matthieu-ricard méditation

Matthieu Ricard : « La pratique de la méditation m’a changé »

En Occident, c’est l’autre grand nom du bouddhisme après le dalaï-lama. Moine et chercheur en génétique cellulaire, Matthieu Ricard parcourt le monde pour transmettre les vertus de la pratique méditative, placée sous le signe de la bienveillance.

Qu’est-ce que la méditation, pour un moine bouddhiste?

En Orient, les termes employés pour désigner la pratique méditative signifient: « Cultiver et se familiariser avec. » Méditer ne veut pas dire faire le vide, se détendre en s’imaginant flotter dans l’espace. C’est un réel entraînement mental destiné à comprendre les mécanismes de l’esprit. Le bouddhisme parle de 84 différents états mentaux et décrit les nuances et les relations entre eux. La méditation vise à entretenir un certain état d’esprit, de façon à se fami -lia riser avec une nouvelle manière d’être et à mieux gérer ses pensées et ses émotions, afin de ne plus se laisser emporter par elles comme sur une rivière en crue.

Nous sous-estimons, dites-vous, la capacité de transformation de notre esprit. Dans quelle mesure le psychisme peut-il évoluer?

Les recherches menées ces trente dernières années dans le domaine de la neu ro plasticité montrent que le cerveau se modifie lorsque l’individu est exposé à des situations inédites. Les connexions entre les neurones peuvent augmenter ou diminuer; dans certains cas, le cerveau fabrique de nouveaux neurones, et ce, quel que soit l’âge. Les dendrites- les ramifications des neurones- s’étoffent ou se raréfient. Le cerveau adulte a même la capacité d’attribuer une fonction différente à une aire cérébrale qui en remplit habituellement une autre. Toute forme d’entraînement- qu’il soit mental, comme la méditation, ou physique, comme le sport- provoque une restructuration du cerveau, fonction nelle et structurelle.

Comment cela se vérifie-t-il sur le plan scientifique?

Des expérimentations ont été menées entre 2000 et2012 auprès d’une centaine de personnes méditantes et non méditantes dans une vingtaine d’universités réputées. Les méditants- moines et laïcs, hommes et femmes, Orientaux et Occidentaux- totalisaient entre 10000 et 60 000 heures de méditation. Les chercheurs ont constaté, sur le plan structurel, que la méditation modifiait le volume des aires cérébrales concernées, volume qui reflète la quantité de neurones présents dans cette aire et le nombre de connexions établies entre ces neurones. Ils ont aussi noté une augmentation de la substance grise dans l’hippocampe gauche, lié à l’apprentissage et au contrôle émotionnel.

Afficher l'image d'origine

Comme d’autres pratiquant Matthieu Ricard s’est prêté à des test scientifiques pour étudier les effets de la méditation sur le cerveau.

Et sur le plan fonctionnel?

La méditation active certaines zones cérébrales et en désactive d’autres, telle que l’amygdale. Lorsque celle-ci est « en sommeil », la peur et la colère refluent; à l’inverse, le sentiment de résonance affective avec les autres, celui de gratification ou d’amour maternel grandissent. Il suffit de six heures de méditation pour que surviennent des évolutions dans les cellules cérébrales, susceptibles d’entraîner un renforcement du système immunitaire ou une amélioration de la qualité de l’attention.

La méditation agirait également sur nos gènes?

C’est en effet ce que montrent les expériences préliminaires effectuées par le professeur de psychologie et de psychiatrie Richard J. Davidson dans son laboratoire de Madison, dans le Wisconsin (Etats-Unis). Pour qu’un gène soit actif, il doit « s’exprimer » sous la forme d’une protéine spécifique. Sinon, il reste silencieux. Or on sait maintenant que notre environnement et nos états mentaux peuvent modifier profondément l’expression des gènes par un processus appelé « épigénétique ». Notre héritage génétique est un point de départ important, qui nous prédispose à montrer tel ou tel trait de caractère, mais ce potentiel s’exprime très dif féremment selon les événements de notre vie. De la méditation sur l’amour altruiste et la compassion peuvent découler d’importants changements épigénétiques. Ainsi, après huit heures de méditation dans la journée sur la pleine conscience et la compassion, on note des modifications de l’expression de certains gènes liés au stress.

A force de pratique, peut-on aller jusqu’à modifier nos traits de caractère?

