Le regard de Ramana

La vie et l’enseignement de Ramana Maharshi, le sage d’Arunachala

14 Avril 1950, il est 18 heures 47, la nuit commence à s’étendre sur l’Inde du Sud et Tiruvannamalai  s’habille des ombres du crépuscule lorsque, soudain, les regards sont attirés vers le ciel par une étrange traînée lumineuse : un météorite de grande magnitude trace un immense éblouissement au dessus de la montagne sacrée d’Arunachala ; venue du Sud, la déchirure de lumière va se perdre au sommet du mont.
Les témoins du phénomène sont surpris par la beauté et la lenteur du météore, mais aussitôt ils sont pris d’un pressentiment ; une foule inquiète se précipite alors vers l’ashram où réside Sri Ramana, le sage de la montagne.

Au même moment, à Pondichéry, Mira Alfassa, la mère de l’ashram de Sri Aurobindo, prend l’air sur sa terrasse ; surprise par la lumière céleste elle murmure à son entourage : « Tiens, une grande âme s’en est allée!»
Annamalai Swami, un proche disciple de Sri Ramana, était assis devant la hutte qu’il occupait aux abords de l’ashram ; souffrant de graves troubles gastriques il ne pouvait grande lumière dans le ciel,(…) beaucoup de gens ont vu cette lumière et ont rapporté qu’elle ressemblait à un météore ; elle m’apparut sous une forme différente : je vis au
milieu du ciel une grande colonne de lumière(…)tandis qu’elle se manifestait pendant une période d’environ 2 mn elle descendait lentement vers l’ashram. Quelques minutes plus tard un sâdhu vint me dire que Bhagavan (Sri Ramana) était mort…au moment exact où l’on m’annonça la nouvelle les mots d’estomac s’évanouirent et ne
réapparurent jamais. »

Ramana Maharishi sur son lit de mort. Photo de Henri Cartier Bresson.

Ramana Maharshi sur son lit de mort. Photo de Henri Cartier Bresson.

A Tiruvannamalai ; le photographe Henri Cartier Bresson, à la vue de cette lueur déchirant le ciel, se rend en hâte à Ramanashram. Les jours précédents il avait photographié Sri Ramana Maharshi, exsangue, rongé par un cancer, allongé sur son sofa.
Seul son regard de braise témoignait de la vie intense qui l’animait.
A 18 h 47 précises, après avoir demandé qu’on le mette en position assise , Ramana offre un dernier regard à la foule, une larme perle alors au coin de ses yeux et le saint homme rend son dernier souffle à l’Infini dans lequel il s’était immergé au sortir de l’enfance.
L’évènement prend immédiatement une ampleur mondiale ; le reportage et les photos de Cartier Bresson paraissent dans la presse internationale (notamment Life Magazine) ; Tout ceux qui connaissaient l’existence de ce mystique hindou réalisent alors que l’humanité vient de perdre la présence physique de l’une des plus grandes âmes de son histoire.

Dans l’enceinte de l’ashram, dans les rues de la ville, partout, c’est l’effervescence et le désespoir. Tous veulent toucher le corps recroquevillé que l’on sort de la salle de méditation. Des milliers de témoins se sentent soudain comme orphelins, les disciples pleurent doucement dans la poussière du soir. Ils ont déjà oublié les paroles que leur
maître leur avait offertes quelque temps auparavant : « Ne vous accrochez pas à la forme du gourou : elle périra, (…) le vrai Bhagavan réside dans votre cœur comme votre propre Soi. Voilà qui je suis vraiment. »

L’EXPERIENCE LIBERATRICE DE LA MORT

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Ramana Maharshi en 1904.

Qui était cet homme simple, vivant presque nu sur sa montagne de pierres brûlantes ?
Qu’a t’il fait d’extraordinaire pour recevoir tant d’honneurs et susciter tant de ferveur à l’instant de sa mort ?
Le grand paradoxe spirituel de celui que l’on nommera plus tard « Bhagavan » est que le jeune Venkataraman Ayer ne suivra aucun enseignement particulier et ne pratiquera aucune des disciplines et ascèses suivies par tous les chercheurs spirituels en quête de l’Eveil ; il n’aura ni maître ni gourou.
Les écritures sacrées et les pratiques rituelles lui sont étrangères ; il entrera en sainteté innocent, directement par la grande porte : celle, abrupte, de l’expérience de la mort.
L’enfant naîtra le jour de la procession annuelle de Siva Nataraja, à l’instant où le dieu rentra dans le temple de Tiruchili au Tamil Nadu. C’était le 30 Décembre 1879.
Venkataraman passa une enfance sans histoire entre ses parents et ses frères recevant l’éducation d’un jeune brahmane ; ses seules lectures étant celles de la vie des saints tamouls qu’il découvre vers 16 ans. Cependant, la visite d’un oncle lui révèle l’existence d’Arunachala ; le mot même le met en émoi et éveil en lui un profond désir d’absolu.
Lorsqu’il appris qu’il s’agissait d’une montagne des environs de Gingee, plus au nord, il se sentit irrésistiblement attiré par ce lieu.
Mais l’expérience déterminante le saisit à 17 ans alors qu’il se trouvait seul dans sa chambre :

« Je fus pris soudain d’une violente peur de la mort (…) Je me disais : je vais
mourir ! Et je me demandai que faire ; il ne me vint pas à l’idée d’appeler quelqu’un
(…) je sentais qu’il me fallais résoudre moi-même le problème et sur le champs (…) je
me répétais : maintenant que la mort est là, que signifie t’elle, qu’est ce que mourir ?
C’est ce corps là qui meurt ! Je m’allongeais et laissais mon corps rigide, mais étais-je
mort par la mort de mon corps ? Mon corps est il « moi » ? Et je réalisais soudain que
l’esprit lui ne pouvait être touché par la mort ; ce qui veut dire que je suis un esprit
immortel. L Atman, le Soi, était la seule chose réelle au cœur de cette expérience. La
crainte de la mort avait disparu pour toujours et l’absorption dans le Soi se poursuivit
sans interruption. »

Telle fut la seule initiation spirituelle reçue par le jeune homme ; expérience irrémédiable et déterminante sur laquelle il engagea toute sa vie : la fusion définitive de sa conscience dans l’Esprit Universel.

