équilibriste

L’art du funambule, l’équilibre intérieur au-delà de la peur

Nous connaissons tous parfois un sentiment de profonde précarité, prêts à nous effondrer, près de nous écrouler. Nous nous sommes construits sur des déséquilibres, avec des failles que nous cherchons la plupart du temps à colmater, tout au moins en surface, à défaut d’être en mesure de nous réparer et de nous guérir jusqu’à la racine de nos fragilités.

Paraître solides, comme un roc, invulnérables, insubmersibles, peu importe les méandres intérieurs pourvu que, extérieurement, rien ne les trahisse…

Pourtant, l’art du funambule n’est-il pas plus admirable lorsque l’on a été spectateur de toutes ces fois où il s’est entraîné à trouver la stabilité dans son instabilité, tombant parfois, mais se relevant chaque fois ? « L’échec n’est pas la chute. La chute est de rester là où l’on est tombé »1.

Pour parvenir à avancer sur un fil avec cette agilité, plutôt qu’apprendre à se renforcer et s’endurcir, plutôt que lutter contre l’air, contre la gravité, contre lui-même, contre le regard des autres auquel il suspend son souffle, le funambule doit apprendre à se délester. Se décharger de tout ce qui l’empêche de trouver la légèreté d’esprit dans son habile recherche d’équilibre. Et faire confiance. Se faire confiance. Il n’a pas besoin de chercher à être lisse et parfait. Dans sa vulnérable et singulière imperfection, il est déjà parfait.

La grâce n’est pas la perfection. La grâce c’est parvenir à donner le meilleur de soi, quelles que soient les imperfections avec lesquelles nous devons composer. La grâce opère lorsque l’on parvient à trouver la stabilité dans notre instabilité.

En cela, la pratique du Yoga est d’un enseignement inouï. Elle nous met face à ce que nous sommes dans toute notre authenticité. Nous sommes des funambules. Sans voile pour nous retenir. Sans filet pour nous rattrapper. Nous sommes livrés à nous-mêmes. Et nous n’avons besoin d’aucun autre instrument que nous-mêmes. Nous ne dépendons de rien ni de personne d’autre que nous. Et c’est en nous-mêmes que nous avons à chercher et à trouver comment assurer notre sécurité intérieure. En nous faisant prendre conscience de notre propre responsabilité quant à cela, le Yoga nous confronte à notre propre liberté. Seul avec soi, seul face à soi. Avec pour seul paysage, l’étendue de tous les possibles. Dieu, que ça donne le vertige !

Oui, seuls face au dépouillement et à la sobriété de notre âme mise à nue, ce sentiment de vertige, de peur peut s’emparer de nous. Que faire face à l’immensité de ce territoire encore vierge et inexploré ? Par où commencer ? L’inconnu fascine et inquiète à la fois. Quels sont donc ces secrets intérieurs sur lesquels nous nous évertuons, non sans énergie, à ne pas trop nous pencher, par crainte de tomber sans jamais plus nous relever. Dieu sait ce que nous pourrions y trouver !

Pire encore, et si nous n’y trouvions que le néant ? La peur du vide nous plonge dans un trouble abyssal. Elle nous renvoie à toutes nos autres peurs.

Peur de l’échec. Peur de la perte. Peur de l’abandon. Peur de la solitude.

Peur du changement. Peur de l’inexploré. Peur de la nouveauté. Peur de l’inconnu.

Peur de l’autre.

Peur de soi.

Peur de grandir. Peur du désir. Peur de réussir. Peur de devenir.

Peur d’aimer. Peur d’être aimé. Peur de créer. Peur de se créer.

Peur de vivre. Peur de s’attacher. Peur de souffrir. Peur de mourir.

La pratique nous aide à convertir cette peur – ces peurs – en volonté de nous en affranchir. Et la peur qui paralyse devient peur qui mobilise. Que la peur devienne un moteur, et non plus un frein.2

Encore faut-il que cette peur du vide n’enclenche pas un processus aliénant de remplissage : remplir le vide par des réponses inadaptées plutôt que prendre le temps de questionner ce vide en toute sincérité jusqu’à le rendre propice au contentement, à la contemplation, à l’émerveillement… et à la plénitude…

La peur de manquer, d’oublier (et d’être oublié), de perdre (et de se perdre) conduit souvent à vouloir tout voir, tout avoir, tout savoir, tout entendre, tout comprendre. Combler de plein chaque espace vide : dans notre agenda, dans notre tête, dans notre vie… Fuir l’errance, le silence et l’absence. Et étouffer, s’asphyxier dans l’abondance de choses à faire, à dire, à penser, à posséder.

