la déesse Kali

Qui est Kali ?

Profitons de ce temps propice de la Navaratri (ce printemps, la navaratri est du 8 au 17 avril, pour plus dinformation sur la Navaratri, consultez mon article sur la question) pour explorer un peu ce symbole mystérieux et fascinant du tantrisme indien, la Déesse Mère Kali.

Introduction au symbolisme de la tradition indienne:

Le panthéon indien regorge d’une grande variété de figures mythologiques aussi bien masculines que féminines. Quand on explore la vaste littérature mythologique indienne, on peut parfois rester un peu perplexe tant est grande l’abondance de ces figures divines, une myriade de Dieux et de Déesses, dont la prédominance dans le panthéon hindou évolue avec le temps. Ils ont des rôles symboliques parfois extrêmement complexes et interagissent les uns avec les autres afin de créer et de dissoudre le Monde, de mettre en balance les forces cosmiques.

Pour comprendre une peu mieux cette diversité et plus précisément, ce qui nous intéresse pour cet article, le symbolisme de Kali, il est bon de poser quelques repères. Dans la philosophie tantrique indienne, la compréhension de base de la polarité masculin-féminin est la suivante: le masculin, Shiva, est associé au pôle de lunité, de la pure conscience, la fonction de témoin qui observe le monde sans être affecté par quoique ce soit, complètement transcendant. Comme l’est Shiva, sur le Mont Kailash, qui médite pour des milliers dannées sans que rien ne puisse le distraire. Quant au féminin, Shakti, elle est associée au pôle de lénergie, de la manifestation, de la multiplicité, de limmanence. Elle est le monde et tous ses phénomènes. Dans notre expérience de perception du monde, tout ce qui est manifesté aussi bien au niveau physique quaux niveaux plus subtils (énergies, émotions, pensées), tout phénomène est féminin, tout phénomène se manifeste au sein ou en face de la conscience, du témoin universel, le masculin.

Pour appréhender la beauté et la richesse de cette interaction symbolique, il nous faut esquisser la nature essentiellement dynamique de ces symboles. Les symboles sont des réalités vivantes avec pour fonction principale de créer l’union, de nous réunir avec la Conscience Universelle. Ils ne sont pas des catégories fixes et immuables, rigidifiées et objets morts dans la collection de notre grenier mental. Ils agissent plutôt en interaction les uns avec les autres, ils peuvent même parfois changer totalement de rôle quand ils sont mis en scène dans une narration mythologique. Par exemple, dans les enseignements sous forme de dialogue, c’est parfois Shiva qui enseigne Shakti, parfois les rôles s’inversent. Ces deux pôles masculin et féminin, par leur interaction, génèrent donc une friction, un mouvement, une danse et un jeu infini de réflexion, Shiva se contemple dans le miroir de la manifestation quest Shakti. Shiva sans Shakti est shava, un corps mort et Shakti sans Shiva est chaos, une indétermination, un amas d’atomes sans formes. Ils se doivent dinteragir, c’est le jeu infini et sans cesse répété de la création.

Le Yantra de Kali

Le Yantra de Kali

Dans la figure du cercle, on associe le centre à Shiva et la surface à Shakti, du centre tout émane et en lui tout se résorbe, les deux interagissent infiniment pour que se maintienne le cercle. Dans la musique, on peut comparé les silences à Shiva et les notes à Shakti, linteraction des deux crée la base des mélodies. Shakti du fait de sa multiplicité fonctionne essentiellement en cycles, le cycle des saisons, le cycle du jour et de la nuit, les couleurs, les notes,…

Dans ce jeu de polarité entre le féminin et le masculin, on va souvent trouver des formes qui suggèrent lintégration synthétiques des deux pôles en une forme finale qui possède les qualités des deux, de la dualité on va vers le non-duel. Par exemple, dans la contemplation des différents aspects de Shiva, on peut considérer, le Shiva Nataraja ou le Shiva dansant comme la synthèse de Shiva et de Shakti. Shiva a alors totalement intégré la manifestation (Shakti) et danse le jeu de la réalité, de sa danse les univers émanent et se résorbent. On va trouver ces formes de synthèses aussi dans des figures féminines comme Kali. Maha Kali est considérée comme la forme ultime de Kali, elle est alors identifiée à lultime réalité qui est nommée dans la terminologie védique: Brahman’, ou ‘Parabrahman’ ne pas confondre avec Brahma qui est un des aspects de la triade hindoue: Brahma, Vishnu et Shiva. Brahma représentant la création).

