Trois singes de la sagesse

Pratyâhâra, la place des sens dans la quête de l’Extase

« Le yoga consiste à se détacher de toute activité des sens. C’est en fermant les portes des sens, en gardant le mental fixé sur le cœur et en maintenant l’air vital au sommet de la tête que l’on s’y établit. », Bhagavad-Gîtâ, verset 8.12

Pour un Yogi, il est souvent séduisant de chercher à réduire l’importance accordée aux besoins élémentaires du corps en favorisant la privation volontaire comme une victoire contre soi-même, niant ainsi les sensations telles que la fatigue (restriction du temps de sommeil), la faim (jeûne intense), etc. Dans cette ambition, le fait de nier sa corporalité s’associe au fantasme de n’être plus qu’un pur Esprit, en quête d’une communion et d’une union divines.

En Inde, on appelle ces êtres les Sanyasi, les « renonçants ». En effet, ces êtres décident volontairement de renoncer au monde matériel pour s’engager dans une quête mystique dans laquelle le corps n’a d’autre d’intérêt que de contenir leur Ame le temps de leur vie actuelle jusqu’à l’incarnation suivante, dans la volonté de mettre terme à ce cycle des réincarnations qui empêche leur Ame d’être libre de toute enveloppe corporelle.

A son stade le plus abouti, le Sanyasi est appelé Videha, que l’on pourrait traduire par « désincarné » ou « libérés vivant » (Yoga-Sutra I.19 : Bhavapratyayo-videhaprakritilayânâm). Etant sorti de son corps et détaché des expériences sensorielles qui y sont associées, le Videha ne souffre plus de culpabilité, de frustration, d’insatisfaction et de déception.

Si l’on faisait une lecture trop littérale de ces concepts, on pourrait conclure que le corps fait obstacle à l’atteinte du plus haut degré de spiritualité et, à travers la recherche de satisfaction d’intérêts primaires, il serait ce qui nous pousse à entreprendre des desseins nous éloignant d’une quête spirituelle hautement supérieure.

En résumant ainsi, on peut être tenté de mettre en œuvre une lutte entre le corps et l’Esprit dans laquelle on voudrait voir triompher ce dernier sur le cadavre de chair auquel se réduirait le corps. Pour ce faire, il s’agirait de mettre en place une sorte de croisade contre tout ce qui vient du corps jusqu’à en anéantir tout désir et, au-delà, tout besoin. On pourrait prendre l’exemple de certaines ascèses dans lesquelles la préoccupation à ce qui est nécessaire à la survie du corps (notamment le sommeil et l’alimentation) n’est en fait qu’une perte de temps et d’énergie . Cela détournerait l’individu de la quête fondamentale et subtile du développement spirituel de sa Conscience pure.

Le Bouddha suivra la voie  de l'austérité ascétique pendant plusieurs années, il en mourut presque avant de suivre la voie du milieu et d'atteindre l'éveil.

Le Bouddha suivra la voie de l’austérité ascétique pendant plusieurs années, il en mourut presque avant de suivre la voie du milieu et d’atteindre l’éveil.

Parfois, dans des cas extrêmes1, des comportements autodestructeurs peuvent être adoptés. Dans l’adversité de l’expérience de la souffrance physique endurée, l’idée est probablement alors de renforcer l’esprit, de repousser les limites de la tolérance à la douleur. Voici, à l’œuvre, la volonté, voire le besoin, d’aller toujours au-delà de ses limites, d’aller vraiment jusqu’à côtoyer la douleur pour réussir à pouvoir mieux l’apprivoiser. Peut-être afin de parvenir à mieux surmonter la sournoise souffrance à venir dont l’individu pourrait être la victime impuissante.

On peut même supposer que s’imposer physiquement la souffrance pourrait être une manière de s’empêcher de s’attacher à la vie terrestre de façon à rendre moins terrible son achèvement, au moment de la mort. Se priver de plaisir, se maintenir dans la douleur permet de ne pas se laisser aller à prendre goût à quelque chose dont il faudra se séparer, à savoir sa propre vie.

Chez les Sanyasi, il existe donc en eux la volonté de se tenir à une ascèse austère dans la volonté d’anesthésier leurs sens afin d’éviter toute expérience du plaisir qui créerait un attachement à la vie.

Il semblerait que, dans cette volonté, ils puissent trouver une sorte d’extase à travers l’intensité de se sentir exister. Il s’agirait de l’expression du sentiment et de la sensation de n’être réellement en vie qu’en expérimentant le vertige de la mort par l’intermédiaire de la concrétisation d’une certaine souffrance, qu’elle soit physique et/ou, d’ailleurs, mentale. Tout se passe comme si se sentir exister ne pouvait être qu’à travers la contemplation de la fragilité même de cette existence , c’est mettre à l’épreuve l’existence pour lui accorder davantage de valeur.

Toutefois, dans son livre Yoga et spiritualité2, Arnaud Desjardins met en garde contre cette tendance à vouloir trop bien faire, à espérer gagner l’Eveil par le mérite dans cette quête de perfection et de pureté absolues à laquelle on peut être mal préparé et qui alors éloigne de soi-même. En effet, pour lui, « l’Illumination se reçoit, elle ne se gagne pas. Il faut se mettre en position d’être prêt, à travers la pratique du yoga, mais il n’y a pas de logique. Ce n’est pas parce que l’on a souffert, martyrisé son corps que la récompense tombe comme un fruit mûr. »

Le rejet du corps et de ses expériences sensorielles amènerait plutôt à se décentrer, à chercher le divin en dehors de soi-même alors qu’il se trouve en dedans. Et le Yoga se propose de lever le voile de l’ignorance qui empêche l’Homme de découvrir sa véritable nature, c’est-à-dire le divin qui se trouve en lui.

Il est donc important de mettre en garde contre une compréhension trop radicale du concept de Tapas, les « austérités », mentionné dans les Yoga-Sutras. Si, dans le Kriyâ-Yoga (Livre II des Yoga-Sutra), Patanjali insiste sur la discipline, la ligne de conduite à tenir, il faut savoir interpréter cette ascèse, ces « austérités » avec discernement. Il s’agit en réalité de considérer le corps comme un temple qu’il faut respecter au moyen d’une purification intégrale : se nettoyer de toutes les couches superficielles qui nous voilent, nous colorent et nous empêchent ainsi d’être dans la transparence qui nous permettrait de prendre conscience de la Lumière qui nous habite.

Si les « austérités » entraînent de la souffrance et amènent à nous éloigner de nous-mêmes, nous nous écartons du chemin que Patanjali nous invite à suivre pour connaître la joie intense de l’état d’Union (Samadhi), cette union avec nous-mêmes, avec notre Etre profond, avec la Lumière qui brille en nous. En agissant ainsi, dans un mépris de nous-mêmes, dans une violence envers nous-mêmes, c’est comme si nous faisions en sorte d’éteindre cette Lumière qui nous illumine : nous nous enfermons alors dans l’obscurité, aveugle au fait que c’est à ce qui est le plus précieux en nous que nous portons préjudice.

