des lamas en mongolie

Les fêtes bouddhistes de Bayanhongkor – un endroit privilégié et une expérience spirituelle intense

 

Une fois par an après la mi-juillet, les bouddhistes des différentes régions de la Mongolie convergent vers la ville de Bayanhongkor, proche du centre du pays. Pendant une semaine, des rituels sont conduits par des lamas venant des monastères voisins et même de la capitale Ulaan Baator. Dans ce pays à dominance nomade, la fête bouddhiste se veut aussi nomade dans un rayon de 40 km au nord ouest de la ville, dans une zone de montagnes sacrées. Par ces rituels annuels, il s’agit de favoriser l’harmonisation collective aux cinq éléments de la nature et l’harmonisation personnelle à son essence spirituelle.

Faute de place dans l’autobus régulier pour me rendre à Bayanhongkor, j’ai été recommandée par une amie mongole à un lama de la capitale faisant la route avec sa famille. Le voyage vers Bayanhongkor fut bavard et joyeux, la musique et les chants traditionnels emplissaient la voiture. À Bayanhongkor, j’ai été logée dans une famille accueillant déjà deux lamas et les organisatrices de cette fête. A mon étonnement, le seul lit étroit de la pièce me fut réservé, alors que les autres dormaient par terre. Au matin, ma pratique de yoga dans la cour fut suivie spontanément par tout ce beau monde, notre hôtesse comprise. Ils m’expliquèrent qu’un rituel en vaut bien un autre, même si la pratique varie d’un jour à l’autre. Ensuite, ils me firent monter dans l’un des mini-bus ramassant les lamas, répartis pour la nuit dans des familles d’accueil de la ville. J’étais donc la seule femme et étrangère de surcroit dans ce véhicule, où l’ambiance était festive. J’avais donc une place privilégiée dès le début, sans rien avoir demandé.

Les stupas du monastère de Ongii .

Les stupas du monastère de Ongii .

Le premier rituel eut lieu en bordure de la rivière dans une zone marécageuse proche d’un village, pour célébrer l’élément eau. La pluie s’était mise à tombée abondamment, ce qui est bienvenu dans ce pays désertique. Les adultes montraient une concentration dissipée, agglutinés autour des lamas assis en bordure de la rivière. Les enfants s’amusaient respectueusement, en courant et en riant sous le regard tolérant de leurs parents. Les prières pour l’élément eau semblaient un mélange de bouddhisme et de tradition antérieure liée à la nature. Comme les mantras chantés en capella m’étaient parfois connus, je commençais à me les rappeler en mêlant ma voix à celle des lamas. Alors, les organisatrices de la fête m’ont poussée vers eux et placée en avant, auprès des gens importants de la région. J’aurai préféré rester en arrière avec les enfants et les familles les plus pauvres, venues du village voisin. Après le rituel, je fus donc saluée par de nombreuses personnes, curieuses de ma différence et de ma participation. Au moment de partager le repas, je me suis éloignée du groupe pour éviter de me distinguer en refusant de manger de la viande, dans ce pays où l’alimentation est surtout carnée. J’allais donc jeûner en méditant sous la pluie, à l’abri d’un parapluie prêté par un lama. J’étais sous la protection des lamas, au sens figuré comme au sens propre. Cela allait se confirmer le soir même, puisque je fus accueillie avec un lama chez sa belle sœur habitant la banlieue de Bayanhongkor.

Le second rituel eut lieu au sommet de la plus haute montagne au nord de Bayanhongkor, c’est-à-dire à 3.955 m d’altitude. Le brouillard et le froid me saisirent en sortant du mini-bus, qui m’avait conduit là avec plusieurs lamas. J’étais au bord du malaise hypoglycémique, faute d’avoir mangé depuis le matin de la veille. Je l’expliqua à une femme mongole qui s’empressa d’en informer le grand lama régional, car c’est un honneur dans ce pays de nourrir les gens de passage. Au plus tôt, il alla me chercher de la nourriture, parmi les offrandes déjà déposées sur l’autel installé au sommet. J’étais gênée de recevoir ce qui était destiné au Bouddha et habituellement distribué aux pauvres après la fête. Mais, les gens qui m’entouraient attendaient que je mange et que je signifie mon appréciation. Ils étaient fiers de leurs mets traditionnels et de la présence d’une étrangère parmi eux. J’ai partagé les fromages et les gâteaux offerts, avec les enfants venus des alentours avec leur famille. Au cours du rituel destiné à l’élément air, le vent s’associa à la pluie et chassa peu à peu les nuages qui occupaient ces sommets. Un paysage fabuleux se dévoila à mes yeux émerveillés et laissa les mantras chantés portés au loin. Je mêlai ma voix à la leur, me faisant remarquer par quelques lamas, dont celui qui m’avait nourrie. Il envoya un jeune lama me chercher dans la foule, pour me rapprocher de l’autel et du cercle sacré. Nos mots mêlés, bien que dans des langues différentes, s’envolaient dans l’air pur et glacial des sommets vers les vallées environnantes. L’expérience spirituelle était intense au plan collectif et semblait même influencer les chevaux et les yacks sagement regroupés au sommet. Ces animaux semi sauvages dodelinaient de la tête, en faisant teinter leurs clochettes et voler au vent leurs rubans de couleur. Après le rituel, le son de la vielle traditionnelle accompagna le repas montagnard partagé par les familles, entre les courses habituelles de chevaux et de yacks. Alors que je jouais avec les enfants et courais avec eux pour me réchauffer, deux lamas vinrent me chercher pour m’emmener dans leur famille habitant dans une vallée voisine. La méditation du soir fut pratiquée tous ensemble dans la tente nomade qui nous abritait, mélangeant notre façon de faire et d’être, en toute simplicité. Quelle expérience !

