Flying tent, Laurent Chehere

Le grand cirque du Yoga *

  • Toute ressemblance avec des personnes ou des faits réellement existants est bien entendu purement fortuite.

 

 

« Mesdames et messieurs, approchez, approchez ! Aujourd’hui, sous le chapiteau du grand cirque du Yoga, nous avons de fabuleux numéros à vous présenter !

Vous pourrez même participer ! Vous ne serez pas déçus du voyage, je vous le garantis !

Tout est fait ici pour vous divertir et vous distraire, et même pour vous extravertir et vous extraire ! Croyez-moi, vous n’allez pas vous ennuyer !

Allez, suivez-moi, je vais vous faire visiter nos attractions les plus populaires !

 

Regardez ces périlleuses figures de voltige !Fantastique, non ?  Laissez-vous hypnotiser par les prestiges de ces miroirs aux pirouettes, je vous prie !

Voici les acrobates de notre Acrostiche-Yoga. N’est-ce pas poétique et romantique, cet homme qui tient sa partenaire par les mains pour l’envoyer en l’air avant de lui dire « laisses mes pieds sur tes hanches » tandis qu’elle fait la posture de l’arc en lui faisant des yeux furibonds ?

Ce sont des heures d’entraînement, vous savez ! Et souvent des ratés avant de réussir…

Mais nous faisons preuve de transparence et nous filmons tout, y compris les chutes. Cela donne des bêtisiers très triviaux et tellement racoleurs… Notre chaîne Youtube fait un succès fou avec ça !

Et je peux vous certifier que vous ne trouverez ça nulle part ailleurs ! En tout cas, sûrement pas dans une grotte des montagnes de l’Himalaya…

1. Un fabuleux numéro d'Acrostiche-Yoga - (traduction en légende)

« Hey les gars, il y a Le Cirque du Soleil qui fait une audition en ville… »

Ah, mais je vois que vous êtes plutôt attirés vers les cocotiers et le coucher de soleil de l’habit de lumière de notre magicienne !…

Je vous présente la merveilleuse Darma revêtue de ses tenues spécialement designées par elle-même ! Je suis sûr que, sans même que vous ne le demandiez, elle vous fera le plaisir de vous escorter tout à l’heure vers la boutique de notre cirque où vous trouverez toute la panoplie pour vous habiller comme elle.

Elle est si cooooooooool ! Et sa prestation est si épatante ! Elle plie et déplie ses longues jambes comme une Barbie ! Et grâce à sa méthode, comme d’un coup de baguette magique, elle va vous transformer, ainsi que des milliers d’autres femmes en créatures calibrées juste comme elle : estampillées 100% skinny, healthy et so funny ! Wowwwww !

 

A côté d’elle, nous avons sa copine Miko. En micro-short et micro-brassière été comme hiver, elle est le prototype le plus avancé de notre compagnie : non seulement elle ne gèle pas en hiver et ne fond pas en été, mais en plus, elle est capable de défier les limites du squelette humain en exécutant des contorsions défiant à la fois les lois de la nature et les lois de la culture.

Regardez, regardez ! La voilà qui vient de poser son arcade sourcilière gauche sur son coccyx ! Elle est vraiment extraordinaire, vous ne trouvez pas ?!

Si vous voulez apprendre, il vous suffira d’assister à l’un de ses époustouflants et exorbitants workshops. Ça tombe bien, elle est justement en pleine tournée planétaire ! Et si vous avez de la chance, elle va peut-être même vous signer un autographe. Sinon, vous pouvez toujours vous rabattre sur un de ses DVD ou sur un de ses produits dérivés. Je suis persuadé que vous ne repartirez pas les mains vides, quoi qu’il arrive, comptez sur moi !

Miko en pleine démonstration

Miko en pleine démonstration

Bien, bien, bien, il est maintenant temps de vous faire rencontrer la sympathique faune du zoo attenant à notre cirque…

 

Ahhhhhh ! Commençons par notre spécimen le plus exotique ! Objet de fascination pour les un(e)s, plus efficace qu’une racine vomitive pour les autres, il évolue dans un environnement d’une chaleur tropicale. Regardez comme il est adorable avec son poil brillant et soyeux et son œil vif et lubrique.

Attention, malheureux ! Ne le caressez pas ! Ça pourrait mal tourner ! Enfin… surtout pour vous… N’oubliez pas que ça reste un prédateur, tout de même !…

Nous vous recommandons aussi de surtout n’agiter aucune partie de votre corps devant lui. Il est important de savoir que Krami n’a pas encore été castré. Nous ne savons pas de quoi il est capable…

Bon, pour le moment, nous le laissons à l’état sauvage, mais nous prévoyons de le mettre prochainement en cage. Derrière les barreaux, il sera probablement plus facile à gérer.

Quand le grand cirque du yoga entre en Samadhi avec le Zoo

Quand le grand cirque du yoga entre en Samadhi avec le Zoo

Tiens, justement ! En parlant de cage…

 

A droite, vous avez de jolies p’tites poules capables d’imiter tous les oiseaux existants : coq, corbeau, héron, pigeon royal, aigle, paon[1], … Vous avez l’embarras du choix : demandez un volatile, elles vous le feront en échange d’une photo qu’elles rajouteront à leur album personnel dont elles pourront ensuite faire l’exposition sur Internet.

Vous les reconnaîtrez au fait qu’elles se nourrissent exclusivement de graines, bien évidemment ! Graines germées, graines de lin, gaines de courge, graine de chia, graine de chépakoi, etcetera, etcetera. Tenez, jetez leur donc une poignée, elles vont être toutes contentes. Sinon, vous pouvez toujours partager avec elles un smoothie aux épinards et à la spiruline ! Elles échangeront sûrement avec vous leurs meilleures recettes detox. Et rien de tel qu’un côlon passé au carcher pour ensuite s’envoler dans les postures les plus photogéniques !