Il suffit de se pencher à nouveau sur le texte (Yoga-Sutra II.35 : Ahimsâpratishthâyâm-tatsannidhau-vairatyâgah) pour lire qu’il est impératif de se préserver de toute violence, que celle-ci soit produite envers autrui ou envers soi-même. Lorsque la bonté, Ahimsâ, est profondément installée en soi, la bienveillance qui en découle favorise la paix et la réconciliation, notamment avec nous-mêmes, ce qui nous rapproche de l’Esprit subtil qui nous vit en nous.

Nous voici ainsi fermement invités à pratiquer un respect bienveillant, que ce soit envers les autres ou envers nous-mêmes, y compris, donc, envers notre propre corps. Car le corps a sa place à jouer en tant que vecteur nous reliant à notre qualité d’humain. Par là même, il nous permettrait de sublimer chaque expérience corporelle, sensorielle, intellectuelle ou émotionnelle en les recyclant en une source d’enseignement utile à notre développement plus subtil, spirituel.

« Svavishaya asamprayoge cittasya svarûpânukâra iva indriyânâm pratyâhârah », Yoga-Sutra II.54
Séparés de leurs propres objets, les sens sont sous la gouvernance de l’esprit. Voilà ce qu’est Pratyâhâra, la discipline sensorielle.

Pratyâhâra, la rétraction des sens, est une notion importante en Yoga. Cedpendant, il est important de préciser que Pratyâhâra n’est pas synonyme de négation, voire même de réjection de l’activité sensorielle. Il ne s’agit pas de s’aventurer dans une lutte acharnée contre ces sensations qui habitent en nous ; la non-violence, Ahimsa, est d’ailleurs un principe fondamental du Yoga.

Au contraire, le Yoga invite avec beaucoup de justesse à se mettre à l’écoute de ses ressentis. Alors que les refouler ne ferait que les renforcer, reconnaître et même accepter ces perceptions sensorielles permet de mieux en saisir la substance afin de mieux s’en détacher.

La pratique de Pratyâhâra consiste en fait simplement à s’abstraire de la confusion qui entraîne l’assujettissement à ces sensations et donc à dépasser le trouble dans lequel elles nous plongent.

Concrètement, on pourrait dire que Pratyâhâra est une attention au vécu sensoriel vu de l’intérieur. Ce n’est pas le froid, le chaud, la fatigue, la douceur, la soif, etc. que l’on observe, c’est plutôt ce que l’expérience de ces sensations produit en nous.

Pratyâhâra est donc à considérer comme un outil nous permettant d’accéder à une meilleure connaissance de nous-mêmes afin de parvenir, à terme, à ne plus vivre nos interactions avec le monde extérieur comme une confrontation, productrice potentielle de souffrance.

Par la rétraction sensorielle, c’est-à-dire l’observation de nos sens depuis l’intérieur de nous-mêmes, nous développons un moyen fabuleux de nous sentir incarnés. C’est remettre la vie dans ce qui est pour l’instant sa place, c’est-à-dire dans le corps. C’est rester présent à soi, plutôt que se perdre au-delà de nos propres frontières corporelles dans des territoires que nous n’avons pas le pouvoir de maîtriser.

Dans les Yoga-Sutras (I.35 : Vishayavatî vâ-pravrittirutpannâ-manasah-sthitinibandhinî), Patanjali nous dit que, grâce à une saine attention à nos organes sensoriels (Jnana Indriyas), notre mental se stabilise dans une conscience intime de notre espace intérieur. Nos sens constituent donc une voie efficace pour nours permettre d’approcher au plus près l’état de Yoga (défini par l’aphorisme I.2 comme l’arrêt total de toute fluctuation du mental : Yoga-cittavrittinirodhah).

Alors, pour mettre en œuvre cette belle invitation, à partir de l’association de chaque sens à un élément que l’on m’a enseignée au Krishnamacharya Yoga Mandiram, je vous propose de pratiquer cette méditation que j’ai créée :

Commencer par venir poser sa conscience dans l’élément terre, Prthivi. Venir sentir, au sens propre et figuré, la terre sur laquelle on repose, sentir l’odeur de la terre dans laquelle on s’enfonce, dans laquelle s’ancrent nos racines. Terre qui donne vie, terre dans laquelle la vie s’achève ; terre qui nourrit et fortifie, terre dans laquelle viennent s’enterrer les tensions, les lourdeurs, les soucis. Laisser les narines se dilater et humer le parfum d’une fleur qui, à l’inspir, s’ouvre, dévoile son cœur et s’épanouit. Puis expirer profondément, laisser chaque partie du corps s’abandonner, avec confiance, à la terre.

7751055636_9dccbe2388_zL’attention se laisse ensuite porter sur l’élément eau, Apa. Les mâchoires se décontractent, les dents se desserrent, la langue se décolle du palais, laisser la salive venir en bouche et déglutir pour mieux goûter et savourer les fruits de la détente profonde induite par le souffle. Se laisser bercer par la respiration qui agit en soi comme une vague : à l’inspir, la vitalité, l’Energie, la Source vient nous abreuver et nous nourrir ; à l’expir, la vague se retire et emporte au large les tensions physiques et mentales à la dérive.

Venir ensuite observer l’élément feu, Agni. Laisser filtrer, à travers les paupières closes, la lumière et la chaleur du feu. Visualiser une flamme, vive et ardente. Elle grandit, attisée par la force de l’inspir pour apporter dynamisme et joie de vivre ; elle rapetisse, à l’expir, et brûle, consume, calcine toutes les tensions, toutes les toxines jusqu’à les réduire à l’état de cendres. Les obstacles à la clairvoyance sont éliminés, le voile qui recouvre la vue et empêche de voir sa véritable nature est levé.

La conscience se dirige à présent vers l’élément air, Vayu. Laisser la peau être caressée par l’air qui l’entoure, ressentir sur chaque parcelle du corps la douceur de l’air, si subtile, presque imperceptible. Et venir poser une main sur la poitrine, une main sur le ventre. Laisser l’air, le souffle toucher les mains, les soulever légèrement à chaque inspir, les abaisser délicatement à chaque expir. Ressentir aussi sur la peau des narines et alentour la fraîcheur de l’air neuf qui est inspiré puis, l’air réchauffé par son séjour dans le corps qui est expiré.

Enfin, se mettre à l’écoute de la présence en soi de l’élément espace, Akasa. Venir entendre le message3 transmis par la souffrance qui réside en soi. En tirer les enseignements essentiels permettant de s’en libérer et de lever enfin le voile assourdissant de la confusion. Entendre chaque son qui émane de soi : le chant du souffle et des battements du cœur qui viennent résonner en soi à l’unisson. Etablir alors la communication avec sa propre Lumière. L’écouter au plus profond de soi. Se laisser habiter par elle. Et reposer en elle. Entrer dans la fusion. Samadhi.