EN QUETE D’ARUNACHALA

Quelque temps plus tard, poussé par l’appel de la montagne sacrée, Venkataraman s’enfuit comme un voleur avec quelques roupies « empruntées ».Il laissera une simple note à ses parents : « Je suis parti à la recherche de mon Père selon son commandement.
Ceci (parlant de lui-même) est simplement engagé dans une entreprise vertueuse, il n’est donc pas nécessaire que quiconque critique cet acte et ne dépense d’argent pour rechercher ceci. »
Après un voyage épique et plein d’imprévus – car il ne savait pas vraiment où il allait – le jeune homme parvint enfin au but ultime ; Arunachala , la colline rouge. Il jette les quelques piécettes qui lui restaient dans un bassin sacré, se fait raser le crâne et, le 1er septembre 1896, il pénètre dans le grand temple de Tiruvannamalai. Après avoir traversé ses vastes cours et parcouru ses couloirs de granit, il parvient au cœur du sanctuaire. Là, dans le saint des saints, Venkataraman tombe en extase devant l’antique Siva-lingham. C’est dans cet état qu’il va s’isoler en silence dans la salle aux 1000 piliers ouverte sur la première cour du temple.
Importuné par des enfants il se réfugie alors dans une crypte désaffectée cachée sous les dalles du bâtiment et, pendant plusieurs semaines, il demeure immobile dans la pénombre humide jouissant de l’union parfaite avec le Soi, son « Père » .
L’un des nombreux sâdhus du temple s’appliqua à protéger le jeune ermite du harcèlement des enfants qui lui jetaient des cailloux, ce fut son premier disciple .Il décida ensuite de tirer cet étrange méditant d’une cellule où il risquait de mourir d’inanition. Venkataraman fut lavé, nourri, soigné et pris en charge par un groupe de sâdhus qui le surnommèrent alors « Brahmana swami ». Le jeune swami demeurait muré dans son silence, son esprit totalement détaché du monde, mais cela ne l’empêchait pas de s’attirer des disciples. Il résida en différents sanctuaires puis s’établi dans une grotte aménagée sur la colline : Virupaksa cave. Là, il s’immergea à nouveau dans sa paix intérieure.

La montagne Arunachala

La montagne Arunachala

Les évènements de la jeunesse du jeune swami, ainsi que de nombreuses anecdotes, sont
racontés dans les témoignages de ces disciples des premiers instants. Tous ont vécu
ensuite dans la lumière de celui qu’ils ont admis comme leur gourou et tous ont vécu
jusqu’à un age très avancé.
Ayant enfin retrouvé sa trace, la mère de Vankataraman vint l’implorer de retourner à la maison ; celui-ci resta immergé dans son silence et ne réagit à ses larmes. Plus tard, elle décida de revenir et de s’installer auprès de son fils à Skandashram , une grotte aménagée près d’une source à mi-pente du mont.
Là, après qu’il l’eut guérie d’une grave typhoïde, elle demeura jusqu’à sa mort, comme simple disciple, dans le rayonnement de son fils.

Un nombre croissant de visiteurs bravait les pentes caillouteuses d’Arunachala pour venir s’asseoir auprès du Chinna swami –ainsi qu’il fut alors renommé- celui-ci avait retrouvé la parole et s’entretenait volontiers avec les curieux et les disciples, répondant à leurs questions ou commentant les textes sacrés qu’on lui lisait .
Mais sa renommée avait depuis longtemps dépassé les limites de la ville, et, bien qu’il ne quittait jamais sa grotte que pour arpenter la montagne , Ramana Maharshi recevait des personnes venue de toute l’Inde britannique . C’est ainsi que des voyageurs occidentaux, attirés par la rumeur, ou par quelque mystérieux pouvoir spirituel, parvinrent jusqu’ à l’ermitage du sage et s’assirent à ses pieds : Paul Brunton, Sydney Cohen, le major Chadwick seront les premiers porte-parole de son enseignement en occident.

Apres la mort de sa mère, Ramana Maharshi – c’est ainsi que tout le monde le nommait maintenant – descendit s’installer auprès de son tombeau, au pied de la montagne. Ce fut la naissance de Ramanashram, l’actuel ashram ; une simple hutte de bambou et de feuilles de palme, plantée près d’un bassin sacré sur le chemin rituel du pradakshina autour du mont. Ce lieu plus accessible permit à un nombre croissant de visiteurs de venir s’asseoir auprès du sage et de goûter la paix et le silence qui semblaient émaner de sa présence. Attirés par la montagne et le rayonnement de Ramana, des centaines de personnes en quête d’absolu venaient chaque jours lui rendre visite et lui posaient d’innombrables questions d’ordre personnel, religieux ou spirituel. Inlassablement il
répondait, conseillait, ou écoutait en silence.