Une p'tite poule qui voulait voler comme un corbeau

Une p’tite poule qui voulait voler comme un corbeau

A gauche, vous avez les sages singes savants. Vous savez les singes qui cachent leurs yeux et leurs oreilles avec leurs mains ? Eh bien, c’est eux ! Evidemment ! Puisqu’ils ont déjà tout vu et tout entendu, ils peuvent donc rester bien tranquillement retirés au fond d’eux-mêmes où ils trouvent réponse à tout. Par contre, c’est vrai que ces singes-là ne se baillonnent pas la bouche de leurs mains… Normal ! C’est parce qu’ils ont une mission de haute importance : délivrer au Monde tout le savoir qu’ils tiennent, détiennent et retiennent. Car ils sont très forts. Très, très forts ! Ils savent tout – absolument tout ! – mieux que tout le monde. Allez, mettez-les donc au défi et lancez-les sur un sujet ! Je vous parie qu’ils vont vous sortir toute une ribambelle de citations pour illustrer leur litanie de « moi-je ». C’est impressionnant, je vous assure ! Ils ont le don de vous faire vous sentir bien plus minables qu’eux en moins de deux !

 

Pour terminer, je vous emmène devant notre grande loterie où vous aurez sans nul doute la chance insolente de gagner votre diplôme de professeur de Yoga et intégrer ainsi la formidable famille de notre grand cirque !

Vous n’avez jamais pratiqué de Yoga ? Allons, allons, ce n’est pas grave ça, messieurs, dames !

Ah bon, on ne vous l’a pas dit ? Ah mais si ! Maintenant, il faut d’abord enseigner le Yoga avant de commencer à le pratiquer soi-même ! C’est la règle !

Vous n’avez pas de tapis ? Ne vous inquiétez pas ! Juste à l’entrée de notre cirque, vous trouverez de très aimables marchands de tapis qui vous vendront comme personne la parfaite panoplie du petit yogi. Sachez qu’ici, c’est le tapis qui fait le yogi !

Et une fois équipés, profitez-en pour rendre visite à nos marchands du temple ! Bijoux ethniques, musique new-age, encens spiritueux, manuels de lévitation, … : il y en a pour tous les coûts et les couleuvres !

Et avec tout ça, si vos chakras ne sont pas remis d’équerre, repassez donc me voir ! On pourra toujours inventer une nouvelle espèce de Yoga, vous et moi… »

[1]Kukkutâsana (coq), Kakâsana (corbeau), Krounchâsana (héron), Raja-Kapotâsana (pigeon royal), Garudâsana (aigle), Mayurâsana (paon)

Marie Ghillebaert

Marie Ghillebaert

À Propos de Marie Ghillebaert

Marie a étudié la sociologie et l’ethnologie. L'humain l'intéresse. Elle étudie, pratique et transmet le Yoga avec enthousiasme. Après avoir suivi une formation Viniyoga avec Claude Maréchal, elle a été diplômée ETY et elle est à présent enseignante IFY . Au cours de plusieurs stages, elle a reçu l'enseignement de Michèle Lefèvre (Yogamrita) en Yoga et Ayurveda. Considérant qu'elle a encore tout à apprendre, elle fait de chaque voyage en Inde l'occasion de développer son expérience et sa connaissance du Yoga en suivant des enseignements de différentes traditions. Le Yoga qu'elle transmet est ainsi le fruit des diverses inspirations qui l'épanouissent dans sa pratique personnelle et qu'elle a à cœur de partager avec ses élèves à Lille et dans les Flandres



'Le grand cirque du Yoga *' have 32 comments

  1. 30 novembre 2015 @ 15 h 52 min Christiane HUMBERT

    J’espère qu’il est souhaitable de lire entre les lignes! Pour ma part je ne conçois pas le yoga de cette façon.

    Répondre

    • 30 novembre 2015 @ 16 h 59 min Marie

      Moi non plus je ne conçois pas le Yoga de cette façon, Christiane !
      Si ça avait été le cas, je n’aurai pas pris la peine de faire l’usage de guillemets et de second degré… 😉

      Répondre

  2. 30 novembre 2015 @ 16 h 10 min Aurore

    c’est exactement la réflexion que je me faisais encore hier, suite à l’atelier de yoga que j’ai suivi et où, ouf, il n’y a ni singe, ni contorsionniste ! merci de l’avoir exprimé si bien !

    Répondre

    • 30 novembre 2015 @ 17 h 03 min Marie

      Bonjour Aurore.
      Je suis bien heureuse que l’atelier auquel vous avez assisté hier était un atelier de… hé bien… un atelier de Yoga… 😀
      Je vous souhaite une pratique pleinement juste et profondément vivante ! :)

      Répondre

  3. 30 novembre 2015 @ 16 h 34 min Akshaya

    S’il fallait faire un parallèle entre l’article et la présentation de l’auteure, on pourrait presque dire qu’il y a comme un air d’autodérision. Désolé si je suis dans l’erreur, il n’y a aucune intention de blesser.

    Répondre

    • 30 novembre 2015 @ 17 h 07 min Marie

      Hé oui, Akshaya… ce n’est pas qu’un air…
      Mais pas d’intention de blesser non plus de mon côté…
      Namaste :)

      Répondre

      • 30 novembre 2015 @ 17 h 14 min Akshaya

        Ouf ! Tant mieux, s’il y a osmose, il a union, s’il y a union….c’est le yoga ! 😉

        Répondre

    • 1 décembre 2015 @ 0 h 42 min couvet

      Merciiii !! Oui le yoga et… Les chemins que l ego à construit autour! Merci qu’elle plume, quelle énergie ! Bonne continuation !
      Marlène une bienchanceuse élève de Claude! 😉

      Répondre

      • 2 décembre 2015 @ 15 h 14 min Marie

        Merci Marlène, c’est vraiment gentil.
        Je te souhaite également une très bonne continuation, éclairée – entre autres – par l’enseignement de Claude, en espérant qu’il se porte toujours aussi bien. :)

        Répondre

  4. 30 novembre 2015 @ 16 h 55 min JyotiYogi

    J’adore cette réflexion réaliste faite avec beaucoup d’humour ! à quand le retour à plus de simplicité (vestimentaire et autre) pour une pratique adaptée à chacun, avec amour et tolérance.

    Répondre

    • 30 novembre 2015 @ 17 h 11 min Marie

      Merci beaucoup JyotiYogi (quel joli pseudo ! :) ) !

      Répondre

  5. 30 novembre 2015 @ 17 h 15 min Isabelle

    Même si sur le fond je suis plutôt d’accord, je trouve que cet article est trop agressif, les comportements évoqués existent mais pourquoi juger aussi durement ? Ce que le yoga m’apporte c’est considérer les choses avec recul, en évitant les jugements négatifs… même si certains yogis semblent être plus proches du monde du show-biz que celui du yoga, quel intérêt de les critiquer ?
    A chacun son yoga, à chacun son expérience, à chacun son ressenti.