Stupa mongoleLe troisième rituel était consacré à la terre, celle qui nourrissait les troupeaux dans les vallées de montagne où vivaient de nombreuses familles nomades. Sur une butte auprès d’un grand caïrn (ovoo en mongol), les familles d’ici ou d’ailleurs se regroupèrent sous la pluie et dans le vent, dans une atmosphère recueillie et festive à la fois. De nombreux cavaliers sur leur monture convergèrent aussi en ces lieux, dans leurs plus beaux atours. Au cours du rituel, du cercle des lamas s’éleva une sorte de vapeur, comme le souffle de la terre. A un moment, des graines furent distribuées par les lamas, pour être lancées dans les quatre principales directions de l’espace. A la fin, la foule s’est mise à tourner trois fois de suite autour du caïrn en y lançant des gouttes de lait ou des miettes de fromage. Une part de ce que la terre donnait en nourriture à la population devait lui revenir, pour qu’elle continue à produire. Tous ces rituels anciens assimilés à la pratique du bouddhisme en Mongolie me séduisaient. J’ai suivi le mouvement de la foule et appris les gestes traditionnels avec les jeunes lamas, accompagnée par des enfants curieux et affectueux. Ensuite, je me suis promenée à flanc de montagne parmi les chevaux semi-sauvages, sous le regard vigilant des hommes les ayant harnachés pour la fête. C’est alors que j’ai surpris des lamas mangeant de la viande, à l’abri des regards. J’appris que la viande de yack était tolérée pour eux et que seuls les plus grands lamas étaient végétariens, comme moi. Alors, ils s’inclinèrent devant moi en riant et en me félicitant de mon abstinence, bien qu’elle ne me demande aucun effort. Dans un pays d’éleveurs comme la Mongolie, le fait de ne pas manger de viande rend honorable. Après les courses de chevaux, les grands lamas se regroupèrent sous un chapiteau pour assister à la fête : musique et chants nomades, danses traditionnelles modernisées et lutte mongole. Quelque soit la place que je prenais autour de l’espace festif, au moins un lama se trouvait à mes côtés et me commentait le spectacle. La consigne était d’accompagner et de protéger l’invitée d’honneur que j’étais, la seule étrangère parmi eux. Quelques personnages importants de la région me saluèrent à nouveau, communiquèrent en anglais avec moi et furent surpris que je leur réponde en mongol. Je me sentais bien petite à côté d’eux et manquais de mots pour expliquer ma présence parmi eux. Après la fête, l’un des jeunes lamas m’amena dans sa famille sous une tente de nomades, où le grand lama local était accueilli pour la nuit. Les discussions tournèrent autour de la philosophie bouddhiste et de l’art de vivre en Mongolie, en mélangeant l’anglais et le mongol.