L’ENSEIGNEMENT

Ramana Maharshi ayant vécu un éveil spontané, il n’avait suivi aucune discipline spirituelle, ascèse ou pratique yogique . Il n’avait rien lu des enseignements spirituels contenus dans les textes sacrés de l’hindouisme ; il ne connaissait rien de Sankarâchârya et du Vedanta alors même qu’il se révéla être un pur védantiste. Il n’avait donc rien à enseigner : à la question « un maître est il nécessaire pour recevoir des instruction spirituelles ? » Il répondit « Oui, si vous tenez à apprendre quelque chose de nouveau.
Mais ici, vous devez désapprendre… »

Le regard de Ramana

Le regard de Ramana

Ramana se contentait de témoigner de l’évidence de la réalité spirituelle dans laquelle il était immergé. Mais, selon le témoignage de tous ceux qui l’ont approché, le coeur de son enseignement se transmettait à travers le silence ; tel Siva Dakshinamurti, le dieu qui enseigne par le silence, Ramana, par la seule présence de son regard, pouvait transformer totalement la conscience d’une personne venue lui poser cent question essentielles pour sa vie, et ce avant même qu’il ait ouvert la bouche.
La réponse ultime était transmise par la simple puissance du regard de celui qui baigne dans la connaissance du Réel. Toutes les questions s’évanouissaient soudain dans ce silence de paix.
Un jour, ses proches disciples lui demandèrent d’expliquer ce que leur apportait l’enseignement par le silence. Sri Ramana les enveloppa de son regard de feu ; tous attendirent la réponse, les minutes passèrent, puis les heures…le soir venu, sans un mot, Ramana se leva et quitta la salle. Les vieux disciples se souvenaient encore de l’intensité de cette journée 50 années plus tard.
Cependant, au fil des milliers de réponses verbales ou écrites qu’il donna à ses visiteursjusqu’à la fin de sa vie, un certain nombre de thèmes essentielsreviennent inlassablement dans son enseignement :

LE « SOI » :

Le cœur du message spirituel de Sri Ramana est contenu dans ces courtes phrases :

« Si nous progressons, le monde progressera. Tels que nous sommes ainsi est le monde.
Sans comprendre le Soi, à quoi bon comprendre le monde. Sans la connaissance de
l’Etre, la connaissance du monde est sans intérêt. Plongez en vous-même et trouvez le
trésor caché là. Ouvrez votre cœur et voyez le monde à travers les yeux du véritable Soi.
Déchirez les voiles et contemplez la divine majesté de votre propre Soi. »

La quête de l’Atman des écritures sanscrites est la démarche essentielle du chercheur d’absolu. Selon les Upanisads, l’Atman est cette présence divine qui sous-tend notre conscience et qui, résidant au cœur de nous même, nous relie au Brahman Universel.
Atman et Brahman sont identiques, ainsi le retour de la conscience en l’Atman nous ramène à l’Infini, à Dieu, à l’immortalité. Ce cœur spirituel est notre être même, l’essence de notre identité profonde et la source de la conscience ; Ramana Maharshi, inlassablement, adjoindra ses interlocuteurs de retourner à cette source sacrée que les traductions françaises nomment le « Soi. »
Ce centre spirituel n’est pas notre identité de surface, l’ego personnel. Le Soi est un appel intérieur qui réclame le sacrifice du moi illusoire afin de rayonner comme source de l’identité réelle et éternelle qui nous anime.

QUI SUIS-JE ?

Toute la démarche spirituelle transmise par Sri Ramana tourne autour de la question sans cesse renvoyée à l’interlocuteur : « qui suis-je ? »
Constamment, le sage demandait à ses visiteurs d’entrer sur le chemin de l’investigation du Cœur spirituel, la source unique et éternelle de notre être et centre ultime de notre conscience. Cette démarche introspective consiste à suivre la pensée jusqu’à son origine ; elle permet alors de dépasser les limites du moi crée par les pensées et, au cœur
de l’observation silencieuse, d’atteindre la révélation de notre identité réelle : le Soi.
L’immersion dans le Cœur spirituel libère la conscience de l’illusion qu’il y a un observateur, et un monde observé. Le sortilège de la dualité apparente est enfin dissipé et la lumière du Soi dévoile la Réalité unique, éternelle et infinie. C’est à travers les yeux du Cœur que le monde se révèle nimbé du Réel ; sinon il ne serait qu’une pure création
de nos pensées.
L’un des nombreux poèmes composé par Sri Ramana dit ceci :

« Lumière de la conscience qui tout embrasse, c’est en toi que se forme l’image de
l’univers, qu’elle y demeure et s’y dissout. Mystère qui détient le miracle de la vérité, tu
es le Soi intérieur, le « Je »vibrant dans le cœur. Cœur est ton nom o seigneur ! »
Cet état d’être unifié naît du silence mental et engendre une paix immuable : « Celle-ci
ne peut régner seulement lorsqu’il n’y a aucun dérangement du à la pensée »


La simplicité d’Être

La simplicité d’Être

IL N’Y A RIEN À ATTEINDRE…

Les visiteurs étaient habitués aux enseignements spirituels classiques, aux disciplines et pratiques longues et complexes ; aussi étaient ils stupéfaits de s’entendre dire qu’il n’y avait rien à conquérir, aucun effort à faire, et que la seule idée qu’il y ait un résultat à atteindre ou que le simple désir de la Réalisation spirituelle étaient autant d’obstacles sur le chemin.
D’ ailleurs il n’y avait pas de chemin car le Soi a toujours été présent au centre de nous même. Notre source sacrée n’est pas une chose à atteindre au terme d’un long et pénible voyage mais une lumière à dévoiler. Ce simple changement de regard était l’unique pratique conseillée par Sri Ramana : un retour définitif à notre divinité intérieure. Le Cœur spirituel étant le seul gourou, le maître incarné n’est là que pour révéler la présence du Soi, ce rayonnement intérieur est l’enseignement et le maître véritable.

VIE QUOTIDIENNE D’UN ÉVEILLÉ.

