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Les « gagas » du Yoga à Rishikesh !

REPORTAGE – Chaque année, en mars, commence la plus étrange des migrations. Trois mille fous de yoga s’envolent pour l’Inde retrouver leurs gourous à Rishikesh, entre Himalaya et Gange.

 

«Pour l’éveil du moi infini, c’est ce matin au bord du fleuve, pour la découverte du bonheur éternel, c’est cet après-midi au fond du parc.»

La phrase pourrait surprendre, mais à Parmarth Niketan, le plus grand ashram de Rishikesh, une ville plantée au bord du Gange et au pied de l’Himalaya, à 267 kilomètres de New Delhi, elle n’a rien d’étonnant.

C’est ici que se retrouvent chaque année, pour le Festival international de yoga, les plus célèbres yogis de la planète et leurs disciples. Trente professeurs, indiens, américains, britanniques, japonais et chinois venus donner à 3000 « yogaddicted » des cours et des conférences de l’aube au coucher du soleil, pendant sept jours.

Rishikesh, 100.000 habitants, n’a plus rien à voir avec la ville qui accueillait les Beatles, l’actrice Mia Farrow et sa sœur Prudence en 1968. Tous les six y avaient suivi pendant quelques mois, poursuivis par les photographes, les enseignements du gourou Maharishi Mahesh Yogi afin de stopper, par la méditation, les ravages de la célébrité et les excès qui l’accompagnent. Depuis, le grand maître spirituel est mort, deux Beatles sur quatre aussi, et les routards négligés amateurs de chilom ont laissé la place à des cadres proprets non-fumeurs, venus se requinquer au yoga pour oublier la pression des actionnaires.

La tête en bas et les orteils pointés vers le cosmos

 

Statue de Shiva sur le Gange à Rishikesh

Statue de Shiva sur le Gange à Rishikesh

En quarante-cinq ans, Rishikesh est devenue la capitale mondiale (autoproclamée) du yoga, l’ashram Parmarth Niketan un refuge spirituel coté, et l’IYF (International Yoga Festival), l’occasion pour tous les déçus du consumérisme et des salles de sport occidentaux, de réimaginer leur vie la tête en bas et les orteils pointés vers le cosmos. Et ce, pour 500 dollars par semaine, dans un cadre somptueux, curry de légumes et jus de gingembre compris, matin, midi et soir. Séparées par le Gange, les deux rives de Rishikesh sont reliées par un élégant pont suspendu, curiosité locale. D’un côté se trouve la ville profane avec ses hôtels, ses rickshaws pétaradants et ses groupes de touristes venus faire un trek ou du rafting. De l’autre, trônent les ashrams, encerclés jour et nuit par des vendeurs de musique religieuse, d’ouvrages pour réussir sa vie et de breloques en graines sculptées ou pierres semi-précieuses.

C’est là que les yogis migrateurs et leurs disciples reviennent chaque année, du 1er au 7 mars, réinitialiser leur bonheur selon un rituel immuable. Après un accueil matinal au thé et petits gâteaux, tous sont envoyés vers des chambres simples à deux ou plusieurs lits avec vue sur le fleuve ou la montagne et découvrent émerveillés le planning de la semaine. Sept jours sur sept, ils pourront pratiquer huit formes de yoga, de 4 heures à 12h30 et de 14 heures à 18 heures avec, pour seules pauses, une heure et demie pour un déjeuner frugal et une demi-heure dans l’après-midi pour un thé-biscuit sec. Chaque soir, de 18 heures à 19 heures, ils remercieront Dieu sur les bords du Gange, lors de la Ganga Aarti (cérémonie des lumières) en allumant de petites lampes à huile sous la conduite de Swami Chidanand Saraswatiji. À la tête de Parmarth Niketan (la plus importante institution spirituelle de l’Inde), Swami Chidanand Saraswatiji est considéré par des millions de pratiquants comme un demi-dieu. Aussi humble que révéré, il parle d’une voix douce et vous salue en vous plantant son regard dans l’âme. Après avoir quitté sa famille très jeune pour suivre un illustre guide spirituel dans les forêts de l’Himalaya, Swami a pris, à 17 ans, les commandes de l’ashram Parmarth Niketan. Aujourd’hui sexagénaire, il est le directeur fondateur de l’India Heritage Research Foundation, une fondation internationale qui gère et finance dans toute l’Inde des écoles gratuites, des établissements qui veillent à l’émancipation des femmes, des orphelinats, des hôpitaux itinérants et des projets aussi différents que «Cultivons bio», «Gange propre» ou l’encyclopédie de l’hindouisme.