Paysage près de Bayanhongkor

Paysage près de Bayanhongkor

Le quatrième rituel se déroula dans un petit temple aux abords d’un village longé par un torrent (élément eau) et entouré de caïrns (élément terre), un jour de grand vent (élément air) où le soleil brillait (élément feu). J’étais admirative de la puissance des rituels élémentaires des lamas et disposée à profiter du soleil du jour. Aux gens du village et aux nomades des vallées environnantes s’ajoutaient de plus en plus de personnes venant d’autres coins du pays. Les organisatrices de cette fête entrainaient la foule à chanter des mantras traditionnels pour accompagner les lamas. Ces deux femmes avaient été désignées ce jour là pour me guider dans les rituels, s’assurer que j’étais nourris par une famille du village (sans viande) et que je pourrai dormir dans ma tente, auprès des jeunes lamas. Au cours du rituel, les rayons du soleil traversant les vitres du petit temple venaient illuminés les lamas disposés en arc de cercle devant l’autel. Les gens entassés à l’intérieur étaient contents de se retrouver et la foule amassée à l’extérieur bavarde et joyeuse, partageant un moment unique dans l’année. Les organisatrices ne tardèrent pas à me repérer et à m’extraire de la foule pour me placer à l’intérieur du petit temple, à une place de choix. J’étais au seuil de l’espace ensoleillé, sous la protection bienveillante des lamas et peut-être du Bouddha, alors que je n’étais même pas bouddhiste. La soirée se passa à trouver les points communs entre nos rituels et à pratiquer quelques techniques de yoga et de méditation. Les jeunes lamas me demandèrent aussi des conseils sur leur santé et apprécièrent mes soins individualisés.

Le cinquième rituel se répéta les jours suivants, entre un monastère en reconstruction dans un village et un monastère reconstruit à Bayanhongkor. Il était centré sur l’élément éther, matérialisé par les textes sacrés des sutras et par les stupas abritant des rouleaux de prières contenant les cendres de personnes décédées. J’étais la seule à avoir eu l’autorisation de planter ma tente dans la cour du temple, c’est à dire dans l’enceinte d’un monastère entouré de 108 stupas. Tous les jours, ma séance de yoga au levé du soleil était suivie par quelques lamas et autres personnes venues à cette fête bouddhiste. Les gens allaient et venaient, pratiquaient quelques exercices puis repartaient vers leurs occupations. J’enseignais dans le silence, par l’exemple, n’ayant pas suffisamment de vocabulaire en langue mongol. La cohésion mouvante du groupe était intense et le partage enrichissant. Au cours de ces journées consacrées à l’élément éther, certains rituels étaient ouverts à tout public dans le nouveau temple, devant le vieux temple en ruine ou autour de l’enceinte du monastère. Par contre, quelques rituels sacrés se déroulaient à huit clos avec une partie des lamas dans le nouveau temple. Les sutras ont été récités, expliqués et médités, sortis du vieux temple et portés par la foule en procession derrière le grand lama de la Mongolie. Ce dernier se mettait régulièrement à leur disposition, pour répondre à des questions spirituelles et pour les bénir. Entre les rituels, la fête continuait avec des discours et des spectacles variés (chant, musique, danse, théâtre, joute oratoire) appréciés des familles heureuses d’être rassemblées et de partagées un moment de qualité. Au cours des rituels, les lamas ont distribué aux gens de l’encens et de l’eau bénite, des écharpes bleues selon les traditions. Je me sentais à ma place parmi eux, porté par ma pratique spirituelle et l’énergie des lieux animée par les lamas. Néanmoins, j’ai fait tourner les moulins à prière dans le mauvais sens et je me suis prise les pieds dans le tapis face au grand lama de la Mongolie. Les organisatrices de la fête m’ont expliqué comment utiliser l’eau bénite et les graines distribuées, avant de m’amener dans le vieux temple à quelques huit clos des lamas. J’ai donc assisté à la passation de pouvoir entre les plus âgés et à la graduation des plus jeunes, seule femme dans ces lieux sacrés, blanche et étrangère de surcroît. A la fin, ils me demandèrent de répondre à leurs besoins de soins, ce que je fis au mieux de mes compétences.

La semaine avait passé vite et je me retrouvais pour la première fois seule à 6 h du matin à pratiquer le yoga dans la cours désertée du monastère. Je pris conscience que je devais à nouveau m’occuper de moi-même pour avoir à manger et un lieu pour dormir, pour choisir mon chemin et mes activités du jour. La fête était finie. La chute dans la réalité matérielle s’est concrétisée deux heures plus tard, par l’arrivée de deux lamas se proposant de jouer le rôle de chauffeur et de guide auprès de moi dans les semaines à venir … pour de l’argent. Les dons des bouddhistes présents à la fête ne semblaient pas leur suffirent. Le conflit ouvert entre ces deux lamas s’amplifia avec la venue de deux autres prétendants, par l’intermédiaire de leur femme respective. J’étais étonnée et avais plutôt envie de rire de cette situation burlesque. Je finis par choisir un autre chauffeur, qui n’était pas lama et qui était plus pauvre qu’eux, qui connaissait la région où je devais marcher et qui était apte à me protéger en cas de problèmes.

