yoga et parentalite

Le Yoga et la parentalité bienveillante.

Après un 1er article sur le « Le Yoga, un chemin spirituel dès l’enfance » (24 février 2015), voici une réflexion sur la parentalité ou plus largement l’accompagnement des enfants et les liens avec quelques-uns de mes points de repère dans les Yoga-Sutras de Patanjali.

Si l’on peut se poser la question du yoga avec et par les enfants, la question se pose en premier lieu du côté du parent ou de l’accompagnant. « Mon enfant est stressé », que faire ? Je le conduis à un cours de yoga ? Je prends également le temps de poser mon attention sur ce qui se passe en moi et je peux réfléchir quant à ma démarche dans l’accompagnement de l’enfant. Comment ai-je envie de vivre cette relation si précieuse pour moi ?

A la naissance de mes enfants, cela faisait une douzaine d’années que j’avais découvert le yoga et cela commençait à prendre vraiment plus de place dans ma vie. J’ai continué les pratiques pendant mes grossesses, jusqu’au jour de l’accouchement et là, coup de foudre, un grand coup d’amour, à chaque naissance. Et quel bouleversement !

Dans certaines situations, lors de pleurs, de colère de mes enfants, je me suis sentie perdue, démunie. Comment faire quand je reviens d’une retraite, quand je quitte mon tapis, pour revenir à la relation à mes enfants, qui sont traversés par des émotions, qui ont des besoins que je n’identifie pas tout de suite. C’était tellement facile d’être calme sur le tapis, comment appréhender le quotidien, comment accompagner mes enfants vers l’autonomie et l’épanouissement?

« Yoga » a alors pris tout son sens pour moi. Chez nous en Occident, quand on pense yoga, on imagine d’abord des séances collectives sur tapis où l’on passe d’une posture à l’autre et où l’on se couche pour se relaxer. « Yoga » est bien davantage que cela et est un chemin qui envisage toutes les dimensions de la vie. Comment peut-il m’éclairer sur ma mission de maman, en nourrissant les besoins de douceur, d’harmonie, de non-violence.  « La non-violence », 1er vœu, dans les relations à soi et aux autres, 1er vœu dans la relation à mes enfants et à ceux que j’accompagne.

Pour moi, Yoga rime avec parentalité bienveillante ou positive. Et cela commence par soi. La part de moi qui aime faire des liens intellectuels s’amuse à se relier à des aphorismes de Patanjali, et cela devient cohérent, fluide entre tradition et incarnation dans ma réalité de maman.

« Comprendre la vie c’est nous comprendre nous-mêmes, et voilà le commencement et la fin de l’éducation. » (Krishnamurti)

L’enfant, une graine d’amour

L’enfant est là, avec son cœur, ses yeux grands ouverts, émerveillé à la vie, gourmand de découvertes.

J’aime me rappeler, souvent, que l’enfant a un merveilleux potentiel présent à la naissance, avec des compétences, des talents qui sont déjà là, en germe. Si nous souhaitons légitimement transmettre certaines valeurs et compétences à nos enfants, il ne s’agit pas de remplir un « vide » mais de favoriser la révélation de l’enfant à lui-même, sans l’abîmer.

En tant que maman et enseignante en yoga, mon intention est de les accompagner dans le respect de leur tempérament, de leurs dons, de leurs élans de vie pour renforcer leur sécurité intérieure.

Le yoga nous invite à découvrir notre mission dans la vie.  Ce pour quoi on est là et qui a du sens pour nous. Quelle éducation d? Quel accompagnement de l’enfant propose-t-il une présence rassurante et aimante qui soit favorable à la sécurité intérieure de l’enfant pour qu’il ose être lui-même ?

AHIMSA : Parentalité non-violente

Si la non-violence est une valeur qui sous-tend les relations à soi et aux autres dans le yoga et que l’on retrouve dans d’autres philosophies, comment être un parent non-violent, en gestes et en mots ?

Les démarches qui proposent d’élever les enfants sans punitions ni récompenses, sont pour moi les plus cohérentes par rapport à mon cheminement. Si je punis un enfant, je ressens de la tension en moi, de l’énervement, de la tristesse, mon mental s’agite. Une punition n’émane pas de la source d’amour, et je n’en ai pas envie, ce n’est clairement pas ma préférence. Ni, non plus, inciter un enfant à adopter un certain comportement parce qu’on lui promet une récompense.

