
          Le Yoga nous enseigne que la souffrance trouve son origine dans l’ignorance : Avidya, source de tous les klesha (afflictions).
          Lorsque l’ignorance est levée grâce à la connaissance, la non-violence coule de source. Elle n’a même pas besoin d’être nommée. Elle va de soi.
          A partir du moment où nous parvenons à la conscience de ce que nous sommes, dans le discernement de ce qui brouille cette connaissance de ce que nous sommes vraiment, nous pouvons alors baisser les armes car nous sommes établis dans notre être sans avoir ce besoin de nous défendre contre vents et marées.
          Dans tous les cas, nous faisons ce que nous pouvons avec ce que nous sommes. Et, à défaut de parvenir à éradiquer toute souffrance, ce qui est là encore bien illusoire car tant que nous sommes incarnés nous aurons à y être confrontés, la disparition de la souffrance signant la fin des cycles du samskara. A défaut de parvenir à éradiquer toute souffrance, disais-je, nous n’avons d’autre choix de composer avec. D’honorer la souffrance en l’accueillant plutôt qu’en cherchant à tout prix à s’en débarrasser car là encore ce serait faire preuve de violence. Reconnaître sa propre souffrance est déjà une partie de la guérison de celle-ci. Et, comme je l’ai mentionné dans le texte, mais à bien des reprises déjà dans d’autres textes que j’ai pu écrire, la souffrance a aussi des vertus : elle nous humanise, elle nous rend plus humbles (nous n’avons pas les pleins pouvoirs d’aller parfaitement bien, nous avons nos parts de vulnérabilité), elle nous aide à developper de la compassion pour les parts blessées en nous, et donc à nous aimer tout entier (pas seulement les parts dont nous aurions à être les plus fiers). Et nous sommes notre meilleur sujet d’expérimentation : en travaillant cela en nous, nous pouvons alors aussi travailler cela en l’autre. En apprenant à aimer ce qui est fragile en nous, nous sommes aussi plus à même à accueillir les failles de l’autre.
          La souffrance est utile selon moi. Cest un outil de progression dans note cheminement. Parce que, comme vous le dites, en effet elle justifie de mobiliser en nous toutes nos énergies, et même des énergies que nous ne soupcionnions pas avoir. Il s’agit donc d’un fabuleux outil de connaissance de soi.

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          • 6 novembre 2016 @ 22 h 23 min Gord

            Bonsoir Marie.
            Je ne vais pas pouvoir être d’accord avec vous. Le désir et la souffrance, s’ils peuvent être parfois liés, n’ont pas les mêmes racines. Le désir n’est pas forcément l’avidité, ne mène pas inéluctablement au vol ou au viol, à la tricherie, au mensonge, à la violence ou à la jalousie, la convoitise. Il me semble que le désir est le moteur de la vie. Si j’osais, je dirais que dès le début de la vie, le spermatozoïde et l’ovule ont du désir l’un pour l’autre, sinon nous ne serions pas là pour en parler. La vie se nourrit du désir, même si on pourrait considérer que c’est du fumier que le désir, cependant les plus beaux fruits et légumes (vivants!) poussent sur le fumier. Donc, je ne rejette pas le désir, au contraire je l’affirme pour mieux éviter d’ailleurs qu’il ne soit pas connu, reconnu et donc refoulé. Je souhaite comme dit plus haut l’apprivoiser. Plus de désir, il ne resterait qu’à mourir. Est-ce cela le yoga : où est le lien, l’union entre les parties.

            Si vous permettez, sur ce sujet , ô ! combien crucial à mes yeux, je voudrais vous conseiller la lecture d’un ouvrage que je suis en train de dévorer, pourtant parfois bien ardu (l’auteur est psychanalyste lacanienne ! Et prof de yoga, avec de la « bouteille ») :  »La sagesse du désir » de Christiane Berthelet-Lorelle dont c’est l’un des thèmes.

            Quant à la souffrance, si je ne peux qu’être d’accord avec vous sur l’utilisation pragmatique que j’en peux faire pour grandir, aller vers la libération des klesha, par contre, bien qu’inhérente à la vie (encore que certains ont douté et doutent encore de la souffrance animale, et plus encore végétale. Au sujet de cette dernière, je n’ai, pour ma part que des doutes, pas de certitude, mais ce serait tellement  »pratique » de croire qu’il n’en est rien !), je ne peux en aucune façon ni la souhaiter, pas plus pour autrui que pour moi, et bien moins encore la magnifier. Ce n’est même pas un mal nécessaire. Mais un obstacle rencontré un peu trop souvent sur la route. Un peu comme tous ces  »dos d’âne » installés sur nos chemins. Mais sont-ce eux qui vont nous faire prendre pleine conscience de la fragilité de toute vie, et de la question du respect que mérite fondamentalement la vie ? Permettez-moi d’en douter… La souffrance physique comme morale ne passe-t-elle pas le plus souvent comme le motif d’un combat ? Dites-moi où est ahimsa…
            Alors vous voulez comprendre la souffrance. Au nom des sacro-saints principes patanjaliens (ou supposés tels) de svadhyaya (l’étude de soi et des connaissances du monde) afin de repousser la cause de tous nos malheurs, j’ai nommé avidya, l’ignorance. Allez donc parler de cela, vraiment (je ne suis pas sarcastique) à l’enfant devenu grand, porteur du sida depuis la grossesse de sa mère ; ou à la mère d’un enfant né d’un viol, à cet enfant lui-même ; au survivant d’un couple séparé par la violence aveugle d’un attentat… Je ne l’ignore pas : il reste le pardon (ou la vengeance). Et pour celui qui naît atteint de progéria, qui sait dès ses dix ans qu’il mourra avant son vingtième anniversaire ? Celui qui a perdu tous ses proches dans tel ou tel ras de marée ? Bien sûr il y a le fatalisme/la résignation, et peut-être la résilience.
            Ce qui est formidable avec le genre humain, c’est qu’il (pense) trouve(r) réponse à tout. A voir… Je ne crois pas que la souffrance nous humanise, au contraire. Certes, quand elle n’attise pas chez nous une réponse de violence supérieure à celle de sa cause, elle peut nous rendre plus humble, en rabattre de cette arrogance qui est tellement constitutive à l’espèce humaine (hélas! dirais-je). Quand nous souffrons, nous sommes irrémédiablement seuls, ne croyez-vous pas ? Alors, la peur de ce vide devient parfois le moteur de ce changement, car nous n’avons plus rien à faire de ce sous-produit de l’esprit de meute, social si vous préférez (notre réelle humanité!), qui nous permettait cette arrogance, cette vanité, cet orgueil comparatif car né dans le groupe, la compétition avec notre semblable. La solitude est peut-être notre seul vrai maître, mais un maître sans indulgence. Après, l’amertume, le cynisme, la désabusion comme disait Nino Ferrer, ne sont jamais loin.
            Et c’est, il me semble, pour cela en particulier qu’il fait bon être croyant, puisque celui qui a la foi ne sera jamais seul. Mais en puis-je décider ? Mystère de l’illumination. Je m’incline.
            Je sais : j’ai été long. Pardonnez-moi. Namasté !
            Joël

          • 7 novembre 2016 @ 0 h 34 min Marie

            A qui parlez-vous Joël ?
            A vous-même ?
            Trouvez-moi un seul endroit où j’ai pu écrire que le désir était à rejeter car porteur de souffrance mais que la souffrance était à rechercher car elle est source d’enseignement !
            A aucun instant j’ai écrit cela… et pourtant… c’est ce que vous en avez compris, semble-t-il…
            Vous m’interrogez sur des choses en supposant mes réponses sans que je n’ai même le temps de répondre à vos questions puisqu’il semble que vous connaissez mieux que moi ce que je répondrai…
            Il semblerait que les conversations écrites aient leurs limites…
            Pour ma part, j’en resterai là : les questions que vous soulevez, bien qu’éminemment intéressantes, dépassent largement le propos du texte qui est à l’origine de votre tout premier commentaire et le dialogue semble parfois davantage tourner au monologue.
            Je vous souhaite donc une très belle nuit.
            Puissiez-vous vous poser à vous-même ces questions auxquelles vous me prêtez des réponses qui ne sont pas miennes.
            Bien à vous. Namaste.