 

Considéré comme un demi-dieu, Swami Chidanand conduit la Ganga Aarti entouré par des hôtes de marque. Il initie la cérémonie en jetant des graines dans le feu sous le regard admiratif de centaines de personnes.

Considéré comme un demi-dieu, Swami Chidanand conduit la Ganga Aarti entouré par des hôtes de marque. Il initie la cérémonie en jetant des graines dans le feu sous le regard admiratif de centaines de personnes.

«Je suis au service de Dieu et de l’humanité», répète inlassablement cet homme à la barbe de prophète, organisateur d’innombrables sommets interreligieux, avec les plus grands responsables bouddhistes, hindous, chrétiens, juifs et musulmans, dalaï-lama en tête.

Pour le seconder, Sadhvi Bhagawati Saraswati, 42 ans, une personnalité vive et attachante, Phoebe Garfield dans une autre vie. Après avoir obtenu son doctorat en psychologie à l’université Stanford en 1996, cette Américaine d’origine s’envole pour l’Inde, passe à Rishikesh par hasard et s’assoit un matin au bord du Gange où elle fond en larmes.

«J’étais enfin arrivée chez moi», nous confie-t-elle. Elle s’installera à Parmarth Niketan, dans les pas de Swami pour se consacrer à la prière et au service des autres. Aujourd’hui, Bhagawati dirige l’ashram au quotidien, une équipe de 150 personnes, et donne des cours de yoga, de méditation et des conférences sur la spiritualité.

Un expert en voyages intérieurs avec le moi pour destination

 

Autres personnalités courtisées du festival, quelques professeurs au statut de star comme Gurmukh Kaur Khalsa et son mari Gurushabd, gourous américains d’un yoga new age venus spécialement de Los Angeles. Il y a aussi l’Anglais Mooji, originaire de Jamaïque, qui fascine par son étrange sourire. Il est expert en voyages intérieurs avec le moi pour destination, et la moindre de ses déclarations ou conférences est relayée par des millions de fans sur internet. Certains en ont fait leur guide spirituel sans l’avoir vu, d’autres au contraire l’accompagnent à chacun de ses déplacements. Tous suivent son enseignement à la lettre et n’entreprennent rien d’important sans lui demander son avis. Sur les rives du Gange, avec un peu de chance, on peut rencontrer, main dans la main, Bhava Ram, ancien reporter de guerre revenu d’Irak, d’Afghanistan et d’un cancer en phase terminale, avec Laura Plumb, ravissante et distinguée ex-directrice de Discovery Channel Europe. Ce couple on ne peut plus glamour enseigne le «deep yoga» à San Diego et fait le voyage de Rishikesh chaque année. Ils soignent tous les maux par le souffle, la souplesse et la méditation. L’Italien Roberto Milletti enseigne, lui, le yoga par les arts martiaux et Satya Kalra, indienne et fondatrice du Chemin vers l’Anandam, le bonheur éternel par un programme on ne peut plus précis. Enfin, Swami Yoganandaji, 102 ans, est l’adepte depuis l’âge de 17 ans d’un yoga à base d’étirements et de relaxation jusqu’à faire travailler sa langue, qu’il montre assez volontiers.

