Yoga et bébé

Le yoga, un chemin spirituel dès l’enfance?

J’ai la joie de vous partager un premier article sur le yoga avec les enfants. Depuis que je suis maman, j’ai poursuivi mon chemin, en englobant dans mes essentiels, la relation à mes enfants. Naturellement, sans me poser de questions de manière intellectuelle au début, j’ai joué avec mes enfants dans les postures, ai tâtonné pour tenter de les apaiser en chantant, en proposant de postures, une relaxation ou un massage.  Au fil du temps, ce sont eux qui créaient des moments yoga à partir des jeux de chez nous.

Au cours de ma formation d’enseignant de yoga avec Claude Maréchal (Viniyoga), j’ai choisi d’approfondir le sujet, puis de partager mon expérience à travers un livre.

J’ai pris le temps de me relier à la tradition du yoga, aux Yoga-Sutras de Patanjali et au Yoga Rahasya de Natamuni (T. Krishnamacharya, Yogacarya, Yoga Rahasya de Sri Nathamuni), ai lu de multiples ouvrages, non seulement en yoga, mais également sur l’accompagnement des enfants, la parentalité, la communication bienveillante.  Je ressens un tel amour jaillir du cœur, des bouffées de tendresse, que ahimsa, la non-violence, est mon credo, mon intention première, à cultiver, arroser, déployer. Alors yoga ? Après une nuit blanche, des poussées dentaires, une petite colère et la fatigue qui s’accumule, diverses émotions émergent dans le quotidien d’une maman, qui pète parfois les plombs !

Aujourd’hui, accompagner les enfants en yoga, cela a-t-il un sens, du sens, chez nous en Occident ?

Viniyoga  et shrishti krama 

Le concept Viniyoga, développé et transmis par T. Krishnamacharya et puis son fils T.K.V. Desikachar,  invite à adapter les séances et postures à chaque élève, tenant compte de sa culture, de son âge, de sa personnalité de ses besoins  à un moment donné.

Le yoga transmis aux enfants est dénommé le shrishti krama, adapté à cette phase d’expansion et de croissance qu’est l’enfance.

Selon le Yoga Rahasya, jusqu’à l’âge de 25 ans, on est un « brahmacari ». Un brahmacari est un jeune garçon initié à l’Upanishad au bon moment par un maître compétent et selon les préceptes des Veda (T. Krishnamacharya, Yogacarya, Yoga Rahasya de Sri Nathamuni, p. 115). « L’éducation d’un enfant devrait développer ses capacités  physiques et mentales. Ceci est atteint par une pratique correcte du yoga » (commentaire du verset 7, T. Krishnamacharya, Yogacarya, Yoga Rahasya de Sri Nathamuni, p. 115). Les versets  8 à 12 du chapitre sur le Viniyoga donnent des recommandations sur la pratique du yoga. A partir du verset 9 sont citées les postures à pratiquer par les jeunes. Si le shrishti krama  s’adresse aux personnes de 0 à 25 ans, il doit encore être affiné et adapté selon des tranches d’âges plus précises.

Ces textes de tradition indienne me donnent une base, des pistes, des sujets de réflexion. Mais rien de concret surtout lorsqu’il s’agit d’adapter le yoga à notre culture et à notre quotidien ici en occident !

Alors, cheminer en yoga dès l’enfance?

Bébé, sourire , méditationUn chemin de découverte de « qui suis-je ? »

Apprivoiser son corps, ses pensées, ses émotions

Le yoga invite l’enfant à apprivoiser son corps, à écouter les sensations physiques, à remarquer ses pensées et vivre avec ses émotions. Des temps d’observation, des jeux à travers le corps dans les postures, des relaxations sont autant d’occasions de prendre le temps de découvrir comment fonctionne le corps, comment il respire. Comment je remarque que j’ai une émotion ? Comment cela « parle dans ma tête » ?

L’enfant observe qu’il est le contenant de tout cela, et que cela change tout le temps.

Se relier à la nature et au monde changeant

Le yoga est une opportunité de suivre le rythme des saisons, de regarder et d’observer la nature.

Les enfants proposent des séances qui se racontent au fil des saisons, des fêtes et de nos traditions.