  18. 4 novembre 2016 @ 0 h 16 min Joëlle

    Je reste sans voix suite à la lecture de votre article, tant il me touche à de nombreux points de vue. De plus, écrit avec tant de justesse que de mon côté, j’ai peur de n’écrire que des banalités insipides… Je suis massagère, et je ne « fais » pas « du massage » (tout à fait dans le même sens que ce que vous écrivez au sujet du yoga qui se vit, se pratique, relève avant tout de l’attitude intérieure, mais ne se « fait » pas) et je viens de démarrer un « cours », atelier découverte… en fait, je n’ai pas trouvé de terme approprié… de pratiques corporelles que j’ai intitulé « entrez en amitié avec votre corps » et je n’ai pas du tout le profil de la « sportive », « bien roulée », « mince », « pratiquante exemplaire et assidue »… ce qui m’a inquiétée un temps… question « marketing », je ne fais pas le poids (euh? ou un peu trop ?)… et finalement, j’espère que cela va servir plutôt que desservir… car justement, les élèves qui ne sont pas non plus « parfaites » peuvent facilement s’identifier à moi et j’espère aussi ainsi attirer plutôt des personnes en recherche d’intériorité et non avides de résultats superficiels, qui cherchent à s’accepter plutôt qu’à se modifier pour être soi-disant « mieux » (selon quelle norme ? les critères de qui ?), qui recherchent plus d’amour et de bienveillance envers eux-mêmes (leur corps en particulier, mais en réalité leur être tout entier) plutôt qu’une lutte contre… (les kilos en trop, le temps qui passe, les maladies,… la liste est inépuisable)… Enfin, je crois que c’est par nos failles, notre vulnérabilité que nous attirons à nous les personnes, heureusement pas seulement par notre image… et c’est par notre foi, notre passion et le plaisir que nous prenons à la pratique que nous les touchons… Merci à vous pour ce beau texte. Je n’aurais pas pu aussi bien exprimer ce qui me tient à coeur et me fait avancer… Joëlle

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    • 7 novembre 2016 @ 0 h 52 min Marie

      Bonsoir Joëlle,

      Avant tout, merci pour votre commentaire qui me touche précisément parce que si j’ai finalement laissé ce texte être publié c’est en grande partie grâce à une discussion – qui a précédé l’écriture du texte – que j’avais eu avec un « massager » :) qui est devenu un ami.
      Je lui évoquai le fait que je me sens parfois en dissonance entre ma place de transmetteur du Yoga auprès de mes élèves et des ressentis personnels que je peux parfois avoir. Je tiens à transmettre avant tout la Joie de vivre et l’Amour de la Vie mais parfois, comme tout un chacun, il m’arrive d’être confrontée à la tristesse, parfois au désespoir. Alors que faire avec ça ? Faire comme si en permanence tout allait bien dans le meilleur des mondes alors qu’intérieurement il m’arrive d’être en larmes ?
      J’ai finalement compris, comme vous l’écrivez si bien dans votre commentaire, que partager aussi ses parts de vulnérabilité à l’autre autorise ce dernier à ne pas être lui non plus parfait et à développer de la bienveillance pour les failles qu’il peut avoir en lui.
      Exiger de l’autre qu’il nous donne à voir que son meilleur visage revient à nier une part de toute l’étendue de ce qu’il est : à la fois ses sommets lumineux mais aussi ses vallées ombragées. De la même manière, offrir à l’autre seulement le meilleur de nous-même c’est courir le risque de n’être aimé qu’à moitié quand on pourrait l’être tout entier, avec nos joies mais aussi nos peines.
      C’est d’ailleurs là où je voulais en venir lorsque, dans le texte, je remettais en question la notion de « meilleure version de soi » alors qu’il est si important de pouvoir nous embrasser nous-mêmes et les uns les autres dans l’entièreté de ce que nous sommes et non pas seulement le meilleur.
      Alors, je retiens votre dernière phrase, Joëlle : « je crois que c’est par nos failles, notre vulnérabilité que nous attirons à nous les personnes, heureusement pas seulement par notre image… et c’est par notre foi, notre passion et le plaisir que nous prenons à la pratique que nous les touchons ». Oh oui ! Tellement oui !

      Je vous envoie mes chaleureuses pensées pour vous accompagner à transmettre aussi bien que vous le faites.
      Bien à vous.

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  19. 4 novembre 2016 @ 0 h 50 min Daniel sauvenier

    Bonjour Marie

    Je suis très heureux de cette « preuve de courage » que tu nous témoignes et j’ai lu des réponses tout à fait remarquables qui m’ont mises d’excellente humeur.
    En effet elles soulignent l’Essentiel de la Quête au delà des apparences.
    Tout ce qui brille trop à l’extérieur de l’être humain est souvent sombre à l’intérieur et nous voilà une fois de plus pris aux pièges des apparences. « Regardez-moi » !!!! » Comme je fais bien les postures !! Ect.

    J’ai passé une très agréable soirée à méditer ces beaux témoignages qui sont sur la même fréquence de ce que je vis pour l’instant.

    Voici quelques citations de Textes Sacrés qui sont de sacrés textes par leur profondeur et leur puissance d’éveil comme les Yogas Sutras du Seigneur Patanjali et bien d’autres Textes Sacrés.

    Les témoignages exprimés ici vont dans le même sens :

    Evangile de Thomas

    Logion 89
    a dit jésus
    pourquoi lavez-vous l’extérieur de la coupe ?
    ne comprenez-vous pas que celui qui a créé l’intérieur
    est aussi celui qui a créé l’extérieur

    Réf : http://users.telenet.be/thomasevangelie/index_fr.htm

    Le Yoga de la Bhagavad chant II Shri Aurobindo :

    68 : Ce qui est la nuit pour tous les êtres est veille pour celui qui s’est maitrisé . Et ce qui est veille pour eux n’est que nuit pour le sage qui voit.

    M+R Livre VII
    32. Celui qui est instruit éloigne l’illusion et fait paraître la réalité divine. Il sait que tout sort de l’Unique et que tout rentre en lui. Il se connaît pleinement et devient vivant et libre comme son Père et comme sa Mère éternels.

    32′. L’eau précieuse paraît méprisable dans sa simplicité, c’est pourquoi le monde la délaisse, mais la terre morte qui semble ornée de tant de promesses coûte la vie aux hommes soumis à l’apparence.

    Réf : Le Message Retrouvé de Louis Cattiaux
    Note le 32′ doit venir à côté du 32

    70 : Mes paroles sont très faciles à comprendre, très faciles à pratiquer.
    Dans le monde personne ne peut les comprendre, personne ne peut les pratiquer.
    Mes paroles ont une origine, mes actions ont une règle.
    Les hommes ne les comprennent pas, c’est pour cela qu’ils m’ignorent.
    Ceux qui me comprennent sont bien rares. Je n’en suis que plus estimé.
    De là vient que le Saint se revêt d’habits grossiers et cache des pierres précieuses dans son sein.