Mythes et représentations de Kali:

Un des mythes prédominants de l’Hindouisme où lon retrouve cette figure de la Déesse Kali est le mythe lié à la symbolique de la Navaratri. Durga, pour combattre le démon Raktabija, va l’attaquer avec de multiples armes mais elle va se rendre compte que, des blessures infligées au démon, coule du sang et quà chaque goutte de sang qui touche la terre, le démon se duplique. Durga dans sa quête de purification va alors prendre la forme féroce de Kali et afin dempêcher le démon de se dupliquer infiniment, elle va boire toutes les goutes de sangs avant quelles ne touchent le sol et finalement même vider le démon complètement de son sang. Un petit arrière-goût de nos vampires de Transylvanie peut-être, à lexception quici, Kali nous sauve de la destruction en tuant le démon, symbole de nos tendances négatives et destructrices.

Kali sur le corps de ShivaLes représentations formelles de Kali varient en fonction des régions, des récits mythologiques ainsi que des qualités qui lui sont attribuées. Les caractéristiques communément présentes dans de nombreuses représentations peintes ou sculptées, sont les suivantes: elle se tient souvent debout sur le corps de Shiva couché, elle a le corps noir ou bleu foncé comme la nuit, d’où semble provenir létymologie de son nom Kal qui veut dire noir. Kal peut signifier aussi le temps selon certains interprètes, la force du temps. Elle a la bouche ouverte et tire la langue. Elle porte souvent un collier de têtes coupées et tient une épée, tous deux symboles de son expertise à couper notre tête, symbole de notre ego, couper au travers des noeuds de notre fausse identité et à nous libérer des attachements mondains qui nous empêchent d’évoluer. Souvent elle fait avec une de ses mains un geste symbolique pour nous défaire de nos peurs.

On peut retenir deux formes principales, une forme à quatre bras et une forme à dix bras et dix têtes. La deuxième est généralement attribuée à Maha Kali, la forme la plus aboutie de Kali, sa synthèse finale. Kali est souvent associée aux lieux de crémations pour nous rappeler que la naissance est intrinsèquement liée avec la mort, elle nous invite donc à une renaissance spirituelle, après la crémation plus rien ne reste, tous les désirs mondains sont réduits en cendres.

Kali et Ramakrishna:

En Inde, d’un point de vue géographique, on va retrouver des différences régionales en ce qui concerne la prédominance des différentes figures féminines. Kali est prédominante principalement au Bengale, dans l’état d’ Assam et dans le sud est de l’Inde. Au Bengale, on retrouve 2 figures prééminentes au sein de ses principaux et plus connus dévots: Ramprasad au 18 ème siècle et Ramakrishna (https://en.wikipedia.org/wiki/Ramakrishna). Ramakrishna est considéré comme un des plus grands Yogis du 19 ème siècle, il était connu pour sa grande vénération pour la déesse Kali. Dés son plus jeune âge, il s est dévoué corps et âme au culte de Kali, cest avec elle quil a atteint ses premiers états déveil au cours de son adolescence. Il en parle dans ces termes:

Ramakrishna en présence de Kali

Ma mère est le principe de conscience. Elle est Akhanda Satchidananda; indivisible Réalité, Conscience et Béatitude. La ciel de la nuit entre les étoiles est parfaitement noire, les eaux des océans sont toujours mystérieusement foncées. Cette noirceur enivrante est mon aimée Kali.

Kali représentait sa mère, sa fille, sa soeur, son aimée. Il la voyait partout et elle le guidait dans les tumultes de son parcours spirituel. Après ces premières expériences spirituelles avec le culte de Kali, il s’est ensuite dévouer à une exploration assidue de toutes les pratiques spirituelles qui étaient accessible à sa portée, aussi de la tradition du Védanta que des Tantras, mais aussi des différentes religions établies, comme le christianisme et lIslam.

La conclusion de sa fascinante exploration mystique est que Dieu est Un, mais multiples sont les chemins qui y mènent, chaque chemin ayant une saveur qui lui est propre. Il est devenu une figure prédominante du respect inter-religieux, à travers sa propre influence et linfluence de ses nombreux disciples dont le plus connu Swami Vivekananda The Great qui voyagea aussi en Occident pour partager son message universel.