C’est tout l’objet de la méditation! Personnellement, j’étais introverti, bougon. La pratique m’a changé, ce que mes proches eux-mêmes ont pu constater. Emotion après émotion, on construit quelque chose. Si vous re mu ez constamment des pensées anxieuses dans votre tête, vous éprouverez des humeurs durant quelques heures, puis ces humeurs deviendront des traits de caractère à force de se reproduire. Mais si vous traitez ces émotions par la méditation, après un an ou deux, vos traits de caractère évolueront. Attention! Ils ont mis du temps à se former, ils mettront du temps à se transformer. Il faut pratiquer, et pratiquer encore. Le secret réside dans l’utilisation quoti dienne des outils mentaux appor tés par la méditation. L’idée qu’on va savoir méditer après avoir écouté trois CD, c’est de la frime! Il faut, comme un athlète, s’entraîner, tous les jours, pendant au moins vingt minutes.

En quoi consiste la méditation sur l’amour altruiste et la compassion?

Précisons ce qu’est l’amour altruiste: un sentiment de bienveillance, conduisant à souhaiter que les gens aillent bien et soient heureux. Il diffère de l’empathie, qui est une résonance affective- si tu souffres, je souffre. Si tu es joyeux, je suis joyeux. On pense souvent que l’amour altruiste est un sentiment « pour les dames »; on l’associe à la faiblesse, alors qu’une personne bienveillante est beaucoup plus forte qu’une personne colérique, car il lui en faut beaucoup pour être déstabilisée! La compassion, elle, est la forme que prend l’amour altruiste lorsqu’il est confronté à la souffrance. Pour méditer sur l’amour altruiste et la compassion, on doit penser à un être qui nous inspire un amour et une bienveillance inconditionnels. Puis l’on étend cet amour à la totalité de l’humanité, et l’on finit par en être soi même imprégné.

Cette forme de méditation a votre préférence, comme vous l’expliquez dans votre dernier livre, Plaidoyer pour l’altruisme (1). Pour quelle raison?

D’abord, parce que, de toutes les méditations, c’est celle qui apporte les bénéfices les plus notables sur le plan cérébral. Elle active les régions et les réseaux cérébraux asso ciés aux émotions et à l’empathie, qui sont ceux qui élargissent le plus le champ de vision de l’être humain en lui permet tant d’embrasser les situa tions et les phéno mènes autour de lui. Cela offre des perspectives très intéressantes pour traiter la dépression, l’anxiété ou le burn-out. Ensuite, parce qu’elle a une finalité éthique.

La pleine conscience ne mène-t-elle pas, elle aussi, à la bienveillance?

Si, bien sûr, mais on peut aussi imaginer qu’une personne se serve de la pleine conscience pour mieux contrôler les autres ou pour devenir un tireur d’élite, calme et maître de lui-même. Le vrai développement personnel consiste à s’améliorer en tant qu’être humain et non pas seulement aug menter son efficacité. Dans ce sens, la méditation a des effets sur tout le corps social.

Se recueillir en souhaitant l’amour du prochain : n’est-ce pas le sens même de la prière?

Il y a une différence importante: le fait de s’unir à quelque chose qui vous dépasse, par l’oraison, est davantage un abandon qu’une méthode destinée à transformer votre façon de voir les choses.

Penser que la société gagnera en humanité par des pratiques telles que la méditation ne relève-t-il pas, dans notre époque individualiste, de la pure utopie?

Je ne le crois pas. L’égocentrisme actuel, qui s’exprime sur le mode « Le bonheur des autres n’est pas mon affaire », ne fonctionne pas, pour une raison très simple: il repose sur une appréhension fausse de la réalité. Il présuppose que nous sommes des entités séparées, alors que nous sommes, au contraire, interdépendants. Le reconnaître, le comprendre, c’est reconnaître la réalité. Et si vous êtes en accord avec la réalité, votre démarche porte ses fruits. Je crois en la possibilité de développer la bienveillance et la coopération dans tous les domaines: l’éducation, l’économie, la politique, etc. Certes, les idées prennent du temps pour faire leur chemin: dix, vingt ans, voire plus. Mais, à un moment, la société atteint un point de bascule: 20% des gens se rallient à la conception innovante, et la culture change. Quand Badinter luttait contre la peine de mort, il ne comptait qu’une minorité de l’opinion publique derrière lui! Dans ce vaste mouvement, la méditation, diffusée massivement à l’échelle individuelle, peut avoir une grande influence.

L’express (source)

Pour aller plus loin.

Et vous pratiquez-vous la méditation ? En avez-vous retiré des bienfaits ? Faites en nous part dans les commentaires.



'Matthieu Ricard : « La pratique de la méditation m’a changé »' have 5 comments

  1. 11 juin 2016 @ 15 h 16 min Akshaya

    Cet entretient ne peut qu’encourager à la pratique de la méditation, en n’omettant pas de souligner la discipline assidue et la durée pour en savourer les fruits.
    La question qui se pose c’est, comment se fait-il qu’il y ait autant de conflits au sein des différentes écoles d’enseignements et parfois entre traditions elles mêmes ? On peut supposer que ces gurus partent du principe suivantes: « faites ce que je dis mais pas ce que je fais ». Le revers de la médaille pour ces « maîtres » c’est que l’éclairage de la science révèle leur charlatanisme.