Au cours des 90 jours où j’ai marché dans les Gobi en Mongolie (déserts), ma place désignée dans les tentes de nomades était toujours devant l’autel familial. Cet honneur habituellement réservé aux grands lamas me revenait parce que je ne mangeais pas de viande. Le fait d’être professeur de yoga (yogi pour eux) et d’avoir plus de 50 ans (grand-mère) ajoutait au respect qu’ils me témoignaient. Par contre en grimpant sur une montagne sacrée, je n’ai pas eu l’autorisation de m’approcher du grand lama méditant au sommet, interdit aux femmes. En visitant des lieux sacrés où de grands lamas avaient médité longuement, devenus lieux de culte fréquentés ou lieux inaccessibles et ignorés, j’ai écouté avec intérêt leur histoire contée par des mongols ordinaires. En pénétrant dans une grotte au hasard de mes pas, j’ai communiqué mentalement avec un lama emmuré dans le silence et nourri par les nomades alentours. En pénétrant dans l’enceinte d’un monastère isolé, je me suis faite interpellée par un jeune lama qui craignait que je perturbe la retraite d’un grand lama méditant dans la tente voisine entourée de murs. Bien qu’habituée à rester en silence et en méditation pendant une semaine (en marchant), je me sens incapable de faire une retraite pendant quatre ans (immobile). Je me sentais plus utile en marchant de tente en tente pendant trois mois, en apportant des soins aux nomades et en partageant avec eux des moments de réflexions spirituelles, de pratique de yoga et de méditation … sur les cinq éléments.

 

Isabelle Lacharme

À Propos de Isabelle Lacharme

est professeure de yoga depuis 31 ans + infirmière, kinésiologue et ergonome (maitrises et doctorat en cours). Française, habitant au Québec depuis 2001 (membre de la fédération francophone de yoga) elle enseigne le yoga énergétique et thérapeutique, en pré et post-natal, aux enfants et donne des ateliers sur la philosophie du yoga, le yoga nidra …



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Attention ! Le yoga n’est pas sans risque

25 novembre 201625 novembre 2016
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Ouvrez vos chakras et ayez conscience de vos limites.

C'est l'une des études les plus conséquentes disponibles à ce jour sur la pratique du yogae t les blessures qui peuvent en résulter. Menée par deux chercheurs en traumatologie et épidémiologie de l'université d'Alabama de Birmingham, il en ressort que le yoga n'est évidemment pas le sport le plus traumatogène du répertoire, mais qu'il n'est pas pour autant dénué de risques. Et que les yogistes ayant dépassé les 65 ans doivent redoubler de prudence, car ce sont eux les plus vulnérables aux entorses, élongations et autres fractures. Le travail de Thomas A. Swain et Gerald McGwin, rassemblant quatorze ans de données récoltées aux États-Unis, montre aussi que le yoga a gagné en popularité sur la période, et que la fréquence des blessures s'en ressent. En moyenne, elle était de 10 pour 100.000 participants en 2001 et grimpe à 17 pour 100.000 en 2014. Après 65 ans, cette incidence –58 pour 100.000– est bien plus élevée, avec trois fois plus de fractures que pour les autres classes d'âge. Pour les individus âgés de 45 à 64 ans, elle est de 18 pour 100.000 et de 12 pour 100.000 pour ceux de 18 à 44 ans.
«Les blessures liées au yoga sont relativement rares, explique Swain, et comme on aurait s'en douter, l'incidence a tendance à monter avec l'âge du participant. Nous avons aussi observé que le taux de blessures augmente sur la période, ce qui pourrait traduire une plus grande popularité du yoga, avec davantage de personnes inexpérimentées qui ne prennent pas les précautions d'usage pour éviter les problèmes.»
Swain recommande de «consulter son médecin avant de débuter le yoga, d'être prudent et de connaître ses limites personnelles». Des limites que bon nombre de pratiquants débutants sont à même d'ignorer car «le yoga est bien plus difficile et exigeant qu'on le pense», précise McGwin. Au total, ce sont 29.590 blessures que les chercheurs ont répertoriées. Près de la moitié (45%) sont des entorses et le haut du corps est visiblement la zone la plus fragile.

Du yoga au travail….