Les cours dispensés par Gurmukh chaque matin ont tout d’un spectacle. L’ex-coach de Madonna réunit sous une immense toile près du fleuve plus de cent personnes: moines tibétains, DRH américains, enfants népalais, mannequins ukrainiens, antiquaires anglais… Sur de la musique trépidante à base de percussions, tout le monde s’agite dans un premier temps pour évacuer sa tension et chasser «ses diables». Sur scène, Gurushabd, le mari enturbanné de Gurmukh, montre concrètement les mouvements à suivre. Et, de temps en temps, donne du gong pour passer à un autre chapitre. Le public est aux anges; au pied de l’Himalaya, des gourous exceptionnels lui montrent le chemin de la paix intérieure et d’un bonheur tout proche. A cette fin, tout le monde s’est mis sur son trente et un: les habitués du festival portent une tunique de lin immaculée. Les autres, moins impliqués, un ample pantalon et une chemise indienne. Les enfants sont en survêtement, les moines tibétains, en robe safran et rouge. Gurmukh maîtrise parfaitement son personnage et son cours. Assise en tailleur, elle joue de son iPad pour envoyer la musique, encourage ses ouailles au micro à coups de «vous êtes dans un désert qu’il faut traverser», «vous êtes votre propre fantôme», «votre corps est transparent», et se réchauffe de temps en temps avec un bol de café. À Los Angeles, nous dirat-elle, elle a créé Golden Bridge, son site web, et donne des cours très recherchés. Elle a ouvert des restaurants qui proposent des hamburgers sans viande, des salades bio et des jus de fruits revitalisants. À la fin du cours, Gurmukh est assaillie par des dizaines d’admirateurs et prend la pause. Les plus sensibles veulent être pris en photo dans ses bras, les plus angoissés veulent dissiper un doute, lui poser une question. Les autres l’assurent de leur admiration. Même scénario avec Mooji. Considéré, lui aussi, comme un demi-dieu, le gourou anglo-jamaïquain raconte devant des centaines de disciples la façon dont il a atteint la sagesse.

Les sessions peuvent attirer beaucoup de monde pendant le festival. Ici sur le toit d'un Ashram de Rishikesh.

Les sessions peuvent attirer beaucoup de monde pendant le festival. Ici sur le toit d’un Ashram de Rishikesh.

«Nous sommes tous arrivés au yoga à cause d’une douleur, physique ou psychologique, répète-t-il d’une voix grave et douce. Il s’agit pour chacun de nous de la dépasser et se dépasser par des exercices. Yoga signifie unité. Unissons-nous dans un monde apaisé ou chacun aura fait son propre voyage vers les autres.»

Le public est subjugué. Chacun y va de son commentaire: maître à penser génial, merveilleux guide, gourou universel, saint homme… «Tout à l’heure, quand il est arrivé à l’ashram, explique ma voisine venue spécialement de Suisse pour l’entendre, je l’ai vu saluer une de ses admiratrices. Il lui a pris la main, l’a serrée, puis a planté son regard dans le sien. Ils se sont souri sans échanger un seul mot pendant de longues minutes. Il avait l’air tellement bon et elle semblait tellement heureuse. Et tout cela grâce au yoga…»

Rien d’étonnant. Rishikesh, capitale mondiale autoproclamée du yoga est avant tout connue comme la «Porte du pays des dieux». C’est là, selon la mythologie hindoue, que se trouve le passage qui mène au paradis.Qui en douterait…


Article initialement parut sur le Figaro et consultable
ICI.
Le ton est ironique et un poil condescendant mais nous ne jetons pas la pierre à l’auteur. Nous avons beaucoup aimé Rishikesh mais avons  nous aussi constaté l’influence grandissante du Yoga US et de son cortège de niaiseries marketing !  Les moins nostalgiques diront qu’il n’y a rien de neuf sous le soleil, en se rappelant la très médiatique visite des Beatles en 1968 chez Maharishi Mahesh Yogi.  Néanmoins on peut toujours trouver de bons enseignants dans  la cité des Rishis et l’atmosphère autour du Gange y est toujours aussi magique! Nous y reviendrons.

SI vous avez apprécié l’article ou si au contraire vous le trouvez un peu léger, n’hésitez pas à nous en faire part dans les commentaires.



'Les « gagas » du Yoga à Rishikesh !' have 2 comments

  1. 10 février 2016 @ 21 h 51 min Akshaya

    C’est à ses fruits que l’on reconnaît un arbre dit-on. C’est probablement par ces démonstrations yoga showbiz qui dénaturent l’esprit sacré de cette quête intérieure du yoga, que nous pouvons savoir que l’ère du Kali Yuga est bel et bien là.
    Mais le paradoxe voudrait qu’en ces temps très perturbés la libération soit plus facile à atteindre, juste par la répétition du Nom.

    Répondre

  2. 31 juillet 2018 @ 12 h 26 min karnatak

    en cours d’un travail d’écriture, puis- je me servir de quelques une de vos phrases ?

    Répondre


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Attention ! Le yoga n’est pas sans risque

25 novembre 201625 novembre 2016
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Ouvrez vos chakras et ayez conscience de vos limites.