    Répondre

    • 30 mai 2018 @ 12 h 07 min Daniel sauvenier

      Bonjour Akshaya

      Excellente réponse , je reprends ce que tu dis :

      « On peut supposer que ces gurus partent du principe suivantes: « faites ce que je dis mais pas ce que je fais ». Le revers de la médaille pour ces « maîtres » c’est que l’éclairage de la science révèle leur charlatanisme. »

      A ce sujet je viens de terminer de lire Les Gouttes de Rosées de Monsieur MARC BOSCHE. Un remarquable essai sur les dérives du bouddhisme, de la méditation, les retraites, ect et aussi une excellente documentation. Cet essai est très clair sur les pièges de toutes sortes qui menacent les débutants enthousiastes non avertis, nous le voyons aussi grâce aux divers articles et réponse dans Yoganova.

      Je remarque que « l’on » quitte parfois « enfin » cette obligation d’aller à la messe le dimanche avec les parents, quel supplice, mais à la première occasion « l’on » se précipite chez le gourou du coin, c’est quand même autre chose !!
      En oubliant que la Tradition Occidentale nous offre également tout ce qu’il faut pour l’intelligent de cœur qui pénètre peu à peu la « Lumière de Vie » contenue dans la méditation des Textes Sacrés.
      C’est évidemment le cas pour tous les Textes Sacrés des autres Traditions qui ne transmettent toujours que Le « même » Message Retrouvé dans notre cœur !!

      Rappelons-nous cet adage : « l’habit ne fait pas le moine »

      Voici un lien pour lire Les Gouttes de Rosées :

      https://books.google.be/books?id=EqkaGeZHkD8C&pg=PP1&lpg=PP1&dq=%22GOUTTES+DE+ROSÉE+AUX+JARDINS+DU+LOTUS%22+Marc+Bosche+pdf&source=bl&ots=1CaRjaBsKe&sig=hQhL_Z1hx1IvEiBjMd7Vk_MCYK8&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc6MHLqqnbAhVHEVAKHV5wCHoQ6AEILDAB#v=onepage&q=%22GOUTTES%20DE%20ROSÉE%20AUX%20JARDINS%20DU%20LOTUS%22%20Marc%20Bosche%20pdf&f=false

      j’ai le document en pdf mais hélas je ne l’ai plus retrouvé sur le net , comment faire pour l’envoyer à Yoganova ?

      A propos du « ressort essentiel de la recherche spirituelle »:

      “Si grâce à la connaissance intuitive (bauddha), l’ignorance cesse de se déployer , la délivrance en cette vie même est là (tel un fruit) sur la paume de la main “
      Abhinavagupta(1) , Tantraloka I.44

      Abhinavagupta : nom d’initiation
      Abhinava : toujours nouveau
      Gupta : caché, mystérieux
      Ce nom désigne cette réalité mystérieuse ancienne cachée mais toujours nouvelle
      Glani est la ravisseuse, l’indolence, qui s’installe dans le corps sous forme de
      nescience, mais l’éveil la détruira . “
      Réf . https://www.youtube.com/watch?v=JdwhnRm22Hs

      « Dans le Tantraloka Abhinavagupta met en évidence le ressort essentiel de la recherche spirituelle :

      “Ce qu’il faut essentielement découvrir en tout ce qui existec’est l’Essence elle-même sous forme de lumière conscience ,principe de toutes choses , car on ne peut admettre que la nature essentielle des choses ne soit lumière. Cette lumière n’est pas multiple .
      Ni le temps, ni l’espace ne peuvent briser son unicité . Elle est Conscience Universelle .
      De l’accord unanime , la conscicence est la lumière des choses . Il n’existe aucune autre lumière qu’elle . Libre et unique lumière sans limite de temps et d’espace , de forme , elle est omniprésente et éternell . Elle assume l’infinie multiplicité des formes existantes .
      L’essence de sa lumière est l’énergie de la conscience (cit-Sakti) . Sa liberté est l’énergie de félicité ,son ravissement l’énergie de vomonté, son activité consciente l’énergie de connaisssance ,et sa faculté de revêtir tous les aspects , l’énergie d’activité.”
      Abhinavagupta Tantraloka I , Le Miroir de la Conscience, Colette Poggi p 65

      Dans ce merveilleux livre le lecteur attentif fera les liens entre l’ignorance, l’exil, la reconnaissance de notre Propre Nature, ainsi que bien d’autres liens qui lui éviteront de se perdre au camp-gourou !!