21 septembre 201621 septembre 2016
yoga au bureauVous pouvez aller travailler ! » La séance d'une heure est terminée. Paula Taylor, professeur de yoga du réseau de coachs sportifs Fizix, libère ses douze élèves. Du chef sommelier à la femme de ménage, les 550 salariés du Bristol peuvent participer gratuitement à ce cours. Organisé dans une petite salle climatisée réservée aux employés, il coûte entre 80 € et 120 € au Comité d'Entreprise du palace. « Le point fort, c'est qu'il y a une homogénéité des groupes et ça crée une dynamique », se félicite son secrétaire adjoint Damien Largeau.   Collé serré   « On peut rencontrer des collègues d'autres services », renchérit Lucie Demai, hôtesse d'accueil. Allongé à sa gauche sur un tapis, Tony Le Douigou, dont elle n'a jamais été aussi proche, en est à son deuxième cours. « C'est plus apaisant que d'aller courir, observe le demi-chef de rang. Idéal pour se détendre avant de commencer le travail, de 16 heures à minuit ».   Debout depuis 7 heures du matin, le directeur d'achats Thomas Trucheret est en nage à la fin du cours, mais il savoure cette coupure en milieu d'après-midi : « J'aborde sereinement la deuxième partie de journée, sur le plan profesionnel et à la maison avec mes trois enfants ». Et de conclure, sourire en coin : « Le stress retombe. C'est parfait  : avec notre clientèle exigeante, il faut être très réactifs. » Voir l'article

Musculation et yoga, nouvelle mode made in US

23 août 201623 août 2016
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De nombreux hommes adeptes de musculation délaissent les poids et haltères pour des matelas de yoga, prenant le pas de l'intérêt grandissant pour une variante plus virile du yoga traditionnel, le «broga».

Le yoga, activité vieille de plusieurs millénaires, était autrefois pratiqué exclusivement par des hommes. L'activité physique «mâle» de l'ère moderne est aujourd'hui tout autre. «Le yoga se résume à bien plus qu'à des femmes qui se contorsionnent tels des bretzels végans», a lancé l'entrepreneur qui a fondé les cours de Jock Yoga, Michael DeCorte. Le centre d'entraînement Equinox de Toronto offre ces séances d'entraînement qui unissent les salutations au soleil à la musculation. De plus en plus de professeurs de yoga tentent d'attirer davantage d'hommes dans leurs classes en proposant des exercices qui misent sur la force plutôt que la flexibilité. Les adeptes de yoga sont constitués à 70% par des femmes, selon une étude de l'institut Ipsos publiée en 2016. M. DeCorte estime malgré tout que 50 à 85% des sportifs qui assistent à ses ateliers de Jock Yoga sont des hommes. D'autres centres de type «broga» essaiment un peu partout au pays. Jo-ga, à Halifax, Yoguy, à Vancouver, et le studio montréalais Mudraforce - où l'activité se pratique en toute nudité- ont notamment vu le jour. Une compagnie basée au Massachusetts, Broga yoga, détient un brevet sur l'emploi du mot-valise. L'entreprise se vante d'avoir plus de 12 000 clients et 500 professeurs à travers le monde, notamment par ses cours offerts par le biais de vidéo en ligne. Selon l'instigateur du «broga», Robert Sidoti, nombre d'hommes sont attirés par les bienfaits du yoga, mais craignent d'avoir un air efféminé en prenant la position du lotus.
En lire plus ...

Le dalai lama juge qu’il y a trop de réfugiés en Europe

31 mai 201631 mai 2016
Dalai lama trouve qu'il y a trop de réfugiés en EuropeLe dalaï-lama a estimé qu'il y avait à présent "trop" de réfugiés en Europe après la vague d'arrivée l'an dernier et que ces migrants cherchant protection ne devaient rester que provisoirement sur place, dans une interview publiée aujourd'hui en Allemagne. "Quand nous regardons le visage de chaque réfugié, surtout ceux des enfants et des femmes, nous ressentons leur souffrance et un être humain qui a de meilleures conditions de vie a la responsabilité de les aider. Mais d'un autre côté, il y en a trop à présent" en Europe, a déclaré le chef spirituel des Tibétains au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. "L'Europe, l'Allemagne en particulier, ne peut devenir un pays arabe, l'Allemagne est l'Allemagne", a-t-il ajouté, en référence au fait qu'une majorité des migrants vient de pays arabes comme la Syrie ou l'Irak. "Il y en a tant que cela devient difficile sur le plan pratique. Et sur le plan moral, je trouve aussi que ces réfugiés ne devraient être accueillis que provisoirement. L'objectif devrait être qu'ils retournent (dans leur pays) et aident à reconstruire leur pays", a estimé le dalaï-lama, qui vit lui-même en exil en Inde depuis plus de 50 ans. L'Allemagne a accueilli l'an dernier un nombre record d'un million de réfugiés. Source Le Figaro