    Réf : Lao Tseu, la Voie et sa vertu, Ed sagesses

    « François Rabelais
    LA VIE TRES HORRIFICQUE DU GRAND GARGANTUA PERE DE PANTAGRUEL.
    Jadis composée par M. Alcofribas, abstracteur de Quinte Essence.
    Livre plein de Pantagruelisme.

    Prologue de l’auteur

    BEUVEURS très illustres, et vous, Verolez très précieux, – car à vous, non à
    aultres, sont dediez mes escriptz, – Alcibiades, ou dialoge de Platon intitulé _Le Bancquet_, louant son precepteur Socrates, sans controverse prince des philosophes, entre aultres parolles le dict estre semblable es Silenes. Silenes estoient jadis petites boites, telles que voyons de present es bouticques des apothecaires, pinctes au dessus de figures joyeuses et frivoles, comme de harpies, satyres, oysons bridez, lievres cornuz, canes bastées, boucqs volans, cerfz limonniers et aultres telles pinctures
    contrefaictes à plaisir pour exciter le monde à rire (quel fut Silene,
    maistre du bon Bacchus).
    Mais au dedans l’on reservoit les fines drogues comme baulme, ambre gris, amomon, musc, zivette, pierreries et aultres choses précieuses. Tel disoit estre Socrates, parce que, le voyans au dehors et l’estimans par l’exteriore apparence, n’en eussiez donné un coupeau d’oignon, tant laid il estoit de corps et ridicule en son maintien, le nez pointu, le reguard d’un taureau, le visaige d’un fol, simple en meurs, rustiq en vestimens, pauvre de fortune, infortuné en femmes, inepte à tous offices de la république, tousjours riant, toujours beuvant d’autant à un chascun, tousjours se guabelant, tousjours dissimulant son divin sçavoir.
    Mais, ouvrans ceste boyte, eussiez au dedans trouvé une céleste et impreciable drogue: entendement plus que humain, vertus merveilleuse, couraige invincible, sobresse non pareille, contentement certain, asseurance parfaicte, deprisement incroyable de tout ce pourquoy les humains tant veiglent, courent, travaillent, navigent et bataillent »

    La compréhension intérieure de tout ces textes comme celle des contes s’exprime à plusieurs niveaux et le « sens apparent » recouvre « le sens profond », comme la progression dans l’âsana qui part de l’extérieur vers l’intérieur et « Cela » transparaît à travers ce qui apparaît.

    amitiés Yoguiques à tous et toutes

    Daniel

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    • 7 novembre 2016 @ 0 h 37 min Marie

      Un grand merci Daniel pour le partage de ces citations qui sont en effet de beaux outils de méditation !
      En effet, comme vous l’avez constatez, des commentaires très intéressants à la suite de ce texte. Rien que pour ça, ça valait donc le coup. :)
      Je vous souhaite une très belle nuit et une excellente pratique méditative. Je ne me fais pas de souci pour ça, je vois que vous savez où trouver l’inspiration, vos partages en atteste. :)
      Namaste

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  20. 15 novembre 2016 @ 11 h 59 min Rosier Virginie

    Bonjour je viens à peine de finir de lire votre article , et j éprouve un besoin irrépressible de vous remercier pour ce que vous avez écrit . Cela fait un bien fou de lire ce texte d autant plus écrit par une professionnelle du yoga .
    Je suis une novice , une débutante de 3 ans , et je m épanouie complètement à travers la pratique , mais ma révolution mon intérêt a commencé il y a 10 ans . Je suis une cérébrale !! Les livres me réconfortent donc j ai accéder au yoga et à sa philosophie d abord par la lecture ( qui a dépassé largement les simples manuels pratiques) très orientée sur les grands maîtres indiens ou pas d ailleurs . Cependant l évolution des cours de yoga et la professionnalisation à grande vitesse me laisse parfois perplexe dans ma recherche . La standardisation des apprenants , le diktat du legging , les points de vue très obtus , les remarques pas très pédagogues sur les difficultés à réaliser des asanas par manque « d abdominaux » ( je l avoue c est un souvenir personnel encore douloureux !! ) .
    Tout cela m embête , alors je reste sur mon chemin , je fais ma bulle , et chaque cours continue de m apporter plus ou moins mais m apporte toujours , donc je sais que je suis sur la bonne voie . Mais comment vont évoluer les choses ? Comment se protéger de toutes ces dérives ?
    Mais trois enfants âgés de 9 ,6 et 3 ans pratiquent aussi , à quoi va ressembler cette discipline si belle à la base une fois qu elle aura été avalée par le business, le marketing , le marché du bien-être , de la beauté , du « healthy  » ??
    Je me pose la question.
    Et de lire des articles comme les votres je me dit que s est pas perdu , la mode passe , mais tant qu on prend du recul , on peut rester dans la vérité .
    Je vous remercie encore une fois .
    Prenez soin de vous . Amicalement.
    Virginie .

    Répondre

    • 16 novembre 2016 @ 6 h 56 min Vincent

      N’ayez crainte. D’une part, une pratique d’un yoga véritable est toujours possible à celui qui le veut et se donne la peine de chercher (ce qui semble être votre cas), et d’autre part, les dérives actuelles et la dénaturation du yoga sont le fruit d’une mode qui passera, comme tout le reste. Le tout est de rester attentif et vigilant dans ses choix. Vous pouvez rester sereine.

      Bonne pratique !

      Répondre

    • 15 décembre 2016 @ 23 h 49 min Marie

      Bonsoir Virginie,

      Toutes mes excuses pour ma réponse tardive, je viens seulement de voir votre commentaire, je n’avais pas reçu la notification pour me prévenir.
      Merci beaucoup pour votre gentil message et pour votre partage (mais juste une précision : je ne me sens pas « professionnelle du Yoga », je suis encore une grande apprenante moi aussi 😉 ).
      Comme vous l’a répondu Vincent (merci Vincent ! :-) ), je crois qu’il ne faut pas trop craindre, soyez tranquille, les bonnes expériences et les bonnes rencontres pour vous viendront toujours sur votre chemin au moment qui sera juste. Et puis il y a de nombreux profs de Yoga, Dieu merci, qui ne dénaturent pas le Yoga.
      Je vous souhaite en tous les cas une heureuse continuation sur cette belle voie sur laquelle vous êtres en chemin ! :-)