Manu Akshobia

La deuxième partie du texte sera publié la semaine prochaine. 

Quelque chose à ajouter ? Dites le dans les commentaires.

Manu Akshobhia

À Propos de Manu Akshobhia

belge d’origine, diplômé et agrégé en philosophie à l’ULB. Depuis 2003, il enseigne des programmes intensifs de yoga et des retraites de méditation en Asie, Europe et Canada. Formé dans le style d’Agama et Hridaya yoga, il y a découvert une passion pour le Sivaïsme du Kashmir. Depuis 2006, il pratique le tantrisme de la main droite sous la guidance de Rajkumar Baswar, maitre indien. Il est également impliqué dans le mouvement ‘Awaken Love’ et le chemin du coeur avec Prem Baba.



'Qui est Kali ?' have 7 comments

  1. 15 avril 2016 @ 18 h 06 min Nagesh

    Un Sorcier-yogi Aghori il y a quelques années sur son blog avait donné les résultats fascinants lorsqu’on choisit une de ces déesses tantriques dont Kali fait partie comme Ishta ou divinité d’élection. Bonne nouvelle, j’ai copié une partie de son blog disparu, en fait le principal. J’en ai tiré des idées très profitables.. mais chut.

    Répondre

    • Yoganova

      16 avril 2016 @ 7 h 13 min Yoganova

      N’hésitez pas à partager si vous avez des documents intéressants naguesh.

      Répondre

      • 16 avril 2016 @ 10 h 51 min Nagesh

        Bonjour Yoganova,

        Les expériences de ce sorcier-yogi ne m’appartiennent pas et il m’appartient encore moins de les divulguer. Il a fait le choix de supprimer son blog car il était allé trop loin. J’ai eu le bon réflexe de copier son blog en partie, ce fut un bon réflexe car j’y ai trouvé beaucoup de réponses sur ces déesses tantriques qui fascinent tant… Quant à Kali, j’attends le deuxième article de l’auteur au-dessus pour éventuellement en dire deux mots.

        Répondre

        • Yoganova

          18 avril 2016 @ 15 h 20 min Yoganova

          Nagesh, cela ne saurait tarder, la publication du second volet de l’article sur Kali est prévu en milieu de cette semaine.

          Répondre

    • 14 mai 2016 @ 10 h 40 min BARON D'AUZAT

      Bonjour, serait-il possible d’en savoir davantage sur le Sorcier-yogi Aghori (que je découvre, par votre article…), non dans un but de profane « voyeurisme », mais pour essayer de comprendre sa démarche, ce à quoi il était arrivé ? Certains de ses textes sont-ils accessibles pour étude ?… Merci d’avance ! Respectueusement et cordialement votre, BARON D’AUZAT, Druide POLYACOS.

      Répondre

  2. 24 juin 2016 @ 14 h 12 min brian stojanovic

    Bonjour,je pratique le shaktisme mais c’est vrai que j’honore que kali pour moi une personne peut honoré touts les dieux qui veut,le temps qui se sent bien c’est sa pour moi un dévot . Soyer tous béni jai kali maa

    Répondre

    • 18 mai 2017 @ 10 h 44 min Manu Akshobhia

      Oui, tout à fait, la grande richesse du panthéon tantrique Indien ou tibétain est que l’on n’est pas tenu à une représentation du divin spécifique, chacun peut en fonction de ses inclinations propres, personnalité, résonance, méditer avec tel ou tel aspect du divin et même changer en fonction des situations de vie, nécessité,… Les sadhanas tantriques vont souvent être faite pour une période de temps déterminée sur un aspect spécifique pour en acquérir une qualité, pour harmoniser quelque chose de spécifique et ensuite changer de support de méditation. Souvent on va avoir une affinité plus spécifique avec un aspect particulier, un archétype avec lequel on résonne plus, mais il rest souvent une grande liberté. C’est fort différent des approches plus monothéistes ou l’on est plus limité à une représentation du divin, une forme spécifique. Bonne pratique…

      Répondre


Laisser un commentaire

YogaNova, le magazine francophone du Yoga et de la Spiritualité en ligne. Faites comme Shiva, lisez Yoganova !