« L’être connaît la perfection du yoga, le Samadhi, lorsque, par la pratique, il parvient à soustraire son mental de toute activité matérielle. Alors, une fois le mental purifié, il réalise son identité véritable et goûte la joie intérieure. En cet heureux état, il jouit, à travers des sens purifiés, d’un bonheur spirituel infini. Cette perfection atteinte, l’âme sait que rien n’est plus précieux, et ne s’écarte pas désormais de la vérité, mais y demeurera, imperturbable, même au cœur des pires difficultés. Telle est la vraie libération de toutes les souffrances nées du contact avec la matière. » Bhagavad-Gîtâ, verset 6.20-23

Ainsi, inciser son corps afin d’en extraire toute expérience sensorielle reviendrait à la fois à se préserver de la souffrance générée par la frustration et la déception et en même temps à s’abstenir de tout plaisir suspecté de créer un attachement nous renvoyant à notre insuffisance intrinsèque. En réalité, par cette anesthésie voire même par cette euthanasie des sens, l’extase mystique recherchée ne peut être qu’illusoire : s’amputer de ses sensations amène non seulement à se couper du monde mais aussi à se couper de soi-même.
Or, quoi d’autre justifierait le sens de notre existence dans ce corps qui est le nôtre si ce n’est l’expérience de toute cette palette de sensations et d’émotions qui nous sont données de vivre jusqu’à nous permettre de les transcender ?

À travers la pratique qui allie la conscience, le corps et le souffle et à travers la pratique de Pratyahara, le Yoga nous enseigne en fait à ne pas (ou plus) nous sentir esclave d’une incarnation qui serait perçue comme l’obstacle à notre élévation spirituelle. Notre condition d’être humain n’est pas destinée à nous éloigner du divin, elle est au contraire destinée à nous en rendre si proches que nous ne faisons plus qu’un.

1 On peut penser aux sacrifices et aux mutilations opérées dans certaines tribus africaines ou australes lors de rites religieux. Ou encore, par le passé, à l’auto-flagellation de certains religieux de confession chrétienne.

2 Arnaud Desjardins, Yoga et Spiritualité, l’Hindouisme et Nous, 1964

3 Le message dont il est question ici est celui donné par la souffrance et qui, une fois entendu et compris, permet d’entreprendre une démarche de transformation. C’est ce qui est évoqué dans l’aphorisme 12 du Livre II des Yoga-Sutras : Kleshamûlah-karmashayo-drishtâdrishtajanma-vedanîyah

Marie Ghillebaert

À Propos de Marie Ghillebaert

Marie a étudié la sociologie et l’ethnologie. L'humain l'intéresse. Elle étudie, pratique et transmet le Yoga avec enthousiasme. Après avoir suivi une formation Viniyoga avec Claude Maréchal, elle a été diplômée ETY et elle est à présent enseignante IFY . Au cours de plusieurs stages, elle a reçu l'enseignement de Michèle Lefèvre (Yogamrita) en Yoga et Ayurveda. Considérant qu'elle a encore tout à apprendre, elle fait de chaque voyage en Inde l'occasion de développer son expérience et sa connaissance du Yoga en suivant des enseignements de différentes traditions. Le Yoga qu'elle transmet est ainsi le fruit des diverses inspirations qui l'épanouissent dans sa pratique personnelle et qu'elle a à cœur de partager avec ses élèves à Lille et dans les Flandres



'Pratyâhâra, la place des sens dans la quête de l’Extase' have 7 comments

  1. 17 décembre 2014 @ 0 h 40 min Denis Billo

    Force est de constater que beaucoup ne s’arrêtent qu’a la vision des Yamas et Niyamas dans Patanjali et en oublient la 3ème partie la plus belle de son texte « Les Yoga Sutras ».
    Dans le 3ème livre, Patanjali nous parle vraiment de ce que peut faire vivre le Yoga à celui qui a aiguisé ses énergies et son esprit à Samyama : « la convergence ». Je pense que le message de Patanjali dans cette partie du texte surpasse de très loin tapas et les austérités qui finalement il ne retient pas vraiment lui même puisqu’il nous dit d’avoir des postures stables et agréables.
    Mais regardons un peu ce 3ème paragraphe :
    3 21. En dirigeant la même concentration sur la forme du corps, la puissance de perception d’autrui ne s’exerce plus, car le contact avec la lumière de ses yeux se trouve supprimé. Le corps devient donc invisible.
    3 22. Si on l’applique au devenir, entamé ou latent, ou aux présages, on est exactement renseigné sur l’heure de la mort,
    3 23. à l’amitié et aux autres qualités, c’est la force occulte de ces vertus qui survient;
    3 24. à la puissance de l’éléphant, par exemple, on obtient cette même puissance.
    3 25. Se fixer volontairement sur la lumière intérieure apporte la connaissance de tout ce qui est subtil, caché et lointain.
    3 26. De la parfaite concentration sur le soleil découle la connaissance de l’univers,
    3 27. de celle sur la lune, la connaissance des constellations,
    3 28. de celle sur l’étoile polaire, la connaissance des mouvements des étoiles,

    Le corps ainsi transcendé par pranayama, la clé réelle du Yoga, devient le temple dans lequel les expériences les plus subtiles peuvent alors lieu et il nous montre bien autre chose qu’une anesthésie ou une euthanasie des sens, il semble que ce soit tout l’inverse et que le Yogi si il le souhaite puisse trouver l’isolement dans le Samadhi mais aussi la fusion avec des accointances si belles que toutes ses perceptions s’en trouvent transcendées et apportent la véritable connaissance de tout…

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  2. 17 décembre 2014 @ 23 h 09 min Marie Ghillebaert