La parentalité bienveillante ou positive est pour moi au cœur de mon cheminement en yoga. Je me tourne notamment vers les ouvrages et stages proposés par Isabelle Filliozat, une de mes principales personnes ressources et inspirantes ainsi que vers la Communication NonViolente de Marshall Rosenberg (CNV).

Eviter toute violence, même petite, même minime… Quand y-a-t-il violence ? Une fessée, un envoi dans la chambre, au coin. Une phrase qui comporte un jugement « Tu es nul. », « Avec toi c’est toujours la même chose. », qui colle une étiquette à l’enfant « Tu es paresseux. », « Tu es toujours distrait. »  Comment traduire ce qui se passe en nous et chez l’enfant ?

Tant mes pratiques sur tapis, en passant par la respiration, le mouvement, la détente, les visualisations et la méditation que mes lectures et rencontres avec des personnes inspirantes nourrissent mon besoin d’évolution et mes aspirations profondes en tant que maman.

MAITRI – KARUNA  – L’empathie et le réservoir d’attachement

Comment construire la sécurité intérieure chez l’enfant ? En répondant à son besoin d’attachement et en remplissant son réservoir d’attachement par une présence bienveillante et empathique.

Cultiver l’empathie est d’ailleurs présenté en yoga comme un moyen d’apaisement du « mental ».

C’est en présence de maman, de papa ou d’une autre figure d’attachement que l’enfant peut décharger son stress de la journée.  Il peut alors remplir son « réservoir d’attachement » qui s’est vidé à l’occasion de diverses situations stressantes. «La figure primaire d’attachement est la station d’essence de l’enfant. C’est auprès d’elle qu’il retourne entre deux incursions dans le monde extérieur. On peut illustrer le besoin d’attachement par un réservoir vidé par la faim, la fatigue, l’isolement ou une blessure. Comment le remplir ? En aimant l’enfant, en lui donnant du contact physique, de la tendresse, en le consolant ou le nourrissant. »  (Lawrence Cohen, Qui veut jouer avec moi ?, Editions JC Lattès, p. 80).

Dans mon expérience, accorder ces temps d’écoute, et m’entraîner à l’empathie (en commençant par l’auto-empathie), ouvre mon cœur, m’adoucit de l’intérieur et c’est effectivement plus calme dans ma tête. Quand je m’énerve suite à un comportement d’un enfant, dans l’instant second, je suis triste, tendue et les pensées se bousculent. Si je prends le temps de me connecter à ce qui se passe en moi, à ce que je ressens et à mes besoins, je peux ensuite accorder ce temps d’empathie à l’enfant et cœur à cœur, découvrir ses émotions et ses besoins.

Entre nous deux se crée le champ empathique, je suis détendue dans mon corps, ma respiration se calme. Et je me laisse aller dans cette profonde intimité avec l’enfant. N’est-ce pas cela notre aspiration, être vraiment ensemble et goûter la relation pleinement ?

SAMSKARA – Echo de ma propre enfance – Guérison des blessures du passé

Quand je suis démunie, j’ai tendance à reproduire ce que j’ai connu, vécu dans ma propre enfance ou à réagir à partir de mes blessures. Des phrases types ressortent, je colle des étiquettes, je porte des jugements.

Le yoga nous invite à nous défaire de nos conditionnements, tout comme la parentalité positive. Je prends le temps de repérer mes conditionnements et mes croyances et de ne pas réagir à partir de là avec les enfants.

A nouveau, ce sont à la fois les pratiques, les lectures et les rencontres qui me font prendre conscience de ces réactions. Dans le quotidien, cultiver la pleine conscience permet de repérer les stimuli qui, quasi systématiquement, vont susciter une réaction disproportionnée et inadéquate chez moi. Je peux alors aller voir ce qui se cache derrière et c’est peut-être une croyance ou une blessure du passé. Je choisis alors d’écouter ces parts de moi, de traduire ce qu’elles me disent, et si j’en ressens le besoin de me faire accompagner dans cette démarche.

PRANA – Les pratiques de yoga – Faire retour vers soi – Remplir son réservoir de maman !