Il est bien tentant de nous laisser noyer dans une mer d’occupations et de préoccupations superficielles. Par le divertissement et la distraction, nous désorientons notre attention de ce qui est en fait l’essentiel. C’est un évitement, une fuite hors de soi. Du remplissage pour ne pas avoir à nous poser la question de ce qui, fondamentalement, nous manque.

Face au videPourtant, le vide est nécessaire. Libérer de l’espace autour de soi et en soi permet à l’énergie de circuler. Sans cela, sans ce vide, sans cet espace, la circulation énergétique se bloque, se congestionne, le diaphragme se durcit, l’être se laisse lui-même polluer par un air qui ne se renouvelle plus.

Or, le travail que l’on fait en Yoga consiste à convoquer les énergies, à les rassembler, non pas pour les figer mais pour les faire circuler de façon harmonieuse et fluide au-dedans de soi, ne plus les laisser se disperser, ne plus les gaspiller, prendre conscience de leur nature précieuse, prendre conscience de notre nature précieuse, à savoir la nature spirituelle de notre existence. Rien n’est à ajouter, tout est déjà là. Il s’agit simplement de ramener la conscience à ce sur quoi elle a souvent tendance à se détourner.

Le Drishti, la fixation du regard, qui sous-tend – au-delà du regard – la fixation du mental et donc l’absorption de la conscience, est en cela déterminant. C’est d’autant plus vrai dans les postures d’équilibre. Essayez donc de tenir une posture d’équilibre en balayant votre environnement du regard. Que se passe-t-il ? Votre corps vacille dans toutes les directions où vos yeux se portent et se perdent. Lorsque l’on parle de « postures d’équilibre », l’équilibre que l’on recherche est en réalité bien moins celui du corps que celui de l’esprit. L’effort de stabilité à fournir se joue autant, et même probablement plus, sur le plan mental que sur le plan musculaire. Et le regard a pleinement sa place dans cette histoire.

On dit d’ailleurs que les yeux sont une partie du cerveau visible de l’extérieur. Comme une porte vers notre mental, tout comme les narines sont une porte vers nos poumons. Une porte est un lieu de passage, un lieu d’échange entre ce qui sort et ce qui entre. Pour les narines, c’est très clair, l’air que nous inspirons est cette part de l’Univers que nous laissons entrer en nous, tandis que l’air que nous expirons est cette part de nous-mêmes dont nous faisons don à l’Univers. Don/contre-don. Il suffit que, spontanément (c’est-à-dire en dehors de toute technique respiratoire), une phase respiratoire (l’inspiration, la suspension poumons pleins, l’expiration, la suspension poumons vides) domine pour témoigner d’un état intérieur extrêmement intéressant à sonder. Quelle est notre disponibilité à recevoir ? Que retenons-nous en nous ? Que donnons-nous de nous-mêmes ? Vivons-nous le vide avec angoisse ou comme une libération ? …

Notre relation à l’air est un véritable outil de connaissance de soi. Et tout particulièrement dans notre rapport au monde qui nous entoure.

Le regard nous connecte également de façon concrète à notre environnement. Nous observons le monde et nous établissons notre connaissance du monde, entre autres3, à partir de l’observation que l’on en fait. Avec notre regard, nous papillonnons, curieux de tout, dans un besoin de tout voir jusqu’à parfois nous laisser étourdir par le monde qui nous entoure.

Stabiliser notre regard, les yeux légérement inclinés dans une position d’humilité constitue alors une façon de dompter le mental qui, tel un animal sauvage, peut se laisser enivrer par toutes les stimulations extérieures. Le regard prend naturellement cette inclinaison lorsque l’on installe Jalandhara Bandha (la manœuvre de recul du menton vers la gorge que l’on effectue pour la respiration en Ujjayi) : le regard s’incline vers le Coeur, vers cette voix du Coeur qui devrait recueillir toute notre attention.