    Oui, c’est tellement juste, Denis ! Un grand merci pour la pertinence de ce complément à l’article !
    Un de mes professeurs du Krishnamacharya Yoga Mandiram avait raconté que, à la fin de l’enseignement qu’il reçut de Sri Ramamohan Brahmachari, Krishnamacharya souhaitait consacrer le reste de sa vie à méditer dans une grotte au pied du mont Kailash. Mais Sri Ramamohan Brahmachari l’en dissuada et lui conseilla plutôt d’aller dans le monde, de fonder une famille et de transmettre l’enseignement qu’il a reçu. Et comme nous le savons tous, c’est ce qu’il fit. Et heureusement ! Sans cela, à l’heure qu’il est, nous ne serions probablement même pas en train d’échanger sur ce sujet ! :-)
    Je ressens vraiment un lien avec tout cela. Selon moi, la spiritualité démarre déjà ici, déjà maintenant ; notre Esprit n’a pas besoin de quitter notre corps pour déjà s’élever. Comme vous le mentionnez si bien, le livre III des Yoga-Sutra parle très clairement des siddhis que nous obtenons par la pratique. Malheureusement, ce livre n’est pas autant étudié et commenté que le livre II, sans doute parce que ce dernier est plus « concret » et donc plus « parlant » pour la plupart. Il faut tellement de précautions pour évoquer le domaine de l’immatériel et du spirituel… Et c’est pourtant si important.
    Parfois, on rencontre des discours ésotériques un peu extrêmes, la préconisation d’une recherche de purification tellement excessive qu’elle entretient une forme de culpabilisation chez certaines personnes qui se sentent alors « polluées » par leurs propres sensations et émotions. Or, je suis convaincue que la recherche de « pureté », de « perfection », de « sainteté » ne nous amène pas à nous élever spirituellement. Le plus souvent, c’est même le contraire qui se produit. Cette recherche éperdue peut nous écarter du monde et de nous-mêmes. Et je pense que c’est le plus grand danger qui puisse exister : vivre hors de soi. D’après moi, la « pureté » dont il est question ne s’obtient pas pour elle-même. C’est ce que Patanjali nous dit lorsqu’il invite à « abandonner les fruits » : ce que nous obtenons ne nous appartient pas, il ne s’agit pas d’une fin en soi, ni même d’une récompense, cela arrive lorsque cela doit arriver, lorsque notre dévotion dans la pratique nous a rendu mûr, prêts à récolter et à être récolté. Et notre vie actuel, dans le corps que nous habitons actuellement, avec toutes les sensations et toutes les émotions que nous expérimentons fait pleinement partie de ce processus. Et c’est tellement beau lorsque l’on parvient à comprendre et à accepter cela. Tout est déjà là, nous n’avons pas besoin d’attendre de devenir « purs », « parfaits » ou « sains » pour attribuer à notre existence toute la subtilité de sa raison d’être.

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    • 18 décembre 2014 @ 0 h 40 min Billo Denis

      Je n’ai pas rencontré le Yoga à travers Krishnamacharya et je crois que si j’avais du rencontrer le yoga à travers la vision de ce monsieur je ne serais pas allé bien loin. Son orgueil était assez insupportable pour la plus part des gens qui l’on rencontré et je ne trouve rien de bien vibrant dans ce film « le souffle des Dieux » ou on ose dire qu’il fut le maître des maîtres.
      C’est surtout une méconnaissance de la transmission du Yoga à travers le tantrisme qui laisse les occidentaux croire à cela et je vous conseille de lire ce qu’en pense David Dubois dans son étude bien précise sur « l’usurpateur du Yoga » comme il le nomme dans son blog, la vache cosmique.
      J’ai rencontré que très tardivement la vision très aseptisée du Yoga de Krishnamacharya et vraiment dans mon cas il n’a jamais été une source d’inspiration, tout au contraire…
      Pourquoi parler de siddhis en relation avec le troisième livre de Patanjali, alors qu’il ne s’agit que de subtilités à partager avec nos élèves et si simples à rencontrer pour peu qu’on sache utiliser cette sublime technique de samyama et bien sur la transmettre…
      Ces perceptions subtiles et simples permettent de rencontrer la puissance de l’esprit par le fait que nous devons dépasser et oublier notre « forme humaine » afin de révéler le fait que nous sommes des êtres célestes. Ce chemin se fait par une vraie connaissance et une vraie recherche poussée dans la maitrise du pranayama, ce que peu de gens tentent dans les nouveaux styles de Yoga loin de la tradition et souvent apporté par les descendants de Krishnamacharya.

      Nous ne sommes pas un être humain vivant une expérience spirituelle, mais un être spirituel et céleste vivant une expérience humaine et le Yoga est là pour nous révéler cette réalité, il nous faut augmenter notre taux vibratoire pour accéder aux perceptions justes de la manifestation et de l’esprit.

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  3. 18 décembre 2014 @ 22 h 19 min Marie Ghillebaert

    Oui, en effet, Denis, je partage votre avis au sujet du film Le Souffle des Dieux qui tend à ériger Krishnamacharya comme celui sans qui le yoga n’existerait pas. C’est fort regrettable que pour beaucoup les origines du Yoga démarrent avec les débuts de l’enseignement de Krishnamacharya alors qu’il ne fût qu’un maillon – certes important – de la chaîne de transmission du Yoga. L’engouement qui existe autour de lui a malheureusement occulté les apports de nombreux grands maîtres restés hélas dans son ombre.
    Cependant, il faut reconnaître que c’est grâce à lui et à ses héritiers (Pattabhi Jois, B.KS. Iyengar, et son fils Desikachar) que de nombreux Occidentaux (dont je fais partie) ont pu accéder à la découverte du Yoga. Alors peut-être que cette voie d’accès au Yoga n’est pas la meilleure (je serai d’ailleurs très heureuse que vous puissiez partager votre propre expérience de découverte du Yoga), mais au moins elle a en tout cas le mérite d’avoir éveillé chez de nombreuses personnes un intérêt pour cette pratique dont la richesse est si vaste. Le premier pas est important, même si il est malhabile. Ensuite, tout reste encore à apprendre et c’est ça qui est tellement intéressant. Merci à vous, donc, pour avoir pris le temps de commenté ici. Vous m’amenez à m’interroger et à développer encore davantage ma curiosité (décidemment, je ne sais encore rien du Yoga…:-) ) et ça c’est un bel acte de générosité : donner à l’autre l’opportunité de faire mûrir ses connaissances, d’affiner sa compréhension et d’explorer ce qu’il n’aurait pu expérimenter sans cela.
    Quant à votre phrase : « Nous ne sommes pas un être humain vivant une expérience spirituelle, mais un être spirituel et céleste vivant une expérience humaine et le Yoga est là pour nous révéler cette réalité. »… C’est d’une telle justesse ! C’est exactement cela qui m’a amenée à commencer le Yoga. C’est, selon moi, grâce à cela, grâce au fait que nous sommes des êtres spirituels, que cette expérience humaine trouve sa justification : à travers la pratique du Yoga, elle doit nous servir à prendre conscience de cette spiritualité qui nous définit par essence.

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  4. 1 septembre 2015 @ 14 h 49 min Denis Billo

    Je reviens sur cette page où Arnaud Desjardins nous a laissé une idée finalement assez noire de tapas…

    Je voulais tempérer son idée que Tapas serait quelque chose de brûlant, voir même destructeur à cause des « austérités »…
    Il me semble que c’est ce qu’un occidental pourrait entrevoir de cette pratique quand il ne l’a pas pratiqué lui-même…
    On pourrait la comparer à ce que pourrait dire un amateur dans un sport qui voit un sportif de haut niveau dans ce même sport se restreindre à une discipline de fer pour accéder au meilleur de sa forme. Il est évident que cet amateur ne peut voir qu’une chose extérieur et tenter de calquer son expérience sur les actions du sportif de haut niveau en ne pouvant accéder au plaisir et à la compréhension des actions que peut vivre ce sportif.