« Ramener prana vers le canal central »

Je continue à fouler mon tapis de yoga et à prendre des temps de pause pendant mes journées.  Pas beaucoup le temps dans une vie de femme active et maman de deux enfants. Des petites pratiques de 20 à 30 minutes s’installent plus facilement que des séances d’1h30.

En outre, plusieurs moments de présence à soi, de « faire retour », s’installent dans mes journées. 30 secondes, 3 minutes, quel que soit l’endroit (enfin presque sans doute ;-)). Et cela remplit mon réservoir à moi ! Prana revient vers le canal central.

Entraîner son attention à revenir à soi, à se poser sur la respiration pour revenir dans l’instant présent nous permettra d’y revenir dans des moments difficiles et quand nous sommes amenés à décoder un comportement de l’enfant. On sentira l’énervement monter en nous, on repérera les émotions, sentiments et pensées qui apparaissent. On reviendra plus facilement à la respiration pour prendre un temps de pause et ne pas réagir à chaud. Et si c’est le cas, si des cris, des gestes, des phrases sortent dans l’instant premier que l’on regrette ensuite, on y revient, après avoir respiré profondément, en se souvenant de notre intention de cœur.

Yoga rime pour moi avec parentalité et accompagnement bienveillant des enfants. A partir de cette intention de cœur qu’est la non-violence, je choisis  (i) de prendre soin de moi et de continuer mon cheminement intérieur, en prenant conscience de mes conditionnements et en guérissant les blessures du passé et (ii)  d’entrer en relation avec mes enfants avec bienveillance, en étant pleinement là, pour qu’ils puissent remplir leur réservoir d’attachement et aller petit à petit à la découverte d’eux-mêmes.

Etre en relation cœur à cœur, un peu plus chaque jour…

Isabelle Filliozat : site internet : http://www.filliozat.net/, auteure de nombreux livres sur la parentalité, l’intelligence émotionnelle…

 

Texte de Catherine Blondiau, enseignante en yoga, ABEPY (Belgique). http://www.inspireatwork.be; facebook/inspireatwork.

Auteur du Livre Yoga pour les enfants et synergies d’huiles essentielles aux Editions Amyris.

Commander son livre en cliquant le lien suivant:
Yoga pour les enfants et synergies d’huiles essentielles

 

Et vous qu’en pensez vous ? Dites-le nous dans les commentaires.

 

 

 



'Le Yoga et la parentalité bienveillante.' have 4 comments

  1. 17 septembre 2015 @ 14 h 10 min Valy Silferi

    Merci beaucoup de ce magnifique texte qui représente dans son ensemble les questionnements de la « maman-prof de yoga » que je suis moi aussi. Comment être la plus juste à chaque instant de la vie de mes enfants, afin de leur permettre de s’épanouir dans ce qu’il sont, et non par ce que la société, et en premier lieu l’éducation qu’on leur offre, les formate? Se recentrer à chaque instant, rester dans le yoga qui finalement nous ramène à « l’Union » de soi avec le Soi, constamment, à chaque minute. Prendre du temps pour se remplir soi et pouvoir offrir sans puiser dans son capital, s’aimer soi pour aimer les autres, être là…. Merci!

    Répondre

  2. 24 mai 2016 @ 12 h 40 min Buisson Carine

    Merci Catherine pour ce superbe témoignage de ce qu’est la relation parents-enfants pour vous, à travers la pratique du yoga! Jusqu’à présent, je ne m’étais pas intéressée à l’aspect spirituel du yoga et je découvre avec joie tout ce qu’il peut apporter. Je pratique moi-même de temps en temps du yoga-pilates ou juste du yoga et quelle détente du corps et de l’esprit! C’est vraiment une belle pratique pour conscientiser son corps, son souffle et pour ouvrir son coeur à l’amour!
    Je partage votre article!
    Ci-dessous mon nouveau site bientôt en ligne « Pour une Parentalité Epanouie ». Au plaisir d’échanger avec vous;)
    Belle journée
    Carine

    Répondre


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Attention ! Le yoga n’est pas sans risque

25 novembre 201625 novembre 2016
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Ouvrez vos chakras et ayez conscience de vos limites.