      Amitiés tous et toutes

      Daniel

      Répondre

  2. 11 juin 2016 @ 19 h 10 min drot dominique

    BONJOUR,
    la méditation, je la pratique depuis bientôt 2 ans à raison d’1 demie à 1 h par jour ( je suis à la retraite..!) et je peux dire : oui , j’ai changé! je suis plus calme,sereine, je prends plus de recul, je « cultive » l’instant présent et la pleine conscience – bref que du bon, le sentiment de joie profonde lors des méditations est un baume pr le cœur et l’esprit, je suis plus heureuse et donc mieux avc ceux que j’aime ( et ceux que j’aime moins !!)- je ne peux plus m’en passer ! c’est aussi un état d’esprit, ce ne sont pas que des « séances  » ms aussi une manière d’être au quotidien – J’ai commencé avc le livre et cd de Christophe André, puis Mathieu Ricard, maintenant je suis « autonome » , une vraie richesse, un grd bonheur !
    cordialement – dominique

    Répondre

  3. 28 novembre 2016 @ 20 h 02 min Ekongkar

    Un homme vraiment étonnant, engagé et inspirant… Je viens de terminer « Plaidoyer pour les animaux », une invitation sincère et convaincante à changer nos comportements et nos mentalités…

    Répondre


Laisser un commentaire

YogaNova, le magazine francophone du Yoga et de la Spiritualité en ligne. Faites comme Shiva, lisez Yoganova !

Web Design MymensinghPremium WordPress ThemesWeb Development

Attention ! Le yoga n’est pas sans risque

25 novembre 201625 novembre 2016
15566474-Levitation-by-Indian-businessman-in-lotus-pose-in-the-office-near-the-wall-with-clock-and-his-shoes--Stock-Photo

Ouvrez vos chakras et ayez conscience de vos limites.

C'est l'une des études les plus conséquentes disponibles à ce jour sur la pratique du yogae t les blessures qui peuvent en résulter. Menée par deux chercheurs en traumatologie et épidémiologie de l'université d'Alabama de Birmingham, il en ressort que le yoga n'est évidemment pas le sport le plus traumatogène du répertoire, mais qu'il n'est pas pour autant dénué de risques. Et que les yogistes ayant dépassé les 65 ans doivent redoubler de prudence, car ce sont eux les plus vulnérables aux entorses, élongations et autres fractures. Le travail de Thomas A. Swain et Gerald McGwin, rassemblant quatorze ans de données récoltées aux États-Unis, montre aussi que le yoga a gagné en popularité sur la période, et que la fréquence des blessures s'en ressent. En moyenne, elle était de 10 pour 100.000 participants en 2001 et grimpe à 17 pour 100.000 en 2014. Après 65 ans, cette incidence –58 pour 100.000– est bien plus élevée, avec trois fois plus de fractures que pour les autres classes d'âge. Pour les individus âgés de 45 à 64 ans, elle est de 18 pour 100.000 et de 12 pour 100.000 pour ceux de 18 à 44 ans.
«Les blessures liées au yoga sont relativement rares, explique Swain, et comme on aurait s'en douter, l'incidence a tendance à monter avec l'âge du participant. Nous avons aussi observé que le taux de blessures augmente sur la période, ce qui pourrait traduire une plus grande popularité du yoga, avec davantage de personnes inexpérimentées qui ne prennent pas les précautions d'usage pour éviter les problèmes.»
Swain recommande de «consulter son médecin avant de débuter le yoga, d'être prudent et de connaître ses limites personnelles». Des limites que bon nombre de pratiquants débutants sont à même d'ignorer car «le yoga est bien plus difficile et exigeant qu'on le pense», précise McGwin. Au total, ce sont 29.590 blessures que les chercheurs ont répertoriées. Près de la moitié (45%) sont des entorses et le haut du corps est visiblement la zone la plus fragile.

Du yoga au travail….