    Répondre

    • 30 novembre 2015 @ 23 h 01 min Marie

      Bonsoir Isabelle,
      Je ne pensais pas avoir utilisé un ton trop agressif dans cet article et je suis désolée que vous l’ayez ressenti de cette façon.
      Comme vous le constatez vous-même, « certains yogis semblent être plus proches du monde du show-biz que celui du yoga… » et « à chacun son yoga, à chacun son expérience, à chacun son ressenti »… Voici donc le mien. Et vous avez tout à fait le droit de ne pas y adhérer ou de considérer mon ressenti comme une critique trop acérée alors que le mode humoristique avait pour vocation d’éviter le procès d’intention…
      Le monde du Yoga a beau être au cœur de la spiritualité (bien que cet aspect passe de plus en plus souvent aux oubliettes…), il n’en demeure pas moins humain avec ses dérives tout autant humaines… On peut le déplorer… ou bien alors on peut se dire que tout est beau et juste à partir du moment où cela convient, de près ou de loin, à quelqu’un…
      Je vous souhaite une belle continuation sur le chemin fleuri du Yoga…

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      • 9 décembre 2015 @ 14 h 31 min M.

        Je pense comme Isabelle.

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        • 9 décembre 2015 @ 18 h 32 min Marie

          Merci M. d’avoir eu ce courage de commenter pour le préciser… :)

          Répondre

  6. 30 novembre 2015 @ 18 h 29 min Anji

    Waouh Marie ! Chronique très décalée par rapport à ton habitude. Ceci dit, très drôle,et, fidèle à tes jolies chroniques, j’ai tout de suite perçu le second degré… un ptit coup de colère derrière ça ??? C’est pas grave, ça fait du bien de tmps en temps.
    Merci à toi pour tous tes partages.

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    • 30 novembre 2015 @ 19 h 45 min Swami petaramesh

      Et ça ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Le délire est beaucoup plus insidieux et pernicieux ; comme de croire que l’on peut faire ça sauce avec le yoga et en plus la faire valider par une de ces bonnes fédérations de yoga dont la complaisance n’est plus à prouver !

      Répondre

      • 30 novembre 2015 @ 23 h 15 min Marie

        Je sens que vous auriez matière à écrire, Swami petaramesh… :)
        Yoganova est toujours preneur de nouveaux textes, n’hésitez pas ! 😉

        Répondre

        • Yoganova

          2 décembre 2015 @ 14 h 11 min Yoganova

          Oui je confirme, nous sommes toujours preneurs d’articles originaux et enrichissants pour Yoganova. En revanche avec des contributrices de la qualité de Marie c’est vrai que la barre est haute ! 😉

          Répondre

    • 30 novembre 2015 @ 23 h 11 min Marie

      Merci Anji ! Je suis heureuse que tu aie reçu ce texte de la façon dont je souhaitais qu’il soit reçu (même si, je dois avouer qu’à la base, je ne le destinais pas du tout à la publication…).
      Un p’tit coup de colère ? Ha ha ha ! Pas impossible… Mais la colère, comme toutes les émotions, passe comme un nuage dans le ciel… 😉 Et puis surtout… parfois… il faut bien se salir un peu les ailes… c’est comme cela que l’on développe la force de les secouer pour pouvoir s’envoler… :)
      Belle soirée à toi !

      Répondre

  7. 2 décembre 2015 @ 6 h 05 min Marie-Eve

    Oui, nous pouvons rire de tous ces travers. Ainsi sont les humains, à vouloir s’engouffrer dans des brèches qui apportent à leur moi et à leur porte-monnaie. Aux élèves à sentir ce qui est juste…
    Surprise de revoir Swami Petaramesh :-) par ici! Je suivais son blog en 2008/2009 et j’avais été déçue qu’il le supprime. Ainsi va l’impermanence :-)

    Madame Samtosha :-)

    Répondre

    • 2 décembre 2015 @ 15 h 20 min Marie

      Heureuse de te lire ici Marie-Eve ! :)
      Et oui, tu as tout à fait raison, c’est à chacun(e) de trouver ce qui est juste pour lui/elle. Et avec tous les différents cours de Yoga qui se développent comme des champignons, tous les pratiquants devraient trouver ce qui leur conviennent… Espérons juste que l’enseignement qui leur sera transmis sera bien du Yoga et n’en aura pas que le nom… 😉

      Répondre

  8. 2 décembre 2015 @ 10 h 31 min Marielaine

    Mon dieu, c’est si vrai. La mode est au yoga et oh !! surprise tout le monde en fait, tout le monde en parle. Et pour les jeunes pratiquants dont je fais partie, je me dis que la route est longue sauf pour ceux qui ont trouvé le raccourci médiatique… Tant pis pour eux et tant mieux pour moi. Merci pour cet article qui donne le sourire :)

    Répondre

    • 2 décembre 2015 @ 15 h 31 min Marie

      Namaste Marielaine.
      Disons que les intérêts ne sont sans doute pas les mêmes pour tout le monde… Pour certains, il ne s’agira sans doute en effet que d’une mode qui monte, qui monte et qui finira peut-être par retomber comme un soufflet parce qu’une recette faite avec des ingrédients frelatés finit un jour par se périmer… Et pour d’autres, que je sais heureusement nombreux aussi, il s’agit d’un fondement de vie probablement bien plus ancré et essentiel qu’une simple activité de loisir fun en attendant de passer à autre chose (le babyfoot, les mikados ou encore le bilboquet… 😀 )…
      Je vous souhaite une riche et belle pratique, Marielaine !

      Répondre

  9. Yoganova

    2 décembre 2015 @ 14 h 13 min Yoganova

    Dis donc Marie, je me retrouve drôlement dans le passage sur les singes savants. J’espère que tu ne m’as pas pris comme source d’inspiration…! 😉
    Sinon c’est quoi des graines de chépakoi ?