C'est l'une des études les plus conséquentes disponibles à ce jour sur la pratique du yogae t les blessures qui peuvent en résulter. Menée par deux chercheurs en traumatologie et épidémiologie de l'université d'Alabama de Birmingham, il en ressort que le yoga n'est évidemment pas le sport le plus traumatogène du répertoire, mais qu'il n'est pas pour autant dénué de risques. Et que les yogistes ayant dépassé les 65 ans doivent redoubler de prudence, car ce sont eux les plus vulnérables aux entorses, élongations et autres fractures. Le travail de Thomas A. Swain et Gerald McGwin, rassemblant quatorze ans de données récoltées aux États-Unis, montre aussi que le yoga a gagné en popularité sur la période, et que la fréquence des blessures s'en ressent. En moyenne, elle était de 10 pour 100.000 participants en 2001 et grimpe à 17 pour 100.000 en 2014. Après 65 ans, cette incidence –58 pour 100.000– est bien plus élevée, avec trois fois plus de fractures que pour les autres classes d'âge. Pour les individus âgés de 45 à 64 ans, elle est de 18 pour 100.000 et de 12 pour 100.000 pour ceux de 18 à 44 ans.
«Les blessures liées au yoga sont relativement rares, explique Swain, et comme on aurait s'en douter, l'incidence a tendance à monter avec l'âge du participant. Nous avons aussi observé que le taux de blessures augmente sur la période, ce qui pourrait traduire une plus grande popularité du yoga, avec davantage de personnes inexpérimentées qui ne prennent pas les précautions d'usage pour éviter les problèmes.»
Swain recommande de «consulter son médecin avant de débuter le yoga, d'être prudent et de connaître ses limites personnelles». Des limites que bon nombre de pratiquants débutants sont à même d'ignorer car «le yoga est bien plus difficile et exigeant qu'on le pense», précise McGwin. Au total, ce sont 29.590 blessures que les chercheurs ont répertoriées. Près de la moitié (45%) sont des entorses et le haut du corps est visiblement la zone la plus fragile.

Du yoga au travail….

21 septembre 201621 septembre 2016
yoga au bureauVous pouvez aller travailler ! » La séance d'une heure est terminée. Paula Taylor, professeur de yoga du réseau de coachs sportifs Fizix, libère ses douze élèves. Du chef sommelier à la femme de ménage, les 550 salariés du Bristol peuvent participer gratuitement à ce cours. Organisé dans une petite salle climatisée réservée aux employés, il coûte entre 80 € et 120 € au Comité d'Entreprise du palace. « Le point fort, c'est qu'il y a une homogénéité des groupes et ça crée une dynamique », se félicite son secrétaire adjoint Damien Largeau.   Collé serré   « On peut rencontrer des collègues d'autres services », renchérit Lucie Demai, hôtesse d'accueil. Allongé à sa gauche sur un tapis, Tony Le Douigou, dont elle n'a jamais été aussi proche, en est à son deuxième cours. « C'est plus apaisant que d'aller courir, observe le demi-chef de rang. Idéal pour se détendre avant de commencer le travail, de 16 heures à minuit ».   Debout depuis 7 heures du matin, le directeur d'achats Thomas Trucheret est en nage à la fin du cours, mais il savoure cette coupure en milieu d'après-midi : « J'aborde sereinement la deuxième partie de journée, sur le plan profesionnel et à la maison avec mes trois enfants ». Et de conclure, sourire en coin : « Le stress retombe. C'est parfait  : avec notre clientèle exigeante, il faut être très réactifs. » Voir l'article

Musculation et yoga, nouvelle mode made in US

23 août 201623 août 2016
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De nombreux hommes adeptes de musculation délaissent les poids et haltères pour des matelas de yoga, prenant le pas de l'intérêt grandissant pour une variante plus virile du yoga traditionnel, le «broga».