Regarder ainsi tout ce qui change autour de nous, qui nous affecte un peu, beaucoup, intensément, et découvrir petit à petit que je peux prendre du recul et accueillir le mouvement de la vie. Trop compliqué pour les enfants ? Sans l’exprimer de manière philosophique, ma fille (à 7 ans) comparait la vie et son déroulement à un film, tantôt comique, tantôt triste, tantôt western, etc… « Maman, je suis la spectatrice, comme au cinéma !».

Découvrir ses dons, choisir sa voie

Petit à petit, en laissant l’enfant faire ses expériences, en le laissant dans son élan de découvrir la vie et dans son élan de créativité, il découvre ce qu’il aime faire et partager, il prend confiance en lui et peut-être trouvera-t-il sa voie (svadharma).

Continuer à jouer et à rire

Faut-il devenir sérieux en grandissant, arrêter de jouer ? Si on peut aimer faire les choses sérieusement, on peut aussi les faire sans se prendre au sérieux. Découvrir que la vie se joue en nous, nous proposant de multiples changements pour aller vers notre nature profonde, notre essence, et de nous rappeler que nous ne faisons qu’un avec elle.

Je me suis amusée à relire l’étymologie du mot jeu. De manière générale, il se réfère à de l’amusement; il vise également des activités soumises à des règles ou encore des jeux de rôle. C’est aussi le mouvement et la liberté de mouvement entre deux pièces ou dans un mécanisme.

Ne retrouve-t-on pas cette notion de jeu dans le yoga ?

  • citta vritti: le jeu, le mouvement des pensées et l’espace qui les sépare,
  • dans sthira sukham asanam : explorer le jeu entre la stabilité et le bien-être au cœur d’une posture,
  • dans les postures quand je me relie à leur symbolique,  « et si on disait que j’étais un « guerrier » » ?
  • le jeu avec le souffle, tantôt il s’allonge, tantôt il est suspendu.

Enfin, ce chemin n’est-il pas un long chemin d’exploration digne de nos grands jeux d’explorateurs quand nous étions enfants ? Et il ne s’arrête jamais…La vie se met en scène, nous y jouons un ou plusieurs rôles et découvrons que nous pouvons tourner notre attention vers ce qui regarde ce jeu, vers cet espace où tout est calme et rien ne change.

L’enjeu se situe au cœur de notre être, le « je » se reliant à sa Source. Alors, « faites vos jeux » ?

Cela m’a pris du temps avant de me lâcher dans les cours avec les enfants. Maintenant, je joue, je me déguise, je ris, je mime, je joue avec eux.

Yoga, grandir dans le jeu et la joie profonde, le sourire aux lèvres.

baby-yoga-2Un chemin de relations

Le yoga envisage la relation à soi ainsi que les relations aux autres. Pour ma part, j’ai introduit dans ma démarche le processus de la Communication NonViolente de Marshall Rosenberg (CNV) qui est pour moi le pendant naturel du 1er Yama de Patanjali, la non-violence, a-himsa.  Est-ce spirituel ? Marshall Rosenberg propose comme fondement spirituel de la CNV, ce qu’il nomme « énergie divine d’amour », « beloved divined energy »(M. Rosenberg, Spiritualité pratique, Les bases spirituelles de la Communication NonViolente).  Quand j’entre en lien à partir de cette énergie divine et que je me connecte à l’énergie divine de l’autre, le lien se crée de cœur à cœur.

Au quotidien : Pour répondre à de multiples et besoins 

Ce qui me fascine dans le yoga, c’est sa « complétude ». Je peux commencer enfant et poursuivre jusqu’à la fin de ma vie. C’est pour tout le monde, petit, grand, souple, raide, malade ou en bonne santé… Et il me propose diverses techniques ou pratiques pour répondre à des besoins très divers de l’enfant.

Alors comment faire ? Comment être ? Selon les besoins du moment, on pourra proposer certaines postures, des jeux de respiration, une relaxation, un dessin, des visualisations, des sons, une balade à l’extérieur, un câlin…

Se détendre

Une relaxation, un balayage du corps, pour atténuer des tensions, pour se préparer à la nuit.

Mes enfants me partagent maintenant leurs tensions, quand il y a un stress. Ils repèrent ce qui se passe dans leur corps ou sur leur respiration. Ils deviennent autonomes progressivement et trouvent seuls des clés pour apprivoiser les situations de stress.

