Cernunos-Proto-Shiva

Śiva « maître des animaux », un héritage Indo-Européen ?

Au centre du livre d’Alain Daniélou, Shiva et Dionysos – Fayard 1979, quelques planches illustrées forment un cahier. Des images d’origines éclectiques, européennes et indiennes qui montrent d’évidentes similitudes entre phallus païens pré-romains et Lingam, par exemple. L’auteur explore dans ce livre, les aspects archaïques et universels de la vision Shivaïte du Monde.
Une double-page, visible ci-dessous avait retenu mon attention, et l’image du bas à gauche m’avait beaucoup touché. Le chaudron de Gundestrup a été trouvé au Danemark, au 1er siècle avant notre ère. Il montre une scène qui fait penser à Paśupati, le maître des animaux, un aspect de Śiva bien connu.

Alain daniélou

Je ne suis pas historien mais j’ai compris que l’hégémonie romaine a fini par éradiquer les cultures antécédentes à la « pax-romana »  qui créa un empire stable, vers le 1er siècle de notre ère. Ces peuples Européens païens n’écrivaient pas, auraient vécu de façon régionale voir tribale et leurs habitations, faites de poteaux de bois, terre et chaume auraient été remplacées par d’autres au fil des siècles.

L’empire Romain n’a pas éradiqué les populations païennes mais les a lentement assimilées, par la force militaire et surtout de gré, par la corruption de certains clans au détriment d’autres, lors d’alliances stratégiques et commerciales. Pas d’écriture, du bâti en végétal, des sociétés agraires et artisanales. Et enfin la disparition par assimilation lente, autant de raisons à l’absence de trace historique.

Ce sont les récits de Jules César qui ont fait l’Histoire des peuples Celtes, les vaincus étant toujours racontés par le vainqueur. L’Histoire est faite d’écrits, l’archéologie est une science très récente qui ne fait parler les objets que muettement. Quelques recherches à propos de cette période donnent à voir en creux et en fluide plus qu’en certitudes. Les pratiques religieuses pré-chrétiennes d’Europe restent mystérieuses.
Ce qui m’a touché dans cette image du chaudron de Gundestrup est imaginaire et archétypal dans le sens où quelque chose de “déjà-vu” a été revu dans l’œuvre. Je ne sais pas si c’est un dieu qui est représenté mais sa proximité avec les animaux est très belle. Ce qui est là montré semble être un homme parmi ses frères. Ils sont au même niveau que lui et l’homme semble instruit par les trois qui lui parlent, au point qu’un ramage lui sorte également de la tête.

chaudron de gundestrup

Chaudron de Gundestrup – Danemark – 1er siècle avant JC

Qui est cet homme vivant auprès des bêtes de la forêt ? Un allié, un ami ? Dans une amitié, qui est au service de qui ? Qui saurait le dire, ferait que ce ne soit plus de l’amitié ! Le visage de l’homme, particulièrement paisible n’est animé d’aucun volontarisme, un autre détail qui fait la beauté de la scène.

Mohenjo-Daro

sceau de Mohenjo-Daro (2500 avant JC)

sceau de Mohenjo-Daro (2500 avant JC)

Nul ne sait non-plus scientifiquement dire ce que représente le seau exhumé des ruines de la ville archaïque de Mohenjo-Daro en 1920, au Pakistan. L’image  du livre de Daniélou montre un homme cornu entouré d’animaux mais les signes n’ont jamais été déchiffrés, l’auteur le dit clairement. Et Ysé Tardan-Masquellier, historienne actuelle, ne dit pas autre chose sur ce point dans son livre  L’hindouisme – Bayard 1999 (p 25). Sans écrit, la science ne sait pas ce que pensaient les habitants de cette cité, il y a 4 500 ans.