    Répondre

    • 2 décembre 2015 @ 15 h 39 min Marie

      Ha ha ha ! Non, voyons ! C’est vrai que tu as des connaissances et des conseils très étendus, très pertinents et… très bienvenus… (et j’ai d’ailleurs le privilège d’en bénéficier fréquemment… 😉 ). Cela dit, depuis un an, je n’ai pas eu l’occasion de discerner le moindre ego là-dessous… Ou alors il est sacrément bien planqué et dans ce cas là c’est d’autant plus sournois ! 😀
      Sinon, les graines de chépakoi, c’est… ben… chépa ! 😀

      Répondre

  10. 6 décembre 2015 @ 12 h 25 min Jean-Louis

    On rencontre toutes sortes de gens dans le monde du yoga, qui sont le miroir de notre propre personnalité au moment où nous les fréquentons. Ils nous révèlent chacun un des personnages qui sommeillent en nous. Soit nous nous y attachons, soit nous passons notre chemin et allons vers quelque chose de plus essentiel … mais c’est formidable que tout cela existe et que nous puissions choisir :)

    Répondre

    • 9 décembre 2015 @ 18 h 30 min Marie

      Jusqu’au jour où l’on finit par trouver ce que l’on ne cherchait pas au départ et où l’on se rend compte que c’est ce dont nous avions en fait besoin… 😉
      Namaste Jean-Louis :)

      Répondre

  11. 12 février 2016 @ 15 h 57 min Yohann Guichard

    Bonjour Marie,

    J’ai trouvé votre article très intéressant. J’en apprécie l’humour et la liberté de votre ton.

    J’imagine en vous lisant que les valeurs de simplicité et d’authenticité occupent une grande place pour vous dans le Yoga et dans votre vie. Je me relie à celles-ci, tout en étant un peu attristé, sur le fond et la forme, de certains de vos propos…

    La satyre et la caricature de pratiquants/enseignants, réduits à des bêtes de foire n’est pas anodine… selon vos termes ils seraient « magicienne, poules, prédateur sexuel, singes savants, marchands de tapis… »?
    Au delà des questions réelles que vous posez implicitement dans votre article (les dangers et limites de l’exposition médiatique pour l’image du yoga, l’intégrité du pratiquant/de l’enseignant…) je pense que la réalité des nouvelles expressions du Yoga en occident est beaucoup plus nuancée que les images que vous présentez… qui me semblent très réductrices… et stigmatisantes…

    Pour ma part, j’enseigne depuis plusieurs déjà années l’AcroYoga (;-)) et suis passionné par la profondeur d’exploration que cette pratique propose.
    C’est un tunnel parmi d’autres. Tant de tunnels et d’ailleurs tant de passages entre eux… Pourquoi les cliver ainsi, sur un mode si absolu?

    D’autres ont opposé en leur temps la danse classique & la danse contemporaine, la musique classique & les musiques électroniques… pour ne citer que quelques exemples… Avec le recul, qu’en penser?

    Pour l’anecdote, et en clin d’oeil -contradictoire- à votre propos « Et je peux vous certifier que vous ne trouverez ça nulle part ailleurs ! En tout cas, sûrement pas dans une grotte des montagnes de l’Himalaya… » voici une vidéo célèbre avec Krishnamacharya, de 1938… portant la pratique d’asana avec partenaire au dessus du sol.
    https://www.youtube.com/watch?v=b1eXiT-m5HY

    Marie, tant en convenant de l’importance des repères éthiques, je ne pense pas que les expressions « traditionnelles » du Yoga soit menacées dans leur existence, ni que le Yoga perde bientôt sa mémoire et son essence… Bien au contraire… Le Yoga est vivant, libre et multiforme, comme les art, les langues, les cultures… et se nourrit de la rencontre et de l’ouverture à l’évolution.

    Merci d’avoir écrit cet article, qui me donne l’occasion de vous répondre et faire votre connaissance, ainsi que découvrir Yoganova. :-)

    Je vous souhaite une excellente journée,

    Yohann

    Répondre

    • 13 février 2016 @ 16 h 13 min Marie

      Bonjour Yohann,

      Avant tout, je vous remercie pour votre commentaire qui fait part de votre regard de façon constructive et bienveillante.
      Comme vous l’avez (heureusement) constaté, mon texte était avant tout de nature humoristique. Aucune aigreur particulière dans mon propos, le grossissement volontaire du trait s’est mis uniquement au service du visuel et du figuratif. C’est justement l’exagération qui prête à rire. Des formules plus modérées auraient été prises au sérieux et au premier degré. C’est le côté outrancier qui permet au lecteur de comprendre (du moins je l’espère) que le texte cherche bien moins à dénoncer qu’à faire rire (et je crois que les lecteurs de Yoganova qui commencent un peu à connaître mon écriture l’ont probablement compris dès les premiers mots du texte).

      Par ailleurs, il me semble important de préciser la nécessité de différencier la voix d’un texte de celle de son auteur… Certes, un texte en dit beaucoup sur celui (ou en l’occurrence, celle) qui l’écrit mais il serait cependant réducteur de cantonner ce(tte) dernier(e) aux mots qu’il (elle) exprime… Ce que nous sommes dépasse, selon moi, ce que nous pensons, ce que nous disons et ce que nous faisons. Vous ne trouvez pas ? 😉

      Vous savez, Yohann, tout est aussi une question d’interprétation. La plupart des personnes, dont vous faites visiblement partie, peuvent penser que ce texte défend ardemment les traditions et est totalement hermétique à l’évolution de celles-ci. Mais… ce qui se perçoit peut-être moins à première vue c’est que, dans ce texte, ceux qui dénoncent sont aussi implicitement dénoncés… Cette exagération critique de la nouveauté a justement les défauts que vous mentionnez et que vous me prêtez : « La satyre et la caricature de pratiquants/enseignants, réduits à des bêtes de foire n’est pas anodine…[…] je pense que la réalité des nouvelles expressions du Yoga en occident est beaucoup plus nuancée que les images que vous présentez… qui me semblent très réductrices… et stigmatisantes… ».
      Sachez que je partage tout à fait votre opinion !
      Sans pour autant pratiquer et enseigner un Yoga trop fantaisiste, je me permets néanmoins de nombreuses libertés dans ma façon d’aborder le Yoga, libertés pour lesquelles il peut fréquemment m’arriver de recevoir des critiques, parfois salées, de la part de yogis ancrés dans les traditions les plus ancestrales du Yoga. C’est aussi cet œil critique sans concession que j’ai voulu mettre à jour.
      Dénaturer complétement le Yoga en le réduisant à une activité physique totalement déspiritualisée (pardonnez ce néologisme mais je ne vois pas comment l’exprimer autrement) me semble très regrettable car, à mon sens, un corps sans âme revient un peu à s’atrophier dans une coquille vide. Il n’y a rien de vivant à cela.
      Toutefois, il me paraît également dommageable de rester cramponné à des traditions qui mériteraient peut-être parfois davantage de souplesse (n’est-ce d’ailleurs pas là une des qualités du Yoga : permettre au corps mais surtout à l’esprit de s’assouplir ? 😉 ) car sans cela, enfermé dans un cadre trop rigide et devenu peut-être inadapté ou trop étroit, nous nous retrouvons là aussi dans quelque chose qui n’a rien de vivant.