Fixer le regard, fixer le mental, ne pas le laisser se disperser… Il ne s’agit pas de capturer quelque chose, il suffit juste de se placer en posture d’accueil. Aucun effort n’est à fournir, il suffit juste d’être là, pleinement présent, tout viendra à temps. C’est faire l’économie de toute distraction afin de venir se poser dans une écoute de soi au sein de son espace intérieur. Le divertissement nous déséquilibre en nous empêchant trop souvent de nous mettre dans cet accueil de ce qui est là. Chaque fois que nous nous laissons divertir, cela revient finalement à croire que l’on domine les choses alors qu’en réalité nous nous laissons dominer par elles. Nous accordons de l’importance à ce qui en a le moins (Prakriti, la matière changeante) et nous nous détournons ce qui en a le plus (Purusha, notre nature véritable).

Eh oui, quelle responsabilité de s’occuper de ce qui nous regarde vraiment !

Placer notre attention sur autre chose que nous-mêmes est probablement moins engageant, moins impliquant. Dans ce cas, ce que l’on regarde ne nous appartient pas. Tandis que le regard intérieur… Finalement, n’est-ce pas lorsque nos paupières se ferment que l’on voit le mieux ? « L’essentiel ne se voit pas avec les yeux… ».

La notion de regard intérieur est intimement reliée à la notion de Satya, prise dans le sens de vérité intérieure : être vrai avec nous-mêmes, y compris avec nos ombres et nos failles, cesser de fermer les yeux sur nos peurs (en détourner le regard ne les fera pas disparaître), admettre ce que nous sommes sans jugement ni mépris. Aller à notre propre rencontre. Entrer en contact avec notre propre mystère. Nous sommes la première personne avec laquelle nous avons à faire connaissance.

Alors, dans cette connection à la voix du Cœur, nous entrons profondément dans la voie du discernement. Et ainsi apparaissent à la fois la véritable source de notre déséquilibre et en même temps les moyens de nous en affranchir ; peu à peu, nous apprenons à trouver une stabilité telle que nous devenons capables d’avancer sans toutes les béquilles artificielles que nous utilisions pour éviter de nous sentir trop bancals.

Le sentiment d’être bancal, instable, inconfortable demeure tant que nous n’avons pas trouvé ce dont nous avons réellement besoin, c’est-à-dire tant que nous nous mentons à nous-mêmes, tant que nous continuons à occuper une autre place que la nôtre. Plonger sans filet dans nos instabilités, dans nos manques, dans nos peurs demande un grand courage et beaucoup d’humilité : baisser les armes, sortir de l’évitement, abandonner la lutte contre ce que l’on est. L’effort que cette lutte nous demandait gaspille de l’énergie qu’il convient de convertir afin qu’elle se mette au service de notre élévation.

Ainsi, on peut enfin se libérer de toutes les dépendances illusoires qui nous soumettaient plutôt que nous soutenaient. Et à ces dépendances se substitue un véritable lien : un lien pur qui rend libre plutôt que prisonnier. Un lien aimant qui nous unit à notre Vérité. Un lien qui anoblie plutôt que humilie. Un fil qui nous relie comme une main tendue, à la fois à nous-mêmes et à la fois à l’Univers tout entier. Un fil sur lequel nous pouvons établir toute l’étendue de notre stabilité. Un fil sur lequel on avance, sans peur, en toute sécurité. Un fil qui nous tire vers le haut.

Nous sommes des funambules.

Marie Ghillebaert

1 Socrate

2 Sur ce point, les mots d’Arnaud Desjardins sont particulièrement éclairants : « Chaque peur, chaque terreur même, que nous portons en nous, si elle est vue sans aucune crainte et entièrement assumée, au lieu d’être un obstacle, devient une force nouvelle ; l’énergie qui était investie à la fois dans la peur et dans le besoin de nier celle-ci devient enfin disponible. Ce qui était une faiblesse se transforme en force. », Au-delà du moi, A la recherche du Soi, tome II.

3 Nos autres sens nous servent également bien entendu d’indicateurs mais, dans notre société contemporaine, (avec l’ouïe) la vue est probablement le sens le plus stimulé.

 

Marie Ghillebaert

À Propos de Marie Ghillebaert

Marie a étudié la sociologie et l’ethnologie. L'humain l'intéresse. Elle étudie, pratique et transmet le Yoga avec enthousiasme. Après avoir suivi une formation Viniyoga avec Claude Maréchal, elle a été diplômée ETY et elle est à présent enseignante IFY . Au cours de plusieurs stages, elle a reçu l'enseignement de Michèle Lefèvre (Yogamrita) en Yoga et Ayurveda. Considérant qu'elle a encore tout à apprendre, elle fait de chaque voyage en Inde l'occasion de développer son expérience et sa connaissance du Yoga en suivant des enseignements de différentes traditions. Le Yoga qu'elle transmet est ainsi le fruit des diverses inspirations qui l'épanouissent dans sa pratique personnelle et qu'elle a à cœur de partager avec ses élèves à Lille et dans les Flandres



'L’art du funambule, l’équilibre intérieur au-delà de la peur' have 2 comments

  1. 30 janvier 2015 @ 19 h 34 min couvet

    C’est magnifique, merci pour ce partage!