    Car si il y a tapas, cela doit se passer dans un plaisir profond et non dans une mortification douloureuse…
    Le moment de Tapas est souvent un moment qui dur quelques temps, parfois quelques mois…
    Le pratiquant est pris dans le plaisir des énergies qui se manifestent et lui confèrent des possibilités de compréhension, de perception hors du commun des mortels, en lui une immense saveur apparaît qui transcende sa condition humaine.
    Tapas n’a donc rien de destructeur, tout au contraire !

    Le Samkhya nous propose cette vision à la strophe 50 :
    •:• KÂRIKÂ 50
    Des neuf sortes de satisfactions:
    -quatre concernent la satisfaction du milieu mental (esprit). Ce sont celles de Prakrti, des objets de culte, du temps, du destin.
    -cinq concernent les satisfactions provenant du renoncement aux objets extérieurs (relatifs aux expériences sensorielles).

    Bien sur pour nous les satisfactions provenant du renoncement aux objets extérieurs risquent de devenir très rapidement des frustrations car nous sommes soumis à cette pensée que nous valons bien le fait de tout avoir, tout connaitre et que les secrets ne devraient plus exister, mais force est de constater que les secrets deviennent de plus en plus secrets, cachés…

    NB Marie Ghillebaert, si vous voulez en savoir plus sur moi vous pouvez lire ma page de présentation ici :
    http://www.yoga-darshan.com/parcours_denis_billo.php

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    • 1 septembre 2015 @ 23 h 07 min Marie

      Bonsoir Denis,

      Je pense en effet que, dans l’imaginaire occidental, le terme « austérité » est effectivement connoté négativement. Pour tout vous dire, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle je n’aime pas trop ce choix de traduction française pour « Tapas ». Et c’est pour cette même raison que je prends des pincettes (matérialisées par les guillemets dans le texte) lorsque j’emploie le mot « austérité »… C’est ce que je précise d’ailleurs : « Il est donc important de mettre en garde contre une compréhension trop radicale du concept de Tapas, les « austérités », mentionné dans les Yoga-Sutras. »
      Comme vous le soulignez avec justesse : « si il y a tapas, cela doit se passer dans un plaisir profond et non dans une mortification douloureuse… »
      Or, la plupart du temps, la plupart des gens a tendance à classer les choses de façon catégorique (bien-mal, blanc-noir, chaud-froid, plaisir-souffrance, etc.). Mais ce n’est pas à vous que je vais enseigner la non-dualité, n’est-ce pas ? 😉 En revanche, la compréhension et l’intégration de cette notion de non-dualité ainsi que du sens de la nuance est sans doute l’enseignement dont le monde a le plus besoin. Un monde qui ne se lasse pas de ses propres contradictions en se laissant détruire par son enivrement dans des plaisirs artificiels (que je ne me permettrai pas de citer ici, chacun y reconnaîtra ce qu’il veut bien y reconnaître…), tandis qu’il repousse avec véhémence la discipline qui lui semble faire entrave à sa liberté et à son plaisir, alors que c’est justement le contraire. Tapas, cette discipline dont il est question dans le Yoga n’est en aucun cas un carcan de barbelés qui mutile du plaisir de vivre. Il s’agit au contraire d’un escalier (qu’il faut certes prendre la peine de monter) vers la Félicité et la Libération. Ca vaut tout de même nettement plus la peine que le petit plaisir et la prétendue liberté qui ne sont rien d’autre qu’illusoires !
      Je crois tout comme vous, Denis, que « Tapas n’a rien de destructeur, tout au contraire ! ». Selon moi, Tapas, lorsqu’il est compris et pratiqué avec discernement, et non pas interprété comme une ascèse sacrificielle qui finalement aurait pour seule conséquence l’hypertrophie d’un ego livré au défi envers la vie et la mort comme ce à quoi semblent parfois s’adonner certains pratiquants pour se donner l’illusion d’être plus puissants que le Tout-Puissant…
      Non, selon moi, loin d’être destructeur, Tapas est plutôt constructeur ou reconstructeur (selon le cheminement de celui qui en entame la pratique).
      Ce qui me semblait surtout important dans cet article c’était de nuancer la compréhension parfois extrémiste de Tapas que l’on trouve chez certain(e)s (dont je vous avouerai avoir fait partie). Il arrive parfois que, par excès de volonté et par souci de bien faire, de trop faire et de trop bien faire, on peut adopter un comportement autodestructeur en pensant ainsi se rendre « méritant » et digne de l’élévation spirituelle. (J’ai d’ailleurs développer ce sujet dans l’article suivant : http://www.yoganova.fr/vivez-et-mangez-ceci-est-votre-corps-livre-pour-vous/).
      Tout cela est bien dommage parce que cette connotation douloureuse et pénible de Tapas peut alors être dissuasive pour d’autres qui, à juste titre, ne souhaitent pas en arriver là. Car Tapas n’est ni une punition, ni même une expiation. C’est plutôt une évolution, une ascension, peut-être même une voie d’assomption.
      Quant au feu de Tapas, il ne s’agit pas de nous jeter tout entier dans son bûcher (ce qui reviendrait à une destruction, avortant alors notre avancée sur le chemin spirituel) ; ce feu, il s’agit plutôt de nous y éclairer, nous y chauffer et nous y cuire comme un pain doré à la Lumière du Soleil afin de nous rendre de plus en plus prêts pour le grand festin de notre épiphanie. :)

      Je vous remercie, Denis, de donner de votre temps pour ces échanges si enrichissants.

      PS : Je suis déjà allée consulter votre parcours depuis vos premiers commentaires ici, Denis. Je ne pouvais tout de même pas me contenter de ces commentaires de qualité sans aller explorer par moi-même l’identité de leur auteur… 😉

      Répondre

  5. 24 janvier 2019 @ 15 h 00 min Alin

    Merci pour ce bel article, j’ai continué mes recherches et ai trouvé quelques exercices pratiques pour Pratyahara, ainsi que la référence du livre de Frawley. Connaissez-vous cet auteur ?

    https://yogasatya.fr/2019/01/17/pratyahara-preparation-a-la-meditation/

    Merci !

    Répondre


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Attention ! Le yoga n’est pas sans risque

25 novembre 201625 novembre 2016
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Ouvrez vos chakras et ayez conscience de vos limites.