Pour Sri Ramana, la vie était aussi simple et tranquille que l’était son esprit. Il ne tirait aucune gloire de sa notoriété et il n’était pas rare de le trouver assis sur le sol de terre battue de la cuisine, en train d’éplucher les légumes des repas du jour vers 3 h du matin.
Il pouvait aussi interrompre un entretiens devant une centaine de personnes pour aller masser les pieds endoloris d’un nouveau venu assis silencieusement à l’extérieur de la salle d’audience ;alors qu’il n’accordait par un regard à quelque important personnage venu de Delhi chargé de profondes questions métaphysiques. Il prenait ses repas assis à même le sol, en compagnie de tout le monde, dans la salle commune.
Vivant presque nu, ne possédant rien, Sri Ramana conservait une simplicité de cœur qui
fascinait ses visiteurs. En fin d’après midi, accompagné de quelques disciples, il prenait son bâton et s’engageait sur le chemin rituel du tour de la montagne et ne rentrait qu’à la nuit tombée pour se retirer dans sa petite cellule monastique. La montagne sacrée d’Arunachala, Sri Ramana la connaissait par cœur ; il en avait arpenté tous les sentiers et avait posé ses pieds nus sur chaque rocher brûlant. Il en avait visité chaque grotte, salué tous les ermites solitaires qui s’y cachaient. Arunachala était son dieu, sa compagne ; il était uni à ce mont comme à son Cœur spirituel.
La journée se passait en entretiens car « Bhagavan »se consacrait entièrement à ses visiteurs. Parfois, aux heures chaudes de l’après midi un disciple lui lisait les textes sacrés de l’hindouisme qu’il commentait à sa manière ; il apprit ainsi que son expérience intime était décrite dans les antiques Upanisads, le Ribhu Gita, ou les hymnes vedantistes de Shankara ; C’est ce qui lui permit de converser avec les plus érudits de ses visiteurs. Mais souvent il se contentait de leur répondre : « cherchez en vous-même qui pose la question, et vous trouverez la réponse ultime »

Ramana dans une de ses positions préférées.

Ramana dans une de ses positions préférées.

SIDDHI ET MIRACLES

Ramana Maharshi s’est toujours défendu de faire des miracles. Il condamnait la
recherche de pouvoirs spéciaux révèles par les pratiques et les ascèses ; Il mettait en
garde ceux qui seraient tentés de les utiliser lorsqu’ils s’éveillaient spontanément : Cela
ne pouvait qu’accroître le sentiment illusoire du moi alors que celui-ci devait se fondre dans le Soi pour accéder à l’état d’éveil.
Cependant de nombreux disciples ayant partagé la vie quotidienne du sage ont relaté d’étranges évènements : Guérisons spontanées (à commencer par celle de sa mère) ; accroissement inattendu de la quantité de nourritureà l’ashram, lors de visites massives imprévues ; bilocation fréquentes en des lieux très éloignés, corroborées par des témoins ; sans compter les étranges visions du coeur de la montagne où résideraient d’anciens Rishis. L’ultime miracle de Sri Ramana en ce monde fut la grande lumière céleste apparue à l’instant de sa mort.

Avant de s’en aller Sri Ramana affirmait à ses proches disciples qu’il serait toujours là, éternellement vivant, à leur coté. Il est vrai que depuis sa mort, les témoignages de sa présence spirituelle à Tiruvannamalai sont fréquents et il arrive parfois au chercheur spirituel que la simple vision de l’image du sage allume au cœur de l’Etre une flamme
d’amour absolu qui embrase la conscience. Cette expérience est vécue comme le « darshan », la bénédiction de Sri Ramana, véritable initiation qui, souvent, engage celui qui l’a reçue sur le chemin de l’éveil spirituel.

L'ashram de Ramana et le temple deTiruvannamalai. Au second plan, Arunachala.

L’ashram de Ramana et le temple de Tiruvannamalai. Au second plan, Arunachala.

LE RAYONNEMENT

Cette présence subtile attire toujours autant de monde à Tiruvannamalai. De son vivant, Sri Ramana reçut la visite de sages accomplis tel Swami Yogananda, ou Swami Ramdas (qui, après l’avoir rencontré alla se retirer 49 jours dans une grotte de la montagne ); ou encore le père dominicain Don Le Saux ( qui alla ensuite s’isoler
plusieurs mois dans la grotte de Virupaksa) ;
Mais depuis sa mort, non seulement les visiteurs étrangers continuent d’affluer, mais de grands maîtres contemporains s’avouent directement reliés à la présence spirituelle de Sri Ramana : Nissagardatta Maharaj ; Swami Poonja (qui demanda à tous ses disciples de se rendre à Arunachala après sa mort) ; Ram Surat
Kumar, le fou de Dieu et, enfin, Ammachi, la sainte du Kerala, qui envoya son premier disciple au pied du mont sacré en lui demandant d’y lire les enseignements de Sri Ramana ; pour le convaincre elle ajouta : « Ramana était l’incarnation de la dévotion à Arunachala, et ce seul nom faisait naître dans ses yeux des larmes d’amour. »
Ramanashram est ouvert aux visiteurs ; il est possible de venir se recueillir devant le tombe de Ramana Maharshi et de méditer là où il enseignait. Un chemin se pierre gravit la montagne vers Skandashram, à mi pente, où le sage résida loin du monde pendant plusieurs années ; là, on s’assied en silence sur la petite terrasse qui surplombe le temple de la ville d’où monte la rumeur des hommes, comme un appel vers la paix du Cœur.

J.B.Cabanes  (source)

« L’héritage de l’Inde s’est enrichi d’innombrables saints et yogis ; Ramana Maharshi
représente cette tradition et sa grandeur spirituelle. Guides de millions de gens, de tels
maîtres éclairent le chemin et apportent consolation à l’humanité souffrante »
Dalai Lama

Une très rare vidéo sur Sri Ramana Maharshi tournée à Tiruvannamalai en 1946.

Emission spéciale « Les racines du ciel » consacrée à Ramana sur France Culture.

Le livre indispensable pour comprendre l’enseignement de Ramana Maharishi:



'La vie et l’enseignement de Ramana Maharshi, le sage d’Arunachala' have 4 comments

  1. 15 mai 2016 @ 15 h 58 min Akshaya

    Merci pour ce partage de la vie de ce grand Être qu’est Ramana Maharshi. A quand une série d’articles similaire sur d’autres grands Maîtres tel Yogananda ou Ma Anandamoyi et bien d’autres encore ?