    Répondre

  2. 26 février 2015 @ 16 h 48 min Hélène G.

    Marie, cet article est tellement bien écrit… ! Bravo, éclaire-nous encore et encore…

    Répondre


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Attention ! Le yoga n’est pas sans risque

25 novembre 201625 novembre 2016
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Ouvrez vos chakras et ayez conscience de vos limites.

C'est l'une des études les plus conséquentes disponibles à ce jour sur la pratique du yogae t les blessures qui peuvent en résulter. Menée par deux chercheurs en traumatologie et épidémiologie de l'université d'Alabama de Birmingham, il en ressort que le yoga n'est évidemment pas le sport le plus traumatogène du répertoire, mais qu'il n'est pas pour autant dénué de risques. Et que les yogistes ayant dépassé les 65 ans doivent redoubler de prudence, car ce sont eux les plus vulnérables aux entorses, élongations et autres fractures. Le travail de Thomas A. Swain et Gerald McGwin, rassemblant quatorze ans de données récoltées aux États-Unis, montre aussi que le yoga a gagné en popularité sur la période, et que la fréquence des blessures s'en ressent. En moyenne, elle était de 10 pour 100.000 participants en 2001 et grimpe à 17 pour 100.000 en 2014. Après 65 ans, cette incidence –58 pour 100.000– est bien plus élevée, avec trois fois plus de fractures que pour les autres classes d'âge. Pour les individus âgés de 45 à 64 ans, elle est de 18 pour 100.000 et de 12 pour 100.000 pour ceux de 18 à 44 ans.
«Les blessures liées au yoga sont relativement rares, explique Swain, et comme on aurait s'en douter, l'incidence a tendance à monter avec l'âge du participant. Nous avons aussi observé que le taux de blessures augmente sur la période, ce qui pourrait traduire une plus grande popularité du yoga, avec davantage de personnes inexpérimentées qui ne prennent pas les précautions d'usage pour éviter les problèmes.»
Swain recommande de «consulter son médecin avant de débuter le yoga, d'être prudent et de connaître ses limites personnelles». Des limites que bon nombre de pratiquants débutants sont à même d'ignorer car «le yoga est bien plus difficile et exigeant qu'on le pense», précise McGwin. Au total, ce sont 29.590 blessures que les chercheurs ont répertoriées. Près de la moitié (45%) sont des entorses et le haut du corps est visiblement la zone la plus fragile.

Du yoga au travail….

21 septembre 201621 septembre 2016
yoga au bureauVous pouvez aller travailler ! » La séance d'une heure est terminée. Paula Taylor, professeur de yoga du réseau de coachs sportifs Fizix, libère ses douze élèves. Du chef sommelier à la femme de ménage, les 550 salariés du Bristol peuvent participer gratuitement à ce cours. Organisé dans une petite salle climatisée réservée aux employés, il coûte entre 80 € et 120 € au Comité d'Entreprise du palace. « Le point fort, c'est qu'il y a une homogénéité des groupes et ça crée une dynamique », se félicite son secrétaire adjoint Damien Largeau.   Collé serré   « On peut rencontrer des collègues d'autres services », renchérit Lucie Demai, hôtesse d'accueil. Allongé à sa gauche sur un tapis, Tony Le Douigou, dont elle n'a jamais été aussi proche, en est à son deuxième cours. « C'est plus apaisant que d'aller courir, observe le demi-chef de rang. Idéal pour se détendre avant de commencer le travail, de 16 heures à minuit ».   Debout depuis 7 heures du matin, le directeur d'achats Thomas Trucheret est en nage à la fin du cours, mais il savoure cette coupure en milieu d'après-midi : « J'aborde sereinement la deuxième partie de journée, sur le plan profesionnel et à la maison avec mes trois enfants ». Et de conclure, sourire en coin : « Le stress retombe. C'est parfait  : avec notre clientèle exigeante, il faut être très réactifs. » Voir l'article

Musculation et yoga, nouvelle mode made in US

23 août 201623 août 2016
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De nombreux hommes adeptes de musculation délaissent les poids et haltères pour des matelas de yoga, prenant le pas de l'intérêt grandissant pour une variante plus virile du yoga traditionnel, le «broga».