C'est l'une des études les plus conséquentes disponibles à ce jour sur la pratique du yogae t les blessures qui peuvent en résulter. Menée par deux chercheurs en traumatologie et épidémiologie de l'université d'Alabama de Birmingham, il en ressort que le yoga n'est évidemment pas le sport le plus traumatogène du répertoire, mais qu'il n'est pas pour autant dénué de risques. Et que les yogistes ayant dépassé les 65 ans doivent redoubler de prudence, car ce sont eux les plus vulnérables aux entorses, élongations et autres fractures. Le travail de Thomas A. Swain et Gerald McGwin, rassemblant quatorze ans de données récoltées aux États-Unis, montre aussi que le yoga a gagné en popularité sur la période, et que la fréquence des blessures s'en ressent. En moyenne, elle était de 10 pour 100.000 participants en 2001 et grimpe à 17 pour 100.000 en 2014. Après 65 ans, cette incidence –58 pour 100.000– est bien plus élevée, avec trois fois plus de fractures que pour les autres classes d'âge. Pour les individus âgés de 45 à 64 ans, elle est de 18 pour 100.000 et de 12 pour 100.000 pour ceux de 18 à 44 ans.
«Les blessures liées au yoga sont relativement rares, explique Swain, et comme on aurait s'en douter, l'incidence a tendance à monter avec l'âge du participant. Nous avons aussi observé que le taux de blessures augmente sur la période, ce qui pourrait traduire une plus grande popularité du yoga, avec davantage de personnes inexpérimentées qui ne prennent pas les précautions d'usage pour éviter les problèmes.»
Swain recommande de «consulter son médecin avant de débuter le yoga, d'être prudent et de connaître ses limites personnelles». Des limites que bon nombre de pratiquants débutants sont à même d'ignorer car «le yoga est bien plus difficile et exigeant qu'on le pense», précise McGwin. Au total, ce sont 29.590 blessures que les chercheurs ont répertoriées. Près de la moitié (45%) sont des entorses et le haut du corps est visiblement la zone la plus fragile.

Du yoga au travail….

21 septembre 201621 septembre 2016
yoga au bureauVous pouvez aller travailler ! » La séance d'une heure est terminée. Paula Taylor, professeur de yoga du réseau de coachs sportifs Fizix, libère ses douze élèves. Du chef sommelier à la femme de ménage, les 550 salariés du Bristol peuvent participer gratuitement à ce cours. Organisé dans une petite salle climatisée réservée aux employés, il coûte entre 80 € et 120 € au Comité d'Entreprise du palace. « Le point fort, c'est qu'il y a une homogénéité des groupes et ça crée une dynamique », se félicite son secrétaire adjoint Damien Largeau.   Collé serré   « On peut rencontrer des collègues d'autres services », renchérit Lucie Demai, hôtesse d'accueil. Allongé à sa gauche sur un tapis, Tony Le Douigou, dont elle n'a jamais été aussi proche, en est à son deuxième cours. « C'est plus apaisant que d'aller courir, observe le demi-chef de rang. Idéal pour se détendre avant de commencer le travail, de 16 heures à minuit ».   Debout depuis 7 heures du matin, le directeur d'achats Thomas Trucheret est en nage à la fin du cours, mais il savoure cette coupure en milieu d'après-midi : « J'aborde sereinement la deuxième partie de journée, sur le plan profesionnel et à la maison avec mes trois enfants ». Et de conclure, sourire en coin : « Le stress retombe. C'est parfait  : avec notre clientèle exigeante, il faut être très réactifs. » Voir l'article

Musculation et yoga, nouvelle mode made in US

23 août 201623 août 2016
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De nombreux hommes adeptes de musculation délaissent les poids et haltères pour des matelas de yoga, prenant le pas de l'intérêt grandissant pour une variante plus virile du yoga traditionnel, le «broga».

Le yoga, activité vieille de plusieurs millénaires, était autrefois pratiqué exclusivement par des hommes. L'activité physique «mâle» de l'ère moderne est aujourd'hui tout autre. «Le yoga se résume à bien plus qu'à des femmes qui se contorsionnent tels des bretzels végans», a lancé l'entrepreneur qui a fondé les cours de Jock Yoga, Michael DeCorte. Le centre d'entraînement Equinox de Toronto offre ces séances d'entraînement qui unissent les salutations au soleil à la musculation. De plus en plus de professeurs de yoga tentent d'attirer davantage d'hommes dans leurs classes en proposant des exercices qui misent sur la force plutôt que la flexibilité. Les adeptes de yoga sont constitués à 70% par des femmes, selon une étude de l'institut Ipsos publiée en 2016. M. DeCorte estime malgré tout que 50 à 85% des sportifs qui assistent à ses ateliers de Jock Yoga sont des hommes. D'autres centres de type «broga» essaiment un peu partout au pays. Jo-ga, à Halifax, Yoguy, à Vancouver, et le studio montréalais Mudraforce - où l'activité se pratique en toute nudité- ont notamment vu le jour. Une compagnie basée au Massachusetts, Broga yoga, détient un brevet sur l'emploi du mot-valise. L'entreprise se vante d'avoir plus de 12 000 clients et 500 professeurs à travers le monde, notamment par ses cours offerts par le biais de vidéo en ligne. Selon l'instigateur du «broga», Robert Sidoti, nombre d'hommes sont attirés par les bienfaits du yoga, mais craignent d'avoir un air efféminé en prenant la position du lotus.
En lire plus ...

Le dalai lama juge qu’il y a trop de réfugiés en Europe

31 mai 201631 mai 2016
Dalai lama trouve qu'il y a trop de réfugiés en EuropeLe dalaï-lama a estimé qu'il y avait à présent "trop" de réfugiés en Europe après la vague d'arrivée l'an dernier et que ces migrants cherchant protection ne devaient rester que provisoirement sur place, dans une interview publiée aujourd'hui en Allemagne. "Quand nous regardons le visage de chaque réfugié, surtout ceux des enfants et des femmes, nous ressentons leur souffrance et un être humain qui a de meilleures conditions de vie a la responsabilité de les aider. Mais d'un autre côté, il y en a trop à présent" en Europe, a déclaré le chef spirituel des Tibétains au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. "L'Europe, l'Allemagne en particulier, ne peut devenir un pays arabe, l'Allemagne est l'Allemagne", a-t-il ajouté, en référence au fait qu'une majorité des migrants vient de pays arabes comme la Syrie ou l'Irak. "Il y en a tant que cela devient difficile sur le plan pratique. Et sur le plan moral, je trouve aussi que ces réfugiés ne devraient être accueillis que provisoirement. L'objectif devrait être qu'ils retournent (dans leur pays) et aident à reconstruire leur pays", a estimé le dalaï-lama, qui vit lui-même en exil en Inde depuis plus de 50 ans. L'Allemagne a accueilli l'an dernier un nombre record d'un million de réfugiés. Source Le Figaro