      Bien amicalement,

      Marie

      Répondre

  21. 18 novembre 2016 @ 20 h 59 min Ihndra

    … une belle yogini bien roulée, pourtant !… je l’enroulerai autour de moi !…

    Répondre

  22. 14 décembre 2016 @ 23 h 27 min Adonaï Elohim

    Bonjour Marie,
    Il y a dèjà beaucoup de commentaires mais je veux quand même dire quelque chose. Tu es pas obligée de répondre si tu as pas envie ou pas le temps, oublie la politesse.
    Il est bien ce site !
    Dèja oulala quel courage de faire face aux « débatteurs » dans les commentaires, attention tu rentres dans leur jeu ! Enfin peut-être que ça ne te dérange pas de parler aux mur de briques prophêtes qui savent tout sur tout.
    Je ne sais pas à quoi tu ressembles; mais tu es une belle personne. Tu m’as donné envie de te rencontrer et de te parler « Oh oui ahahah blablabli blababla ». C’est tout ce que je voulais te dire. Je suis content que les « Yogas » de positions occidentaux puissent amener quelqu’un à avoir une reflexion si poussée sur soi. Comme quoi ça marche vraiment en fait. Je pratique aussi les « asanas » enfin à mon niveau c’est juste des etirements associés à une respiration rien de plus. Mais pour moi c’est trop exterieur encore, je considère ça comme la partie entretient du corps de l’Union.
    J’ai aussi vécu un periode d’ascetisme et je me suis identifié à toi vois-tu, c’est bien hein? Je suis donc de ton côté et je hoche la tête en souriant : Madame je suis d’accord avec vous oui oui! Texte intelligent et formidablement bien écrit. Drôle et honnête. Humain. Humble. C’est rare, rare dans le Yoga. Même Yoganova parle de « niveau de conscience » ça me fait peur ! Comme si faire du Yoga depuis des années te transformait en Buddha qui pouvait jauger du niveau du conscience des autres. Maintenant j’ai peur de me faire taper sur les doigts aussi. Ou est l’amour et la compassion? Le pardon ? L’equilibre entre morale et pratique ?
    Je vois beaucoup de dédain dans la spiritualité et beaucoup de compétition et d’ego et je n’aime pas du tout ça. C’est ce qui fait que je suis tout seul en fait. C’est étonnant, j’ai une grande confiance en moi et ma foi est forte, je rayonne et je suis très à l’aise dans mon corps, ceux qui ne comprenent pas voient ça pour de l’égo surdimensionné. Ils pensent que je crois que ces bonnes choses qui sont en moi viennent de moi et pas de Lui. Et il est très dur de le faire comprendre tant le concept d’intelligence créatrice fait peur ! Oui, je, je. Moi. Je, moi-même, mon avis, ma personne mon opinion, moi. Je, je, je. Tout passe par je, je c’est le vecteur! JE SUIS, il y a JE dedans alors pourquoi maintenant je me sens coupable dès que j’ai plus de un « je » dans un texte. J’ai l’impression de sentir les regards inquisiteurs des Yogis « experimentés » qui me toisent du haut de leurs années de pratique assidue. Tout ça parce que les textes sacrés sont trop puissants pour êtres lus par les apprentis, après on croit tout savoir et on veut tout apprendre à tout le monde sans même l’avoit appliqué sur soi-même. Je sais pas ce qui m’arrive ce soir j’ai envie de donner mon avis! Ah oui et j’ai eu peur de mourir ce matin! J’ai escaladé une montagne et je ne savais vraiment pas si j’allais m’en sortir et j’ai eu peur de mourir. J’ai prié donc naturellement hihi je m’en suis sorti mais j’ai demandé beaucoup de courage parce que mes forces me quittaient. Oui les Védas elles disent peur de mourir egal ingnorance blablabla. Sur le papier, oui. Mais quel Yogi ici peut me dire que l’idée de dégringoler une falaise et de souffir le martyre sur la roche jusqu’a mourir seul sans personne pour dire au revoir je t’aime ne lui fait pas peur? Je n’ai pas peur de l’haut dela. J’ai peur du mystère qu’est la transition entre ce monde et l’autre. J’ai plein de peurs en fait. Et oui. Je croyais que je m’en étais débarassé comme le grand prophète que je suis mais pas du tout. C’est pourquoi je me retrouve dans des situations aussi terrifiantes, pour me rappeller à l’ordre. Je suis humain ! Je suis l’imperfection grasse et absolue en perfectionnement et je fais de mon mieux ! Je suis en construction mais je reste une oeuvre d’art ! Merci ! Merci au guru des gurus hein ?
    Merci pour ton super texte. J’aime quand je lis « je suis comme si et je pense comme ça ». Tout est lié à soi, c’est beau c’est pur. Je n’aime pas lire « Ceci est comme ceci parce que je l’ai compris parceque je suis un grand Yogi avec un grand guru très connu » bouuuuh bouuuh *jette des tomates*. C’est beau quand tu parles de tes erreurs et de tes envies de violence. C’est beau de voir de l’humain qui se bat avec un véritable but. C’est infiniement plus puissant qu’un faux illuminé. Et les phrases des résaux sociaux ouiiii c’est exactement ça. C’est tous les « yogis » de la toile qui disent « j’inspire et je suis un vecteur » Auuuuuuuumm. Oui, oui, ah oui? C’est bien bravoooo ! Le truc bibi c’est que t’inspires par ce que tu fais par par ce que tu dis. Je suis en pleine forme.
    Merciiiiii je t’aime

    Bisous bisous

    Répondre

    • 15 décembre 2016 @ 23 h 16 min Marie

      Bonsoir Adonaï Elohim,

      Avant tout merci pour ce commentaire plein de vie, c’est le moins que l’on puisse dire ! (c’est un compliment :-) )
      D’ailleurs, la peur de l’amour (je viens de faire un lapsus… je voulais écrire « la peur de la mort »… j’allais l’effacer mais je trouve ça très intéressant de le laisser… c’est un sujet de méditation à part entière d’ailleurs !)… la peur de la mort, donc 😉 est très lié à l’amour de la vie. En Yoga, on appelle ça Abhinivesha, il s’agit d’une affliction, source de souffrance, c’est très lié à l’attachement. Comme toute source de souffrance c’est un excellent outil pour avancer dans son cheminement pour peu que l’on ne se laisse pas assujettir par ça mais qu’on en fait plutôt un élément nous permettant d’apprendre à mieux nous connaître… et à nous aimer… et donc aussi à étendre cet amour à tout être.
      Je crois qu’en effet, comme tu le soulignes, il est primordial d’avoir conscience de ses failles et de ne pas se cacher derrière notre ego, nous mentant à nous-même et à l’autre, sinon comment peut-on dire que l’on s’aime totalement si l’on ne (se) montre qu’une partie de soi-même, la plus « présentable » à nos yeux ? Aimer entièrement c’est je crois embrasser un être (autrui comme nous-même) tout entier : avec ses parts d’ombre et de lumière. Lorsque l’on parvient à cela, à ne pas être attiré uniquement par le « beau » et dans l’aversion du « moins beau » (je ne parle évidemment pas que du physique), alors on peut dire que l’on est dans l’Amour inconditionnel. C’est à mes yeux cela le plus grand éveil. Maîtriser la posture sur la tête et la tenir pendant une heure, faire un pranayama avec 62 secondes en rétention poumons pleins, méditer pendant 40 jours et 40 nuits dans une grotte à l’écart du monde, etc. Tout cela peut encore être du domaine de l’ego, du défi à soi-même si les intentions ne sont pas claires.
      J’aime beaucoup ton humilité en tout cas. Reconnaître que l’on est débutant, quand bien même on a des années de pratique derrière soi, reconnaître que oui on peut être terrassé par la peur, reconnaître que l’on a besoin de l’autre, que l’on n’est pas auto-suffisant, que l’on n’est pas tout puissant, ça c’est essentiel.
      Honnêtement, je n’aime pas trop non plus les histoires de hiérarchie, de degré d’éveil ou je ne sais quoi encore, qui est-on pour décréter de l’état du cheminement de quelqu’un… et même de l’état de notre cheminement à nous d’ailleurs.
      Nous n’avons jamais fini. Nous ne pouvons que nous mettre en route et continuer à marcher, même si parfois on se retrouve au bord du précipice comme vous ce matin, ne pas renoncer à avancer. Certains diront « oui, mais il faut bien une motivation, un but pour avancer, sinon à quoi bon ? ». Je crois que l’éveil n’est pas un but, il n’est qu’une conséquence, peut-être même – mais je ne sais probablement pas de quoi je parle – peut-être même donc qu’il n’est qu’une étape, si ça se trouve même il n’existe pas et que l’éveil est le cheminement en lui-même. Qui peut le dire ? Seuls les êtres qui ont vécu cet expérience d’éveil pourraient en parler. On peut toucher du doigt des moments de grâce. Mais est-ce cela l’éveil ? Je ne crois pas. Et en fin de compte, j’ai presque envie d’oser écrire… allez… j’ose ! : on s’en fiche un peu ! Le principal, à mes yeux, est la foi en notre potentiel d’Amour. Le reste…
      Il existe parfois des personnes tellement absorbées dans cette quête d’élévation spirituelle qu’ils se coupent complétement des autres et d’eux-mêmes. Je peux en parler, j’ai vécu une dizaine d’années comme ça. J’étais dans tout sauf dans une démarche spirituelle en fait. Je me croyais profondément spirituelle car j’avais effectivement une vie profondément ascétique, des préoccupations complétement coupées de la matière, etc. En réalité, j’était complétement dominée par mon ego. Il n’y avait pas d’Amour, juste de la peur et ce fantasme de l’autosuffisance du genre « je n’ai besoin de personne », « je n’ai pas besoin de manger », « je n’ai pas besoin d’amour », « je n’ai pas besoin de dormir », etc etc. Avec le recul aujourd’hui, je peux enfin reconnaître que je faisais complétement fausse route, je croyais être sur la Voie mais j’étais complétement à côté. Mais c’est parce que je suis passée par cette expérience là que j’ai pu comprendre énormément sur moi-même et essayer alors de me libérer de ces fausses certitudes que j’avais et qui freinaient en fait mon évolution alors que j’étais persuadée qu’au contraire c’est ce qui m’aiderait à avancer.
      Je suis loin d’en avoir terminé bien sûr mais maintenant, probablement en grande partie grâce au Yoga mais aussi aux bonnes rencontres au bon moment, à des circonstances favorables, etc. , j’ai acquis davantage de discernement pour éviter de tomber dans les mêmes pièges. Ca ne m’empêche pas d’y tomber parfois mais au moins maintenant j’en ai conscience et c’est ce qui m’aide à me relever.
      Quoi qu’il en soit, nous avons toutes et tous notre « travail » à faire et je crois que ce qui peux nous aider le plus c’est l’honnêteté : ne pas nous chercher des excuses bidons, avoir une certaine clairvoyance sur ce que nous sommes, encore une fois dans l’acceptation de ce qui nous semble être valorisé mais aussi ce qui nous semble être moins avouable. C’est la meilleure chose que nous pouvons faire pour nous-mêmes et pour les autres : être authentique face à l’autre, c’est l’autoriser à l’être face à nous. Lorsque nous sommes perpétuellement dans une mise en scène de nous-mêmes, nous nous éloignons de ce que nous sommes vraiment, de cet Amour vivant présent en nous et qui nous relie les uns aux autres.
      En tous les cas, je te souhaite une très belle continuation sur votre chemin, Adonaï !