      Tout comme je n’ai aucune répulsion contre danse contemporaine ou les musiques électroniques 😉 (bien au contraire !), je n’ai pas non plus de répulsion contre l’évolution du Yoga (bien au contraire !), à condition que celle-ci ne se fasse pas au détriment de la nature originelle du Yoga, à savoir la sublimation de la vie et du sens de soi, autrement dit mettre l’incarnation et le corps au service du Souffle qu’il habite. Sinon, à quoi bon vivre ? S’amuser et profiter à fond avant de mourir ? Je ne crois pas que ce soit la vocation du Yoga. Et pourtant, cela me désole d’entendre parfois parler de Yoga en termes de rentabilité (en sachant que j’étais prof de Yoga, on m’a déjà plusieurs fois dit « Ah c’est bien ça ! C’est très à la mode ! Ca marche bien ? Ca vient des Etats-Unis c’est ça ? »…) ou en termes superficiels (faire telle ou telle posture parce que c’est bon pour les abdos ou pour les cuisses sans évoquer un seul instant la respiration et encore moins la dimension énergétique de la pratique)…
      Malgré cela, je suis heureuse que des personnes comme vous existent, Yohann, parce que, à vous lire, je sens bien que vous ne faites pas partie de ce que je viens de décrire. Et c’est rassurant, en plus d’être réjouissant. :)

      Ah au fait ! Un petite chose pour vous taquiner un peu… et peut-être faire réagir quelqu’un qui commente régulièrement sur Yoganova et qui ne compte pas Krishnamacharya parmi ses maîtres, loin s’en faut ! (ha ha ha ha !)… Vous avez partagé le lien de cette vidéo de Krishnamacharya pour « prouver » que l’acro-Yoga est traditionnel « puisque » Krishnamacharya himself le pratiquait et l’enseignait dès les années 30. Mais justement… C’est par Krishnamacharya que l’occidentalisation du Yoga s’est faite, Yohann ! Lui-même avait déjà largement dépassé les bornes des traditions du Yoga en mettant l’accent sur le troisième membre de l’Ashtanga Yoga (les Asana). Je ne suis pas sûre que les Yogis des origines se seraient laissés filmer, dans leurs grottes, en train de faire une démonstration physique de leur pratique… En plus, dans une grotte, pensez bien qu’il n’y aurait pas eu assez de réseau pour partager la vidéo sur Youtube ! Ha ha ha ! 😀 😉

      Au plaisir d’échanger à nouveau avec vous, je vous souhaite un excellent week-end, Yohann !

      Répondre

  12. 12 février 2016 @ 18 h 59 min ollagnon

    Merci pour cet article décalé, drôle et profond. Il vient à point dans ma journée, vraiment!

    Répondre

    • 13 février 2016 @ 16 h 16 min Marie

      J’en suis ravie Ollagnon !
      Je vous souhaite alors que ce week-end vous apporte autant de joie, et même davantage (soyons ambitieux ! 😀 ), que la journée d’hier !
      Namaste 😉

      Répondre


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Ouvrez vos chakras et ayez conscience de vos limites.

C'est l'une des études les plus conséquentes disponibles à ce jour sur la pratique du yogae t les blessures qui peuvent en résulter. Menée par deux chercheurs en traumatologie et épidémiologie de l'université d'Alabama de Birmingham, il en ressort que le yoga n'est évidemment pas le sport le plus traumatogène du répertoire, mais qu'il n'est pas pour autant dénué de risques. Et que les yogistes ayant dépassé les 65 ans doivent redoubler de prudence, car ce sont eux les plus vulnérables aux entorses, élongations et autres fractures. Le travail de Thomas A. Swain et Gerald McGwin, rassemblant quatorze ans de données récoltées aux États-Unis, montre aussi que le yoga a gagné en popularité sur la période, et que la fréquence des blessures s'en ressent. En moyenne, elle était de 10 pour 100.000 participants en 2001 et grimpe à 17 pour 100.000 en 2014. Après 65 ans, cette incidence –58 pour 100.000– est bien plus élevée, avec trois fois plus de fractures que pour les autres classes d'âge. Pour les individus âgés de 45 à 64 ans, elle est de 18 pour 100.000 et de 12 pour 100.000 pour ceux de 18 à 44 ans.
«Les blessures liées au yoga sont relativement rares, explique Swain, et comme on aurait s'en douter, l'incidence a tendance à monter avec l'âge du participant. Nous avons aussi observé que le taux de blessures augmente sur la période, ce qui pourrait traduire une plus grande popularité du yoga, avec davantage de personnes inexpérimentées qui ne prennent pas les précautions d'usage pour éviter les problèmes.»
Swain recommande de «consulter son médecin avant de débuter le yoga, d'être prudent et de connaître ses limites personnelles». Des limites que bon nombre de pratiquants débutants sont à même d'ignorer car «le yoga est bien plus difficile et exigeant qu'on le pense», précise McGwin. Au total, ce sont 29.590 blessures que les chercheurs ont répertoriées. Près de la moitié (45%) sont des entorses et le haut du corps est visiblement la zone la plus fragile.

Du yoga au travail….