C'est l'une des études les plus conséquentes disponibles à ce jour sur la pratique du yogae t les blessures qui peuvent en résulter. Menée par deux chercheurs en traumatologie et épidémiologie de l'université d'Alabama de Birmingham, il en ressort que le yoga n'est évidemment pas le sport le plus traumatogène du répertoire, mais qu'il n'est pas pour autant dénué de risques. Et que les yogistes ayant dépassé les 65 ans doivent redoubler de prudence, car ce sont eux les plus vulnérables aux entorses, élongations et autres fractures. Le travail de Thomas A. Swain et Gerald McGwin, rassemblant quatorze ans de données récoltées aux États-Unis, montre aussi que le yoga a gagné en popularité sur la période, et que la fréquence des blessures s'en ressent. En moyenne, elle était de 10 pour 100.000 participants en 2001 et grimpe à 17 pour 100.000 en 2014. Après 65 ans, cette incidence –58 pour 100.000– est bien plus élevée, avec trois fois plus de fractures que pour les autres classes d'âge. Pour les individus âgés de 45 à 64 ans, elle est de 18 pour 100.000 et de 12 pour 100.000 pour ceux de 18 à 44 ans.
«Les blessures liées au yoga sont relativement rares, explique Swain, et comme on aurait s'en douter, l'incidence a tendance à monter avec l'âge du participant. Nous avons aussi observé que le taux de blessures augmente sur la période, ce qui pourrait traduire une plus grande popularité du yoga, avec davantage de personnes inexpérimentées qui ne prennent pas les précautions d'usage pour éviter les problèmes.»
Swain recommande de «consulter son médecin avant de débuter le yoga, d'être prudent et de connaître ses limites personnelles». Des limites que bon nombre de pratiquants débutants sont à même d'ignorer car «le yoga est bien plus difficile et exigeant qu'on le pense», précise McGwin. Au total, ce sont 29.590 blessures que les chercheurs ont répertoriées. Près de la moitié (45%) sont des entorses et le haut du corps est visiblement la zone la plus fragile.

Du yoga au travail….

21 septembre 201621 septembre 2016
yoga au bureauVous pouvez aller travailler ! » La séance d'une heure est terminée. Paula Taylor, professeur de yoga du réseau de coachs sportifs Fizix, libère ses douze élèves. Du chef sommelier à la femme de ménage, les 550 salariés du Bristol peuvent participer gratuitement à ce cours. Organisé dans une petite salle climatisée réservée aux employés, il coûte entre 80 € et 120 € au Comité d'Entreprise du palace. « Le point fort, c'est qu'il y a une homogénéité des groupes et ça crée une dynamique », se félicite son secrétaire adjoint Damien Largeau.   Collé serré   « On peut rencontrer des collègues d'autres services », renchérit Lucie Demai, hôtesse d'accueil. Allongé à sa gauche sur un tapis, Tony Le Douigou, dont elle n'a jamais été aussi proche, en est à son deuxième cours. « C'est plus apaisant que d'aller courir, observe le demi-chef de rang. Idéal pour se détendre avant de commencer le travail, de 16 heures à minuit ».   Debout depuis 7 heures du matin, le directeur d'achats Thomas Trucheret est en nage à la fin du cours, mais il savoure cette coupure en milieu d'après-midi : « J'aborde sereinement la deuxième partie de journée, sur le plan profesionnel et à la maison avec mes trois enfants ». Et de conclure, sourire en coin : « Le stress retombe. C'est parfait  : avec notre clientèle exigeante, il faut être très réactifs. » Voir l'article

Musculation et yoga, nouvelle mode made in US

23 août 201623 août 2016
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De nombreux hommes adeptes de musculation délaissent les poids et haltères pour des matelas de yoga, prenant le pas de l'intérêt grandissant pour une variante plus virile du yoga traditionnel, le «broga».