    Répondre

  2. 29 août 2016 @ 20 h 52 min pege2

    Ah…Ramana Maharshi…..Ramana…..merci……plus je te contemple plus je vois le Christ…..

    Répondre

  3. 15 août 2017 @ 10 h 29 min filledemamaman.

    Ramanna maharshi a un regard plein d, amour nul doute car c, est visible mais biend, autres de ces soit disant maitres hindous ne sont pas du tout des saints, mais des hommes qui couchent avec leurs disciples, derobent les gens de tout leur argent et enferment les gens dans les ashrams ou ils sont exploites a mort sous pretexte de karma yoga. Cela fait longtemps qu, on nous enfle la tete de toutes ces idees de karma etc…tout ca c, est de la foutaise, comme les momies d, egypte. Toutes ces theories en attendant dont les gens viont se gaver a n, en plus finir, rapportent des sommes d, argent folles a ces organisations, et a leur board of directors et c, est un grand commerce entre l, inde, la france, les u.s , l, allemagne et bien d, autres pays.ne donnez pas votre puissance aux autres. En mettant quelqu, un au dessus de vous, vous le deifiez et devenez son esclave.c, est ce que vous faites en vous prosternant. Vous etes votre propre maitre.et n, etez personne d, autre que vous memes. Et cela suffit.

    Répondre

  4. 5 août 2018 @ 12 h 41 min Suite « Petite rétrospective sur la voie des lettres ». | KABBALE EXISTENTIELLE

    […] de Krisnamurti ( la révolution du silence),  de Durckeim ( pratique de la voie intérieur) Ramana Maharshi ( Evangile de Ramana Maharshi), Lao Tseu (le Tao). Je n’avais que 20 ans ! Quel rapport avec la […]

    Répondre


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Attention ! Le yoga n’est pas sans risque

25 novembre 201625 novembre 2016
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Ouvrez vos chakras et ayez conscience de vos limites.

C'est l'une des études les plus conséquentes disponibles à ce jour sur la pratique du yogae t les blessures qui peuvent en résulter. Menée par deux chercheurs en traumatologie et épidémiologie de l'université d'Alabama de Birmingham, il en ressort que le yoga n'est évidemment pas le sport le plus traumatogène du répertoire, mais qu'il n'est pas pour autant dénué de risques. Et que les yogistes ayant dépassé les 65 ans doivent redoubler de prudence, car ce sont eux les plus vulnérables aux entorses, élongations et autres fractures. Le travail de Thomas A. Swain et Gerald McGwin, rassemblant quatorze ans de données récoltées aux États-Unis, montre aussi que le yoga a gagné en popularité sur la période, et que la fréquence des blessures s'en ressent. En moyenne, elle était de 10 pour 100.000 participants en 2001 et grimpe à 17 pour 100.000 en 2014. Après 65 ans, cette incidence –58 pour 100.000– est bien plus élevée, avec trois fois plus de fractures que pour les autres classes d'âge. Pour les individus âgés de 45 à 64 ans, elle est de 18 pour 100.000 et de 12 pour 100.000 pour ceux de 18 à 44 ans.
«Les blessures liées au yoga sont relativement rares, explique Swain, et comme on aurait s'en douter, l'incidence a tendance à monter avec l'âge du participant. Nous avons aussi observé que le taux de blessures augmente sur la période, ce qui pourrait traduire une plus grande popularité du yoga, avec davantage de personnes inexpérimentées qui ne prennent pas les précautions d'usage pour éviter les problèmes.»
Swain recommande de «consulter son médecin avant de débuter le yoga, d'être prudent et de connaître ses limites personnelles». Des limites que bon nombre de pratiquants débutants sont à même d'ignorer car «le yoga est bien plus difficile et exigeant qu'on le pense», précise McGwin. Au total, ce sont 29.590 blessures que les chercheurs ont répertoriées. Près de la moitié (45%) sont des entorses et le haut du corps est visiblement la zone la plus fragile.

Du yoga au travail….

21 septembre 201621 septembre 2016
yoga au bureauVous pouvez aller travailler ! » La séance d'une heure est terminée. Paula Taylor, professeur de yoga du réseau de coachs sportifs Fizix, libère ses douze élèves. Du chef sommelier à la femme de ménage, les 550 salariés du Bristol peuvent participer gratuitement à ce cours. Organisé dans une petite salle climatisée réservée aux employés, il coûte entre 80 € et 120 € au Comité d'Entreprise du palace. « Le point fort, c'est qu'il y a une homogénéité des groupes et ça crée une dynamique », se félicite son secrétaire adjoint Damien Largeau.   Collé serré   « On peut rencontrer des collègues d'autres services », renchérit Lucie Demai, hôtesse d'accueil. Allongé à sa gauche sur un tapis, Tony Le Douigou, dont elle n'a jamais été aussi proche, en est à son deuxième cours. « C'est plus apaisant que d'aller courir, observe le demi-chef de rang. Idéal pour se détendre avant de commencer le travail, de 16 heures à minuit ».   Debout depuis 7 heures du matin, le directeur d'achats Thomas Trucheret est en nage à la fin du cours, mais il savoure cette coupure en milieu d'après-midi : « J'aborde sereinement la deuxième partie de journée, sur le plan profesionnel et à la maison avec mes trois enfants ». Et de conclure, sourire en coin : « Le stress retombe. C'est parfait  : avec notre clientèle exigeante, il faut être très réactifs. » Voir l'article

Musculation et yoga, nouvelle mode made in US

23 août 201623 août 2016
reverse-ab-crunch

De nombreux hommes adeptes de musculation délaissent les poids et haltères pour des matelas de yoga, prenant le pas de l'intérêt grandissant pour une variante plus virile du yoga traditionnel, le «broga».