21 septembre 201621 septembre 2016
yoga au bureauVous pouvez aller travailler ! » La séance d'une heure est terminée. Paula Taylor, professeur de yoga du réseau de coachs sportifs Fizix, libère ses douze élèves. Du chef sommelier à la femme de ménage, les 550 salariés du Bristol peuvent participer gratuitement à ce cours. Organisé dans une petite salle climatisée réservée aux employés, il coûte entre 80 € et 120 € au Comité d'Entreprise du palace. « Le point fort, c'est qu'il y a une homogénéité des groupes et ça crée une dynamique », se félicite son secrétaire adjoint Damien Largeau.   Collé serré   « On peut rencontrer des collègues d'autres services », renchérit Lucie Demai, hôtesse d'accueil. Allongé à sa gauche sur un tapis, Tony Le Douigou, dont elle n'a jamais été aussi proche, en est à son deuxième cours. « C'est plus apaisant que d'aller courir, observe le demi-chef de rang. Idéal pour se détendre avant de commencer le travail, de 16 heures à minuit ».   Debout depuis 7 heures du matin, le directeur d'achats Thomas Trucheret est en nage à la fin du cours, mais il savoure cette coupure en milieu d'après-midi : « J'aborde sereinement la deuxième partie de journée, sur le plan profesionnel et à la maison avec mes trois enfants ». Et de conclure, sourire en coin : « Le stress retombe. C'est parfait  : avec notre clientèle exigeante, il faut être très réactifs. » Voir l'article

Musculation et yoga, nouvelle mode made in US

23 août 201623 août 2016
reverse-ab-crunch

De nombreux hommes adeptes de musculation délaissent les poids et haltères pour des matelas de yoga, prenant le pas de l'intérêt grandissant pour une variante plus virile du yoga traditionnel, le «broga».

Le yoga, activité vieille de plusieurs millénaires, était autrefois pratiqué exclusivement par des hommes. L'activité physique «mâle» de l'ère moderne est aujourd'hui tout autre. «Le yoga se résume à bien plus qu'à des femmes qui se contorsionnent tels des bretzels végans», a lancé l'entrepreneur qui a fondé les cours de Jock Yoga, Michael DeCorte. Le centre d'entraînement Equinox de Toronto offre ces séances d'entraînement qui unissent les salutations au soleil à la musculation. De plus en plus de professeurs de yoga tentent d'attirer davantage d'hommes dans leurs classes en proposant des exercices qui misent sur la force plutôt que la flexibilité. Les adeptes de yoga sont constitués à 70% par des femmes, selon une étude de l'institut Ipsos publiée en 2016. M. DeCorte estime malgré tout que 50 à 85% des sportifs qui assistent à ses ateliers de Jock Yoga sont des hommes. D'autres centres de type «broga» essaiment un peu partout au pays. Jo-ga, à Halifax, Yoguy, à Vancouver, et le studio montréalais Mudraforce - où l'activité se pratique en toute nudité- ont notamment vu le jour. Une compagnie basée au Massachusetts, Broga yoga, détient un brevet sur l'emploi du mot-valise. L'entreprise se vante d'avoir plus de 12 000 clients et 500 professeurs à travers le monde, notamment par ses cours offerts par le biais de vidéo en ligne. Selon l'instigateur du «broga», Robert Sidoti, nombre d'hommes sont attirés par les bienfaits du yoga, mais craignent d'avoir un air efféminé en prenant la position du lotus.
En lire plus ...

Le dalai lama juge qu’il y a trop de réfugiés en Europe

31 mai 201631 mai 2016
Dalai lama trouve qu'il y a trop de réfugiés en EuropeLe dalaï-lama a estimé qu'il y avait à présent "trop" de réfugiés en Europe après la vague d'arrivée l'an dernier et que ces migrants cherchant protection ne devaient rester que provisoirement sur place, dans une interview publiée aujourd'hui en Allemagne. "Quand nous regardons le visage de chaque réfugié, surtout ceux des enfants et des femmes, nous ressentons leur souffrance et un être humain qui a de meilleures conditions de vie a la responsabilité de les aider. Mais d'un autre côté, il y en a trop à présent" en Europe, a déclaré le chef spirituel des Tibétains au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. "L'Europe, l'Allemagne en particulier, ne peut devenir un pays arabe, l'Allemagne est l'Allemagne", a-t-il ajouté, en référence au fait qu'une majorité des migrants vient de pays arabes comme la Syrie ou l'Irak. "Il y en a tant que cela devient difficile sur le plan pratique. Et sur le plan moral, je trouve aussi que ces réfugiés ne devraient être accueillis que provisoirement. L'objectif devrait être qu'ils retournent (dans leur pays) et aident à reconstruire leur pays", a estimé le dalaï-lama, qui vit lui-même en exil en Inde depuis plus de 50 ans. L'Allemagne a accueilli l'an dernier un nombre record d'un million de réfugiés. Source Le Figaro