Web Design MymensinghPremium WordPress ThemesWeb Development

Attention ! Le yoga n’est pas sans risque

25 novembre 201625 novembre 2016
15566474-Levitation-by-Indian-businessman-in-lotus-pose-in-the-office-near-the-wall-with-clock-and-his-shoes--Stock-Photo

Ouvrez vos chakras et ayez conscience de vos limites.

C'est l'une des études les plus conséquentes disponibles à ce jour sur la pratique du yogae t les blessures qui peuvent en résulter. Menée par deux chercheurs en traumatologie et épidémiologie de l'université d'Alabama de Birmingham, il en ressort que le yoga n'est évidemment pas le sport le plus traumatogène du répertoire, mais qu'il n'est pas pour autant dénué de risques. Et que les yogistes ayant dépassé les 65 ans doivent redoubler de prudence, car ce sont eux les plus vulnérables aux entorses, élongations et autres fractures. Le travail de Thomas A. Swain et Gerald McGwin, rassemblant quatorze ans de données récoltées aux États-Unis, montre aussi que le yoga a gagné en popularité sur la période, et que la fréquence des blessures s'en ressent. En moyenne, elle était de 10 pour 100.000 participants en 2001 et grimpe à 17 pour 100.000 en 2014. Après 65 ans, cette incidence –58 pour 100.000– est bien plus élevée, avec trois fois plus de fractures que pour les autres classes d'âge. Pour les individus âgés de 45 à 64 ans, elle est de 18 pour 100.000 et de 12 pour 100.000 pour ceux de 18 à 44 ans.
«Les blessures liées au yoga sont relativement rares, explique Swain, et comme on aurait s'en douter, l'incidence a tendance à monter avec l'âge du participant. Nous avons aussi observé que le taux de blessures augmente sur la période, ce qui pourrait traduire une plus grande popularité du yoga, avec davantage de personnes inexpérimentées qui ne prennent pas les précautions d'usage pour éviter les problèmes.»
Swain recommande de «consulter son médecin avant de débuter le yoga, d'être prudent et de connaître ses limites personnelles». Des limites que bon nombre de pratiquants débutants sont à même d'ignorer car «le yoga est bien plus difficile et exigeant qu'on le pense», précise McGwin. Au total, ce sont 29.590 blessures que les chercheurs ont répertoriées. Près de la moitié (45%) sont des entorses et le haut du corps est visiblement la zone la plus fragile.

Du yoga au travail….

21 septembre 201621 septembre 2016
yoga au bureauVous pouvez aller travailler ! » La séance d'une heure est terminée. Paula Taylor, professeur de yoga du réseau de coachs sportifs Fizix, libère ses douze élèves. Du chef sommelier à la femme de ménage, les 550 salariés du Bristol peuvent participer gratuitement à ce cours. Organisé dans une petite salle climatisée réservée aux employés, il coûte entre 80 € et 120 € au Comité d'Entreprise du palace. « Le point fort, c'est qu'il y a une homogénéité des groupes et ça crée une dynamique », se félicite son secrétaire adjoint Damien Largeau.   Collé serré   « On peut rencontrer des collègues d'autres services », renchérit Lucie Demai, hôtesse d'accueil. Allongé à sa gauche sur un tapis, Tony Le Douigou, dont elle n'a jamais été aussi proche, en est à son deuxième cours. « C'est plus apaisant que d'aller courir, observe le demi-chef de rang. Idéal pour se détendre avant de commencer le travail, de 16 heures à minuit ».   Debout depuis 7 heures du matin, le directeur d'achats Thomas Trucheret est en nage à la fin du cours, mais il savoure cette coupure en milieu d'après-midi : « J'aborde sereinement la deuxième partie de journée, sur le plan profesionnel et à la maison avec mes trois enfants ». Et de conclure, sourire en coin : « Le stress retombe. C'est parfait  : avec notre clientèle exigeante, il faut être très réactifs. » Voir l'article

Musculation et yoga, nouvelle mode made in US

23 août 201623 août 2016
reverse-ab-crunch

De nombreux hommes adeptes de musculation délaissent les poids et haltères pour des matelas de yoga, prenant le pas de l'intérêt grandissant pour une variante plus virile du yoga traditionnel, le «broga».