Le yoga, activité vieille de plusieurs millénaires, était autrefois pratiqué exclusivement par des hommes. L'activité physique «mâle» de l'ère moderne est aujourd'hui tout autre. «Le yoga se résume à bien plus qu'à des femmes qui se contorsionnent tels des bretzels végans», a lancé l'entrepreneur qui a fondé les cours de Jock Yoga, Michael DeCorte. Le centre d'entraînement Equinox de Toronto offre ces séances d'entraînement qui unissent les salutations au soleil à la musculation. De plus en plus de professeurs de yoga tentent d'attirer davantage d'hommes dans leurs classes en proposant des exercices qui misent sur la force plutôt que la flexibilité. Les adeptes de yoga sont constitués à 70% par des femmes, selon une étude de l'institut Ipsos publiée en 2016. M. DeCorte estime malgré tout que 50 à 85% des sportifs qui assistent à ses ateliers de Jock Yoga sont des hommes. D'autres centres de type «broga» essaiment un peu partout au pays. Jo-ga, à Halifax, Yoguy, à Vancouver, et le studio montréalais Mudraforce - où l'activité se pratique en toute nudité- ont notamment vu le jour. Une compagnie basée au Massachusetts, Broga yoga, détient un brevet sur l'emploi du mot-valise. L'entreprise se vante d'avoir plus de 12 000 clients et 500 professeurs à travers le monde, notamment par ses cours offerts par le biais de vidéo en ligne. Selon l'instigateur du «broga», Robert Sidoti, nombre d'hommes sont attirés par les bienfaits du yoga, mais craignent d'avoir un air efféminé en prenant la position du lotus.
En lire plus ...

Le dalai lama juge qu’il y a trop de réfugiés en Europe

31 mai 201631 mai 2016
Dalai lama trouve qu'il y a trop de réfugiés en EuropeLe dalaï-lama a estimé qu'il y avait à présent "trop" de réfugiés en Europe après la vague d'arrivée l'an dernier et que ces migrants cherchant protection ne devaient rester que provisoirement sur place, dans une interview publiée aujourd'hui en Allemagne. "Quand nous regardons le visage de chaque réfugié, surtout ceux des enfants et des femmes, nous ressentons leur souffrance et un être humain qui a de meilleures conditions de vie a la responsabilité de les aider. Mais d'un autre côté, il y en a trop à présent" en Europe, a déclaré le chef spirituel des Tibétains au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. "L'Europe, l'Allemagne en particulier, ne peut devenir un pays arabe, l'Allemagne est l'Allemagne", a-t-il ajouté, en référence au fait qu'une majorité des migrants vient de pays arabes comme la Syrie ou l'Irak. "Il y en a tant que cela devient difficile sur le plan pratique. Et sur le plan moral, je trouve aussi que ces réfugiés ne devraient être accueillis que provisoirement. L'objectif devrait être qu'ils retournent (dans leur pays) et aident à reconstruire leur pays", a estimé le dalaï-lama, qui vit lui-même en exil en Inde depuis plus de 50 ans. L'Allemagne a accueilli l'an dernier un nombre record d'un million de réfugiés. Source Le Figaro

Tendance: le yoga en moumoute et chaussures de ski…

6 avril 20166 avril 2016
ski_yoga_poseLe murmure du torrent et le chant des oiseaux dans les bouleaux apaisent déjà. Dans le décor vivant du Plan de l’Eau, aux Menuires, se déroule la randonnée «yoga et raquettes», encadrée par Brigitte Ruff, accompagnatrice en montagne, et Anita Thevenot, masseuse ayurvédique. Après une première marche dans la poudreuse, telle une page blanche, une première pause est consacrée à des exercices d’étirement. Le groupe, limité à douze personnes maximum, forme un petit cercle. Raquettes aux pieds, on tend et on étire ses bras vers le ciel. Profonde inspiration, puis on relâche totalement son buste et ses membres supérieurs jusqu’à frôler la neige. Pendant une quinzaine de minutes, Anita aide chacun à prendre conscience de son corps. «La montagne, avec son paysage somptueux et son air pur, offre un cadre idéal pour pratiquer le yoga pranayama, qui met l’accent sur la respiration», précise-t-elle. On repart ensuite plus détendu, attentif aux empreintes d’animaux et au silence, seulement rompu par le bruit feutré des raquettes. Plus loin, c’est la posture de la salutation au soleil. Un long et ressourçant déroulement du corps, pratiqué plusieurs fois, après avoir déchaussé et s’être installé sur un petit tapis de yoga, prêté par Anita. Les deux autres pauses zen sont consacrées à des exercices respiratoires et à de la méditation, assis en tailleur. Lancées l’an dernier au départ de la station de Val Thorens, ces randonnées bien-être hebdomadaires, de trois heures, affichent complet. Les clients? Souvent des femmes, n’ayant jamais pratiqué le yoga ou même les raquettes, mais curieuses de découvrir cette balade hybride. Morzine mise aussi sur l’engouement autour du yoga. Probablement inspirée par la station suisse d’Engadin St. Moritz qui lançait en 2014 la première piste de yoga du monde, Morzine propose cet hiver la piste des yogis, un itinéraire bleu de 2400 mètres jalonné de dix emplacements pour pratiquer des postures relaxantes, sans forcément ôter ses skis. Enfin, sous le nom de marche afghane, évocateur de montagne loitaine, la station de Samoëns invite à une sortie en raquettes accompagnée par un professionnel. Durant cette randonnée, le travail constant sur la respiration facilite la gestion de l’effort en altitude et relaxe. Les activités bien-être en montagne ne se résument plus à des papouilles et des bains bouillonnants dans des centres aqualudiques mais tirent parti, enfin, d’un environnement unique. Voir l'article sur le site de Libération