Le yoga, activité vieille de plusieurs millénaires, était autrefois pratiqué exclusivement par des hommes. L'activité physique «mâle» de l'ère moderne est aujourd'hui tout autre. «Le yoga se résume à bien plus qu'à des femmes qui se contorsionnent tels des bretzels végans», a lancé l'entrepreneur qui a fondé les cours de Jock Yoga, Michael DeCorte. Le centre d'entraînement Equinox de Toronto offre ces séances d'entraînement qui unissent les salutations au soleil à la musculation. De plus en plus de professeurs de yoga tentent d'attirer davantage d'hommes dans leurs classes en proposant des exercices qui misent sur la force plutôt que la flexibilité. Les adeptes de yoga sont constitués à 70% par des femmes, selon une étude de l'institut Ipsos publiée en 2016. M. DeCorte estime malgré tout que 50 à 85% des sportifs qui assistent à ses ateliers de Jock Yoga sont des hommes. D'autres centres de type «broga» essaiment un peu partout au pays. Jo-ga, à Halifax, Yoguy, à Vancouver, et le studio montréalais Mudraforce - où l'activité se pratique en toute nudité- ont notamment vu le jour. Une compagnie basée au Massachusetts, Broga yoga, détient un brevet sur l'emploi du mot-valise. L'entreprise se vante d'avoir plus de 12 000 clients et 500 professeurs à travers le monde, notamment par ses cours offerts par le biais de vidéo en ligne. Selon l'instigateur du «broga», Robert Sidoti, nombre d'hommes sont attirés par les bienfaits du yoga, mais craignent d'avoir un air efféminé en prenant la position du lotus.
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Le dalai lama juge qu’il y a trop de réfugiés en Europe

31 mai 201631 mai 2016
Dalai lama trouve qu'il y a trop de réfugiés en EuropeLe dalaï-lama a estimé qu'il y avait à présent "trop" de réfugiés en Europe après la vague d'arrivée l'an dernier et que ces migrants cherchant protection ne devaient rester que provisoirement sur place, dans une interview publiée aujourd'hui en Allemagne. "Quand nous regardons le visage de chaque réfugié, surtout ceux des enfants et des femmes, nous ressentons leur souffrance et un être humain qui a de meilleures conditions de vie a la responsabilité de les aider. Mais d'un autre côté, il y en a trop à présent" en Europe, a déclaré le chef spirituel des Tibétains au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. "L'Europe, l'Allemagne en particulier, ne peut devenir un pays arabe, l'Allemagne est l'Allemagne", a-t-il ajouté, en référence au fait qu'une majorité des migrants vient de pays arabes comme la Syrie ou l'Irak. "Il y en a tant que cela devient difficile sur le plan pratique. Et sur le plan moral, je trouve aussi que ces réfugiés ne devraient être accueillis que provisoirement. L'objectif devrait être qu'ils retournent (dans leur pays) et aident à reconstruire leur pays", a estimé le dalaï-lama, qui vit lui-même en exil en Inde depuis plus de 50 ans. L'Allemagne a accueilli l'an dernier un nombre record d'un million de réfugiés. Source Le Figaro

Tendance: le yoga en moumoute et chaussures de ski…

6 avril 20166 avril 2016
ski_yoga_poseLe murmure du torrent et le chant des oiseaux dans les bouleaux apaisent déjà. Dans le décor vivant du Plan de l’Eau, aux Menuires, se déroule la randonnée «yoga et raquettes», encadrée par Brigitte Ruff, accompagnatrice en montagne, et Anita Thevenot, masseuse ayurvédique. Après une première marche dans la poudreuse, telle une page blanche, une première pause est consacrée à des exercices d’étirement. Le groupe, limité à douze personnes maximum, forme un petit cercle. Raquettes aux pieds, on tend et on étire ses bras vers le ciel. Profonde inspiration, puis on relâche totalement son buste et ses membres supérieurs jusqu’à frôler la neige. Pendant une quinzaine de minutes, Anita aide chacun à prendre conscience de son corps. «La montagne, avec son paysage somptueux et son air pur, offre un cadre idéal pour pratiquer le yoga pranayama, qui met l’accent sur la respiration», précise-t-elle. On repart ensuite plus détendu, attentif aux empreintes d’animaux et au silence, seulement rompu par le bruit feutré des raquettes. Plus loin, c’est la posture de la salutation au soleil. Un long et ressourçant déroulement du corps, pratiqué plusieurs fois, après avoir déchaussé et s’être installé sur un petit tapis de yoga, prêté par Anita. Les deux autres pauses zen sont consacrées à des exercices respiratoires et à de la méditation, assis en tailleur. Lancées l’an dernier au départ de la station de Val Thorens, ces randonnées bien-être hebdomadaires, de trois heures, affichent complet. Les clients? Souvent des femmes, n’ayant jamais pratiqué le yoga ou même les raquettes, mais curieuses de découvrir cette balade hybride. Morzine mise aussi sur l’engouement autour du yoga. Probablement inspirée par la station suisse d’Engadin St. Moritz qui lançait en 2014 la première piste de yoga du monde, Morzine propose cet hiver la piste des yogis, un itinéraire bleu de 2400 mètres jalonné de dix emplacements pour pratiquer des postures relaxantes, sans forcément ôter ses skis. Enfin, sous le nom de marche afghane, évocateur de montagne loitaine, la station de Samoëns invite à une sortie en raquettes accompagnée par un professionnel. Durant cette randonnée, le travail constant sur la respiration facilite la gestion de l’effort en altitude et relaxe. Les activités bien-être en montagne ne se résument plus à des papouilles et des bains bouillonnants dans des centres aqualudiques mais tirent parti, enfin, d’un environnement unique. Voir l'article sur le site de Libération