Se réveiller

Respirer, s’étirer, se mettre en mouvement pour faire circuler l’énergie et commencer sa journée ou se redonner de l’énergie en cours de journée.

Se concentrer

A la maison, à l’école ou dans mes loisirs, des exercices d’attention et de concentration vont aider l’enfant petit à petit à focaliser son attention (pour le yoga en classe, voir le RYE http://www.rye-yoga.fr).

ToddlerYoga (1)A son rythme sur le chemin – Ralentir

Dans le rythme de vie d’aujourd’hui, mes enfants me font part de leur besoin de faire des pauses, de prendre le temps de faire un « arrêt sur image ». Au cours d’une journée, prendre une pause, quelques minutes, quelques secondes, en choisissant où poser son attention. Le matin, pause réveil, je goûte mon corps qui se réveille. Pause bisou avant d’aller à l’école. Pause en classe, quelques secondes quand je m’assieds. Pause posture peut-être. Pause midi, en savourant la 1ère bouchée de mon pain. Pause goûter. Pause jeux. Pause avant de se mettre à étudier… respirer, souffler, s’offrir des bouffées d’oxygènes. Autant d’intermèdes respirants qui préservent l’énergie et qui favorisent petit à petit le retour au calme intérieur.

Un chemin spirituel

Un petit garçon autiste  m’a dit un jour en fin de séance, en plongeant son regard au fond du mien : « Ton cœur sait qui tu es. ». Alors qui est le guide spirituel ?

Au-delà du bien-être physique, accompagner l’enfant en yoga, lui permet d’aborder toutes les dimensions de la vie, notamment sa dimension spirituelle.

Les enfants se posent des questions spirituelles. Ma fille : « Qui a créé les hommes, c’est Peyo celui qui a fait les schtroumpfs ? ». Mon fils : « Qui a donné un nom à Dieu et pourquoi on lui aurait donné des noms différents ». « C’est quoi le plus important dans la vie, être heureux ? C’est quoi être heureux ? ».

Je les regarde s’émerveiller, se plonger pleinement dans leurs activités, courir à moi avec un bouquet de pâquerettes du jardin. Je reçois leurs « je t’aime », leurs câlins.

Témoin de cet élan de vie et d’amour, choisir de me souvenir de mon essence, et faire retour vers le lieu du cœur, souvent, souvent, en les « élevant », c’est nourrir mon intention ne pas abîmer l’élan de vie, cette authenticité et cette profondeur qui les animent.

Il n’y a pas que les séances sur tapis ; c’est une démarche au quotidien, une intention de cœur dans l’accompagnement des enfants.

Petits mots en direct des enfants : « Je suis moins stressée à l’école. » « Je suis plus détendue et je sens mieux ce que l’autre ressent. »« Je m’amuse et je me détends. » «Je respire mieux. » « Mon corps est content et je suis contente. » « Je vois mes pensées dans des bulles de BD. »

A suivre …

 

 

Texte original de Catherine Blondiau , enseignante en yoga, ABEPY (Belgique). http://www.inspireatwork.be;

https://www.facebook.com/inspireatwork

Auteur du Livre Yoga pour les enfants et synergies d’huiles essentielles aux Editions Amyris.

 Et vous que pensez vous du Yoga pour les enfants? Faites nous part de vos impressions dans les commentaires.



'Le yoga, un chemin spirituel dès l’enfance?' Il y a 1 commentaire

  1. 21 mai 2016 @ 13 h 20 min Marypièr JACQUIN

    Je suis professeur de yoga dans les écoles publiques de la ville de Lorient en Bretagne (France) depuis 17 ans. Je pense que la pratique du Yoga peut faire évoluer le monde, même si dans nos pays occidentaux ce n’est pas facile d’aller au-delà des croyances erronées sur cette pratique… avec les enfants c’est un pur bonheur ! Ils ont moins de préjugés, de résistances. Je découvre qu’ils aiment « travailler », se dépasser, et ils n’ont pas peur des défis.

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Attention ! Le yoga n’est pas sans risque

25 novembre 201625 novembre 2016
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Ouvrez vos chakras et ayez conscience de vos limites.