21 septembre 201621 septembre 2016
yoga au bureauVous pouvez aller travailler ! » La séance d'une heure est terminée. Paula Taylor, professeur de yoga du réseau de coachs sportifs Fizix, libère ses douze élèves. Du chef sommelier à la femme de ménage, les 550 salariés du Bristol peuvent participer gratuitement à ce cours. Organisé dans une petite salle climatisée réservée aux employés, il coûte entre 80 € et 120 € au Comité d'Entreprise du palace. « Le point fort, c'est qu'il y a une homogénéité des groupes et ça crée une dynamique », se félicite son secrétaire adjoint Damien Largeau.   Collé serré   « On peut rencontrer des collègues d'autres services », renchérit Lucie Demai, hôtesse d'accueil. Allongé à sa gauche sur un tapis, Tony Le Douigou, dont elle n'a jamais été aussi proche, en est à son deuxième cours. « C'est plus apaisant que d'aller courir, observe le demi-chef de rang. Idéal pour se détendre avant de commencer le travail, de 16 heures à minuit ».   Debout depuis 7 heures du matin, le directeur d'achats Thomas Trucheret est en nage à la fin du cours, mais il savoure cette coupure en milieu d'après-midi : « J'aborde sereinement la deuxième partie de journée, sur le plan profesionnel et à la maison avec mes trois enfants ». Et de conclure, sourire en coin : « Le stress retombe. C'est parfait  : avec notre clientèle exigeante, il faut être très réactifs. » Voir l'article

Musculation et yoga, nouvelle mode made in US

23 août 201623 août 2016
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De nombreux hommes adeptes de musculation délaissent les poids et haltères pour des matelas de yoga, prenant le pas de l'intérêt grandissant pour une variante plus virile du yoga traditionnel, le «broga».

Le yoga, activité vieille de plusieurs millénaires, était autrefois pratiqué exclusivement par des hommes. L'activité physique «mâle» de l'ère moderne est aujourd'hui tout autre. «Le yoga se résume à bien plus qu'à des femmes qui se contorsionnent tels des bretzels végans», a lancé l'entrepreneur qui a fondé les cours de Jock Yoga, Michael DeCorte. Le centre d'entraînement Equinox de Toronto offre ces séances d'entraînement qui unissent les salutations au soleil à la musculation. De plus en plus de professeurs de yoga tentent d'attirer davantage d'hommes dans leurs classes en proposant des exercices qui misent sur la force plutôt que la flexibilité. Les adeptes de yoga sont constitués à 70% par des femmes, selon une étude de l'institut Ipsos publiée en 2016. M. DeCorte estime malgré tout que 50 à 85% des sportifs qui assistent à ses ateliers de Jock Yoga sont des hommes. D'autres centres de type «broga» essaiment un peu partout au pays. Jo-ga, à Halifax, Yoguy, à Vancouver, et le studio montréalais Mudraforce - où l'activité se pratique en toute nudité- ont notamment vu le jour. Une compagnie basée au Massachusetts, Broga yoga, détient un brevet sur l'emploi du mot-valise. L'entreprise se vante d'avoir plus de 12 000 clients et 500 professeurs à travers le monde, notamment par ses cours offerts par le biais de vidéo en ligne. Selon l'instigateur du «broga», Robert Sidoti, nombre d'hommes sont attirés par les bienfaits du yoga, mais craignent d'avoir un air efféminé en prenant la position du lotus.
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Le dalai lama juge qu’il y a trop de réfugiés en Europe

31 mai 201631 mai 2016
Dalai lama trouve qu'il y a trop de réfugiés en EuropeLe dalaï-lama a estimé qu'il y avait à présent "trop" de réfugiés en Europe après la vague d'arrivée l'an dernier et que ces migrants cherchant protection ne devaient rester que provisoirement sur place, dans une interview publiée aujourd'hui en Allemagne. "Quand nous regardons le visage de chaque réfugié, surtout ceux des enfants et des femmes, nous ressentons leur souffrance et un être humain qui a de meilleures conditions de vie a la responsabilité de les aider. Mais d'un autre côté, il y en a trop à présent" en Europe, a déclaré le chef spirituel des Tibétains au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. "L'Europe, l'Allemagne en particulier, ne peut devenir un pays arabe, l'Allemagne est l'Allemagne", a-t-il ajouté, en référence au fait qu'une majorité des migrants vient de pays arabes comme la Syrie ou l'Irak. "Il y en a tant que cela devient difficile sur le plan pratique. Et sur le plan moral, je trouve aussi que ces réfugiés ne devraient être accueillis que provisoirement. L'objectif devrait être qu'ils retournent (dans leur pays) et aident à reconstruire leur pays", a estimé le dalaï-lama, qui vit lui-même en exil en Inde depuis plus de 50 ans. L'Allemagne a accueilli l'an dernier un nombre record d'un million de réfugiés. Source Le Figaro

Tendance: le yoga en moumoute et chaussures de ski…

6 avril 20166 avril 2016
ski_yoga_poseLe murmure du torrent et le chant des oiseaux dans les bouleaux apaisent déjà. Dans le décor vivant du Plan de l’Eau, aux Menuires, se déroule la randonnée «yoga et raquettes», encadrée par Brigitte Ruff, accompagnatrice en montagne, et Anita Thevenot, masseuse ayurvédique. Après une première marche dans la poudreuse, telle une page blanche, une première pause est consacrée à des exercices d’étirement. Le groupe, limité à douze personnes maximum, forme un petit cercle. Raquettes aux pieds, on tend et on étire ses bras vers le ciel. Profonde inspiration, puis on relâche totalement son buste et ses membres supérieurs jusqu’à frôler la neige. Pendant une quinzaine de minutes, Anita aide chacun à prendre conscience de son corps. «La montagne, avec son paysage somptueux et son air pur, offre un cadre idéal pour pratiquer le yoga pranayama, qui met l’accent sur la respiration», précise-t-elle. On repart ensuite plus détendu, attentif aux empreintes d’animaux et au silence, seulement rompu par le bruit feutré des raquettes. Plus loin, c’est la posture de la salutation au soleil. Un long et ressourçant déroulement du corps, pratiqué plusieurs fois, après avoir déchaussé et s’être installé sur un petit tapis de yoga, prêté par Anita. Les deux autres pauses zen sont consacrées à des exercices respiratoires et à de la méditation, assis en tailleur. Lancées l’an dernier au départ de la station de Val Thorens, ces randonnées bien-être hebdomadaires, de trois heures, affichent complet. Les clients? Souvent des femmes, n’ayant jamais pratiqué le yoga ou même les raquettes, mais curieuses de découvrir cette balade hybride. Morzine mise aussi sur l’engouement autour du yoga. Probablement inspirée par la station suisse d’Engadin St. Moritz qui lançait en 2014 la première piste de yoga du monde, Morzine propose cet hiver la piste des yogis, un itinéraire bleu de 2400 mètres jalonné de dix emplacements pour pratiquer des postures relaxantes, sans forcément ôter ses skis. Enfin, sous le nom de marche afghane, évocateur de montagne loitaine, la station de Samoëns invite à une sortie en raquettes accompagnée par un professionnel. Durant cette randonnée, le travail constant sur la respiration facilite la gestion de l’effort en altitude et relaxe. Les activités bien-être en montagne ne se résument plus à des papouilles et des bains bouillonnants dans des centres aqualudiques mais tirent parti, enfin, d’un environnement unique. Voir l'article sur le site de Libération

Le paradoxe Vegan de la femme branchée.