Tendance: le yoga en moumoute et chaussures de ski…

6 avril 20166 avril 2016
ski_yoga_poseLe murmure du torrent et le chant des oiseaux dans les bouleaux apaisent déjà. Dans le décor vivant du Plan de l’Eau, aux Menuires, se déroule la randonnée «yoga et raquettes», encadrée par Brigitte Ruff, accompagnatrice en montagne, et Anita Thevenot, masseuse ayurvédique. Après une première marche dans la poudreuse, telle une page blanche, une première pause est consacrée à des exercices d’étirement. Le groupe, limité à douze personnes maximum, forme un petit cercle. Raquettes aux pieds, on tend et on étire ses bras vers le ciel. Profonde inspiration, puis on relâche totalement son buste et ses membres supérieurs jusqu’à frôler la neige. Pendant une quinzaine de minutes, Anita aide chacun à prendre conscience de son corps. «La montagne, avec son paysage somptueux et son air pur, offre un cadre idéal pour pratiquer le yoga pranayama, qui met l’accent sur la respiration», précise-t-elle. On repart ensuite plus détendu, attentif aux empreintes d’animaux et au silence, seulement rompu par le bruit feutré des raquettes. Plus loin, c’est la posture de la salutation au soleil. Un long et ressourçant déroulement du corps, pratiqué plusieurs fois, après avoir déchaussé et s’être installé sur un petit tapis de yoga, prêté par Anita. Les deux autres pauses zen sont consacrées à des exercices respiratoires et à de la méditation, assis en tailleur. Lancées l’an dernier au départ de la station de Val Thorens, ces randonnées bien-être hebdomadaires, de trois heures, affichent complet. Les clients? Souvent des femmes, n’ayant jamais pratiqué le yoga ou même les raquettes, mais curieuses de découvrir cette balade hybride. Morzine mise aussi sur l’engouement autour du yoga. Probablement inspirée par la station suisse d’Engadin St. Moritz qui lançait en 2014 la première piste de yoga du monde, Morzine propose cet hiver la piste des yogis, un itinéraire bleu de 2400 mètres jalonné de dix emplacements pour pratiquer des postures relaxantes, sans forcément ôter ses skis. Enfin, sous le nom de marche afghane, évocateur de montagne loitaine, la station de Samoëns invite à une sortie en raquettes accompagnée par un professionnel. Durant cette randonnée, le travail constant sur la respiration facilite la gestion de l’effort en altitude et relaxe. Les activités bien-être en montagne ne se résument plus à des papouilles et des bains bouillonnants dans des centres aqualudiques mais tirent parti, enfin, d’un environnement unique. Voir l'article sur le site de Libération

Le paradoxe Vegan de la femme branchée.