Le yoga, activité vieille de plusieurs millénaires, était autrefois pratiqué exclusivement par des hommes. L'activité physique «mâle» de l'ère moderne est aujourd'hui tout autre. «Le yoga se résume à bien plus qu'à des femmes qui se contorsionnent tels des bretzels végans», a lancé l'entrepreneur qui a fondé les cours de Jock Yoga, Michael DeCorte. Le centre d'entraînement Equinox de Toronto offre ces séances d'entraînement qui unissent les salutations au soleil à la musculation. De plus en plus de professeurs de yoga tentent d'attirer davantage d'hommes dans leurs classes en proposant des exercices qui misent sur la force plutôt que la flexibilité. Les adeptes de yoga sont constitués à 70% par des femmes, selon une étude de l'institut Ipsos publiée en 2016. M. DeCorte estime malgré tout que 50 à 85% des sportifs qui assistent à ses ateliers de Jock Yoga sont des hommes. D'autres centres de type «broga» essaiment un peu partout au pays. Jo-ga, à Halifax, Yoguy, à Vancouver, et le studio montréalais Mudraforce - où l'activité se pratique en toute nudité- ont notamment vu le jour. Une compagnie basée au Massachusetts, Broga yoga, détient un brevet sur l'emploi du mot-valise. L'entreprise se vante d'avoir plus de 12 000 clients et 500 professeurs à travers le monde, notamment par ses cours offerts par le biais de vidéo en ligne. Selon l'instigateur du «broga», Robert Sidoti, nombre d'hommes sont attirés par les bienfaits du yoga, mais craignent d'avoir un air efféminé en prenant la position du lotus.
En lire plus ...

Le dalai lama juge qu’il y a trop de réfugiés en Europe

31 mai 201631 mai 2016
Dalai lama trouve qu'il y a trop de réfugiés en EuropeLe dalaï-lama a estimé qu'il y avait à présent "trop" de réfugiés en Europe après la vague d'arrivée l'an dernier et que ces migrants cherchant protection ne devaient rester que provisoirement sur place, dans une interview publiée aujourd'hui en Allemagne. "Quand nous regardons le visage de chaque réfugié, surtout ceux des enfants et des femmes, nous ressentons leur souffrance et un être humain qui a de meilleures conditions de vie a la responsabilité de les aider. Mais d'un autre côté, il y en a trop à présent" en Europe, a déclaré le chef spirituel des Tibétains au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. "L'Europe, l'Allemagne en particulier, ne peut devenir un pays arabe, l'Allemagne est l'Allemagne", a-t-il ajouté, en référence au fait qu'une majorité des migrants vient de pays arabes comme la Syrie ou l'Irak. "Il y en a tant que cela devient difficile sur le plan pratique. Et sur le plan moral, je trouve aussi que ces réfugiés ne devraient être accueillis que provisoirement. L'objectif devrait être qu'ils retournent (dans leur pays) et aident à reconstruire leur pays", a estimé le dalaï-lama, qui vit lui-même en exil en Inde depuis plus de 50 ans. L'Allemagne a accueilli l'an dernier un nombre record d'un million de réfugiés. Source Le Figaro

Tendance: le yoga en moumoute et chaussures de ski…

6 avril 20166 avril 2016
ski_yoga_poseLe murmure du torrent et le chant des oiseaux dans les bouleaux apaisent déjà. Dans le décor vivant du Plan de l’Eau, aux Menuires, se déroule la randonnée «yoga et raquettes», encadrée par Brigitte Ruff, accompagnatrice en montagne, et Anita Thevenot, masseuse ayurvédique. Après une première marche dans la poudreuse, telle une page blanche, une première pause est consacrée à des exercices d’étirement. Le groupe, limité à douze personnes maximum, forme un petit cercle. Raquettes aux pieds, on tend et on étire ses bras vers le ciel. Profonde inspiration, puis on relâche totalement son buste et ses membres supérieurs jusqu’à frôler la neige. Pendant une quinzaine de minutes, Anita aide chacun à prendre conscience de son corps. «La montagne, avec son paysage somptueux et son air pur, offre un cadre idéal pour pratiquer le yoga pranayama, qui met l’accent sur la respiration», précise-t-elle. On repart ensuite plus détendu, attentif aux empreintes d’animaux et au silence, seulement rompu par le bruit feutré des raquettes. Plus loin, c’est la posture de la salutation au soleil. Un long et ressourçant déroulement du corps, pratiqué plusieurs fois, après avoir déchaussé et s’être installé sur un petit tapis de yoga, prêté par Anita. Les deux autres pauses zen sont consacrées à des exercices respiratoires et à de la méditation, assis en tailleur. Lancées l’an dernier au départ de la station de Val Thorens, ces randonnées bien-être hebdomadaires, de trois heures, affichent complet. Les clients? Souvent des femmes, n’ayant jamais pratiqué le yoga ou même les raquettes, mais curieuses de découvrir cette balade hybride. Morzine mise aussi sur l’engouement autour du yoga. Probablement inspirée par la station suisse d’Engadin St. Moritz qui lançait en 2014 la première piste de yoga du monde, Morzine propose cet hiver la piste des yogis, un itinéraire bleu de 2400 mètres jalonné de dix emplacements pour pratiquer des postures relaxantes, sans forcément ôter ses skis. Enfin, sous le nom de marche afghane, évocateur de montagne loitaine, la station de Samoëns invite à une sortie en raquettes accompagnée par un professionnel. Durant cette randonnée, le travail constant sur la respiration facilite la gestion de l’effort en altitude et relaxe. Les activités bien-être en montagne ne se résument plus à des papouilles et des bains bouillonnants dans des centres aqualudiques mais tirent parti, enfin, d’un environnement unique. Voir l'article sur le site de Libération