Véda

Le monde Védique a donné de l’écrit à partir de 1 500 avant notre ère. Le quatrième Véda, l’Atharvaveda, fait le lien entre le dieu Rudra dans son aspect Paśupati (maître des animaux) et Śiva (le bienveillant), un autre aspect de la même énergie.

L’Atharvaveda est le livre le plus intime et mystérieux des quatre Véda. Les rites qui y sont décrits correspondent à la part certainement initiatique des prêtres. Prolongé par des āraṇyaka, recueils concernant les pratiques en forêt (araṇa), lieu de ressourcement de ces prêtres et d’expression des pouvoirs des dieux.

Vers le – VIIIe siècle, la Bṛhadāraṇyaka-upaniṣad prolonge cette démarche intime de compréhension du monde à destination des “sages”.
Les dieux Védiques sont des śakti, des pouvoirs, des énergies du Monde vénérées dans le but d’être invoquées ou alors sont craintes et sont présentes en couples paradoxaux. Les dieux possèdent de multiples formes qui correspondent aux forces en présence dans le monde et dans l’Homme. L’anthropomorphisme de la représentation picturale n’a pas eu lieu avant le Moyen-Âge, quinze siècles après la Bṛhadāraṇyaka-U.

Ce monde Védique, de tradition orale n’a pas produit d’images, ni de statues etc… mais il a produit le Sanskrit qui, notamment dans les upaniṣad anciennes s’exprime en tant que tel : la langue saṃskṛta, c’est-à-dire parfaite, parachevée pour dire la réalité et l’invoquer lors des rites. En cela, la parole, dite en Sanskrit ne peut-être que créatrice et à la fois, elle dit vrai !

Purāṇa

A partir du début de notre ère, la Tradition est réécrite dans les Purāṇa. Une réécriture sous forme d’histoires et de comptes, à destination de tous et non plus seulement à l’usage des Brahmanes et guerriers. La langue prend des usages nouveaux qui s’ajoutent aux anciens.
Ainsi :
Le Rudra védique est compatissant : Śiva, il est aussi bienveillant : śaṃkara
Śiva devient un dieu à part et est, entre autres attributs, “maître des animaux” : Paśupati
Pati : le maître
Paśu : le bétail et aussi l’humain pris dans la pensée conditionnée, le saṃsāra !

C’est à partir des Purāṇa que les formes populaires et dévotionnelles (Bhakti) se déploieront et à partir de là que l’iconographie anthropomorphe des divinités prendra place. Un écart extrêmement important pour ce qui est de la pensée, tout l’invisible devient visible sous des formes caricaturales bien que souvent aussi instructives.

Tradition Shivaïte

Shiva roi de la danse

Śiva-naṭarāja (roi de la danse) Xe siècle

La très célèbre sculpture de Śiva dansant n’est pas vue, dans la Tradition, comme le dieu qui danse mais comme l’ascète se livrant à la danse de Śiva. Celle éternelle, des résorption et déploiement du Monde.
Nombreux sont ceux qui disent “c’est Shiva qui danse”, l’icône ayant tendance à être prise pour la réalité alors que chaque détail est montré pour instruire. Une évidence que notre civilisation de consommation sentimentale d’images ne peut voir que très difficilement.

La statue vient du sud de l’Inde et du Xe siècle de notre ère. Au Nord, au Cachemire à ce moment là, est réaffirmée la très ancienne vision shivaïte. C’est en fait la Tradition qui est redite à neuf, celle qui était védique à un moment donné et qui vient du début de ce cycle cosmique. Śiva est alors le nom de l’Au-delà-le-manifesté, Śakti, la puissance qui permet les mouvements de résorption et expansion, la respiration du Monde.
Et là, l’absolu ne saurait-être représenté en une forme !