Le yoga, activité vieille de plusieurs millénaires, était autrefois pratiqué exclusivement par des hommes. L'activité physique «mâle» de l'ère moderne est aujourd'hui tout autre. «Le yoga se résume à bien plus qu'à des femmes qui se contorsionnent tels des bretzels végans», a lancé l'entrepreneur qui a fondé les cours de Jock Yoga, Michael DeCorte. Le centre d'entraînement Equinox de Toronto offre ces séances d'entraînement qui unissent les salutations au soleil à la musculation. De plus en plus de professeurs de yoga tentent d'attirer davantage d'hommes dans leurs classes en proposant des exercices qui misent sur la force plutôt que la flexibilité. Les adeptes de yoga sont constitués à 70% par des femmes, selon une étude de l'institut Ipsos publiée en 2016. M. DeCorte estime malgré tout que 50 à 85% des sportifs qui assistent à ses ateliers de Jock Yoga sont des hommes. D'autres centres de type «broga» essaiment un peu partout au pays. Jo-ga, à Halifax, Yoguy, à Vancouver, et le studio montréalais Mudraforce - où l'activité se pratique en toute nudité- ont notamment vu le jour. Une compagnie basée au Massachusetts, Broga yoga, détient un brevet sur l'emploi du mot-valise. L'entreprise se vante d'avoir plus de 12 000 clients et 500 professeurs à travers le monde, notamment par ses cours offerts par le biais de vidéo en ligne. Selon l'instigateur du «broga», Robert Sidoti, nombre d'hommes sont attirés par les bienfaits du yoga, mais craignent d'avoir un air efféminé en prenant la position du lotus.
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Le dalai lama juge qu’il y a trop de réfugiés en Europe

31 mai 201631 mai 2016
Dalai lama trouve qu'il y a trop de réfugiés en EuropeLe dalaï-lama a estimé qu'il y avait à présent "trop" de réfugiés en Europe après la vague d'arrivée l'an dernier et que ces migrants cherchant protection ne devaient rester que provisoirement sur place, dans une interview publiée aujourd'hui en Allemagne. "Quand nous regardons le visage de chaque réfugié, surtout ceux des enfants et des femmes, nous ressentons leur souffrance et un être humain qui a de meilleures conditions de vie a la responsabilité de les aider. Mais d'un autre côté, il y en a trop à présent" en Europe, a déclaré le chef spirituel des Tibétains au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. "L'Europe, l'Allemagne en particulier, ne peut devenir un pays arabe, l'Allemagne est l'Allemagne", a-t-il ajouté, en référence au fait qu'une majorité des migrants vient de pays arabes comme la Syrie ou l'Irak. "Il y en a tant que cela devient difficile sur le plan pratique. Et sur le plan moral, je trouve aussi que ces réfugiés ne devraient être accueillis que provisoirement. L'objectif devrait être qu'ils retournent (dans leur pays) et aident à reconstruire leur pays", a estimé le dalaï-lama, qui vit lui-même en exil en Inde depuis plus de 50 ans. L'Allemagne a accueilli l'an dernier un nombre record d'un million de réfugiés. Source Le Figaro