Le paradoxe Vegan de la femme branchée.

2 novembre 20152 novembre 2015
83241
Assez régulièrement ( et de plus en plus ) je vois des gens arriver à un mode de vie vegan ( ce qui en soit est plutôt bien ) mais ce que je trouve étrange c’est souvent le paradoxe éthique assez flagrant et parfois cliché.
Pour commencer, beaucoup des végan avec qui j’ai les échanges les plus houleux sont souvent des filles, entre 20 et 30 ans, « converties » depuis assez peu de temps.
Autant je crois sincèrement aux bienfondés de ce mode de vie lorsqu’il est choisi et pensé de bout en bout, autant je suis souvent confronté à des situations de fort malaise lors de nombreux échanges.
Cela se manifeste par plusieurs choses récurrentes : le prosélytisme, la suffisance et l’incohérence.
Je vais dresser un portrait caricatural pour essayer de bien faire comprendre ça … ( pour ce faire je ne vais que juxtaposer des éléments issus de posts ayant défilé sur mon fil d’actualité perso )
Faisant la queue pour avoir son café-pumpkin starbuck, elle attend en faisant un petit selfie marrant pour montrer son nouveau bonnet en coton bio.
Elle poste ça en ligne avec son nouvel iphone.
Un peu plus tard elle rentre chez elle, se fait un petit smoothie banane, mangue et lait de coco, le tout dans un super blender trouvé sur amazon.
Un petit tour sur son compte instagram nous fera découvrir sa garde robe pour constater que toutes les fringues sont bio. Comme tout est bio, le label "équitable" est apposé sur son chocolat, son café et ses épices.
Plus tard, un passage sur son compte facebook nous montrera de nombreux partages militant où on voit combien l'industrie agro-alimentaire est trash (les vidéos le montrent très bien assurément … (ne pas aller sur une page d'une végan à l'heure du repas !).
On la verra également se réjouir de la fermeture d'un abattoir, voyant le signe d'un réel progrès pour "la cause".
Elle prend soin d'elle, les statistiques publiées sur ses joggings grâce à l'application embarquée dans ses nike en sont la preuve ! Et après une bonne douche avec un savon Lush elle sent super bon le fruit de la passion.
Et ce soir après cette belle journée elle se fait un petit plaisir : un steak végétal. Tellement bien fait qu'on dirait trop de la viande (mais sans la souffrance animale) ! Un petit bout de "Faux-mage" à base de noix de cajou et un avocat. Et en dessert un petit bout de chocolat équitable.
Elle a le sourire en préparant ses vacances en Thaïlande en achetant sont billet en ligne sur son macbook, avec son chat sphinx qui ronronne sur ses genoux et peux enfin aller se coucher, en paix avec elle-même et ses convictions … aujourd'hui encore, elle n'a été la cause d'aucune souffrance animale.
Et là je vous vois venir avec un "Heuuu mais Samten, il est où le problème, je ne vois pas trop où tu veux en venir … elle a l'air plutôt cool la nana là … non ?"
Oui oui elle est cool ! Et c'est vraiment chouette que par son véganisme elle se sente impliquée dans la cause animale, le progrès et l'évolution de l'humanité à des hautes sphères de conscience et d'empathie !
MAIS … Et hélas c'est là que le bât blesse…
Son café est issu de la souffrance des hommes, d'une production qui détruit l'environnement dans lequel il est produit et contribue au déséquilibre nord-sud où la domination occidentale est vécue de plein fouet par les producteurs-esclaves.
Son téléphone est issu d'une production où les métaux rares sont également issus de productions où les hommes sont traités en esclaves dans des mines aux conditions abominables. En plus l'obsolescence perçue fait qu'elle changera de téléphone alors même que ce dernier sera encore tout à fait fonctionnel.
Elle se réjouit de la fermeture d’un abattoir sans réaliser que le nombre d’animaux abattus restera inchangé ... le seul changement sera que ces pauvres bêtes devront parcourir encore plus de distance dans le transport final ... l’élément souvent le plus traumatisant pour l’animal (mais aussi pour l’éleveur qui respecte ses animaux).