Śiva et sa Śakti créent le Monde tel que les Puruṣa et Prakṛti Védique (pardon pour le raccourci forcément réducteur). Dans ce contexte, bien sûr que Śiva est le maître des animaux, il est le maître de tout et il est inactif ! Mais la création, qui n’est autre que lui-même, s’échappe fondue dans l’ignorance de sa véritable nature ! C’est l’enseignement qui est donné dans le Śivasūtra ; une vision et un chemin de Yoga pour l’ascète, l’étudiant, afin qu’il puisse se joindre à ce qui est la cohérence du monde, l’Intelligence qui se dit Śiva.
Peut-être est-ce là que revient l’āraṇyaka ?
Celui qui s’en va en forêt, recevoir l’enseignement à la source devient peut-être l’ami des animaux sauvages ? Peut-être devient-il le maître de son état de paśu (bétail) ? Cette évidence, pourquoi les anciens Européens ne l’auraient-ils pas vue, comme les habitants de Mohenjo-Daro ? Surtout qu’en quelques années, on voyageait aussi efficacement qu’en avion et certainement en apprenant infiniment plus !

Joachim Vallet enseigne à Paris et Étampes (son site)

Pour aller plus loin, ne pas hésiter à ce procurer l’ouvrage de Daniélou

Et vous qu’en pensez-vous ? Faites-nous en part dans les commentaires.



'Śiva « maître des animaux », un héritage Indo-Européen ?' have 3 comments

  1. 3 mars 2016 @ 17 h 33 min Akshaya

    Purāṇa

    A partir du début de notre ère, la Tradition est réécrite dans les Purāṇa. Une réécriture sous forme d’histoires et de comptes…

    Première ligne, deuxième phrase du paragraphe sur les « Purâna », on lit « une réécriture sous forme d’histoires et de COMPTES, ne s’agirait-il pas plutôt de CONTES.
    C’est un détail, mais c’est juste pour être certain du « bon » mot.

    En tout cas Merci de nous éclairer sur la spiritualité ancienne de nos ancêtres.

    Répondre

  2. 25 mars 2016 @ 15 h 32 min Vidal C.

    il est bien question d’archétypes. Quant à savoir s’ils sont « indo-européens », il faut faire attention à l’utilisation très 19ème siècle du terme et de l’analyse de Daniélou.

    Siva, Dionysos, Pashupati le seigneur des animaux. Et ss d’autres formes : Cernunos (prononcer Kernunos) le dieu celtique presqu’entièrement assimilable à Siva en tant que Pashupati.
    poursuivons : Cernunos le dieu cornu, devient saint Cornély à Carnac, saint qui transforme les légionnaires romains en pierres, et peut se voir sur le linteau de l’église du même nom entouré … d’animaux.

    Les cornes, les rayons, sont la représentation de la « solarisation » du chamane (fréquent sur les tissages Huichol par exemple, ou sur bcp de représentations sibériennes. Siva est proprement un dieu chamanique : ancien, ascète, connaissant, pratiquant des techniques extatiques pour rentrer en contact avec le monde des esprits, des puissances. Cette solarisation du chamane intervient lorsqu’il est réalisé et que sa capacité de dialogue avec le monde spirituel est totale, en tt cas, effective. Elle est un signe d’accomplissement. Comment s’étonner que le même dieu, repoussé du plus présent – Siva – au plus relégué, au plus anecdotique – St Cornély – présente les mêmes attributs ? C’ets bien du même qu’il s’agit.
    d’accomplissement. Comment s’étonner que le même dieu, repoussé du plus présent – Siva – au plus relégué, au plus anecdotique – St Cornély – présente les mêmes attributs ? C’ets bien du même qu’il s’agit.
    Maintenant parler d’indo européen est une autre affaire. Historiquement indo-européen recouvre les population venus d’asie, indo-iraniennes,improprement appelées « aryennes » et qui n’ont jamais envahi quoi qu ece soit, mais migré, peu à peu d’est en ouest.
    Siva est un dieu plus ancien que les indo-européens, et sa dimension chamanique atteste bien et de son anncienneté, et de sa quasi-universalité, et enfin de son origine pré-indo-européenne. Les peuples dravidiens et munda (aborigènes indiens) ont déjà Siva comme dieu,
    (suite next post)

    Répondre

  3. 25 mars 2016 @ 15 h 33 min Vidal C.