2 novembre 20152 novembre 2015
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Assez régulièrement ( et de plus en plus ) je vois des gens arriver à un mode de vie vegan ( ce qui en soit est plutôt bien ) mais ce que je trouve étrange c’est souvent le paradoxe éthique assez flagrant et parfois cliché.
Pour commencer, beaucoup des végan avec qui j’ai les échanges les plus houleux sont souvent des filles, entre 20 et 30 ans, « converties » depuis assez peu de temps.
Autant je crois sincèrement aux bienfondés de ce mode de vie lorsqu’il est choisi et pensé de bout en bout, autant je suis souvent confronté à des situations de fort malaise lors de nombreux échanges.
Cela se manifeste par plusieurs choses récurrentes : le prosélytisme, la suffisance et l’incohérence.
Je vais dresser un portrait caricatural pour essayer de bien faire comprendre ça … ( pour ce faire je ne vais que juxtaposer des éléments issus de posts ayant défilé sur mon fil d’actualité perso )
Faisant la queue pour avoir son café-pumpkin starbuck, elle attend en faisant un petit selfie marrant pour montrer son nouveau bonnet en coton bio.
Elle poste ça en ligne avec son nouvel iphone.
Un peu plus tard elle rentre chez elle, se fait un petit smoothie banane, mangue et lait de coco, le tout dans un super blender trouvé sur amazon.
Un petit tour sur son compte instagram nous fera découvrir sa garde robe pour constater que toutes les fringues sont bio. Comme tout est bio, le label "équitable" est apposé sur son chocolat, son café et ses épices.
Plus tard, un passage sur son compte facebook nous montrera de nombreux partages militant où on voit combien l'industrie agro-alimentaire est trash (les vidéos le montrent très bien assurément … (ne pas aller sur une page d'une végan à l'heure du repas !).
On la verra également se réjouir de la fermeture d'un abattoir, voyant le signe d'un réel progrès pour "la cause".
Elle prend soin d'elle, les statistiques publiées sur ses joggings grâce à l'application embarquée dans ses nike en sont la preuve ! Et après une bonne douche avec un savon Lush elle sent super bon le fruit de la passion.
Et ce soir après cette belle journée elle se fait un petit plaisir : un steak végétal. Tellement bien fait qu'on dirait trop de la viande (mais sans la souffrance animale) ! Un petit bout de "Faux-mage" à base de noix de cajou et un avocat. Et en dessert un petit bout de chocolat équitable.
Elle a le sourire en préparant ses vacances en Thaïlande en achetant sont billet en ligne sur son macbook, avec son chat sphinx qui ronronne sur ses genoux et peux enfin aller se coucher, en paix avec elle-même et ses convictions … aujourd'hui encore, elle n'a été la cause d'aucune souffrance animale.
Et là je vous vois venir avec un "Heuuu mais Samten, il est où le problème, je ne vois pas trop où tu veux en venir … elle a l'air plutôt cool la nana là … non ?"
Oui oui elle est cool ! Et c'est vraiment chouette que par son véganisme elle se sente impliquée dans la cause animale, le progrès et l'évolution de l'humanité à des hautes sphères de conscience et d'empathie !
MAIS … Et hélas c'est là que le bât blesse…
Son café est issu de la souffrance des hommes, d'une production qui détruit l'environnement dans lequel il est produit et contribue au déséquilibre nord-sud où la domination occidentale est vécue de plein fouet par les producteurs-esclaves.
Son téléphone est issu d'une production où les métaux rares sont également issus de productions où les hommes sont traités en esclaves dans des mines aux conditions abominables. En plus l'obsolescence perçue fait qu'elle changera de téléphone alors même que ce dernier sera encore tout à fait fonctionnel.
Elle se réjouit de la fermeture d’un abattoir sans réaliser que le nombre d’animaux abattus restera inchangé ... le seul changement sera que ces pauvres bêtes devront parcourir encore plus de distance dans le transport final ... l’élément souvent le plus traumatisant pour l’animal (mais aussi pour l’éleveur qui respecte ses animaux).
La banane de son smoothie provient d'équateur, issue d'une terra-formation imposée par les États-Unis pour que ces pays ne viennent pas concurrencer la production de maïs OGM. La mangue provient d'Inde et a peut-être véhiculé des parasites qui détruisent nos vergers. L'avocat provient d'Israël et le lait de coco de Thaïlande, finançant les deux des régimes politiques discutables. Les transport “bio” n’existe pas ... les bateaux délestent en pleine mer, les camions brulent du gasoil et dans les deux cas il y a un paquet de dommages collatéraux. Ben oui, combien de dauphins pris dans les pales des bateaux, de biches , d’oiseaux, de hérissons percutées, écrasés pour que nos fruits exotiques arrivent à bon port ?
Son blender vient de chine, assemblé dans une usine où les gens sont traités comme de la marchandise et payés une misère et acheté sur un site qui bafoue le droit du travail à longueur de temps.
Ses habits, comme sa nourriture, ont parcouru des milliers de kilomètres pour être parfois produit avec des produits chimiques (malgré les labels bios affichés) et cousu par des enfants, au même titre que ses nikes.
Sa fausse viande et son faux fromage sont issus de productions industrielle et chimique pas forcément très saine et de loin pas locale
Son chat provient d'un élevage de croisements génétiques et nourrit avec des boites industrielles (et là autre paradoxe : doit-on imposer le véganisme aux animaux … ah ben non ce serait aller à l'encontre de leur nature, dans ce cas là c'est pas pareil)
Son billet d'avion compensera le bilan carbone de son véganisme.