La banane de son smoothie provient d'équateur, issue d'une terra-formation imposée par les États-Unis pour que ces pays ne viennent pas concurrencer la production de maïs OGM. La mangue provient d'Inde et a peut-être véhiculé des parasites qui détruisent nos vergers. L'avocat provient d'Israël et le lait de coco de Thaïlande, finançant les deux des régimes politiques discutables. Les transport “bio” n’existe pas ... les bateaux délestent en pleine mer, les camions brulent du gasoil et dans les deux cas il y a un paquet de dommages collatéraux. Ben oui, combien de dauphins pris dans les pales des bateaux, de biches , d’oiseaux, de hérissons percutées, écrasés pour que nos fruits exotiques arrivent à bon port ?
Son blender vient de chine, assemblé dans une usine où les gens sont traités comme de la marchandise et payés une misère et acheté sur un site qui bafoue le droit du travail à longueur de temps.
Ses habits, comme sa nourriture, ont parcouru des milliers de kilomètres pour être parfois produit avec des produits chimiques (malgré les labels bios affichés) et cousu par des enfants, au même titre que ses nikes.
Sa fausse viande et son faux fromage sont issus de productions industrielle et chimique pas forcément très saine et de loin pas locale
Son chat provient d'un élevage de croisements génétiques et nourrit avec des boites industrielles (et là autre paradoxe : doit-on imposer le véganisme aux animaux … ah ben non ce serait aller à l'encontre de leur nature, dans ce cas là c'est pas pareil)
Son billet d'avion compensera le bilan carbone de son véganisme.
A côté de ça j'essaie d'imaginer une personne qui consommera bio, local, de saison avec, certes de la viande de temps en temps (mais qui vient d'un paysan qui connaît toutes ses bêtes) qui portera ses fringues jusqu'à l'usure, n'aura que le strict nécessaire chez lui, pas de robots ménagers dans tous les sens, pas d'ordi, pas de fruits exotiques … et qui pourtant sera la "cible" des végans en raison de son manque de conscience et de sensibilité… et là je me dit qu'il y a un soucis dans la manière qu'ont les végans de mener leur "combat" …
Je me dois de rajouter un GROS P.S. à ce texte : je ne me considère absolument pas comme étant moi-même éthiquement irréprochable, loin de là ! J'essaie de faire au mieux ma part en restant un maximum cohérent entre mes convictions et mes capacités de consommation. Mais par contre l'issue de mes réflexions, de mes pensées, mes idées, je les PARTAGE. J'espère que parfois ma vision des choses en convainc certain mais je considère toujours que les choix éthique sont personnels et que nous ne pourrons jamais être irréprochables sans devenir extrêmes et sans s'extraire totalement du système, ce qui n'est pas ma volonté, au contraire, j'espère pouvoir être le témoin d'évolutions du système dans "mon" sens quitte à devoir faire des compromis, mais que je choisis.
EDIT : suite à l’engouement et aux nombreux comm qu’a suscité cet article aux différents endroits où il a été partagé et comme ça a dépassé le cercle des gens qui me connaissent, je me dois de me présenter pour permettre de contextualiser éventuellement cet article. Pour commencer je dois moi-même faire face à de nombreux paradoxes de consommation lié à mon choix de travail : étant photographe j’ai en effet beaucoup de matériel technologique ( ordinateurs, tablette, appareils photos ... ) qui ont un cout éthique important. Je n’ai pour le moment pas trouvé de solution pour ce pan là. J’ai passé plusieurs période de ma vie à appliquer un régime végétarien et un mode de vie assez proche des principes végétaliens sous pas mal d’aspects. Je me considère comme étant assez impliqué dans les domaines de la réflexion sur nos modes de vies, nos interactions avec l’environnement. J’ai un très