    (suite du précédent)
    La question n’est donc pas tant « pourquoi les anciens Européens ne l’auraient-ils pas vue, comme les habitants de Mohenjo-Daro » ?mais plutôt, comment cette continuité parvient-elle à survivre malgré la volonté de dénaturer, voire diaboliser cette tradition comem a cherché à le faire le christianisme triomphant et colonisateur des 4ème au 10ème siècle ?
    Il s’agit bien d’une continuité et non d’une même idée qui serait né à deux endroits à la fois. Ce que les soi-disant indo-européens emmènent dans leur bagage après s’être frotté au monde indien ancien, celui des dravidiens, et dont ils possédaient sans doute des versions indigènes de l’époque où les indo-européens étaient encore dans les plaines asiatiques, ils l’emportent avec eux jusqu’en extrême-occident, France Espagne, Angleterre. Mêmes mythes Cernunos/Lug/Belenos : Siva/Dionysos. Mêmes attributs, mêmes folies de Siva/Rudra chez par exemple Dionysos et ses bacchantes, ou celles de Cùchullaìn le héros irlandais qui n’est autre que Cernunos. Même polytechnie, même présidence sur les disciplines ascétiques et l’extase, les drogues, même rapport à la danse – cosmique ou de transe.
    Il n’y a pas des idées diverses d’une même chose mais bien une continuité parfaitement attestée par la recherche historique désormais. Enfin, l’archétype est là. Assis, cosmos incarné, dieu de la Conscience dans ts ses états, au milieu de la création (les animaux) comme Siva au mitan du Cosmos.

    Répondre


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Attention ! Le yoga n’est pas sans risque

25 novembre 201625 novembre 2016
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Ouvrez vos chakras et ayez conscience de vos limites.

C'est l'une des études les plus conséquentes disponibles à ce jour sur la pratique du yogae t les blessures qui peuvent en résulter. Menée par deux chercheurs en traumatologie et épidémiologie de l'université d'Alabama de Birmingham, il en ressort que le yoga n'est évidemment pas le sport le plus traumatogène du répertoire, mais qu'il n'est pas pour autant dénué de risques. Et que les yogistes ayant dépassé les 65 ans doivent redoubler de prudence, car ce sont eux les plus vulnérables aux entorses, élongations et autres fractures. Le travail de Thomas A. Swain et Gerald McGwin, rassemblant quatorze ans de données récoltées aux États-Unis, montre aussi que le yoga a gagné en popularité sur la période, et que la fréquence des blessures s'en ressent. En moyenne, elle était de 10 pour 100.000 participants en 2001 et grimpe à 17 pour 100.000 en 2014. Après 65 ans, cette incidence –58 pour 100.000– est bien plus élevée, avec trois fois plus de fractures que pour les autres classes d'âge. Pour les individus âgés de 45 à 64 ans, elle est de 18 pour 100.000 et de 12 pour 100.000 pour ceux de 18 à 44 ans.
«Les blessures liées au yoga sont relativement rares, explique Swain, et comme on aurait s'en douter, l'incidence a tendance à monter avec l'âge du participant. Nous avons aussi observé que le taux de blessures augmente sur la période, ce qui pourrait traduire une plus grande popularité du yoga, avec davantage de personnes inexpérimentées qui ne prennent pas les précautions d'usage pour éviter les problèmes.»
Swain recommande de «consulter son médecin avant de débuter le yoga, d'être prudent et de connaître ses limites personnelles». Des limites que bon nombre de pratiquants débutants sont à même d'ignorer car «le yoga est bien plus difficile et exigeant qu'on le pense», précise McGwin. Au total, ce sont 29.590 blessures que les chercheurs ont répertoriées. Près de la moitié (45%) sont des entorses et le haut du corps est visiblement la zone la plus fragile.