Le yoga, activité vieille de plusieurs millénaires, était autrefois pratiqué exclusivement par des hommes. L'activité physique «mâle» de l'ère moderne est aujourd'hui tout autre. «Le yoga se résume à bien plus qu'à des femmes qui se contorsionnent tels des bretzels végans», a lancé l'entrepreneur qui a fondé les cours de Jock Yoga, Michael DeCorte. Le centre d'entraînement Equinox de Toronto offre ces séances d'entraînement qui unissent les salutations au soleil à la musculation. De plus en plus de professeurs de yoga tentent d'attirer davantage d'hommes dans leurs classes en proposant des exercices qui misent sur la force plutôt que la flexibilité. Les adeptes de yoga sont constitués à 70% par des femmes, selon une étude de l'institut Ipsos publiée en 2016. M. DeCorte estime malgré tout que 50 à 85% des sportifs qui assistent à ses ateliers de Jock Yoga sont des hommes. D'autres centres de type «broga» essaiment un peu partout au pays. Jo-ga, à Halifax, Yoguy, à Vancouver, et le studio montréalais Mudraforce - où l'activité se pratique en toute nudité- ont notamment vu le jour. Une compagnie basée au Massachusetts, Broga yoga, détient un brevet sur l'emploi du mot-valise. L'entreprise se vante d'avoir plus de 12 000 clients et 500 professeurs à travers le monde, notamment par ses cours offerts par le biais de vidéo en ligne. Selon l'instigateur du «broga», Robert Sidoti, nombre d'hommes sont attirés par les bienfaits du yoga, mais craignent d'avoir un air efféminé en prenant la position du lotus.
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Le dalai lama juge qu’il y a trop de réfugiés en Europe

31 mai 201631 mai 2016
Dalai lama trouve qu'il y a trop de réfugiés en EuropeLe dalaï-lama a estimé qu'il y avait à présent "trop" de réfugiés en Europe après la vague d'arrivée l'an dernier et que ces migrants cherchant protection ne devaient rester que provisoirement sur place, dans une interview publiée aujourd'hui en Allemagne. "Quand nous regardons le visage de chaque réfugié, surtout ceux des enfants et des femmes, nous ressentons leur souffrance et un être humain qui a de meilleures conditions de vie a la responsabilité de les aider. Mais d'un autre côté, il y en a trop à présent" en Europe, a déclaré le chef spirituel des Tibétains au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. "L'Europe, l'Allemagne en particulier, ne peut devenir un pays arabe, l'Allemagne est l'Allemagne", a-t-il ajouté, en référence au fait qu'une majorité des migrants vient de pays arabes comme la Syrie ou l'Irak. "Il y en a tant que cela devient difficile sur le plan pratique. Et sur le plan moral, je trouve aussi que ces réfugiés ne devraient être accueillis que provisoirement. L'objectif devrait être qu'ils retournent (dans leur pays) et aident à reconstruire leur pays", a estimé le dalaï-lama, qui vit lui-même en exil en Inde depuis plus de 50 ans. L'Allemagne a accueilli l'an dernier un nombre record d'un million de réfugiés. Source Le Figaro

Tendance: le yoga en moumoute et chaussures de ski…

6 avril 20166 avril 2016
ski_yoga_poseLe murmure du torrent et le chant des oiseaux dans les bouleaux apaisent déjà. Dans le décor vivant du Plan de l’Eau, aux Menuires, se déroule la randonnée «yoga et raquettes», encadrée par Brigitte Ruff, accompagnatrice en montagne, et Anita Thevenot, masseuse ayurvédique. Après une première marche dans la poudreuse, telle une page blanche, une première pause est consacrée à des exercices d’étirement. Le groupe, limité à douze personnes maximum, forme un petit cercle. Raquettes aux pieds, on tend et on étire ses bras vers le ciel. Profonde inspiration, puis on relâche totalement son buste et ses membres supérieurs jusqu’à frôler la neige. Pendant une quinzaine de minutes, Anita aide chacun à prendre conscience de son corps. «La montagne, avec son paysage somptueux et son air pur, offre un cadre idéal pour pratiquer le yoga pranayama, qui met l’accent sur la respiration», précise-t-elle. On repart ensuite plus détendu, attentif aux empreintes d’animaux et au silence, seulement rompu par le bruit feutré des raquettes. Plus loin, c’est la posture de la salutation au soleil. Un long et ressourçant déroulement du corps, pratiqué plusieurs fois, après avoir déchaussé et s’être installé sur un petit tapis de yoga, prêté par Anita. Les deux autres pauses zen sont consacrées à des exercices respiratoires et à de la méditation, assis en tailleur. Lancées l’an dernier au départ de la station de Val Thorens, ces randonnées bien-être hebdomadaires, de trois heures, affichent complet. Les clients? Souvent des femmes, n’ayant jamais pratiqué le yoga ou même les raquettes, mais curieuses de découvrir cette balade hybride. Morzine mise aussi sur l’engouement autour du yoga. Probablement inspirée par la station suisse d’Engadin St. Moritz qui lançait en 2014 la première piste de yoga du monde, Morzine propose cet hiver la piste des yogis, un itinéraire bleu de 2400 mètres jalonné de dix emplacements pour pratiquer des postures relaxantes, sans forcément ôter ses skis. Enfin, sous le nom de marche afghane, évocateur de montagne loitaine, la station de Samoëns invite à une sortie en raquettes accompagnée par un professionnel. Durant cette randonnée, le travail constant sur la respiration facilite la gestion de l’effort en altitude et relaxe. Les activités bien-être en montagne ne se résument plus à des papouilles et des bains bouillonnants dans des centres aqualudiques mais tirent parti, enfin, d’un environnement unique. Voir l'article sur le site de Libération

Le paradoxe Vegan de la femme branchée.