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  23. 15 décembre 2016 @ 3 h 52 min Vincent

     » J’ai l’impression de sentir les regards inquisiteurs des Yogis « experimentés » qui me toisent du haut de leurs années de pratique assidue. »

    Rassures-toi, un yogi expérimenté aura plutôt à cœur de t’aider à progresser, pas de te juger.

    Répondre

  24. 23 février 2017 @ 13 h 53 min Jraph

    J’ai commencé le yoga au collège en 1994. Notre prof était une pionne proche de la retraite passionnée qui avait créé cet atelier pour nous apprendre à nous détendre pour les interros. Une classe encombrée nous servait de salle de pratique et les tables de tapis de yoga. Nous venions comme nous étions sans nous soucier de nos apparences. Cette grande relaxation que m’a apporté le yoga, l’apprentissage de la respiration et cette sensation de se réapproprier son corps en chassant angoisse, stress et mauvaises ondes ont fait que pour moi, qu’importe l’endroit et la tenue que l’on porte, le yoga se fait en nous. J’aime particulièrement « faire du yoga » en pyjama. Merci pour cet article!

    Répondre

  25. 23 février 2017 @ 14 h 00 min Isabelle

    Bonjour, j’ai été très intéressée par la lecture de cet article effectivement en rupture avec ce que l’on trouve actuellement dans tout ce qui a trait au yoga. J’ai commencé à pratiquer il y a 3 ans et je suis devenue complètement « addict » à les cours de yoga car ils me procurent un calme intérieur, une meilleure connaissance de moi, une élévation que rien jusque là ne l’avait fait connaître. J’avais déjà fait des essais par le passé mais je crois que ce n’était pas encore le bon moment pour moi. Cette fois j’étais prête, je le ressentais comme un besoin. Ma prof n’est pas « bankable », elle n’est pas jeune, n’a pas un physique de rêve, mais elle sait nous accompagner dans l’approfondissement de notre pratique, non pas en recherchant la performance mais en nous élevant énergétiquement. D’ailleurs nous pratiquons dans la pénombre pour rester centrés. Ceux et celles qui recherchent un cours pour se regarder dans le miroir comme un cours de fitness ne reviennent pas après la séance d’essai. Alors effectivement quand je vois sur les réseaux toutes ces publications américaines de yogini jeunes, sveltes, branchés, je ne reconnais pas mon yoga dans cette injonction qu’ils renvoient. Comme si c’était une autre pratique, avec justes quelques points communs. Alors merci pour cet article qui a le mérite de mettre les choses au point.

    Répondre

  26. 23 février 2017 @ 19 h 14 min Vincent

    Jraph nous écrit :

    […] « qu’importe l’endroit et la tenue que l’on porte, le yoga se fait en nous. »

    et Isabelle :

    « Ceux et celles qui recherchent un cours pour se regarder dans le miroir comme un cours de fitness ne reviennent pas après la séance d’essai. Alors effectivement quand je vois sur les réseaux toutes ces publications américaines de yogini jeunes, sveltes, branchés, je ne reconnais pas mon yoga dans cette injonction qu’ils renvoient. Comme si c’était une autre pratique, avec justes quelques points communs. »

    Je suis d’accord à 1000% ! Il est décrit là le véritable Yoga, aux antipodes de cet ersatz marketing servi dans les « studios » par des gens qui se prennent pour des yogis qu’ils ne sont pas.

    Répondre

  27. 27 février 2017 @ 20 h 03 min lewerentz

    Bonsoir Marie,
    Merci pour cet article qui fait du bien, qui remet les pendules à l’heure. Malgré tout, vous avez raison à propos de cette espace de « feel good, be yourself mais « bien roulé » sinon… » qui « sévit » dans le yoga. C’est bien dommage :-(
    Je pratique le yoga depuis plusieurs années; j’aimerais bien entreprendre une formation mais j’ai 38 ans et je me demande s’il n’est pas trop tard, si je ne suis plus assez souple, pas assez « bien roulée » justement pour cela.
    J’aime beaucoup vous lire, vos billets sont toujours très pertinents ! Continuez !