Tendance: le yoga en moumoute et chaussures de ski…

6 avril 20166 avril 2016
ski_yoga_poseLe murmure du torrent et le chant des oiseaux dans les bouleaux apaisent déjà. Dans le décor vivant du Plan de l’Eau, aux Menuires, se déroule la randonnée «yoga et raquettes», encadrée par Brigitte Ruff, accompagnatrice en montagne, et Anita Thevenot, masseuse ayurvédique. Après une première marche dans la poudreuse, telle une page blanche, une première pause est consacrée à des exercices d’étirement. Le groupe, limité à douze personnes maximum, forme un petit cercle. Raquettes aux pieds, on tend et on étire ses bras vers le ciel. Profonde inspiration, puis on relâche totalement son buste et ses membres supérieurs jusqu’à frôler la neige. Pendant une quinzaine de minutes, Anita aide chacun à prendre conscience de son corps. «La montagne, avec son paysage somptueux et son air pur, offre un cadre idéal pour pratiquer le yoga pranayama, qui met l’accent sur la respiration», précise-t-elle. On repart ensuite plus détendu, attentif aux empreintes d’animaux et au silence, seulement rompu par le bruit feutré des raquettes. Plus loin, c’est la posture de la salutation au soleil. Un long et ressourçant déroulement du corps, pratiqué plusieurs fois, après avoir déchaussé et s’être installé sur un petit tapis de yoga, prêté par Anita. Les deux autres pauses zen sont consacrées à des exercices respiratoires et à de la méditation, assis en tailleur. Lancées l’an dernier au départ de la station de Val Thorens, ces randonnées bien-être hebdomadaires, de trois heures, affichent complet. Les clients? Souvent des femmes, n’ayant jamais pratiqué le yoga ou même les raquettes, mais curieuses de découvrir cette balade hybride. Morzine mise aussi sur l’engouement autour du yoga. Probablement inspirée par la station suisse d’Engadin St. Moritz qui lançait en 2014 la première piste de yoga du monde, Morzine propose cet hiver la piste des yogis, un itinéraire bleu de 2400 mètres jalonné de dix emplacements pour pratiquer des postures relaxantes, sans forcément ôter ses skis. Enfin, sous le nom de marche afghane, évocateur de montagne loitaine, la station de Samoëns invite à une sortie en raquettes accompagnée par un professionnel. Durant cette randonnée, le travail constant sur la respiration facilite la gestion de l’effort en altitude et relaxe. Les activités bien-être en montagne ne se résument plus à des papouilles et des bains bouillonnants dans des centres aqualudiques mais tirent parti, enfin, d’un environnement unique. Voir l'article sur le site de Libération

Le paradoxe Vegan de la femme branchée.