Le paradoxe Vegan de la femme branchée.

2 novembre 20152 novembre 2015
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Assez régulièrement ( et de plus en plus ) je vois des gens arriver à un mode de vie vegan ( ce qui en soit est plutôt bien ) mais ce que je trouve étrange c’est souvent le paradoxe éthique assez flagrant et parfois cliché.
Pour commencer, beaucoup des végan avec qui j’ai les échanges les plus houleux sont souvent des filles, entre 20 et 30 ans, « converties » depuis assez peu de temps.
Autant je crois sincèrement aux bienfondés de ce mode de vie lorsqu’il est choisi et pensé de bout en bout, autant je suis souvent confronté à des situations de fort malaise lors de nombreux échanges.
Cela se manifeste par plusieurs choses récurrentes : le prosélytisme, la suffisance et l’incohérence.
Je vais dresser un portrait caricatural pour essayer de bien faire comprendre ça … ( pour ce faire je ne vais que juxtaposer des éléments issus de posts ayant défilé sur mon fil d’actualité perso )
Faisant la queue pour avoir son café-pumpkin starbuck, elle attend en faisant un petit selfie marrant pour montrer son nouveau bonnet en coton bio.
Elle poste ça en ligne avec son nouvel iphone.
Un peu plus tard elle rentre chez elle, se fait un petit smoothie banane, mangue et lait de coco, le tout dans un super blender trouvé sur amazon.
Un petit tour sur son compte instagram nous fera découvrir sa garde robe pour constater que toutes les fringues sont bio. Comme tout est bio, le label "équitable" est apposé sur son chocolat, son café et ses épices.
Plus tard, un passage sur son compte facebook nous montrera de nombreux partages militant où on voit combien l'industrie agro-alimentaire est trash (les vidéos le montrent très bien assurément … (ne pas aller sur une page d'une végan à l'heure du repas !).
On la verra également se réjouir de la fermeture d'un abattoir, voyant le signe d'un réel progrès pour "la cause".
Elle prend soin d'elle, les statistiques publiées sur ses joggings grâce à l'application embarquée dans ses nike en sont la preuve ! Et après une bonne douche avec un savon Lush elle sent super bon le fruit de la passion.
Et ce soir après cette belle journée elle se fait un petit plaisir : un steak végétal. Tellement bien fait qu'on dirait trop de la viande (mais sans la souffrance animale) ! Un petit bout de "Faux-mage" à base de noix de cajou et un avocat. Et en dessert un petit bout de chocolat équitable.
Elle a le sourire en préparant ses vacances en Thaïlande en achetant sont billet en ligne sur son macbook, avec son chat sphinx qui ronronne sur ses genoux et peux enfin aller se coucher, en paix avec elle-même et ses convictions … aujourd'hui encore, elle n'a été la cause d'aucune souffrance animale.
Et là je vous vois venir avec un "Heuuu mais Samten, il est où le problème, je ne vois pas trop où tu veux en venir … elle a l'air plutôt cool la nana là … non ?"
Oui oui elle est cool ! Et c'est vraiment chouette que par son véganisme elle se sente impliquée dans la cause animale, le progrès et l'évolution de l'humanité à des hautes sphères de conscience et d'empathie !
MAIS … Et hélas c'est là que le bât blesse…
Son café est issu de la souffrance des hommes, d'une production qui détruit l'environnement dans lequel il est produit et contribue au déséquilibre nord-sud où la domination occidentale est vécue de plein fouet par les producteurs-esclaves.
Son téléphone est issu d'une production où les métaux rares sont également issus de productions où les hommes sont traités en esclaves dans des mines aux conditions abominables. En plus l'obsolescence perçue fait qu'elle changera de téléphone alors même que ce dernier sera encore tout à fait fonctionnel.
Elle se réjouit de la fermeture d’un abattoir sans réaliser que le nombre d’animaux abattus restera inchangé ... le seul changement sera que ces pauvres bêtes devront parcourir encore plus de distance dans le transport final ... l’élément souvent le plus traumatisant pour l’animal (mais aussi pour l’éleveur qui respecte ses animaux).