2 novembre 20152 novembre 2015
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Assez régulièrement ( et de plus en plus ) je vois des gens arriver à un mode de vie vegan ( ce qui en soit est plutôt bien ) mais ce que je trouve étrange c’est souvent le paradoxe éthique assez flagrant et parfois cliché.
Pour commencer, beaucoup des végan avec qui j’ai les échanges les plus houleux sont souvent des filles, entre 20 et 30 ans, « converties » depuis assez peu de temps.
Autant je crois sincèrement aux bienfondés de ce mode de vie lorsqu’il est choisi et pensé de bout en bout, autant je suis souvent confronté à des situations de fort malaise lors de nombreux échanges.
Cela se manifeste par plusieurs choses récurrentes : le prosélytisme, la suffisance et l’incohérence.
Je vais dresser un portrait caricatural pour essayer de bien faire comprendre ça … ( pour ce faire je ne vais que juxtaposer des éléments issus de posts ayant défilé sur mon fil d’actualité perso )
Faisant la queue pour avoir son café-pumpkin starbuck, elle attend en faisant un petit selfie marrant pour montrer son nouveau bonnet en coton bio.
Elle poste ça en ligne avec son nouvel iphone.
Un peu plus tard elle rentre chez elle, se fait un petit smoothie banane, mangue et lait de coco, le tout dans un super blender trouvé sur amazon.
Un petit tour sur son compte instagram nous fera découvrir sa garde robe pour constater que toutes les fringues sont bio. Comme tout est bio, le label "équitable" est apposé sur son chocolat, son café et ses épices.
Plus tard, un passage sur son compte facebook nous montrera de nombreux partages militant où on voit combien l'industrie agro-alimentaire est trash (les vidéos le montrent très bien assurément … (ne pas aller sur une page d'une végan à l'heure du repas !).
On la verra également se réjouir de la fermeture d'un abattoir, voyant le signe d'un réel progrès pour "la cause".
Elle prend soin d'elle, les statistiques publiées sur ses joggings grâce à l'application embarquée dans ses nike en sont la preuve ! Et après une bonne douche avec un savon Lush elle sent super bon le fruit de la passion.
Et ce soir après cette belle journée elle se fait un petit plaisir : un steak végétal. Tellement bien fait qu'on dirait trop de la viande (mais sans la souffrance animale) ! Un petit bout de "Faux-mage" à base de noix de cajou et un avocat. Et en dessert un petit bout de chocolat équitable.
Elle a le sourire en préparant ses vacances en Thaïlande en achetant sont billet en ligne sur son macbook, avec son chat sphinx qui ronronne sur ses genoux et peux enfin aller se coucher, en paix avec elle-même et ses convictions … aujourd'hui encore, elle n'a été la cause d'aucune souffrance animale.
Et là je vous vois venir avec un "Heuuu mais Samten, il est où le problème, je ne vois pas trop où tu veux en venir … elle a l'air plutôt cool la nana là … non ?"
Oui oui elle est cool ! Et c'est vraiment chouette que par son véganisme elle se sente impliquée dans la cause animale, le progrès et l'évolution de l'humanité à des hautes sphères de conscience et d'empathie !
MAIS … Et hélas c'est là que le bât blesse…
Son café est issu de la souffrance des hommes, d'une production qui détruit l'environnement dans lequel il est produit et contribue au déséquilibre nord-sud où la domination occidentale est vécue de plein fouet par les producteurs-esclaves.
Son téléphone est issu d'une production où les métaux rares sont également issus de productions où les hommes sont traités en esclaves dans des mines aux conditions abominables. En plus l'obsolescence perçue fait qu'elle changera de téléphone alors même que ce dernier sera encore tout à fait fonctionnel.
Elle se réjouit de la fermeture d’un abattoir sans réaliser que le nombre d’animaux abattus restera inchangé ... le seul changement sera que ces pauvres bêtes devront parcourir encore plus de distance dans le transport final ... l’élément souvent le plus traumatisant pour l’animal (mais aussi pour l’éleveur qui respecte ses animaux).
La banane de son smoothie provient d'équateur, issue d'une terra-formation imposée par les États-Unis pour que ces pays ne viennent pas concurrencer la production de maïs OGM. La mangue provient d'Inde et a peut-être véhiculé des parasites qui détruisent nos vergers. L'avocat provient d'Israël et le lait de coco de Thaïlande, finançant les deux des régimes politiques discutables. Les transport “bio” n’existe pas ... les bateaux délestent en pleine mer, les camions brulent du gasoil et dans les deux cas il y a un paquet de dommages collatéraux. Ben oui, combien de dauphins pris dans les pales des bateaux, de biches , d’oiseaux, de hérissons percutées, écrasés pour que nos fruits exotiques arrivent à bon port ?
Son blender vient de chine, assemblé dans une usine où les gens sont traités comme de la marchandise et payés une misère et acheté sur un site qui bafoue le droit du travail à longueur de temps.
Ses habits, comme sa nourriture, ont parcouru des milliers de kilomètres pour être parfois produit avec des produits chimiques (malgré les labels bios affichés) et cousu par des enfants, au même titre que ses nikes.
Sa fausse viande et son faux fromage sont issus de productions industrielle et chimique pas forcément très saine et de loin pas locale
Son chat provient d'un élevage de croisements génétiques et nourrit avec des boites industrielles (et là autre paradoxe : doit-on imposer le véganisme aux animaux … ah ben non ce serait aller à l'encontre de leur nature, dans ce cas là c'est pas pareil)
Son billet d'avion compensera le bilan carbone de son véganisme.