2 novembre 20152 novembre 2015
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Assez régulièrement ( et de plus en plus ) je vois des gens arriver à un mode de vie vegan ( ce qui en soit est plutôt bien ) mais ce que je trouve étrange c’est souvent le paradoxe éthique assez flagrant et parfois cliché.
Pour commencer, beaucoup des végan avec qui j’ai les échanges les plus houleux sont souvent des filles, entre 20 et 30 ans, « converties » depuis assez peu de temps.
Autant je crois sincèrement aux bienfondés de ce mode de vie lorsqu’il est choisi et pensé de bout en bout, autant je suis souvent confronté à des situations de fort malaise lors de nombreux échanges.
Cela se manifeste par plusieurs choses récurrentes : le prosélytisme, la suffisance et l’incohérence.
Je vais dresser un portrait caricatural pour essayer de bien faire comprendre ça … ( pour ce faire je ne vais que juxtaposer des éléments issus de posts ayant défilé sur mon fil d’actualité perso )
Faisant la queue pour avoir son café-pumpkin starbuck, elle attend en faisant un petit selfie marrant pour montrer son nouveau bonnet en coton bio.
Elle poste ça en ligne avec son nouvel iphone.
Un peu plus tard elle rentre chez elle, se fait un petit smoothie banane, mangue et lait de coco, le tout dans un super blender trouvé sur amazon.
Un petit tour sur son compte instagram nous fera découvrir sa garde robe pour constater que toutes les fringues sont bio. Comme tout est bio, le label "équitable" est apposé sur son chocolat, son café et ses épices.
Plus tard, un passage sur son compte facebook nous montrera de nombreux partages militant où on voit combien l'industrie agro-alimentaire est trash (les vidéos le montrent très bien assurément … (ne pas aller sur une page d'une végan à l'heure du repas !).
On la verra également se réjouir de la fermeture d'un abattoir, voyant le signe d'un réel progrès pour "la cause".
Elle prend soin d'elle, les statistiques publiées sur ses joggings grâce à l'application embarquée dans ses nike en sont la preuve ! Et après une bonne douche avec un savon Lush elle sent super bon le fruit de la passion.
Et ce soir après cette belle journée elle se fait un petit plaisir : un steak végétal. Tellement bien fait qu'on dirait trop de la viande (mais sans la souffrance animale) ! Un petit bout de "Faux-mage" à base de noix de cajou et un avocat. Et en dessert un petit bout de chocolat équitable.
Elle a le sourire en préparant ses vacances en Thaïlande en achetant sont billet en ligne sur son macbook, avec son chat sphinx qui ronronne sur ses genoux et peux enfin aller se coucher, en paix avec elle-même et ses convictions … aujourd'hui encore, elle n'a été la cause d'aucune souffrance animale.
Et là je vous vois venir avec un "Heuuu mais Samten, il est où le problème, je ne vois pas trop où tu veux en venir … elle a l'air plutôt cool la nana là … non ?"
Oui oui elle est cool ! Et c'est vraiment chouette que par son véganisme elle se sente impliquée dans la cause animale, le progrès et l'évolution de l'humanité à des hautes sphères de conscience et d'empathie !
MAIS … Et hélas c'est là que le bât blesse…
Son café est issu de la souffrance des hommes, d'une production qui détruit l'environnement dans lequel il est produit et contribue au déséquilibre nord-sud où la domination occidentale est vécue de plein fouet par les producteurs-esclaves.
Son téléphone est issu d'une production où les métaux rares sont également issus de productions où les hommes sont traités en esclaves dans des mines aux conditions abominables. En plus l'obsolescence perçue fait qu'elle changera de téléphone alors même que ce dernier sera encore tout à fait fonctionnel.
Elle se réjouit de la fermeture d’un abattoir sans réaliser que le nombre d’animaux abattus restera inchangé ... le seul changement sera que ces pauvres bêtes devront parcourir encore plus de distance dans le transport final ... l’élément souvent le plus traumatisant pour l’animal (mais aussi pour l’éleveur qui respecte ses animaux).
La banane de son smoothie provient d'équateur, issue d'une terra-formation imposée par les États-Unis pour que ces pays ne viennent pas concurrencer la production de maïs OGM. La mangue provient d'Inde et a peut-être véhiculé des parasites qui détruisent nos vergers. L'avocat provient d'Israël et le lait de coco de Thaïlande, finançant les deux des régimes politiques discutables. Les transport “bio” n’existe pas ... les bateaux délestent en pleine mer, les camions brulent du gasoil et dans les deux cas il y a un paquet de dommages collatéraux. Ben oui, combien de dauphins pris dans les pales des bateaux, de biches , d’oiseaux, de hérissons percutées, écrasés pour que nos fruits exotiques arrivent à bon port ?
Son blender vient de chine, assemblé dans une usine où les gens sont traités comme de la marchandise et payés une misère et acheté sur un site qui bafoue le droit du travail à longueur de temps.
Ses habits, comme sa nourriture, ont parcouru des milliers de kilomètres pour être parfois produit avec des produits chimiques (malgré les labels bios affichés) et cousu par des enfants, au même titre que ses nikes.
Sa fausse viande et son faux fromage sont issus de productions industrielle et chimique pas forcément très saine et de loin pas locale
Son chat provient d'un élevage de croisements génétiques et nourrit avec des boites industrielles (et là autre paradoxe : doit-on imposer le véganisme aux animaux … ah ben non ce serait aller à l'encontre de leur nature, dans ce cas là c'est pas pareil)
Son billet d'avion compensera le bilan carbone de son véganisme.