2 novembre 20152 novembre 2015
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Assez régulièrement ( et de plus en plus ) je vois des gens arriver à un mode de vie vegan ( ce qui en soit est plutôt bien ) mais ce que je trouve étrange c’est souvent le paradoxe éthique assez flagrant et parfois cliché.
Pour commencer, beaucoup des végan avec qui j’ai les échanges les plus houleux sont souvent des filles, entre 20 et 30 ans, « converties » depuis assez peu de temps.
Autant je crois sincèrement aux bienfondés de ce mode de vie lorsqu’il est choisi et pensé de bout en bout, autant je suis souvent confronté à des situations de fort malaise lors de nombreux échanges.
Cela se manifeste par plusieurs choses récurrentes : le prosélytisme, la suffisance et l’incohérence.
Je vais dresser un portrait caricatural pour essayer de bien faire comprendre ça … ( pour ce faire je ne vais que juxtaposer des éléments issus de posts ayant défilé sur mon fil d’actualité perso )
Faisant la queue pour avoir son café-pumpkin starbuck, elle attend en faisant un petit selfie marrant pour montrer son nouveau bonnet en coton bio.
Elle poste ça en ligne avec son nouvel iphone.
Un peu plus tard elle rentre chez elle, se fait un petit smoothie banane, mangue et lait de coco, le tout dans un super blender trouvé sur amazon.
Un petit tour sur son compte instagram nous fera découvrir sa garde robe pour constater que toutes les fringues sont bio. Comme tout est bio, le label "équitable" est apposé sur son chocolat, son café et ses épices.
Plus tard, un passage sur son compte facebook nous montrera de nombreux partages militant où on voit combien l'industrie agro-alimentaire est trash (les vidéos le montrent très bien assurément … (ne pas aller sur une page d'une végan à l'heure du repas !).
On la verra également se réjouir de la fermeture d'un abattoir, voyant le signe d'un réel progrès pour "la cause".
Elle prend soin d'elle, les statistiques publiées sur ses joggings grâce à l'application embarquée dans ses nike en sont la preuve ! Et après une bonne douche avec un savon Lush elle sent super bon le fruit de la passion.
Et ce soir après cette belle journée elle se fait un petit plaisir : un steak végétal. Tellement bien fait qu'on dirait trop de la viande (mais sans la souffrance animale) ! Un petit bout de "Faux-mage" à base de noix de cajou et un avocat. Et en dessert un petit bout de chocolat équitable.
Elle a le sourire en préparant ses vacances en Thaïlande en achetant sont billet en ligne sur son macbook, avec son chat sphinx qui ronronne sur ses genoux et peux enfin aller se coucher, en paix avec elle-même et ses convictions … aujourd'hui encore, elle n'a été la cause d'aucune souffrance animale.
Et là je vous vois venir avec un "Heuuu mais Samten, il est où le problème, je ne vois pas trop où tu veux en venir … elle a l'air plutôt cool la nana là … non ?"
Oui oui elle est cool ! Et c'est vraiment chouette que par son véganisme elle se sente impliquée dans la cause animale, le progrès et l'évolution de l'humanité à des hautes sphères de conscience et d'empathie !
MAIS … Et hélas c'est là que le bât blesse…
Son café est issu de la souffrance des hommes, d'une production qui détruit l'environnement dans lequel il est produit et contribue au déséquilibre nord-sud où la domination occidentale est vécue de plein fouet par les producteurs-esclaves.
Son téléphone est issu d'une production où les métaux rares sont également issus de productions où les hommes sont traités en esclaves dans des mines aux conditions abominables. En plus l'obsolescence perçue fait qu'elle changera de téléphone alors même que ce dernier sera encore tout à fait fonctionnel.
Elle se réjouit de la fermeture d’un abattoir sans réaliser que le nombre d’animaux abattus restera inchangé ... le seul changement sera que ces pauvres bêtes devront parcourir encore plus de distance dans le transport final ... l’élément souvent le plus traumatisant pour l’animal (mais aussi pour l’éleveur qui respecte ses animaux).
La banane de son smoothie provient d'équateur, issue d'une terra-formation imposée par les États-Unis pour que ces pays ne viennent pas concurrencer la production de maïs OGM. La mangue provient d'Inde et a peut-être véhiculé des parasites qui détruisent nos vergers. L'avocat provient d'Israël et le lait de coco de Thaïlande, finançant les deux des régimes politiques discutables. Les transport “bio” n’existe pas ... les bateaux délestent en pleine mer, les camions brulent du gasoil et dans les deux cas il y a un paquet de dommages collatéraux. Ben oui, combien de dauphins pris dans les pales des bateaux, de biches , d’oiseaux, de hérissons percutées, écrasés pour que nos fruits exotiques arrivent à bon port ?
Son blender vient de chine, assemblé dans une usine où les gens sont traités comme de la marchandise et payés une misère et acheté sur un site qui bafoue le droit du travail à longueur de temps.
Ses habits, comme sa nourriture, ont parcouru des milliers de kilomètres pour être parfois produit avec des produits chimiques (malgré les labels bios affichés) et cousu par des enfants, au même titre que ses nikes.
Sa fausse viande et son faux fromage sont issus de productions industrielle et chimique pas forcément très saine et de loin pas locale
Son chat provient d'un élevage de croisements génétiques et nourrit avec des boites industrielles (et là autre paradoxe : doit-on imposer le véganisme aux animaux … ah ben non ce serait aller à l'encontre de leur nature, dans ce cas là c'est pas pareil)
Son billet d'avion compensera le bilan carbone de son véganisme.
A côté de ça j'essaie d'imaginer une personne qui consommera bio, local, de saison avec, certes de la viande de temps en temps (mais qui vient d'un paysan qui connaît toutes ses bêtes) qui portera ses fringues jusqu'à l'usure, n'aura que le strict nécessaire chez lui, pas de robots ménagers dans tous les sens, pas d'ordi, pas de fruits exotiques … et qui pourtant sera la "cible" des végans en raison de son manque de conscience et de sensibilité… et là je me dit qu'il y a un soucis dans la manière qu'ont les végans de mener leur "combat" …
Je me dois de rajouter un GROS P.S. à ce texte : je ne me considère absolument pas comme étant moi-même éthiquement irréprochable, loin de là ! J'essaie de faire au mieux ma part en restant un maximum cohérent entre mes convictions et mes capacités de consommation. Mais par contre l'issue de mes réflexions, de mes pensées, mes idées, je les PARTAGE. J'espère que parfois ma vision des choses en convainc certain mais je considère toujours que les choix éthique sont personnels et que nous ne pourrons jamais être irréprochables sans devenir extrêmes et sans s'extraire totalement du système, ce qui n'est pas ma volonté, au contraire, j'espère pouvoir être le témoin d'évolutions du système dans "mon" sens quitte à devoir faire des compromis, mais que je choisis.
EDIT : suite à l’engouement et aux nombreux comm qu’a suscité cet article aux différents endroits où il a été partagé et comme ça a dépassé le cercle des gens qui me connaissent, je me dois de me présenter pour permettre de contextualiser éventuellement cet article. Pour commencer je dois moi-même faire face à de nombreux paradoxes de consommation lié à mon choix de travail : étant photographe j’ai en effet beaucoup de matériel technologique ( ordinateurs, tablette, appareils photos ... ) qui ont un cout éthique important. Je n’ai pour le moment pas trouvé de solution pour ce pan là. J’ai passé plusieurs période de ma vie à appliquer un régime végétarien et un mode de vie assez proche des principes végétaliens sous pas mal d’aspects. Je me considère comme étant assez impliqué dans les domaines de la réflexion sur nos modes de vies, nos interactions avec l’environnement. J’ai un très grand intérêt pour la permaculture, les productions équitables ( je ne parle pas des labels qui spolient le terme ). Suite à de nombreuses réflexions j’en suis venu à avoir un mode de vie où les choix alimentaires et de consommation générale sont souvent mis dans la balance du pour et du contre au moment de l’acte d’achat. J’ai également un régime alimentaire qui est aussi très “fashion” car j’ai une alimentation principalement axée sur les principes du Dr Seignalet, à savoir sans gluten, sans produits laitiers, sans sucres raffinés ( mais je n’en fais pas un dogme, je m’accorde des exceptions si je n’ai pas le choix ou même si simplement j’en ai envie), je suis venu à ce régime il y a plus de 7 ans pour des raisons de santé et il m’a apporté beaucoup de choses ( j’en discute volontiers avec ceux qui s’y intéressent ). D’autres principes alimentaires font également parti de mes convictions, principalement le fait de consommer local, de saison et bio ( et dans ma région ça veux dire qu’il faut aimer le choux et les poireaux ). Je porte avec moi un assez lourd bilan carbone car j’ai beaucoup voyagé, mais ces voyages m’ont permit en contre partie d’apprendre énormément de choses sur l’humain, la nature, les interactions entre les deux, mais surtout pour réaliser qu’il n’existe pas de valeurs “universelles” ... partout les gens ont des convictions qu’ils sont parfois prêt à défendre avec armes et sang ! J’ai aussi vu qu’il y a un réel angélisme de la part des gens qui vivent leur conviction depuis le fond de leur canapé ikéa ... car à travers le monde j’ai été témoin de la violence , partout sous un nombre inimaginable de formes ! Les seuls moments où j’ai eu la sensation de m’en extraire on été ceux où j’ai été seul face à la nature, loin du fait des Hommes ! J’ai vu plus d’amour et de respect chez une productrice de bœuf bio en France qu’envers des vaches “sacrées” au Népal. J’ai recommencé à manger de la viande en voyage, lorsque j’ai été reçu par des gens qui n’avaient rien d’autre à me proposer et qu’il aurait été plus que déplacé de dénigrer ce geste pour mon petit confort intellectuel. Et puis j’ai appris à reconnaitre qu’il y a de réelles différences entre les modes de production et que cela impact directement nos valeurs et notre environnement, j’y suis de plus en plus attentif et rencontre des gens merveilleux depuis. Comme je l’ai dit à de nombreuses reprises, je trouve merveilleux que de plus en plus de gens s’intéressent aux modes alimentaires “alternatifs” ( qu’ils soient végan, végétariens, sans gluten, bio ... ) car ça montre que les gens ne prennent plus tout pour argent comptant. Mais je prône également la coexistence et l’évolution douce. C’est souvent en ça que mes avis divergent avec les militants ( végan ou autre) sur les manières d’agir : Les études en neuroscience montrent que face à une démonstration de la violence (vidéo d’un abattoir par exemple), le cerveau d’une personne non préparée, vivra ça comme une agression ... mais au lieu d’obtenir un électrochoc contre le système, le trauma sera dirigé contre la personne qui lui aura fait vivre ce trauma... avec un effet inverse à celui désiré... mais je m’égare à parler de ça.
Bref, je tente juste de faire avec les outils à ma disposition pour rester le plus cohérent possible entre mes choix, mes croyances, mes moyens et mes aspirations. Jonglant moi-même avec certains paradoxes.
EDIT 2 :
Je n’ai hélas rien inventé pour créer ce personnage fictif ! juste pris quelques éléments sur différents posts de mes contacts ... j’ai même été assez soft pour qu’on ne pense pas que j’exagère le trait ! Et pour celles et ceux qui me font la critique d’avoir choisi une femme plutôt qu’un homme c’est pour la même raison ( qui n’est pas lié à une réalité statistique et objective ) : je n’ai pas eu autant d’occasion de voir ce type de posts et de profils dans mon fil d’actualité.