Tendance: le yoga en moumoute et chaussures de ski…

6 avril 20166 avril 2016
ski_yoga_poseLe murmure du torrent et le chant des oiseaux dans les bouleaux apaisent déjà. Dans le décor vivant du Plan de l’Eau, aux Menuires, se déroule la randonnée «yoga et raquettes», encadrée par Brigitte Ruff, accompagnatrice en montagne, et Anita Thevenot, masseuse ayurvédique. Après une première marche dans la poudreuse, telle une page blanche, une première pause est consacrée à des exercices d’étirement. Le groupe, limité à douze personnes maximum, forme un petit cercle. Raquettes aux pieds, on tend et on étire ses bras vers le ciel. Profonde inspiration, puis on relâche totalement son buste et ses membres supérieurs jusqu’à frôler la neige. Pendant une quinzaine de minutes, Anita aide chacun à prendre conscience de son corps. «La montagne, avec son paysage somptueux et son air pur, offre un cadre idéal pour pratiquer le yoga pranayama, qui met l’accent sur la respiration», précise-t-elle. On repart ensuite plus détendu, attentif aux empreintes d’animaux et au silence, seulement rompu par le bruit feutré des raquettes. Plus loin, c’est la posture de la salutation au soleil. Un long et ressourçant déroulement du corps, pratiqué plusieurs fois, après avoir déchaussé et s’être installé sur un petit tapis de yoga, prêté par Anita. Les deux autres pauses zen sont consacrées à des exercices respiratoires et à de la méditation, assis en tailleur. Lancées l’an dernier au départ de la station de Val Thorens, ces randonnées bien-être hebdomadaires, de trois heures, affichent complet. Les clients? Souvent des femmes, n’ayant jamais pratiqué le yoga ou même les raquettes, mais curieuses de découvrir cette balade hybride. Morzine mise aussi sur l’engouement autour du yoga. Probablement inspirée par la station suisse d’Engadin St. Moritz qui lançait en 2014 la première piste de yoga du monde, Morzine propose cet hiver la piste des yogis, un itinéraire bleu de 2400 mètres jalonné de dix emplacements pour pratiquer des postures relaxantes, sans forcément ôter ses skis. Enfin, sous le nom de marche afghane, évocateur de montagne loitaine, la station de Samoëns invite à une sortie en raquettes accompagnée par un professionnel. Durant cette randonnée, le travail constant sur la respiration facilite la gestion de l’effort en altitude et relaxe. Les activités bien-être en montagne ne se résument plus à des papouilles et des bains bouillonnants dans des centres aqualudiques mais tirent parti, enfin, d’un environnement unique. Voir l'article sur le site de Libération

Le paradoxe Vegan de la femme branchée.