C'est l'une des études les plus conséquentes disponibles à ce jour sur la pratique du yogae t les blessures qui peuvent en résulter. Menée par deux chercheurs en traumatologie et épidémiologie de l'université d'Alabama de Birmingham, il en ressort que le yoga n'est évidemment pas le sport le plus traumatogène du répertoire, mais qu'il n'est pas pour autant dénué de risques. Et que les yogistes ayant dépassé les 65 ans doivent redoubler de prudence, car ce sont eux les plus vulnérables aux entorses, élongations et autres fractures. Le travail de Thomas A. Swain et Gerald McGwin, rassemblant quatorze ans de données récoltées aux États-Unis, montre aussi que le yoga a gagné en popularité sur la période, et que la fréquence des blessures s'en ressent. En moyenne, elle était de 10 pour 100.000 participants en 2001 et grimpe à 17 pour 100.000 en 2014. Après 65 ans, cette incidence –58 pour 100.000– est bien plus élevée, avec trois fois plus de fractures que pour les autres classes d'âge. Pour les individus âgés de 45 à 64 ans, elle est de 18 pour 100.000 et de 12 pour 100.000 pour ceux de 18 à 44 ans.
«Les blessures liées au yoga sont relativement rares, explique Swain, et comme on aurait s'en douter, l'incidence a tendance à monter avec l'âge du participant. Nous avons aussi observé que le taux de blessures augmente sur la période, ce qui pourrait traduire une plus grande popularité du yoga, avec davantage de personnes inexpérimentées qui ne prennent pas les précautions d'usage pour éviter les problèmes.»
Swain recommande de «consulter son médecin avant de débuter le yoga, d'être prudent et de connaître ses limites personnelles». Des limites que bon nombre de pratiquants débutants sont à même d'ignorer car «le yoga est bien plus difficile et exigeant qu'on le pense», précise McGwin. Au total, ce sont 29.590 blessures que les chercheurs ont répertoriées. Près de la moitié (45%) sont des entorses et le haut du corps est visiblement la zone la plus fragile.

Du yoga au travail….

21 septembre 201621 septembre 2016
yoga au bureauVous pouvez aller travailler ! » La séance d'une heure est terminée. Paula Taylor, professeur de yoga du réseau de coachs sportifs Fizix, libère ses douze élèves. Du chef sommelier à la femme de ménage, les 550 salariés du Bristol peuvent participer gratuitement à ce cours. Organisé dans une petite salle climatisée réservée aux employés, il coûte entre 80 € et 120 € au Comité d'Entreprise du palace. « Le point fort, c'est qu'il y a une homogénéité des groupes et ça crée une dynamique », se félicite son secrétaire adjoint Damien Largeau.   Collé serré   « On peut rencontrer des collègues d'autres services », renchérit Lucie Demai, hôtesse d'accueil. Allongé à sa gauche sur un tapis, Tony Le Douigou, dont elle n'a jamais été aussi proche, en est à son deuxième cours. « C'est plus apaisant que d'aller courir, observe le demi-chef de rang. Idéal pour se détendre avant de commencer le travail, de 16 heures à minuit ».   Debout depuis 7 heures du matin, le directeur d'achats Thomas Trucheret est en nage à la fin du cours, mais il savoure cette coupure en milieu d'après-midi : « J'aborde sereinement la deuxième partie de journée, sur le plan profesionnel et à la maison avec mes trois enfants ». Et de conclure, sourire en coin : « Le stress retombe. C'est parfait  : avec notre clientèle exigeante, il faut être très réactifs. » Voir l'article

Musculation et yoga, nouvelle mode made in US

23 août 201623 août 2016
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De nombreux hommes adeptes de musculation délaissent les poids et haltères pour des matelas de yoga, prenant le pas de l'intérêt grandissant pour une variante plus virile du yoga traditionnel, le «broga».