Tendance: le yoga en moumoute et chaussures de ski…

6 avril 20166 avril 2016
ski_yoga_poseLe murmure du torrent et le chant des oiseaux dans les bouleaux apaisent déjà. Dans le décor vivant du Plan de l’Eau, aux Menuires, se déroule la randonnée «yoga et raquettes», encadrée par Brigitte Ruff, accompagnatrice en montagne, et Anita Thevenot, masseuse ayurvédique. Après une première marche dans la poudreuse, telle une page blanche, une première pause est consacrée à des exercices d’étirement. Le groupe, limité à douze personnes maximum, forme un petit cercle. Raquettes aux pieds, on tend et on étire ses bras vers le ciel. Profonde inspiration, puis on relâche totalement son buste et ses membres supérieurs jusqu’à frôler la neige. Pendant une quinzaine de minutes, Anita aide chacun à prendre conscience de son corps. «La montagne, avec son paysage somptueux et son air pur, offre un cadre idéal pour pratiquer le yoga pranayama, qui met l’accent sur la respiration», précise-t-elle. On repart ensuite plus détendu, attentif aux empreintes d’animaux et au silence, seulement rompu par le bruit feutré des raquettes. Plus loin, c’est la posture de la salutation au soleil. Un long et ressourçant déroulement du corps, pratiqué plusieurs fois, après avoir déchaussé et s’être installé sur un petit tapis de yoga, prêté par Anita. Les deux autres pauses zen sont consacrées à des exercices respiratoires et à de la méditation, assis en tailleur. Lancées l’an dernier au départ de la station de Val Thorens, ces randonnées bien-être hebdomadaires, de trois heures, affichent complet. Les clients? Souvent des femmes, n’ayant jamais pratiqué le yoga ou même les raquettes, mais curieuses de découvrir cette balade hybride. Morzine mise aussi sur l’engouement autour du yoga. Probablement inspirée par la station suisse d’Engadin St. Moritz qui lançait en 2014 la première piste de yoga du monde, Morzine propose cet hiver la piste des yogis, un itinéraire bleu de 2400 mètres jalonné de dix emplacements pour pratiquer des postures relaxantes, sans forcément ôter ses skis. Enfin, sous le nom de marche afghane, évocateur de montagne loitaine, la station de Samoëns invite à une sortie en raquettes accompagnée par un professionnel. Durant cette randonnée, le travail constant sur la respiration facilite la gestion de l’effort en altitude et relaxe. Les activités bien-être en montagne ne se résument plus à des papouilles et des bains bouillonnants dans des centres aqualudiques mais tirent parti, enfin, d’un environnement unique. Voir l'article sur le site de Libération

Le paradoxe Vegan de la femme branchée.