La banane de son smoothie provient d'équateur, issue d'une terra-formation imposée par les États-Unis pour que ces pays ne viennent pas concurrencer la production de maïs OGM. La mangue provient d'Inde et a peut-être véhiculé des parasites qui détruisent nos vergers. L'avocat provient d'Israël et le lait de coco de Thaïlande, finançant les deux des régimes politiques discutables. Les transport “bio” n’existe pas ... les bateaux délestent en pleine mer, les camions brulent du gasoil et dans les deux cas il y a un paquet de dommages collatéraux. Ben oui, combien de dauphins pris dans les pales des bateaux, de biches , d’oiseaux, de hérissons percutées, écrasés pour que nos fruits exotiques arrivent à bon port ?
Son blender vient de chine, assemblé dans une usine où les gens sont traités comme de la marchandise et payés une misère et acheté sur un site qui bafoue le droit du travail à longueur de temps.
Ses habits, comme sa nourriture, ont parcouru des milliers de kilomètres pour être parfois produit avec des produits chimiques (malgré les labels bios affichés) et cousu par des enfants, au même titre que ses nikes.
Sa fausse viande et son faux fromage sont issus de productions industrielle et chimique pas forcément très saine et de loin pas locale
Son chat provient d'un élevage de croisements génétiques et nourrit avec des boites industrielles (et là autre paradoxe : doit-on imposer le véganisme aux animaux … ah ben non ce serait aller à l'encontre de leur nature, dans ce cas là c'est pas pareil)
Son billet d'avion compensera le bilan carbone de son véganisme.
A côté de ça j'essaie d'imaginer une personne qui consommera bio, local, de saison avec, certes de la viande de temps en temps (mais qui vient d'un paysan qui connaît toutes ses bêtes) qui portera ses fringues jusqu'à l'usure, n'aura que le strict nécessaire chez lui, pas de robots ménagers dans tous les sens, pas d'ordi, pas de fruits exotiques … et qui pourtant sera la "cible" des végans en raison de son manque de conscience et de sensibilité… et là je me dit qu'il y a un soucis dans la manière qu'ont les végans de mener leur "combat" …
Je me dois de rajouter un GROS P.S. à ce texte : je ne me considère absolument pas comme étant moi-même éthiquement irréprochable, loin de là ! J'essaie de faire au mieux ma part en restant un maximum cohérent entre mes convictions et mes capacités de consommation. Mais par contre l'issue de mes réflexions, de mes pensées, mes idées, je les PARTAGE. J'espère que parfois ma vision des choses en convainc certain mais je considère toujours que les choix éthique sont personnels et que nous ne pourrons jamais être irréprochables sans devenir extrêmes et sans s'extraire totalement du système, ce qui n'est pas ma volonté, au contraire, j'espère pouvoir être le témoin d'évolutions du système dans "mon" sens quitte à devoir faire des compromis, mais que je choisis.
EDIT : suite à l’engouement et aux nombreux comm qu’a suscité cet article aux différents endroits où il a été partagé et comme ça a dépassé le cercle des gens qui me connaissent, je me dois de me présenter pour permettre de contextualiser éventuellement cet article. Pour commencer je dois moi-même faire face à de nombreux paradoxes de consommation lié à mon choix de travail : étant photographe j’ai en effet beaucoup de matériel technologique ( ordinateurs, tablette, appareils photos ... ) qui ont un cout éthique important. Je n’ai pour le moment pas trouvé de solution pour ce pan là. J’ai passé plusieurs période de ma vie à appliquer un régime végétarien et un mode de vie assez proche des principes végétaliens sous pas mal d’aspects. Je me considère comme étant assez impliqué dans les domaines de la réflexion sur nos modes de vies, nos interactions avec l’environnement. J’ai