A côté de ça j'essaie d'imaginer une personne qui consommera bio, local, de saison avec, certes de la viande de temps en temps (mais qui vient d'un paysan qui connaît toutes ses bêtes) qui portera ses fringues jusqu'à l'usure, n'aura que le strict nécessaire chez lui, pas de robots ménagers dans tous les sens, pas d'ordi, pas de fruits exotiques … et qui pourtant sera la "cible" des végans en raison de son manque de conscience et de sensibilité… et là je me dit qu'il y a un soucis dans la manière qu'ont les végans de mener leur "combat" …
Je me dois de rajouter un GROS P.S. à ce texte : je ne me considère absolument pas comme étant moi-même éthiquement irréprochable, loin de là ! J'essaie de faire au mieux ma part en restant un maximum cohérent entre mes convictions et mes capacités de consommation. Mais par contre l'issue de mes réflexions, de mes pensées, mes idées, je les PARTAGE. J'espère que parfois ma vision des choses en convainc certain mais je considère toujours que les choix éthique sont personnels et que nous ne pourrons jamais être irréprochables sans devenir extrêmes et sans s'extraire totalement du système, ce qui n'est pas ma volonté, au contraire, j'espère pouvoir être le témoin d'évolutions du système dans "mon" sens quitte à devoir faire des compromis, mais que je choisis.
EDIT : suite à l’engouement et aux nombreux comm qu’a suscité cet article aux différents endroits où il a été partagé et comme ça a dépassé le cercle des gens qui me connaissent, je me dois de me présenter pour permettre de contextualiser éventuellement cet article. Pour commencer je dois moi-même faire face à de nombreux paradoxes de consommation lié à mon choix de travail : étant photographe j’ai en effet beaucoup de matériel technologique ( ordinateurs, tablette, appareils photos ... ) qui ont un cout éthique important. Je n’ai pour le moment pas trouvé de solution pour ce pan là. J’ai passé plusieurs période de ma vie à appliquer un régime végétarien et un mode de vie assez proche des principes végétaliens sous pas mal d’aspects. Je me considère comme étant assez impliqué dans les domaines de la réflexion sur nos modes de vies, nos interactions avec l’environnement. J’ai un très grand intérêt pour la permaculture, les productions équitables ( je ne parle pas des labels qui spolient le terme ). Suite à de nombreuses réflexions j’en suis venu à avoir un mode de vie où les choix alimentaires et de consommation générale sont souvent mis dans la balance du pour et du contre au moment de l’acte d’achat. J’ai également un régime alimentaire qui est aussi très “fashion” car j’ai une alimentation principalement axée sur les principes du Dr Seignalet, à savoir sans gluten, sans produits laitiers, sans sucres raffinés ( mais je n’en fais pas un dogme, je m’accorde des exceptions si je n’ai pas le choix ou même si simplement j’en ai envie), je suis venu à ce régime il y a plus de 7 ans pour des raisons de santé et il m’a apporté beaucoup de choses ( j’en discute volontiers avec ceux qui s’y intéressent ). D’autres principes alimentaires font également parti de mes convictions, principalement le fait de consommer local, de saison et bio ( et dans ma région ça veux dire qu’il faut aimer le choux et les poireaux ). Je porte avec moi un assez lourd bilan carbone car j’ai beaucoup voyagé, mais ces voyages m’ont permit en contre partie d’apprendre énormément de choses sur l’humain, la nature, les interactions entre les deux, mais surtout pour réaliser qu’il n’existe pas de valeurs “universelles” ... partout les gens ont des convictions qu’ils sont parfois prêt à défendre avec armes et sang ! J’ai aussi vu qu’il y a un réel angélisme de la part des gens qui vivent leur conviction depuis le fond de leur canapé ikéa ... car à travers le monde j’ai été témoin de la violence , partout sous un nombre inimaginable de formes ! Les seuls moments où j’ai eu la sensation de m’en extraire on été ceux où j’ai été seul face à la nature, loin du fait des Hommes ! J’ai vu plus d’amour et de respect chez une productrice de bœuf bio en France qu’envers des vaches “sacrées” au Népal. J’ai recommencé à manger de la viande en voyage, lorsque j’ai été reçu par des gens qui n’avaient rien d’autre à me proposer et qu’il aurait été plus que déplacé de dénigrer ce geste pour mon petit confort intellectuel. Et puis j’ai appris à reconnaitre qu’il y a de réelles différences entre les modes de production et que cela impact directement nos valeurs et notre environnement, j’y suis de plus en plus attentif et rencontre des gens merveilleux depuis. Comme je l’ai dit à de nombreuses reprises, je trouve merveilleux que de plus en plus de gens s’intéressent aux modes alimentaires “alternatifs” ( qu’ils soient végan, végétariens, sans gluten, bio ... ) car ça montre que les gens ne prennent plus tout pour argent comptant. Mais je prône également la coexistence et l’évolution douce. C’est souvent en ça que mes avis divergent avec les militants ( végan ou autre) sur les manières d’agir : Les études en neuroscience montrent que face à une démonstration de la violence (vidéo d’un abattoir par exemple), le cerveau d’une personne non préparée, vivra ça comme une agression ... mais au lieu d’obtenir un électrochoc contre le système, le trauma sera dirigé contre la personne qui lui aura fait vivre ce trauma... avec un effet inverse à celui désiré... mais je m’égare à parler de ça.
Bref, je tente juste de faire avec les outils à ma disposition pour rester le plus cohérent possible entre mes choix, mes croyances, mes moyens et mes aspirations. Jonglant moi-même avec certains paradoxes.
EDIT 2 :
Je n’ai hélas rien inventé pour créer ce personnage fictif ! juste pris quelques éléments sur différents posts de mes contacts ... j’ai même été assez soft pour qu’on ne pense pas que j’exagère le trait ! Et pour celles et ceux qui me font la critique d’avoir choisi une femme plutôt qu’un homme c’est pour la même raison ( qui n’est pas lié à une réalité statistique et objective ) : je n’ai pas eu autant d’occasion de voir ce type de posts et de profils dans mon fil d’actualité.