2 novembre 20152 novembre 2015
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Assez régulièrement ( et de plus en plus ) je vois des gens arriver à un mode de vie vegan ( ce qui en soit est plutôt bien ) mais ce que je trouve étrange c’est souvent le paradoxe éthique assez flagrant et parfois cliché.
Pour commencer, beaucoup des végan avec qui j’ai les échanges les plus houleux sont souvent des filles, entre 20 et 30 ans, « converties » depuis assez peu de temps.
Autant je crois sincèrement aux bienfondés de ce mode de vie lorsqu’il est choisi et pensé de bout en bout, autant je suis souvent confronté à des situations de fort malaise lors de nombreux échanges.
Cela se manifeste par plusieurs choses récurrentes : le prosélytisme, la suffisance et l’incohérence.
Je vais dresser un portrait caricatural pour essayer de bien faire comprendre ça … ( pour ce faire je ne vais que juxtaposer des éléments issus de posts ayant défilé sur mon fil d’actualité perso )
Faisant la queue pour avoir son café-pumpkin starbuck, elle attend en faisant un petit selfie marrant pour montrer son nouveau bonnet en coton bio.
Elle poste ça en ligne avec son nouvel iphone.
Un peu plus tard elle rentre chez elle, se fait un petit smoothie banane, mangue et lait de coco, le tout dans un super blender trouvé sur amazon.
Un petit tour sur son compte instagram nous fera découvrir sa garde robe pour constater que toutes les fringues sont bio. Comme tout est bio, le label "équitable" est apposé sur son chocolat, son café et ses épices.
Plus tard, un passage sur son compte facebook nous montrera de nombreux partages militant où on voit combien l'industrie agro-alimentaire est trash (les vidéos le montrent très bien assurément … (ne pas aller sur une page d'une végan à l'heure du repas !).
On la verra également se réjouir de la fermeture d'un abattoir, voyant le signe d'un réel progrès pour "la cause".
Elle prend soin d'elle, les statistiques publiées sur ses joggings grâce à l'application embarquée dans ses nike en sont la preuve ! Et après une bonne douche avec un savon Lush elle sent super bon le fruit de la passion.
Et ce soir après cette belle journée elle se fait un petit plaisir : un steak végétal. Tellement bien fait qu'on dirait trop de la viande (mais sans la souffrance animale) ! Un petit bout de "Faux-mage" à base de noix de cajou et un avocat. Et en dessert un petit bout de chocolat équitable.
Elle a le sourire en préparant ses vacances en Thaïlande en achetant sont billet en ligne sur son macbook, avec son chat sphinx qui ronronne sur ses genoux et peux enfin aller se coucher, en paix avec elle-même et ses convictions … aujourd'hui encore, elle n'a été la cause d'aucune souffrance animale.
Et là je vous vois venir avec un "Heuuu mais Samten, il est où le problème, je ne vois pas trop où tu veux en venir … elle a l'air plutôt cool la nana là … non ?"
Oui oui elle est cool ! Et c'est vraiment chouette que par son véganisme elle se sente impliquée dans la cause animale, le progrès et l'évolution de l'humanité à des hautes sphères de conscience et d'empathie !
MAIS … Et hélas c'est là que le bât blesse…
Son café est issu de la souffrance des hommes, d'une production qui détruit l'environnement dans lequel il est produit et contribue au déséquilibre nord-sud où la domination occidentale est vécue de plein fouet par les producteurs-esclaves.
Son téléphone est issu d'une production où les métaux rares sont également issus de productions où les hommes sont traités en esclaves dans des mines aux conditions abominables. En plus l'obsolescence perçue fait qu'elle changera de téléphone alors même que ce dernier sera encore tout à fait fonctionnel.
Elle se réjouit de la fermeture d’un abattoir sans réaliser que le nombre d’animaux abattus restera inchangé ... le seul changement sera que ces pauvres bêtes devront parcourir encore plus de distance dans le transport final ... l’élément souvent le plus traumatisant pour l’animal (mais aussi pour l’éleveur qui respecte ses animaux).
La banane de son smoothie provient d'équateur, issue d'une terra-formation imposée par les États-Unis pour que ces pays ne viennent pas concurrencer la production de maïs OGM. La mangue provient d'Inde et a peut-être véhiculé des parasites qui détruisent nos vergers. L'avocat provient d'Israël et le lait de coco de Thaïlande, finançant les deux des régimes politiques discutables. Les transport “bio” n’existe pas ... les bateaux délestent en pleine mer, les camions brulent du gasoil et dans les deux cas il y a un paquet de dommages collatéraux. Ben oui, combien de dauphins pris dans les pales des bateaux, de biches , d’oiseaux, de hérissons percutées, écrasés pour que nos fruits exotiques arrivent à bon port ?
Son blender vient de chine, assemblé dans une usine où les gens sont traités comme de la marchandise et payés une misère et acheté sur un site qui bafoue le droit du travail à longueur de temps.
Ses habits, comme sa nourriture, ont parcouru des milliers de kilomètres pour être parfois produit avec des produits chimiques (malgré les labels bios affichés) et cousu par des enfants, au même titre que ses nikes.
Sa fausse viande et son faux fromage sont issus de productions industrielle et chimique pas forcément très saine et de loin pas locale
Son chat provient d'un élevage de croisements génétiques et nourrit avec des boites industrielles (et là autre paradoxe : doit-on imposer le véganisme aux animaux … ah ben non ce serait aller à l'encontre de leur nature, dans ce cas là c'est pas pareil)
Son billet d'avion compensera le bilan carbone de son véganisme.