Le yoga, activité vieille de plusieurs millénaires, était autrefois pratiqué exclusivement par des hommes. L'activité physique «mâle» de l'ère moderne est aujourd'hui tout autre. «Le yoga se résume à bien plus qu'à des femmes qui se contorsionnent tels des bretzels végans», a lancé l'entrepreneur qui a fondé les cours de Jock Yoga, Michael DeCorte. Le centre d'entraînement Equinox de Toronto offre ces séances d'entraînement qui unissent les salutations au soleil à la musculation. De plus en plus de professeurs de yoga tentent d'attirer davantage d'hommes dans leurs classes en proposant des exercices qui misent sur la force plutôt que la flexibilité. Les adeptes de yoga sont constitués à 70% par des femmes, selon une étude de l'institut Ipsos publiée en 2016. M. DeCorte estime malgré tout que 50 à 85% des sportifs qui assistent à ses ateliers de Jock Yoga sont des hommes. D'autres centres de type «broga» essaiment un peu partout au pays. Jo-ga, à Halifax, Yoguy, à Vancouver, et le studio montréalais Mudraforce - où l'activité se pratique en toute nudité- ont notamment vu le jour. Une compagnie basée au Massachusetts, Broga yoga, détient un brevet sur l'emploi du mot-valise. L'entreprise se vante d'avoir plus de 12 000 clients et 500 professeurs à travers le monde, notamment par ses cours offerts par le biais de vidéo en ligne. Selon l'instigateur du «broga», Robert Sidoti, nombre d'hommes sont attirés par les bienfaits du yoga, mais craignent d'avoir un air efféminé en prenant la position du lotus.
En lire plus ...

Le dalai lama juge qu’il y a trop de réfugiés en Europe

31 mai 201631 mai 2016
Dalai lama trouve qu'il y a trop de réfugiés en EuropeLe dalaï-lama a estimé qu'il y avait à présent "trop" de réfugiés en Europe après la vague d'arrivée l'an dernier et que ces migrants cherchant protection ne devaient rester que provisoirement sur place, dans une interview publiée aujourd'hui en Allemagne. "Quand nous regardons le visage de chaque réfugié, surtout ceux des enfants et des femmes, nous ressentons leur souffrance et un être humain qui a de meilleures conditions de vie a la responsabilité de les aider. Mais d'un autre côté, il y en a trop à présent" en Europe, a déclaré le chef spirituel des Tibétains au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. "L'Europe, l'Allemagne en particulier, ne peut devenir un pays arabe, l'Allemagne est l'Allemagne", a-t-il ajouté, en référence au fait qu'une majorité des migrants vient de pays arabes comme la Syrie ou l'Irak. "Il y en a tant que cela devient difficile sur le plan pratique. Et sur le plan moral, je trouve aussi que ces réfugiés ne devraient être accueillis que provisoirement. L'objectif devrait être qu'ils retournent (dans leur pays) et aident à reconstruire leur pays", a estimé le dalaï-lama, qui vit lui-même en exil en Inde depuis plus de 50 ans. L'Allemagne a accueilli l'an dernier un nombre record d'un million de réfugiés. Source Le Figaro

Tendance: le yoga en moumoute et chaussures de ski…

6 avril 20166 avril 2016
ski_yoga_poseLe murmure du torrent et le chant des oiseaux dans les bouleaux apaisent déjà. Dans le décor vivant du Plan de l’Eau, aux Menuires, se déroule la randonnée «yoga et raquettes», encadrée par Brigitte Ruff, accompagnatrice en montagne, et Anita Thevenot, masseuse ayurvédique. Après une première marche dans la poudreuse, telle une page blanche, une première pause est consacrée à des exercices d’étirement. Le groupe, limité à douze personnes maximum, forme un petit cercle. Raquettes aux pieds, on tend et on étire ses bras vers le ciel. Profonde inspiration, puis on relâche totalement son buste et ses membres supérieurs jusqu’à frôler la neige. Pendant une quinzaine de minutes, Anita aide chacun à prendre conscience de son corps. «La montagne, avec son paysage somptueux et son air pur, offre un cadre idéal pour pratiquer le yoga pranayama, qui met l’accent sur la respiration», précise-t-elle. On repart ensuite plus détendu, attentif aux empreintes d’animaux et au silence, seulement rompu par le bruit feutré des raquettes. Plus loin, c’est la posture de la salutation au soleil. Un long et ressourçant déroulement du corps, pratiqué plusieurs fois, après avoir déchaussé et s’être installé sur un petit tapis de yoga, prêté par Anita. Les deux autres pauses zen sont consacrées à des exercices respiratoires et à de la méditation, assis en tailleur. Lancées l’an dernier au départ de la station de Val Thorens, ces randonnées bien-être hebdomadaires, de trois heures, affichent complet. Les clients? Souvent des femmes, n’ayant jamais pratiqué le yoga ou même les raquettes, mais curieuses de découvrir cette balade hybride. Morzine mise aussi sur l’engouement autour du yoga. Probablement inspirée par la station suisse d’Engadin St. Moritz qui lançait en 2014 la première piste de yoga du monde, Morzine propose cet hiver la piste des yogis, un itinéraire bleu de 2400 mètres jalonné de dix emplacements pour pratiquer des postures relaxantes, sans forcément ôter ses skis. Enfin, sous le nom de marche afghane, évocateur de montagne loitaine, la station de Samoëns invite à une sortie en raquettes accompagnée par un professionnel. Durant cette randonnée, le travail constant sur la respiration facilite la gestion de l’effort en altitude et relaxe. Les activités bien-être en montagne ne se résument plus à des papouilles et des bains bouillonnants dans des centres aqualudiques mais tirent parti, enfin, d’un environnement unique. Voir l'article sur le site de Libération