    Répondre

  28. 28 février 2017 @ 13 h 45 min Denis Billo

    Le monde dans lequel nous sommes est violent et le mal-être est omniprésent.
    Tout le monde cherche la recette miracle qui permettra d’aller mieux.
    Dans cet aller mieux, dans cette quête du bien-être, on retrouve une multitude d’axes psychologiques et bien sur l’image de son corps, est importante.
    Nous sommes dans une société matérialiste, basé sur l’apparence, et l’Esprit ou Dieu sont des mots qui au mieux font peur ou sont totalement mis de côté, c’est l’aire du « Je le vaux bien ! », tout doit être accessible, rapide, et garanti, c’est aussi l’aire de la sensation, beaucoup font du Yoga pour en retirer de belles sensations…
    Alors on va au YogaPilateBikramAshtangaIyengarHatha, atchacha, … comme on va boire un bière avec des potes, jamais il a été question de faire un effort, quel mot atroce pour beaucoup, afin de devenir ou aller vers le fait d’être un Yogi, qui souhaite réellement s’investir aujourd’hui et dans quoi ?
    Dans cet étage, tout s’invente, tout se fait, tout se consomme, tout vit un moment très court et tout meurt rapidement, il faut être original pour surfer quelques mois ou années en tête !
    On vise le bien être, on vend des formations en 3 mois pour être « prof de yoga » dans des pays lointains là où la saveur touristique est plus forte, on propose le rêve, les classes sont pleines et tout tourne à fond, les livres copies inlassablement les même erreurs, les même idées douteuses, la vulgarisation permet au Yoga de devenir populaire et les profits sont réels, mais la profondeur devient inaccessible, oubliée de beaucoup…

    Finalement rien ne change, cela à toujours existé, certes avec moins d’engouement, mais il restera toujours dans un lieu un peu caché, un véritable personnage qui aura passé des années à étudier des textes, à comprendre profondément cette science par sa pratique et son étude et lui n’aura jamais beaucoup d’élèves ni beaucoup de contacts avec ce monde, il le fuira de plus en plus…

    Dans le grouillement de ce monde actif, rajasique, compulsif, il restera toujours un lieu de silence, immobile, lumineux où Dieu trouve son hôtel…

    Répondre


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Attention ! Le yoga n’est pas sans risque

25 novembre 201625 novembre 2016
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Ouvrez vos chakras et ayez conscience de vos limites.

C'est l'une des études les plus conséquentes disponibles à ce jour sur la pratique du yogae t les blessures qui peuvent en résulter. Menée par deux chercheurs en traumatologie et épidémiologie de l'université d'Alabama de Birmingham, il en ressort que le yoga n'est évidemment pas le sport le plus traumatogène du répertoire, mais qu'il n'est pas pour autant dénué de risques. Et que les yogistes ayant dépassé les 65 ans doivent redoubler de prudence, car ce sont eux les plus vulnérables aux entorses, élongations et autres fractures. Le travail de Thomas A. Swain et Gerald McGwin, rassemblant quatorze ans de données récoltées aux États-Unis, montre aussi que le yoga a gagné en popularité sur la période, et que la fréquence des blessures s'en ressent. En moyenne, elle était de 10 pour 100.000 participants en 2001 et grimpe à 17 pour 100.000 en 2014. Après 65 ans, cette incidence –58 pour 100.000– est bien plus élevée, avec trois fois plus de fractures que pour les autres classes d'âge. Pour les individus âgés de 45 à 64 ans, elle est de 18 pour 100.000 et de 12 pour 100.000 pour ceux de 18 à 44 ans.
«Les blessures liées au yoga sont relativement rares, explique Swain, et comme on aurait s'en douter, l'incidence a tendance à monter avec l'âge du participant. Nous avons aussi observé que le taux de blessures augmente sur la période, ce qui pourrait traduire une plus grande popularité du yoga, avec davantage de personnes inexpérimentées qui ne prennent pas les précautions d'usage pour éviter les problèmes.»
Swain recommande de «consulter son médecin avant de débuter le yoga, d'être prudent et de connaître ses limites personnelles». Des limites que bon nombre de pratiquants débutants sont à même d'ignorer car «le yoga est bien plus difficile et exigeant qu'on le pense», précise McGwin. Au total, ce sont 29.590 blessures que les chercheurs ont répertoriées. Près de la moitié (45%) sont des entorses et le haut du corps est visiblement la zone la plus fragile.

Du yoga au travail….

21 septembre 201621 septembre 2016
yoga au bureauVous pouvez aller travailler ! » La séance d'une heure est terminée. Paula Taylor, professeur de yoga du réseau de coachs sportifs Fizix, libère ses douze élèves. Du chef sommelier à la femme de ménage, les 550 salariés du Bristol peuvent participer gratuitement à ce cours. Organisé dans une petite salle climatisée réservée aux employés, il coûte entre 80 € et 120 € au Comité d'Entreprise du palace. « Le point fort, c'est qu'il y a une homogénéité des groupes et ça crée une dynamique », se félicite son secrétaire adjoint Damien Largeau.   Collé serré   « On peut rencontrer des collègues d'autres services », renchérit Lucie Demai, hôtesse d'accueil. Allongé à sa gauche sur un tapis, Tony Le Douigou, dont elle n'a jamais été aussi proche, en est à son deuxième cours. « C'est plus apaisant que d'aller courir, observe le demi-chef de rang. Idéal pour se détendre avant de commencer le travail, de 16 heures à minuit ».   Debout depuis 7 heures du matin, le directeur d'achats Thomas Trucheret est en nage à la fin du cours, mais il savoure cette coupure en milieu d'après-midi : « J'aborde sereinement la deuxième partie de journée, sur le plan profesionnel et à la maison avec mes trois enfants ». Et de conclure, sourire en coin : « Le stress retombe. C'est parfait  : avec notre clientèle exigeante, il faut être très réactifs. » Voir l'article

Musculation et yoga, nouvelle mode made in US

23 août 201623 août 2016
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De nombreux hommes adeptes de musculation délaissent les poids et haltères pour des matelas de yoga, prenant le pas de l'intérêt grandissant pour une variante plus virile du yoga traditionnel, le «broga».

Le yoga, activité vieille de plusieurs millénaires, était autrefois pratiqué exclusivement par des hommes. L'activité physique «mâle» de l'ère moderne est aujourd'hui tout autre. «Le yoga se résume à bien plus qu'à des femmes qui se contorsionnent tels des bretzels végans», a lancé l'entrepreneur qui a fondé les cours de Jock Yoga, Michael DeCorte. Le centre d'entraînement Equinox de Toronto offre ces séances d'entraînement qui unissent les salutations au soleil à la musculation. De plus en plus de professeurs de yoga tentent d'attirer davantage d'hommes dans leurs classes en proposant des exercices qui misent sur la force plutôt que la flexibilité. Les adeptes de yoga sont constitués à 70% par des femmes, selon une étude de l'institut Ipsos publiée en 2016. M. DeCorte estime malgré tout que 50 à 85% des sportifs qui assistent à ses ateliers de Jock Yoga sont des hommes. D'autres centres de type «broga» essaiment un peu partout au pays. Jo-ga, à Halifax, Yoguy, à Vancouver, et le studio montréalais Mudraforce - où l'activité se pratique en toute nudité- ont notamment vu le jour. Une compagnie basée au Massachusetts, Broga yoga, détient un brevet sur l'emploi du mot-valise. L'entreprise se vante d'avoir plus de 12 000 clients et 500 professeurs à travers le monde, notamment par ses cours offerts par le biais de vidéo en ligne. Selon l'instigateur du «broga», Robert Sidoti, nombre d'hommes sont attirés par les bienfaits du yoga, mais craignent d'avoir un air efféminé en prenant la position du lotus.
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Le dalai lama juge qu’il y a trop de réfugiés en Europe