Le paradoxe Vegan de la femme branchée.

2 novembre 20152 novembre 2015
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Assez régulièrement ( et de plus en plus ) je vois des gens arriver à un mode de vie vegan ( ce qui en soit est plutôt bien ) mais ce que je trouve étrange c’est souvent le paradoxe éthique assez flagrant et parfois cliché.
Pour commencer, beaucoup des végan avec qui j’ai les échanges les plus houleux sont souvent des filles, entre 20 et 30 ans, « converties » depuis assez peu de temps.
Autant je crois sincèrement aux bienfondés de ce mode de vie lorsqu’il est choisi et pensé de bout en bout, autant je suis souvent confronté à des situations de fort malaise lors de nombreux échanges.
Cela se manifeste par plusieurs choses récurrentes : le prosélytisme, la suffisance et l’incohérence.
Je vais dresser un portrait caricatural pour essayer de bien faire comprendre ça … ( pour ce faire je ne vais que juxtaposer des éléments issus de posts ayant défilé sur mon fil d’actualité perso )
Faisant la queue pour avoir son café-pumpkin starbuck, elle attend en faisant un petit selfie marrant pour montrer son nouveau bonnet en coton bio.
Elle poste ça en ligne avec son nouvel iphone.
Un peu plus tard elle rentre chez elle, se fait un petit smoothie banane, mangue et lait de coco, le tout dans un super blender trouvé sur amazon.
Un petit tour sur son compte instagram nous fera découvrir sa garde robe pour constater que toutes les fringues sont bio. Comme tout est bio, le label "équitable" est apposé sur son chocolat, son café et ses épices.
Plus tard, un passage sur son compte facebook nous montrera de nombreux partages militant où on voit combien l'industrie agro-alimentaire est trash (les vidéos le montrent très bien assurément … (ne pas aller sur une page d'une végan à l'heure du repas !).
On la verra également se réjouir de la fermeture d'un abattoir, voyant le signe d'un réel progrès pour "la cause".
Elle prend soin d'elle, les statistiques publiées sur ses joggings grâce à l'application embarquée dans ses nike en sont la preuve ! Et après une bonne douche avec un savon Lush elle sent super bon le fruit de la passion.
Et ce soir après cette belle journée elle se fait un petit plaisir : un steak végétal. Tellement bien fait qu'on dirait trop de la viande (mais sans la souffrance animale) ! Un petit bout de "Faux-mage" à base de noix de cajou et un avocat. Et en dessert un petit bout de chocolat équitable.
Elle a le sourire en préparant ses vacances en Thaïlande en achetant sont billet en ligne sur son macbook, avec son chat sphinx qui ronronne sur ses genoux et peux enfin aller se coucher, en paix avec elle-même et ses convictions … aujourd'hui encore, elle n'a été la cause d'aucune souffrance animale.
Et là je vous vois venir avec un "Heuuu mais Samten, il est où le problème, je ne vois pas trop où tu veux en venir … elle a l'air plutôt cool la nana là … non ?"
Oui oui elle est cool ! Et c'est vraiment chouette que par son véganisme elle se sente impliquée dans la cause animale, le progrès et l'évolution de l'humanité à des hautes sphères de conscience et d'empathie !
MAIS … Et hélas c'est là que le bât blesse…
Son café est issu de la souffrance des hommes, d'une production qui détruit l'environnement dans lequel il est produit et contribue au déséquilibre nord-sud où la domination occidentale est vécue de plein fouet par les producteurs-esclaves.
Son téléphone est issu d'une production où les métaux rares sont également issus de productions où les hommes sont traités en esclaves dans des mines aux conditions abominables. En plus l'obsolescence perçue fait qu'elle changera de téléphone alors même que ce dernier sera encore tout à fait fonctionnel.
Elle se réjouit de la fermeture d’un abattoir sans réaliser que le nombre d’animaux abattus restera inchangé ... le seul changement sera que ces pauvres bêtes devront parcourir encore plus de distance dans le transport final ... l’élément souvent le plus traumatisant pour l’animal (mais aussi pour l’éleveur qui respecte ses animaux).