A côté de ça j'essaie d'imaginer une personne qui consommera bio, local, de saison avec, certes de la viande de temps en temps (mais qui vient d'un paysan qui connaît toutes ses bêtes) qui portera ses fringues jusqu'à l'usure, n'aura que le strict nécessaire chez lui, pas de robots ménagers dans tous les sens, pas d'ordi, pas de fruits exotiques … et qui pourtant sera la "cible" des végans en raison de son manque de conscience et de sensibilité… et là je me dit qu'il y a un soucis dans la manière qu'ont les végans de mener leur "combat" …
Je me dois de rajouter un GROS P.S. à ce texte : je ne me considère absolument pas comme étant moi-même éthiquement irréprochable, loin de là ! J'essaie de faire au mieux ma part en restant un maximum cohérent entre mes convictions et mes capacités de consommation. Mais par contre l'issue de mes réflexions, de mes pensées, mes idées, je les PARTAGE. J'espère que parfois ma vision des choses en convainc certain mais je considère toujours que les choix éthique sont personnels et que nous ne pourrons jamais être irréprochables sans devenir extrêmes et sans s'extraire totalement du système, ce qui n'est pas ma volonté, au contraire, j'espère pouvoir être le témoin d'évolutions du système dans "mon" sens quitte à devoir faire des compromis, mais que je choisis.
EDIT : suite à l’engouement et aux nombreux comm qu’a suscité cet article aux différents endroits où il a été partagé et comme ça a dépassé le cercle des gens qui me connaissent, je me dois de me présenter pour permettre de contextualiser éventuellement cet article. Pour commencer je dois moi-même faire face à de nombreux paradoxes de consommation lié à mon choix de travail : étant photographe j’ai en effet beaucoup de matériel technologique ( ordinateurs, tablette, appareils photos ... ) qui ont un cout éthique important. Je n’ai pour le moment pas trouvé de solution pour ce pan là. J’ai passé plusieurs période de ma vie à appliquer un régime végétarien et un mode de vie assez proche des principes végétaliens sous pas mal d’aspects. Je me considère comme étant assez impliqué dans les domaines de la réflexion sur nos modes de vies, nos interactions avec l’environnement. J’ai un très grand intérêt pour la permaculture, les productions équitables ( je ne parle pas des labels qui spolient le terme ). Suite à de nombreuses réflexions j’en suis venu à avoir un mode de vie où les choix alimentaires et de consommation générale sont souvent mis dans la balance du pour et du contre au moment de l’acte d’achat. J’ai également un régime alimentaire qui est aussi très “fashion” car j’ai une alimentation principalement axée sur les principes du Dr Seignalet, à savoir sans gluten, sans produits laitiers, sans sucres raffinés ( mais je n’en fais pas un dogme, je m’accorde des exceptions si je n’ai pas le choix ou même si simplement j’en ai envie), je suis venu à ce régime il y a plus de 7 ans pour des raisons de santé et il m’a apporté beaucoup de choses ( j’en discute volontiers avec ceux qui s’y intéressent ). D’autres principes alimentaires font également parti de mes convictions, principalement le fait de consommer local, de saison et bio ( et dans ma région ça veux dire qu’il faut aimer le choux et les poireaux ). Je porte avec moi un assez lourd bilan carbone car j’ai beaucoup voyagé, mais ces voyages m’ont permit en contre partie d’apprendre énormément de choses sur l’humain, la nature, les interactions entre les deux, mais surtout pour réaliser qu’il n’existe pas de valeurs “universelles” ... partout les gens ont des convictions qu’ils sont parfois prêt à défendre avec armes et sang ! J’ai aussi vu qu’il y a un réel angélisme de la part des gens qui vivent leur conviction depuis le fond de leur canapé ikéa ... car à travers le monde j’ai été témoin de la violence , partout sous un nombre inimaginable de formes ! Les seuls moments où j’ai eu la sensation de m’en extraire on été ceux où j’ai été seul face à la nature, loin du fait des Hommes ! J’ai vu plus d’amour et de respect chez une productrice de bœuf bio en France qu’envers des vaches “sacrées” au Népal. J’ai recommencé à manger de la viande en voyage, lorsque j’ai été reçu par des gens qui n’avaient rien d’autre à me proposer et qu’il aurait été plus que déplacé de dénigrer ce geste pour mon petit confort intellectuel. Et puis j’ai appris à reconnaitre qu’il y a de réelles différences entre les modes de production et que cela impact directement nos valeurs et notre environnement, j’y suis de plus en plus attentif et rencontre des gens merveilleux depuis. Comme je l’ai dit à de nombreuses reprises, je trouve merveilleux que de plus en plus de gens s’intéressent aux modes alimentaires “alternatifs” ( qu’ils soient végan, végétariens, sans gluten, bio ... ) car ça montre que les gens ne prennent plus tout pour argent comptant. Mais je prône également la coexistence et l’évolution douce. C’est souvent en ça que mes avis divergent avec les militants ( végan ou autre) sur les manières d’agir : Les études en neuroscience montrent que face à une démonstration de la violence (vidéo d’un abattoir par exemple), le cerveau d’une personne non préparée, vivra ça comme une agression ... mais au lieu d’obtenir un électrochoc contre le système, le trauma sera dirigé contre la personne qui lui aura fait vivre ce trauma... avec un effet inverse à celui désiré... mais je m’égare à parler de ça.
Bref, je tente juste de faire avec les outils à ma disposition pour rester le plus cohérent possible entre mes choix, mes croyances, mes moyens et mes aspirations. Jonglant moi-même avec certains paradoxes.
EDIT 2 :
Je n’ai hélas rien inventé pour créer ce personnage fictif ! juste pris quelques éléments sur différents posts de mes contacts ... j’ai même été assez soft pour qu’on ne pense pas que j’exagère le trait ! Et pour celles et ceux qui me font la critique d’avoir choisi une femme plutôt qu’un homme c’est pour la même raison ( qui n’est pas lié à une réalité statistique et objective ) : je n’ai pas eu autant d’occasion de voir ce type de posts et de profils dans mon fil d’actualité.