2 novembre 20152 novembre 2015
83241
Assez régulièrement ( et de plus en plus ) je vois des gens arriver à un mode de vie vegan ( ce qui en soit est plutôt bien ) mais ce que je trouve étrange c’est souvent le paradoxe éthique assez flagrant et parfois cliché.
Pour commencer, beaucoup des végan avec qui j’ai les échanges les plus houleux sont souvent des filles, entre 20 et 30 ans, « converties » depuis assez peu de temps.
Autant je crois sincèrement aux bienfondés de ce mode de vie lorsqu’il est choisi et pensé de bout en bout, autant je suis souvent confronté à des situations de fort malaise lors de nombreux échanges.
Cela se manifeste par plusieurs choses récurrentes : le prosélytisme, la suffisance et l’incohérence.
Je vais dresser un portrait caricatural pour essayer de bien faire comprendre ça … ( pour ce faire je ne vais que juxtaposer des éléments issus de posts ayant défilé sur mon fil d’actualité perso )
Faisant la queue pour avoir son café-pumpkin starbuck, elle attend en faisant un petit selfie marrant pour montrer son nouveau bonnet en coton bio.
Elle poste ça en ligne avec son nouvel iphone.
Un peu plus tard elle rentre chez elle, se fait un petit smoothie banane, mangue et lait de coco, le tout dans un super blender trouvé sur amazon.
Un petit tour sur son compte instagram nous fera découvrir sa garde robe pour constater que toutes les fringues sont bio. Comme tout est bio, le label "équitable" est apposé sur son chocolat, son café et ses épices.
Plus tard, un passage sur son compte facebook nous montrera de nombreux partages militant où on voit combien l'industrie agro-alimentaire est trash (les vidéos le montrent très bien assurément … (ne pas aller sur une page d'une végan à l'heure du repas !).
On la verra également se réjouir de la fermeture d'un abattoir, voyant le signe d'un réel progrès pour "la cause".
Elle prend soin d'elle, les statistiques publiées sur ses joggings grâce à l'application embarquée dans ses nike en sont la preuve ! Et après une bonne douche avec un savon Lush elle sent super bon le fruit de la passion.
Et ce soir après cette belle journée elle se fait un petit plaisir : un steak végétal. Tellement bien fait qu'on dirait trop de la viande (mais sans la souffrance animale) ! Un petit bout de "Faux-mage" à base de noix de cajou et un avocat. Et en dessert un petit bout de chocolat équitable.
Elle a le sourire en préparant ses vacances en Thaïlande en achetant sont billet en ligne sur son macbook, avec son chat sphinx qui ronronne sur ses genoux et peux enfin aller se coucher, en paix avec elle-même et ses convictions … aujourd'hui encore, elle n'a été la cause d'aucune souffrance animale.
Et là je vous vois venir avec un "Heuuu mais Samten, il est où le problème, je ne vois pas trop où tu veux en venir … elle a l'air plutôt cool la nana là … non ?"
Oui oui elle est cool ! Et c'est vraiment chouette que par son véganisme elle se sente impliquée dans la cause animale, le progrès et l'évolution de l'humanité à des hautes sphères de conscience et d'empathie !
MAIS … Et hélas c'est là que le bât blesse…
Son café est issu de la souffrance des hommes, d'une production qui détruit l'environnement dans lequel il est produit et contribue au déséquilibre nord-sud où la domination occidentale est vécue de plein fouet par les producteurs-esclaves.
Son téléphone est issu d'une production où les métaux rares sont également issus de productions où les hommes sont traités en esclaves dans des mines aux conditions abominables. En plus l'obsolescence perçue fait qu'elle changera de téléphone alors même que ce dernier sera encore tout à fait fonctionnel.
Elle se réjouit de la fermeture d’un abattoir sans réaliser que le nombre d’animaux abattus restera inchangé ... le seul changement sera que ces pauvres bêtes devront parcourir encore plus de distance dans le transport final ... l’élément souvent le plus traumatisant pour l’animal (mais aussi pour l’éleveur qui respecte ses animaux).
La banane de son smoothie provient d'équateur, issue d'une terra-formation imposée par les États-Unis pour que ces pays ne viennent pas concurrencer la production de maïs OGM. La mangue provient d'Inde et a peut-être véhiculé des parasites qui détruisent nos vergers. L'avocat provient d'Israël et le lait de coco de Thaïlande, finançant les deux des régimes politiques discutables. Les transport “bio” n’existe pas ... les bateaux délestent en pleine mer, les camions brulent du gasoil et dans les deux cas il y a un paquet de dommages collatéraux. Ben oui, combien de dauphins pris dans les pales des bateaux, de biches , d’oiseaux, de hérissons percutées, écrasés pour que nos fruits exotiques arrivent à bon port ?
Son blender vient de chine, assemblé dans une usine où les gens sont traités comme de la marchandise et payés une misère et acheté sur un site qui bafoue le droit du travail à longueur de temps.
Ses habits, comme sa nourriture, ont parcouru des milliers de kilomètres pour être parfois produit avec des produits chimiques (malgré les labels bios affichés) et cousu par des enfants, au même titre que ses nikes.
Sa fausse viande et son faux fromage sont issus de productions industrielle et chimique pas forcément très saine et de loin pas locale
Son chat provient d'un élevage de croisements génétiques et nourrit avec des boites industrielles (et là autre paradoxe : doit-on imposer le véganisme aux animaux … ah ben non ce serait aller à l'encontre de leur nature, dans ce cas là c'est pas pareil)
Son billet d'avion compensera le bilan carbone de son véganisme.
A côté de ça j'essaie d'imaginer une personne qui consommera bio, local, de saison avec, certes de la viande de temps en temps (mais qui vient d'un paysan qui connaît toutes ses bêtes) qui portera ses fringues jusqu'à l'usure, n'aura que le strict nécessaire chez lui, pas de robots ménagers dans tous les sens, pas d'ordi, pas de fruits exotiques … et qui pourtant sera la "cible" des végans en raison de son manque de conscience et de sensibilité… et là je me dit qu'il y a un soucis dans la manière qu'ont les végans de mener leur "combat" …