un très grand intérêt pour la permaculture, les productions équitables ( je ne parle pas des labels qui spolient le terme ). Suite à de nombreuses réflexions j’en suis venu à avoir un mode de vie où les choix alimentaires et de consommation générale sont souvent mis dans la balance du pour et du contre au moment de l’acte d’achat. J’ai également un régime alimentaire qui est aussi très “fashion” car j’ai une alimentation principalement axée sur les principes du Dr Seignalet, à savoir sans gluten, sans produits laitiers, sans sucres raffinés ( mais je n’en fais pas un dogme, je m’accorde des exceptions si je n’ai pas le choix ou même si simplement j’en ai envie), je suis venu à ce régime il y a plus de 7 ans pour des raisons de santé et il m’a apporté beaucoup de choses ( j’en discute volontiers avec ceux qui s’y intéressent ). D’autres principes alimentaires font également parti de mes convictions, principalement le fait de consommer local, de saison et bio ( et dans ma région ça veux dire qu’il faut aimer le choux et les poireaux ). Je porte avec moi un assez lourd bilan carbone car j’ai beaucoup voyagé, mais ces voyages m’ont permit en contre partie d’apprendre énormément de choses sur l’humain, la nature, les interactions entre les deux, mais surtout pour réaliser qu’il n’existe pas de valeurs “universelles” ... partout les gens ont des convictions qu’ils sont parfois prêt à défendre avec armes et sang ! J’ai aussi vu qu’il y a un réel angélisme de la part des gens qui vivent leur conviction depuis le fond de leur canapé ikéa ... car à travers le monde j’ai été témoin de la violence , partout sous un nombre inimaginable de formes ! Les seuls moments où j’ai eu la sensation de m’en extraire on été ceux où j’ai été seul face à la nature, loin du fait des Hommes ! J’ai vu plus d’amour et de respect chez une productrice de bœuf bio en France qu’envers des vaches “sacrées” au Népal. J’ai recommencé à manger de la viande en voyage, lorsque j’ai été reçu par des gens qui n’avaient rien d’autre à me proposer et qu’il aurait été plus que déplacé de dénigrer ce geste pour mon petit confort intellectuel. Et puis j’ai appris à reconnaitre qu’il y a de réelles différences entre les modes de production et que cela impact directement nos valeurs et notre environnement, j’y suis de plus en plus attentif et rencontre des gens merveilleux depuis. Comme je l’ai dit à de nombreuses reprises, je trouve merveilleux que de plus en plus de gens s’intéressent aux modes alimentaires “alternatifs” ( qu’ils soient végan, végétariens, sans gluten, bio ... ) car ça montre que les gens ne prennent plus tout pour argent comptant. Mais je prône également la coexistence et l’évolution douce. C’est souvent en ça que mes avis divergent avec les militants ( végan ou autre) sur les manières d’agir : Les études en neuroscience montrent que face à une démonstration de la violence (vidéo d’un abattoir par exemple), le cerveau d’une personne non préparée, vivra ça comme une agression ... mais au lieu d’obtenir un électrochoc contre le système, le trauma sera dirigé contre la personne qui lui aura fait vivre ce trauma... avec un effet inverse à celui désiré... mais je m’égare à parler de ça.
Bref, je tente juste de faire avec les outils à ma disposition pour rester le plus cohérent possible entre mes choix, mes croyances, mes moyens et mes aspirations. Jonglant moi-même avec certains paradoxes.
EDIT 2 :
Je n’ai hélas rien inventé pour créer ce personnage fictif ! juste pris quelques éléments sur différents posts de mes contacts ... j’ai même été assez soft pour qu’on ne pense pas que j’exagère le trait ! Et pour celles et ceux qui me font la critique d’avoir choisi une femme plutôt qu’un homme c’est pour la même raison ( qui n’est pas lié à une réalité statistique et objective ) : je n’ai pas eu autant d’occasion de voir ce type de posts et de profils dans mon fil d’actualité.