A côté de ça j'essaie d'imaginer une personne qui consommera bio, local, de saison avec, certes de la viande de temps en temps (mais qui vient d'un paysan qui connaît toutes ses bêtes) qui portera ses fringues jusqu'à l'usure, n'aura que le strict nécessaire chez lui, pas de robots ménagers dans tous les sens, pas d'ordi, pas de fruits exotiques … et qui pourtant sera la "cible" des végans en raison de son manque de conscience et de sensibilité… et là je me dit qu'il y a un soucis dans la manière qu'ont les végans de mener leur "combat" …
Je me dois de rajouter un GROS P.S. à ce texte : je ne me considère absolument pas comme étant moi-même éthiquement irréprochable, loin de là ! J'essaie de faire au mieux ma part en restant un maximum cohérent entre mes convictions et mes capacités de consommation. Mais par contre l'issue de mes réflexions, de mes pensées, mes idées, je les PARTAGE. J'espère que parfois ma vision des choses en convainc certain mais je considère toujours que les choix éthique sont personnels et que nous ne pourrons jamais être irréprochables sans devenir extrêmes et sans s'extraire totalement du système, ce qui n'est pas ma volonté, au contraire, j'espère pouvoir être le témoin d'évolutions du système dans "mon" sens quitte à devoir faire des compromis, mais que je choisis.
EDIT : suite à l’engouement et aux nombreux comm qu’a suscité cet article aux différents endroits où il a été partagé et comme ça a dépassé le cercle des gens qui me connaissent, je me dois de me présenter pour permettre de contextualiser éventuellement cet article. Pour commencer je dois moi-même faire face à de nombreux paradoxes de consommation lié à mon choix de travail : étant photographe j’ai en effet beaucoup de matériel technologique ( ordinateurs, tablette, appareils photos ... ) qui ont un cout éthique important. Je n’ai pour le moment pas trouvé de solution pour ce pan là. J’ai passé plusieurs période de ma vie à appliquer un régime végétarien et un mode de vie assez proche des principes végétaliens sous pas mal d’aspects. Je me considère comme étant assez impliqué dans les domaines de la réflexion sur nos modes de vies, nos interactions avec l’environnement. J’ai un très grand intérêt pour la permaculture, les productions équitables ( je ne parle pas des labels qui spolient le terme ). Suite à de nombreuses réflexions j’en suis venu à avoir un mode de vie où les choix alimentaires et de consommation générale sont souvent mis dans la balance du pour et du contre au moment de l’acte d’achat. J’ai également un régime alimentaire qui est aussi très “fashion” car j’ai une alimentation principalement axée sur les principes du Dr Seignalet, à savoir sans gluten, sans produits laitiers, sans sucres raffinés ( mais je n’en fais pas un dogme, je m’accorde des exceptions si je n’ai pas le choix ou même si simplement j’en ai envie), je suis venu à ce régime il y a plus de 7 ans pour des raisons de santé et il m’a apporté beaucoup de choses ( j’en discute volontiers avec ceux qui s’y intéressent ). D’autres principes alimentaires font également parti de mes convictions, principalement le fait de consommer local, de saison et bio ( et dans ma région ça veux dire qu’il faut aimer le choux et les poireaux ). Je porte avec moi un assez lourd bilan carbone car j’ai beaucoup voyagé, mais ces voyages m’ont permit en contre partie d’apprendre énormément de choses sur l’humain, la nature, les interactions entre les deux, mais surtout pour réaliser qu’il n’existe pas de valeurs “universelles” ... partout les gens ont des convictions qu’ils sont parfois prêt à défendre avec armes et sang ! J’ai aussi vu qu’il y a un réel angélisme de la part des gens qui vivent leur conviction depuis le fond de leur canapé ikéa ... car à travers le monde j’ai été témoin de la violence , partout sous un nombre inimaginable de formes ! Les seuls moments où j’ai eu la sensation de m’en extraire on été ceux où j’ai été seul face à la nature, loin du fait des Hommes ! J’ai vu plus d’amour et de respect chez une productrice de bœuf bio en France qu’envers des vaches “sacrées” au Népal. J’ai recommencé à manger de la viande en voyage, lorsque j’ai été reçu par des gens qui n’avaient rien d’autre à me proposer et qu’il aurait été plus que déplacé de dénigrer ce geste pour mon petit confort intellectuel. Et puis j’ai appris à reconnaitre qu’il y a de réelles différences entre les modes de production et que cela impact directement nos valeurs et notre environnement, j’y suis de plus en plus attentif et rencontre des gens merveilleux depuis. Comme je l’ai dit à de nombreuses reprises, je trouve merveilleux que de plus en plus de gens s’intéressent aux modes alimentaires “alternatifs” ( qu’ils soient végan, végétariens, sans gluten, bio ... ) car ça montre que les gens ne prennent plus tout pour argent comptant. Mais je prône également la coexistence et l’évolution douce. C’est souvent en ça que mes avis divergent avec les militants ( végan ou autre) sur les manières d’agir : Les études en neuroscience montrent que face à une démonstration de la violence (vidéo d’un abattoir par exemple), le cerveau d’une personne non préparée, vivra ça comme une agression ... mais au lieu d’obtenir un électrochoc contre le système, le trauma sera dirigé contre la personne qui lui aura fait vivre ce trauma... avec un effet inverse à celui désiré... mais je m’égare à parler de ça.
Bref, je tente juste de faire avec les outils à ma disposition pour rester le plus cohérent possible entre mes choix, mes croyances, mes moyens et mes aspirations. Jonglant moi-même avec certains paradoxes.
EDIT 2 :
Je n’ai hélas rien inventé pour créer ce personnage fictif ! juste pris quelques éléments sur différents posts de mes contacts ... j’ai même été assez soft pour qu’on ne pense pas que j’exagère le trait ! Et pour celles et ceux qui me font la critique d’avoir choisi une femme plutôt qu’un homme c’est pour la même raison ( qui n’est pas lié à une réalité statistique et objective ) : je n’ai pas eu autant d’occasion de voir ce type de posts et de profils dans mon fil d’actualité.