Le paradoxe Vegan de la femme branchée.

2 novembre 20152 novembre 2015
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Assez régulièrement ( et de plus en plus ) je vois des gens arriver à un mode de vie vegan ( ce qui en soit est plutôt bien ) mais ce que je trouve étrange c’est souvent le paradoxe éthique assez flagrant et parfois cliché.
Pour commencer, beaucoup des végan avec qui j’ai les échanges les plus houleux sont souvent des filles, entre 20 et 30 ans, « converties » depuis assez peu de temps.
Autant je crois sincèrement aux bienfondés de ce mode de vie lorsqu’il est choisi et pensé de bout en bout, autant je suis souvent confronté à des situations de fort malaise lors de nombreux échanges.
Cela se manifeste par plusieurs choses récurrentes : le prosélytisme, la suffisance et l’incohérence.
Je vais dresser un portrait caricatural pour essayer de bien faire comprendre ça … ( pour ce faire je ne vais que juxtaposer des éléments issus de posts ayant défilé sur mon fil d’actualité perso )
Faisant la queue pour avoir son café-pumpkin starbuck, elle attend en faisant un petit selfie marrant pour montrer son nouveau bonnet en coton bio.
Elle poste ça en ligne avec son nouvel iphone.
Un peu plus tard elle rentre chez elle, se fait un petit smoothie banane, mangue et lait de coco, le tout dans un super blender trouvé sur amazon.
Un petit tour sur son compte instagram nous fera découvrir sa garde robe pour constater que toutes les fringues sont bio. Comme tout est bio, le label "équitable" est apposé sur son chocolat, son café et ses épices.
Plus tard, un passage sur son compte facebook nous montrera de nombreux partages militant où on voit combien l'industrie agro-alimentaire est trash (les vidéos le montrent très bien assurément … (ne pas aller sur une page d'une végan à l'heure du repas !).
On la verra également se réjouir de la fermeture d'un abattoir, voyant le signe d'un réel progrès pour "la cause".
Elle prend soin d'elle, les statistiques publiées sur ses joggings grâce à l'application embarquée dans ses nike en sont la preuve ! Et après une bonne douche avec un savon Lush elle sent super bon le fruit de la passion.
Et ce soir après cette belle journée elle se fait un petit plaisir : un steak végétal. Tellement bien fait qu'on dirait trop de la viande (mais sans la souffrance animale) ! Un petit bout de "Faux-mage" à base de noix de cajou et un avocat. Et en dessert un petit bout de chocolat équitable.
Elle a le sourire en préparant ses vacances en Thaïlande en achetant sont billet en ligne sur son macbook, avec son chat sphinx qui ronronne sur ses genoux et peux enfin aller se coucher, en paix avec elle-même et ses convictions … aujourd'hui encore, elle n'a été la cause d'aucune souffrance animale.
Et là je vous vois venir avec un "Heuuu mais Samten, il est où le problème, je ne vois pas trop où tu veux en venir … elle a l'air plutôt cool la nana là … non ?"
Oui oui elle est cool ! Et c'est vraiment chouette que par son véganisme elle se sente impliquée dans la cause animale, le progrès et l'évolution de l'humanité à des hautes sphères de conscience et d'empathie !
MAIS … Et hélas c'est là que le bât blesse…
Son café est issu de la souffrance des hommes, d'une production qui détruit l'environnement dans lequel il est produit et contribue au déséquilibre nord-sud où la domination occidentale est vécue de plein fouet par les producteurs-esclaves.
Son téléphone est issu d'une production où les métaux rares sont également issus de productions où les hommes sont traités en esclaves dans des mines aux conditions abominables. En plus l'obsolescence perçue fait qu'elle changera de téléphone alors même que ce dernier sera encore tout à fait fonctionnel.
Elle se réjouit de la fermeture d’un abattoir sans réaliser que le nombre d’animaux abattus restera inchangé ... le seul changement sera que ces pauvres bêtes devront parcourir encore plus de distance dans le transport final ... l’élément souvent le plus traumatisant pour l’animal (mais aussi pour l’éleveur qui respecte ses animaux).