La banane de son smoothie provient d'équateur, issue d'une terra-formation imposée par les États-Unis pour que ces pays ne viennent pas concurrencer la production de maïs OGM. La mangue provient d'Inde et a peut-être véhiculé des parasites qui détruisent nos vergers. L'avocat provient d'Israël et le lait de coco de Thaïlande, finançant les deux des régimes politiques discutables. Les transport “bio” n’existe pas ... les bateaux délestent en pleine mer, les camions brulent du gasoil et dans les deux cas il y a un paquet de dommages collatéraux. Ben oui, combien de dauphins pris dans les pales des bateaux, de biches , d’oiseaux, de hérissons percutées, écrasés pour que nos fruits exotiques arrivent à bon port ?
Son blender vient de chine, assemblé dans une usine où les gens sont traités comme de la marchandise et payés une misère et acheté sur un site qui bafoue le droit du travail à longueur de temps.
Ses habits, comme sa nourriture, ont parcouru des milliers de kilomètres pour être parfois produit avec des produits chimiques (malgré les labels bios affichés) et cousu par des enfants, au même titre que ses nikes.
Sa fausse viande et son faux fromage sont issus de productions industrielle et chimique pas forcément très saine et de loin pas locale
Son chat provient d'un élevage de croisements génétiques et nourrit avec des boites industrielles (et là autre paradoxe : doit-on imposer le véganisme aux animaux … ah ben non ce serait aller à l'encontre de leur nature, dans ce cas là c'est pas pareil)
Son billet d'avion compensera le bilan carbone de son véganisme.
A côté de ça j'essaie d'imaginer une personne qui consommera bio, local, de saison avec, certes de la viande de temps en temps (mais qui vient d'un paysan qui connaît toutes ses bêtes) qui portera ses fringues jusqu'à l'usure, n'aura que le strict nécessaire chez lui, pas de robots ménagers dans tous les sens, pas d'ordi, pas de fruits exotiques … et qui pourtant sera la "cible" des végans en raison de son manque de conscience et de sensibilité… et là je me dit qu'il y a un soucis dans la manière qu'ont les végans de mener leur "combat" …
Je me dois de rajouter un GROS P.S. à ce texte : je ne me considère absolument pas comme étant moi-même éthiquement irréprochable, loin de là ! J'essaie de faire au mieux ma part en restant un maximum cohérent entre mes convictions et mes capacités de consommation. Mais par contre l'issue de mes réflexions, de mes pensées, mes idées, je les PARTAGE. J'espère que parfois ma vision des choses en convainc certain mais je considère toujours que les choix éthique sont personnels et que nous ne pourrons jamais être irréprochables sans devenir extrêmes et sans s'extraire totalement du système, ce qui n'est pas ma volonté, au contraire, j'espère pouvoir être le témoin d'évolutions du système dans "mon" sens quitte à devoir faire des compromis, mais que je choisis.
EDIT : suite à l’engouement et aux nombreux comm qu’a suscité cet article aux différents endroits où il a été partagé et comme ça a dépassé le cercle des gens qui me connaissent, je me dois de me présenter pour permettre de contextualiser éventuellement cet article. Pour commencer je dois moi-même faire face à de nombreux paradoxes de consommation lié à mon choix de travail : étant photographe j’ai en effet beaucoup de matériel technologique ( ordinateurs, tablette, appareils photos ... ) qui ont un cout éthique important. Je n’ai pour le moment pas trouvé de solution pour ce pan là. J’ai passé plusieurs période de ma vie à appliquer un régime végétarien et un mode de vie assez proche des principes végétaliens sous pas mal d’aspects. Je me considère comme étant assez impliqué dans les domaines de la réflexion sur nos modes de vies, nos interactions avec l’environnement. J’ai