Je me dois de rajouter un GROS P.S. à ce texte : je ne me considère absolument pas comme étant moi-même éthiquement irréprochable, loin de là ! J'essaie de faire au mieux ma part en restant un maximum cohérent entre mes convictions et mes capacités de consommation. Mais par contre l'issue de mes réflexions, de mes pensées, mes idées, je les PARTAGE. J'espère que parfois ma vision des choses en convainc certain mais je considère toujours que les choix éthique sont personnels et que nous ne pourrons jamais être irréprochables sans devenir extrêmes et sans s'extraire totalement du système, ce qui n'est pas ma volonté, au contraire, j'espère pouvoir être le témoin d'évolutions du système dans "mon" sens quitte à devoir faire des compromis, mais que je choisis.
EDIT : suite à l’engouement et aux nombreux comm qu’a suscité cet article aux différents endroits où il a été partagé et comme ça a dépassé le cercle des gens qui me connaissent, je me dois de me présenter pour permettre de contextualiser éventuellement cet article. Pour commencer je dois moi-même faire face à de nombreux paradoxes de consommation lié à mon choix de travail : étant photographe j’ai en effet beaucoup de matériel technologique ( ordinateurs, tablette, appareils photos ... ) qui ont un cout éthique important. Je n’ai pour le moment pas trouvé de solution pour ce pan là. J’ai passé plusieurs période de ma vie à appliquer un régime végétarien et un mode de vie assez proche des principes végétaliens sous pas mal d’aspects. Je me considère comme étant assez impliqué dans les domaines de la réflexion sur nos modes de vies, nos interactions avec l’environnement. J’ai un très grand intérêt pour la permaculture, les productions équitables ( je ne parle pas des labels qui spolient le terme ). Suite à de nombreuses réflexions j’en suis venu à avoir un mode de vie où les choix alimentaires et de consommation générale sont souvent mis dans la balance du pour et du contre au moment de l’acte d’achat. J’ai également un régime alimentaire qui est aussi très “fashion” car j’ai une alimentation principalement axée sur les principes du Dr Seignalet, à savoir sans gluten, sans produits laitiers, sans sucres raffinés ( mais je n’en fais pas un dogme, je m’accorde des exceptions si je n’ai pas le choix ou même si simplement j’en ai envie), je suis venu à ce régime il y a plus de 7 ans pour des raisons de santé et il m’a apporté beaucoup de choses ( j’en discute volontiers avec ceux qui s’y intéressent ). D’autres principes alimentaires font également parti de mes convictions, principalement le fait de consommer local, de saison et bio ( et dans ma région ça veux dire qu’il faut aimer le choux et les poireaux ). Je porte avec moi un assez lourd bilan carbone car j’ai beaucoup voyagé, mais ces voyages m’ont permit en contre partie d’apprendre énormément de choses sur l’humain, la nature, les interactions entre les deux, mais surtout pour réaliser qu’il n’existe pas de valeurs “universelles” ... partout les gens ont des convictions qu’ils sont parfois prêt à défendre avec armes et sang ! J’ai aussi vu qu’il y a un réel angélisme de la part des gens qui vivent leur conviction depuis le fond de leur canapé ikéa ... car à travers le monde j’ai été témoin de la violence , partout sous un nombre inimaginable de formes ! Les seuls moments où j’ai eu la sensation de m’en extraire on été ceux où j’ai été seul face à la nature, loin du fait des Hommes ! J’ai vu plus d’amour et de respect chez une productrice de bœuf bio en France qu’envers des vaches “sacrées” au Népal. J’ai recommencé à manger de la viande en voyage, lorsque j’ai été reçu par des gens qui n’avaient rien d’autre à me proposer et qu’il aurait été plus que déplacé de dénigrer ce geste pour mon petit confort intellectuel. Et puis j’ai appris à reconnaitre qu’il y a de réelles différences entre les modes de production et que cela impact directement nos valeurs et notre environnement, j’y suis de plus en plus attentif et rencontre des gens merveilleux depuis. Comme je l’ai dit à de nombreuses reprises, je trouve merveilleux que de plus en plus de gens s’intéressent aux modes alimentaires “alternatifs” ( qu’ils soient végan, végétariens, sans gluten, bio ... ) car ça montre que les gens ne prennent plus tout pour argent comptant. Mais je prône également la coexistence et l’évolution douce. C’est souvent en ça que mes avis divergent avec les militants ( végan ou autre) sur les manières d’agir : Les études en neuroscience montrent que face à une démonstration de la violence (vidéo d’un abattoir par exemple), le cerveau d’une personne non préparée, vivra ça comme une agression ... mais au lieu d’obtenir un électrochoc contre le système, le trauma sera dirigé contre la personne qui lui aura fait vivre ce trauma... avec un effet inverse à celui désiré... mais je m’égare à parler de ça.
Bref, je tente juste de faire avec les outils à ma disposition pour rester le plus cohérent possible entre mes choix, mes croyances, mes moyens et mes aspirations. Jonglant moi-même avec certains paradoxes.
EDIT 2 :
Je n’ai hélas rien inventé pour créer ce personnage fictif ! juste pris quelques éléments sur différents posts de mes contacts ... j’ai même été assez soft pour qu’on ne pense pas que j’exagère le trait ! Et pour celles et ceux qui me font la critique d’avoir choisi une femme plutôt qu’un homme c’est pour la même raison ( qui n’est pas lié à une réalité statistique et objective ) : je n’ai pas eu autant d’occasion de voir ce type de posts et de profils dans mon fil d’actualité.