La banane de son smoothie provient d'équateur, issue d'une terra-formation imposée par les États-Unis pour que ces pays ne viennent pas concurrencer la production de maïs OGM. La mangue provient d'Inde et a peut-être véhiculé des parasites qui détruisent nos vergers. L'avocat provient d'Israël et le lait de coco de Thaïlande, finançant les deux des régimes politiques discutables. Les transport “bio” n’existe pas ... les bateaux délestent en pleine mer, les camions brulent du gasoil et dans les deux cas il y a un paquet de dommages collatéraux. Ben oui, combien de dauphins pris dans les pales des bateaux, de biches , d’oiseaux, de hérissons percutées, écrasés pour que nos fruits exotiques arrivent à bon port ?
Son blender vient de chine, assemblé dans une usine où les gens sont traités comme de la marchandise et payés une misère et acheté sur un site qui bafoue le droit du travail à longueur de temps.
Ses habits, comme sa nourriture, ont parcouru des milliers de kilomètres pour être parfois produit avec des produits chimiques (malgré les labels bios affichés) et cousu par des enfants, au même titre que ses nikes.
Sa fausse viande et son faux fromage sont issus de productions industrielle et chimique pas forcément très saine et de loin pas locale
Son chat provient d'un élevage de croisements génétiques et nourrit avec des boites industrielles (et là autre paradoxe : doit-on imposer le véganisme aux animaux … ah ben non ce serait aller à l'encontre de leur nature, dans ce cas là c'est pas pareil)
Son billet d'avion compensera le bilan carbone de son véganisme.
A côté de ça j'essaie d'imaginer une personne qui consommera bio, local, de saison avec, certes de la viande de temps en temps (mais qui vient d'un paysan qui connaît toutes ses bêtes) qui portera ses fringues jusqu'à l'usure, n'aura que le strict nécessaire chez lui, pas de robots ménagers dans tous les sens, pas d'ordi, pas de fruits exotiques … et qui pourtant sera la "cible" des végans en raison de son manque de conscience et de sensibilité… et là je me dit qu'il y a un soucis dans la manière qu'ont les végans de mener leur "combat" …
Je me dois de rajouter un GROS P.S. à ce texte : je ne me considère absolument pas comme étant moi-même éthiquement irréprochable, loin de là ! J'essaie de faire au mieux ma part en restant un maximum cohérent entre mes convictions et mes capacités de consommation. Mais par contre l'issue de mes réflexions, de mes pensées, mes idées, je les PARTAGE. J'espère que parfois ma vision des choses en convainc certain mais je considère toujours que les choix éthique sont personnels et que nous ne pourrons jamais être irréprochables sans devenir extrêmes et sans s'extraire totalement du système, ce qui n'est pas ma volonté, au contraire, j'espère pouvoir être le témoin d'évolutions du système dans "mon" sens quitte à devoir faire des compromis, mais que je choisis.
EDIT : suite à l’engouement et aux nombreux comm qu’a suscité cet article aux différents endroits où il a été partagé et comme ça a dépassé le cercle des gens qui me connaissent, je me dois de me présenter pour permettre de contextualiser éventuellement cet article. Pour commencer je dois moi-même faire face à de nombreux paradoxes de consommation lié à mon choix de travail : étant photographe j’ai en effet beaucoup de matériel technologique ( ordinateurs, tablette, appareils photos ... ) qui ont un cout éthique important. Je n’ai pour le moment pas trouvé de solution pour ce pan là. J’ai passé plusieurs période de ma vie à appliquer un régime végétarien et un mode de vie assez proche des principes végétaliens sous pas mal d’aspects. Je me considère comme étant assez impliqué dans les domaines de la réflexion sur nos modes de vies, nos interactions avec l’environnement. J’ai