grand intérêt pour la permaculture, les productions équitables ( je ne parle pas des labels qui spolient le terme ). Suite à de nombreuses réflexions j’en suis venu à avoir un mode de vie où les choix alimentaires et de consommation générale sont souvent mis dans la balance du pour et du contre au moment de l’acte d’achat. J’ai également un régime alimentaire qui est aussi très “fashion” car j’ai une alimentation principalement axée sur les principes du Dr Seignalet, à savoir sans gluten, sans produits laitiers, sans sucres raffinés ( mais je n’en fais pas un dogme, je m’accorde des exceptions si je n’ai pas le choix ou même si simplement j’en ai envie), je suis venu à ce régime il y a plus de 7 ans pour des raisons de santé et il m’a apporté beaucoup de choses ( j’en discute volontiers avec ceux qui s’y intéressent ). D’autres principes alimentaires font également parti de mes convictions, principalement le fait de consommer local, de saison et bio ( et dans ma région ça veux dire qu’il faut aimer le choux et les poireaux ). Je porte avec moi un assez lourd bilan carbone car j’ai beaucoup voyagé, mais ces voyages m’ont permit en contre partie d’apprendre énormément de choses sur l’humain, la nature, les interactions entre les deux, mais surtout pour réaliser qu’il n’existe pas de valeurs “universelles” ... partout les gens ont des convictions qu’ils sont parfois prêt à défendre avec armes et sang ! J’ai aussi vu qu’il y a un réel angélisme de la part des gens qui vivent leur conviction depuis le fond de leur canapé ikéa ... car à travers le monde j’ai été témoin de la violence , partout sous un nombre inimaginable de formes ! Les seuls moments où j’ai eu la sensation de m’en extraire on été ceux où j’ai été seul face à la nature, loin du fait des Hommes ! J’ai vu plus d’amour et de respect chez une productrice de bœuf bio en France qu’envers des vaches “sacrées” au Népal. J’ai recommencé à manger de la viande en voyage, lorsque j’ai été reçu par des gens qui n’avaient rien d’autre à me proposer et qu’il aurait été plus que déplacé de dénigrer ce geste pour mon petit confort intellectuel. Et puis j’ai appris à reconnaitre qu’il y a de réelles différences entre les modes de production et que cela impact directement nos valeurs et notre environnement, j’y suis de plus en plus attentif et rencontre des gens merveilleux depuis. Comme je l’ai dit à de nombreuses reprises, je trouve merveilleux que de plus en plus de gens s’intéressent aux modes alimentaires “alternatifs” ( qu’ils soient végan, végétariens, sans gluten, bio ... ) car ça montre que les gens ne prennent plus tout pour argent comptant. Mais je prône également la coexistence et l’évolution douce. C’est souvent en ça que mes avis divergent avec les militants ( végan ou autre) sur les manières d’agir : Les études en neuroscience montrent que face à une démonstration de la violence (vidéo d’un abattoir par exemple), le cerveau d’une personne non préparée, vivra ça comme une agression ... mais au lieu d’obtenir un électrochoc contre le système, le trauma sera dirigé contre la personne qui lui aura fait vivre ce trauma... avec un effet inverse à celui désiré... mais je m’égare à parler de ça.
Bref, je tente juste de faire avec les outils à ma disposition pour rester le plus cohérent possible entre mes choix, mes croyances, mes moyens et mes aspirations. Jonglant moi-même avec certains paradoxes.
EDIT 2 :
Je n’ai hélas rien inventé pour créer ce personnage fictif ! juste pris quelques éléments sur différents posts de mes contacts ... j’ai même été assez soft pour qu’on ne pense pas que j’exagère le trait ! Et pour celles et ceux qui me font la critique d’avoir choisi une femme plutôt qu’un homme c’est pour la même raison ( qui n’est pas lié à une réalité statistique et objective ) : je n’ai pas eu autant d’occasion de voir ce type de posts et de profils dans mon fil d’actualité.