31 mai 201631 mai 2016
Dalai lama trouve qu'il y a trop de réfugiés en EuropeLe dalaï-lama a estimé qu'il y avait à présent "trop" de réfugiés en Europe après la vague d'arrivée l'an dernier et que ces migrants cherchant protection ne devaient rester que provisoirement sur place, dans une interview publiée aujourd'hui en Allemagne. "Quand nous regardons le visage de chaque réfugié, surtout ceux des enfants et des femmes, nous ressentons leur souffrance et un être humain qui a de meilleures conditions de vie a la responsabilité de les aider. Mais d'un autre côté, il y en a trop à présent" en Europe, a déclaré le chef spirituel des Tibétains au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. "L'Europe, l'Allemagne en particulier, ne peut devenir un pays arabe, l'Allemagne est l'Allemagne", a-t-il ajouté, en référence au fait qu'une majorité des migrants vient de pays arabes comme la Syrie ou l'Irak. "Il y en a tant que cela devient difficile sur le plan pratique. Et sur le plan moral, je trouve aussi que ces réfugiés ne devraient être accueillis que provisoirement. L'objectif devrait être qu'ils retournent (dans leur pays) et aident à reconstruire leur pays", a estimé le dalaï-lama, qui vit lui-même en exil en Inde depuis plus de 50 ans. L'Allemagne a accueilli l'an dernier un nombre record d'un million de réfugiés. Source Le Figaro

Tendance: le yoga en moumoute et chaussures de ski…

6 avril 20166 avril 2016
ski_yoga_poseLe murmure du torrent et le chant des oiseaux dans les bouleaux apaisent déjà. Dans le décor vivant du Plan de l’Eau, aux Menuires, se déroule la randonnée «yoga et raquettes», encadrée par Brigitte Ruff, accompagnatrice en montagne, et Anita Thevenot, masseuse ayurvédique. Après une première marche dans la poudreuse, telle une page blanche, une première pause est consacrée à des exercices d’étirement. Le groupe, limité à douze personnes maximum, forme un petit cercle. Raquettes aux pieds, on tend et on étire ses bras vers le ciel. Profonde inspiration, puis on relâche totalement son buste et ses membres supérieurs jusqu’à frôler la neige. Pendant une quinzaine de minutes, Anita aide chacun à prendre conscience de son corps. «La montagne, avec son paysage somptueux et son air pur, offre un cadre idéal pour pratiquer le yoga pranayama, qui met l’accent sur la respiration», précise-t-elle. On repart ensuite plus détendu, attentif aux empreintes d’animaux et au silence, seulement rompu par le bruit feutré des raquettes. Plus loin, c’est la posture de la salutation au soleil. Un long et ressourçant déroulement du corps, pratiqué plusieurs fois, après avoir déchaussé et s’être installé sur un petit tapis de yoga, prêté par Anita. Les deux autres pauses zen sont consacrées à des exercices respiratoires et à de la méditation, assis en tailleur. Lancées l’an dernier au départ de la station de Val Thorens, ces randonnées bien-être hebdomadaires, de trois heures, affichent complet. Les clients? Souvent des femmes, n’ayant jamais pratiqué le yoga ou même les raquettes, mais curieuses de découvrir cette balade hybride. Morzine mise aussi sur l’engouement autour du yoga. Probablement inspirée par la station suisse d’Engadin St. Moritz qui lançait en 2014 la première piste de yoga du monde, Morzine propose cet hiver la piste des yogis, un itinéraire bleu de 2400 mètres jalonné de dix emplacements pour pratiquer des postures relaxantes, sans forcément ôter ses skis. Enfin, sous le nom de marche afghane, évocateur de montagne loitaine, la station de Samoëns invite à une sortie en raquettes accompagnée par un professionnel. Durant cette randonnée, le travail constant sur la respiration facilite la gestion de l’effort en altitude et relaxe. Les activités bien-être en montagne ne se résument plus à des papouilles et des bains bouillonnants dans des centres aqualudiques mais tirent parti, enfin, d’un environnement unique. Voir l'article sur le site de Libération

Le paradoxe Vegan de la femme branchée.