un très grand intérêt pour la permaculture, les productions équitables ( je ne parle pas des labels qui spolient le terme ). Suite à de nombreuses réflexions j’en suis venu à avoir un mode de vie où les choix alimentaires et de consommation générale sont souvent mis dans la balance du pour et du contre au moment de l’acte d’achat. J’ai également un régime alimentaire qui est aussi très “fashion” car j’ai une alimentation principalement axée sur les principes du Dr Seignalet, à savoir sans gluten, sans produits laitiers, sans sucres raffinés ( mais je n’en fais pas un dogme, je m’accorde des exceptions si je n’ai pas le choix ou même si simplement j’en ai envie), je suis venu à ce régime il y a plus de 7 ans pour des raisons de santé et il m’a apporté beaucoup de choses ( j’en discute volontiers avec ceux qui s’y intéressent ). D’autres principes alimentaires font également parti de mes convictions, principalement le fait de consommer local, de saison et bio ( et dans ma région ça veux dire qu’il faut aimer le choux et les poireaux ). Je porte avec moi un assez lourd bilan carbone car j’ai beaucoup voyagé, mais ces voyages m’ont permit en contre partie d’apprendre énormément de choses sur l’humain, la nature, les interactions entre les deux, mais surtout pour réaliser qu’il n’existe pas de valeurs “universelles” ... partout les gens ont des convictions qu’ils sont parfois prêt à défendre avec armes et sang ! J’ai aussi vu qu’il y a un réel angélisme de la part des gens qui vivent leur conviction depuis le fond de leur canapé ikéa ... car à travers le monde j’ai été témoin de la violence , partout sous un nombre inimaginable de formes ! Les seuls moments où j’ai eu la sensation de m’en extraire on été ceux où j’ai été seul face à la nature, loin du fait des Hommes ! J’ai vu plus d’amour et de respect chez une productrice de bœuf bio en France qu’envers des vaches “sacrées” au Népal. J’ai recommencé à manger de la viande en voyage, lorsque j’ai été reçu par des gens qui n’avaient rien d’autre à me proposer et qu’il aurait été plus que déplacé de dénigrer ce geste pour mon petit confort intellectuel. Et puis j’ai appris à reconnaitre qu’il y a de réelles différences entre les modes de production et que cela impact directement nos valeurs et notre environnement, j’y suis de plus en plus attentif et rencontre des gens merveilleux depuis. Comme je l’ai dit à de nombreuses reprises, je trouve merveilleux que de plus en plus de gens s’intéressent aux modes alimentaires “alternatifs” ( qu’ils soient végan, végétariens, sans gluten, bio ... ) car ça montre que les gens ne prennent plus tout pour argent comptant. Mais je prône également la coexistence et l’évolution douce. C’est souvent en ça que mes avis divergent avec les militants ( végan ou autre) sur les manières d’agir : Les études en neuroscience montrent que face à une démonstration de la violence (vidéo d’un abattoir par exemple), le cerveau d’une personne non préparée, vivra ça comme une agression ... mais au lieu d’obtenir un électrochoc contre le système, le trauma sera dirigé contre la personne qui lui aura fait vivre ce trauma... avec un effet inverse à celui désiré... mais je m’égare à parler de ça.
Bref, je tente juste de faire avec les outils à ma disposition pour rester le plus cohérent possible entre mes choix, mes croyances, mes moyens et mes aspirations. Jonglant moi-même avec certains paradoxes.
EDIT 2 :
Je n’ai hélas rien inventé pour créer ce personnage fictif ! juste pris quelques éléments sur différents posts de mes contacts ... j’ai même été assez soft pour qu’on ne pense pas que j’exagère le trait ! Et pour celles et ceux qui me font la critique d’avoir choisi une femme plutôt qu’un homme c’est pour la même raison ( qui n’est pas lié à une réalité statistique et objective ) : je n’ai pas eu autant d’occasion de voir ce type de posts et de profils dans mon fil d’actualité.