un très grand intérêt pour la permaculture, les productions équitables ( je ne parle pas des labels qui spolient le terme ). Suite à de nombreuses réflexions j’en suis venu à avoir un mode de vie où les choix alimentaires et de consommation générale sont souvent mis dans la balance du pour et du contre au moment de l’acte d’achat. J’ai également un régime alimentaire qui est aussi très “fashion” car j’ai une alimentation principalement axée sur les principes du Dr Seignalet, à savoir sans gluten, sans produits laitiers, sans sucres raffinés ( mais je n’en fais pas un dogme, je m’accorde des exceptions si je n’ai pas le choix ou même si simplement j’en ai envie), je suis venu à ce régime il y a plus de 7 ans pour des raisons de santé et il m’a apporté beaucoup de choses ( j’en discute volontiers avec ceux qui s’y intéressent ). D’autres principes alimentaires font également parti de mes convictions, principalement le fait de consommer local, de saison et bio ( et dans ma région ça veux dire qu’il faut aimer le choux et les poireaux ). Je porte avec moi un assez lourd bilan carbone car j’ai beaucoup voyagé, mais ces voyages m’ont permit en contre partie d’apprendre énormément de choses sur l’humain, la nature, les interactions entre les deux, mais surtout pour réaliser qu’il n’existe pas de valeurs “universelles” ... partout les gens ont des convictions qu’ils sont parfois prêt à défendre avec armes et sang ! J’ai aussi vu qu’il y a un réel angélisme de la part des gens qui vivent leur conviction depuis le fond de leur canapé ikéa ... car à travers le monde j’ai été témoin de la violence , partout sous un nombre inimaginable de formes ! Les seuls moments où j’ai eu la sensation de m’en extraire on été ceux où j’ai été seul face à la nature, loin du fait des Hommes ! J’ai vu plus d’amour et de respect chez une productrice de bœuf bio en France qu’envers des vaches “sacrées” au Népal. J’ai recommencé à manger de la viande en voyage, lorsque j’ai été reçu par des gens qui n’avaient rien d’autre à me proposer et qu’il aurait été plus que déplacé de dénigrer ce geste pour mon petit confort intellectuel. Et puis j’ai appris à reconnaitre qu’il y a de réelles différences entre les modes de production et que cela impact directement nos valeurs et notre environnement, j’y suis de plus en plus attentif et rencontre des gens merveilleux depuis. Comme je l’ai dit à de nombreuses reprises, je trouve merveilleux que de plus en plus de gens s’intéressent aux modes alimentaires “alternatifs” ( qu’ils soient végan, végétariens, sans gluten, bio ... ) car ça montre que les gens ne prennent plus tout pour argent comptant. Mais je prône également la coexistence et l’évolution douce. C’est souvent en ça que mes avis divergent avec les militants ( végan ou autre) sur les manières d’agir : Les études en neuroscience montrent que face à une démonstration de la violence (vidéo d’un abattoir par exemple), le cerveau d’une personne non préparée, vivra ça comme une agression ... mais au lieu d’obtenir un électrochoc contre le système, le trauma sera dirigé contre la personne qui lui aura fait vivre ce trauma... avec un effet inverse à celui désiré... mais je m’égare à parler de ça.
Bref, je tente juste de faire avec les outils à ma disposition pour rester le plus cohérent possible entre mes choix, mes croyances, mes moyens et mes aspirations. Jonglant moi-même avec certains paradoxes.
EDIT 2 :
Je n’ai hélas rien inventé pour créer ce personnage fictif ! juste pris quelques éléments sur différents posts de mes contacts ... j’ai même été assez soft pour qu’on ne pense pas que j’exagère le trait ! Et pour celles et ceux qui me font la critique d’avoir choisi une femme plutôt qu’un homme c’est pour la même raison ( qui n’est pas lié à une réalité statistique et objective ) : je n’ai pas eu autant d’occasion de voir ce type de posts et de profils dans mon fil d’actualité.