A côté de ça j'essaie d'imaginer une personne qui consommera bio, local, de saison avec, certes de la viande de temps en temps (mais qui vient d'un paysan qui connaît toutes ses bêtes) qui portera ses fringues jusqu'à l'usure, n'aura que le strict nécessaire chez lui, pas de robots ménagers dans tous les sens, pas d'ordi, pas de fruits exotiques … et qui pourtant sera la "cible" des végans en raison de son manque de conscience et de sensibilité… et là je me dit qu'il y a un soucis dans la manière qu'ont les végans de mener leur "combat" …
Je me dois de rajouter un GROS P.S. à ce texte : je ne me considère absolument pas comme étant moi-même éthiquement irréprochable, loin de là ! J'essaie de faire au mieux ma part en restant un maximum cohérent entre mes convictions et mes capacités de consommation. Mais par contre l'issue de mes réflexions, de mes pensées, mes idées, je les PARTAGE. J'espère que parfois ma vision des choses en convainc certain mais je considère toujours que les choix éthique sont personnels et que nous ne pourrons jamais être irréprochables sans devenir extrêmes et sans s'extraire totalement du système, ce qui n'est pas ma volonté, au contraire, j'espère pouvoir être le témoin d'évolutions du système dans "mon" sens quitte à devoir faire des compromis, mais que je choisis.
EDIT : suite à l’engouement et aux nombreux comm qu’a suscité cet article aux différents endroits où il a été partagé et comme ça a dépassé le cercle des gens qui me connaissent, je me dois de me présenter pour permettre de contextualiser éventuellement cet article. Pour commencer je dois moi-même faire face à de nombreux paradoxes de consommation lié à mon choix de travail : étant photographe j’ai en effet beaucoup de matériel technologique ( ordinateurs, tablette, appareils photos ... ) qui ont un cout éthique important. Je n’ai pour le moment pas trouvé de solution pour ce pan là. J’ai passé plusieurs période de ma vie à appliquer un régime végétarien et un mode de vie assez proche des principes végétaliens sous pas mal d’aspects. Je me considère comme étant assez impliqué dans les domaines de la réflexion sur nos modes de vies, nos interactions avec l’environnement. J’ai un très grand intérêt pour la permaculture, les productions équitables ( je ne parle pas des labels qui spolient le terme ). Suite à de nombreuses réflexions j’en suis venu à avoir un mode de vie où les choix alimentaires et de consommation générale sont souvent mis dans la balance du pour et du contre au moment de l’acte d’achat. J’ai également un régime alimentaire qui est aussi très “fashion” car j’ai une alimentation principalement axée sur les principes du Dr Seignalet, à savoir sans gluten, sans produits laitiers, sans sucres raffinés ( mais je n’en fais pas un dogme, je m’accorde des exceptions si je n’ai pas le choix ou même si simplement j’en ai envie), je suis venu à ce régime il y a plus de 7 ans pour des raisons de santé et il m’a apporté beaucoup de choses ( j’en discute volontiers avec ceux qui s’y intéressent ). D’autres principes alimentaires font également parti de mes convictions, principalement le fait de consommer local, de saison et bio ( et dans ma région ça veux dire qu’il faut aimer le choux et les poireaux ). Je porte avec moi un assez lourd bilan carbone car j’ai beaucoup voyagé, mais ces voyages m’ont permit en contre partie d’apprendre énormément de choses sur l’humain, la nature, les interactions entre les deux, mais surtout pour réaliser qu’il n’existe pas de valeurs “universelles” ... partout les gens ont des convictions qu’ils sont parfois prêt à défendre avec armes et sang ! J’ai aussi vu qu’il y a un réel angélisme de la part des gens qui vivent leur conviction depuis le fond de leur canapé ikéa ... car à travers le monde j’ai été témoin de la violence , partout sous un nombre inimaginable de formes ! Les seuls moments où j’ai eu la sensation de m’en extraire on été ceux où j’ai été seul face à la nature, loin du fait des Hommes ! J’ai vu plus d’amour et de respect chez une productrice de bœuf bio en France qu’envers des vaches “sacrées” au Népal. J’ai recommencé à manger de la viande en voyage, lorsque j’ai été reçu par des gens qui n’avaient rien d’autre à me proposer et qu’il aurait été plus que déplacé de dénigrer ce geste pour mon petit confort intellectuel. Et puis j’ai appris à reconnaitre qu’il y a de réelles différences entre les modes de production et que cela impact directement nos valeurs et notre environnement, j’y suis de plus en plus attentif et rencontre des gens merveilleux depuis. Comme je l’ai dit à de nombreuses reprises, je trouve merveilleux que de plus en plus de gens s’intéressent aux modes alimentaires “alternatifs” ( qu’ils soient végan, végétariens, sans gluten, bio ... ) car ça montre que les gens ne prennent plus tout pour argent comptant. Mais je prône également la coexistence et l’évolution douce. C’est souvent en ça que mes avis divergent avec les militants ( végan ou autre) sur les manières d’agir : Les études en neuroscience montrent que face à une démonstration de la violence (vidéo d’un abattoir par exemple), le cerveau d’une personne non préparée, vivra ça comme une agression ... mais au lieu d’obtenir un électrochoc contre le système, le trauma sera dirigé contre la personne qui lui aura fait vivre ce trauma... avec un effet inverse à celui désiré... mais je m’égare à parler de ça.
Bref, je tente juste de faire avec les outils à ma disposition pour rester le plus cohérent possible entre mes choix, mes croyances, mes moyens et mes aspirations. Jonglant moi-même avec certains paradoxes.
EDIT 2 :
Je n’ai hélas rien inventé pour créer ce personnage fictif ! juste pris quelques éléments sur différents posts de mes contacts ... j’ai même été assez soft pour qu’on ne pense pas que j’exagère le trait ! Et pour celles et ceux qui me font la critique d’avoir choisi une femme plutôt qu’un homme c’est pour la même raison ( qui n’est pas lié à une réalité statistique et objective ) : je n’ai pas eu autant d’occasion de voir ce type de posts et de profils dans mon fil d’actualité.