2 novembre 20152 novembre 2015
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Assez régulièrement ( et de plus en plus ) je vois des gens arriver à un mode de vie vegan ( ce qui en soit est plutôt bien ) mais ce que je trouve étrange c’est souvent le paradoxe éthique assez flagrant et parfois cliché.
Pour commencer, beaucoup des végan avec qui j’ai les échanges les plus houleux sont souvent des filles, entre 20 et 30 ans, « converties » depuis assez peu de temps.
Autant je crois sincèrement aux bienfondés de ce mode de vie lorsqu’il est choisi et pensé de bout en bout, autant je suis souvent confronté à des situations de fort malaise lors de nombreux échanges.
Cela se manifeste par plusieurs choses récurrentes : le prosélytisme, la suffisance et l’incohérence.
Je vais dresser un portrait caricatural pour essayer de bien faire comprendre ça … ( pour ce faire je ne vais que juxtaposer des éléments issus de posts ayant défilé sur mon fil d’actualité perso )
Faisant la queue pour avoir son café-pumpkin starbuck, elle attend en faisant un petit selfie marrant pour montrer son nouveau bonnet en coton bio.
Elle poste ça en ligne avec son nouvel iphone.
Un peu plus tard elle rentre chez elle, se fait un petit smoothie banane, mangue et lait de coco, le tout dans un super blender trouvé sur amazon.
Un petit tour sur son compte instagram nous fera découvrir sa garde robe pour constater que toutes les fringues sont bio. Comme tout est bio, le label "équitable" est apposé sur son chocolat, son café et ses épices.
Plus tard, un passage sur son compte facebook nous montrera de nombreux partages militant où on voit combien l'industrie agro-alimentaire est trash (les vidéos le montrent très bien assurément … (ne pas aller sur une page d'une végan à l'heure du repas !).
On la verra également se réjouir de la fermeture d'un abattoir, voyant le signe d'un réel progrès pour "la cause".
Elle prend soin d'elle, les statistiques publiées sur ses joggings grâce à l'application embarquée dans ses nike en sont la preuve ! Et après une bonne douche avec un savon Lush elle sent super bon le fruit de la passion.
Et ce soir après cette belle journée elle se fait un petit plaisir : un steak végétal. Tellement bien fait qu'on dirait trop de la viande (mais sans la souffrance animale) ! Un petit bout de "Faux-mage" à base de noix de cajou et un avocat. Et en dessert un petit bout de chocolat équitable.
Elle a le sourire en préparant ses vacances en Thaïlande en achetant sont billet en ligne sur son macbook, avec son chat sphinx qui ronronne sur ses genoux et peux enfin aller se coucher, en paix avec elle-même et ses convictions … aujourd'hui encore, elle n'a été la cause d'aucune souffrance animale.
Et là je vous vois venir avec un "Heuuu mais Samten, il est où le problème, je ne vois pas trop où tu veux en venir … elle a l'air plutôt cool la nana là … non ?"
Oui oui elle est cool ! Et c'est vraiment chouette que par son véganisme elle se sente impliquée dans la cause animale, le progrès et l'évolution de l'humanité à des hautes sphères de conscience et d'empathie !
MAIS … Et hélas c'est là que le bât blesse…
Son café est issu de la souffrance des hommes, d'une production qui détruit l'environnement dans lequel il est produit et contribue au déséquilibre nord-sud où la domination occidentale est vécue de plein fouet par les producteurs-esclaves.
Son téléphone est issu d'une production où les métaux rares sont également issus de productions où les hommes sont traités en esclaves dans des mines aux conditions abominables. En plus l'obsolescence perçue fait qu'elle changera de téléphone alors même que ce dernier sera encore tout à fait fonctionnel.
Elle se réjouit de la fermeture d’un abattoir sans réaliser que le nombre d’animaux abattus restera inchangé ... le seul changement sera que ces pauvres bêtes devront parcourir encore plus de distance dans le transport final ... l’élément souvent le plus traumatisant pour l’animal (mais aussi pour l’éleveur qui respecte ses animaux).
La banane de son smoothie provient d'équateur, issue d'une terra-formation imposée par les États-Unis pour que ces pays ne viennent pas concurrencer la production de maïs OGM. La mangue provient d'Inde et a peut-être véhiculé des parasites qui détruisent nos vergers. L'avocat provient d'Israël et le lait de coco de Thaïlande, finançant les deux des régimes politiques discutables. Les transport “bio” n’existe pas ... les bateaux délestent en pleine mer, les camions brulent du gasoil et dans les deux cas il y a un paquet de dommages collatéraux. Ben oui, combien de dauphins pris dans les pales des bateaux, de biches , d’oiseaux, de hérissons percutées, écrasés pour que nos fruits exotiques arrivent à bon port ?
Son blender vient de chine, assemblé dans une usine où les gens sont traités comme de la marchandise et payés une misère et acheté sur un site qui bafoue le droit du travail à longueur de temps.
Ses habits, comme sa nourriture, ont parcouru des milliers de kilomètres pour être parfois produit avec des produits chimiques (malgré les labels bios affichés) et cousu par des enfants, au même titre que ses nikes.
Sa fausse viande et son faux fromage sont issus de productions industrielle et chimique pas forcément très saine et de loin pas locale
Son chat provient d'un élevage de croisements génétiques et nourrit avec des boites industrielles (et là autre paradoxe : doit-on imposer le véganisme aux animaux … ah ben non ce serait aller à l'encontre de leur nature, dans ce cas là c'est pas pareil)
Son billet d'avion compensera le bilan carbone de son véganisme.
A côté de ça j'essaie d'imaginer une personne qui consommera bio, local, de saison avec, certes de la viande de temps en temps (mais qui vient d'un paysan qui connaît toutes ses bêtes) qui portera ses fringues jusqu'à l'usure, n'aura que le strict nécessaire chez lui, pas de robots ménagers dans tous les sens, pas d'ordi, pas de fruits exotiques … et qui pourtant sera la "cible" des végans en raison de son manque de conscience et de sensibilité… et là je me dit qu'il y a un soucis dans la manière qu'ont les végans de mener leur "combat" …
Je me dois de rajouter un GROS P.S. à ce texte : je ne me considère absolument pas comme étant moi-même éthiquement irréprochable, loin de là ! J'essaie de faire au mieux ma part en restant un maximum cohérent entre mes convictions et mes capacités de consommation. Mais par contre l'issue de mes réflexions, de mes pensées, mes idées, je les PARTAGE. J'espère que parfois ma vision des choses en convainc certain mais je considère toujours que les choix éthique sont personnels et que nous ne pourrons jamais être irréprochables sans devenir extrêmes et sans s'extraire totalement du système, ce qui n'est pas ma volonté, au contraire, j'espère pouvoir être le témoin d'évolutions du système dans "mon" sens quitte à devoir faire des compromis, mais que je choisis.
EDIT : suite à l’engouement et aux nombreux comm qu’a suscité cet article aux différents endroits où il a été partagé et comme ça a dépassé le cercle des gens qui me connaissent, je me dois de me présenter pour permettre de contextualiser éventuellement cet article. Pour commencer je dois moi-même faire face à de nombreux paradoxes de consommation lié à mon choix de travail : étant photographe j’ai en effet beaucoup de matériel technologique ( ordinateurs, tablette, appareils photos ... ) qui ont un cout éthique important. Je n’ai pour le moment pas trouvé de solution pour ce pan là. J’ai passé plusieurs période de ma vie à appliquer un régime végétarien et un mode de vie assez proche des principes végétaliens sous pas mal d’aspects. Je me considère comme étant assez impliqué dans les domaines de la réflexion sur nos modes de vies, nos interactions avec l’environnement. J’ai un très grand intérêt pour la permaculture, les productions équitables ( je ne parle pas des labels qui spolient le terme ). Suite à de nombreuses réflexions j’en suis venu à avoir un mode de vie où les choix alimentaires et de consommation générale sont souvent mis dans la balance du pour et du contre au moment de l’acte d’achat. J’ai également un régime alimentaire qui est aussi très “fashion” car j’ai une alimentation principalement axée sur les principes du Dr Seignalet, à savoir sans gluten, sans produits laitiers, sans sucres raffinés ( mais je n’en fais pas un dogme, je m’accorde des exceptions si je n’ai pas le choix ou même si simplement j’en ai envie), je suis venu à ce régime il y a plus de 7 ans pour des raisons de santé et il m’a apporté beaucoup de choses ( j’en discute volontiers avec ceux qui s’y intéressent ). D’autres principes alimentaires font également parti de mes convictions, principalement le fait de consommer local, de saison et bio ( et dans ma région ça veux dire qu’il faut aimer le choux et les poireaux ). Je porte avec moi un assez lourd bilan carbone car j’ai beaucoup voyagé, mais ces voyages m’ont permit en contre partie d’apprendre énormément de choses sur l’humain, la nature, les interactions entre les deux, mais surtout pour réaliser qu’il n’existe pas de valeurs “universelles” ... partout les gens ont des convictions qu’ils sont parfois prêt à défendre avec armes et sang ! J’ai aussi vu qu’il y a un réel angélisme de la part des gens qui vivent leur conviction depuis le fond de leur canapé ikéa ... car à travers le monde j’ai été témoin de la violence , partout sous un nombre inimaginable de formes ! Les seuls moments où j’ai eu la sensation de m’en extraire on été ceux où j’ai été seul face à la nature, loin du fait des Hommes ! J’ai vu plus d’amour et de respect chez une productrice de bœuf bio en France qu’envers des vaches “sacrées” au Népal. J’ai recommencé à manger de la viande en voyage, lorsque j’ai été reçu par des gens qui n’avaient rien d’autre à me proposer et qu’il aurait été plus que déplacé de dénigrer ce geste pour mon petit confort intellectuel. Et puis j’ai appris à reconnaitre qu’il y a de réelles différences entre les modes de production et que cela impact directement nos valeurs et notre environnement, j’y suis de plus en plus attentif et rencontre des gens merveilleux depuis. Comme je l’ai dit à de nombreuses reprises, je trouve merveilleux que de plus en plus de gens s’intéressent aux modes alimentaires “alternatifs” ( qu’ils soient végan, végétariens, sans gluten, bio ... ) car ça montre que les gens ne prennent plus tout pour argent comptant. Mais je prône également la coexistence et l’évolution douce. C’est souvent en ça que mes avis divergent avec les militants ( végan ou autre) sur les manières d’agir : Les études en neuroscience montrent que face à une démonstration de la violence (vidéo d’un abattoir par exemple), le cerveau d’une personne non préparée, vivra ça comme une agression ... mais au lieu d’obtenir un électrochoc contre le système, le trauma sera dirigé contre la personne qui lui aura fait vivre ce trauma... avec un effet inverse à celui désiré... mais je m’égare à parler de ça.
Bref, je tente juste de faire avec les outils à ma disposition pour rester le plus cohérent possible entre mes choix, mes croyances, mes moyens et mes aspirations. Jonglant moi-même avec certains paradoxes.
EDIT 2 :
Je n’ai hélas rien inventé pour créer ce personnage fictif ! juste pris quelques éléments sur différents posts de mes contacts ... j’ai même été assez soft pour qu’on ne pense pas que j’exagère le trait ! Et pour celles et ceux qui me font la critique d’avoir choisi une femme plutôt qu’un homme c’est pour la même raison ( qui n’est pas lié à une réalité statistique et objective ) : je n’ai pas eu autant d’occasion de voir ce type de posts et de profils dans mon fil d’actualité.