Du yoga au travail….

21 septembre 201621 septembre 2016
yoga au bureauVous pouvez aller travailler ! » La séance d'une heure est terminée. Paula Taylor, professeur de yoga du réseau de coachs sportifs Fizix, libère ses douze élèves. Du chef sommelier à la femme de ménage, les 550 salariés du Bristol peuvent participer gratuitement à ce cours. Organisé dans une petite salle climatisée réservée aux employés, il coûte entre 80 € et 120 € au Comité d'Entreprise du palace. « Le point fort, c'est qu'il y a une homogénéité des groupes et ça crée une dynamique », se félicite son secrétaire adjoint Damien Largeau.   Collé serré   « On peut rencontrer des collègues d'autres services », renchérit Lucie Demai, hôtesse d'accueil. Allongé à sa gauche sur un tapis, Tony Le Douigou, dont elle n'a jamais été aussi proche, en est à son deuxième cours. « C'est plus apaisant que d'aller courir, observe le demi-chef de rang. Idéal pour se détendre avant de commencer le travail, de 16 heures à minuit ».   Debout depuis 7 heures du matin, le directeur d'achats Thomas Trucheret est en nage à la fin du cours, mais il savoure cette coupure en milieu d'après-midi : « J'aborde sereinement la deuxième partie de journée, sur le plan profesionnel et à la maison avec mes trois enfants ». Et de conclure, sourire en coin : « Le stress retombe. C'est parfait  : avec notre clientèle exigeante, il faut être très réactifs. » Voir l'article

Musculation et yoga, nouvelle mode made in US

23 août 201623 août 2016
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De nombreux hommes adeptes de musculation délaissent les poids et haltères pour des matelas de yoga, prenant le pas de l'intérêt grandissant pour une variante plus virile du yoga traditionnel, le «broga».

Le yoga, activité vieille de plusieurs millénaires, était autrefois pratiqué exclusivement par des hommes. L'activité physique «mâle» de l'ère moderne est aujourd'hui tout autre. «Le yoga se résume à bien plus qu'à des femmes qui se contorsionnent tels des bretzels végans», a lancé l'entrepreneur qui a fondé les cours de Jock Yoga, Michael DeCorte. Le centre d'entraînement Equinox de Toronto offre ces séances d'entraînement qui unissent les salutations au soleil à la musculation. De plus en plus de professeurs de yoga tentent d'attirer davantage d'hommes dans leurs classes en proposant des exercices qui misent sur la force plutôt que la flexibilité. Les adeptes de yoga sont constitués à 70% par des femmes, selon une étude de l'institut Ipsos publiée en 2016. M. DeCorte estime malgré tout que 50 à 85% des sportifs qui assistent à ses ateliers de Jock Yoga sont des hommes. D'autres centres de type «broga» essaiment un peu partout au pays. Jo-ga, à Halifax, Yoguy, à Vancouver, et le studio montréalais Mudraforce - où l'activité se pratique en toute nudité- ont notamment vu le jour. Une compagnie basée au Massachusetts, Broga yoga, détient un brevet sur l'emploi du mot-valise. L'entreprise se vante d'avoir plus de 12 000 clients et 500 professeurs à travers le monde, notamment par ses cours offerts par le biais de vidéo en ligne. Selon l'instigateur du «broga», Robert Sidoti, nombre d'hommes sont attirés par les bienfaits du yoga, mais craignent d'avoir un air efféminé en prenant la position du lotus.
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Le dalai lama juge qu’il y a trop de réfugiés en Europe

31 mai 201631 mai 2016
Dalai lama trouve qu'il y a trop de réfugiés en EuropeLe dalaï-lama a estimé qu'il y avait à présent "trop" de réfugiés en Europe après la vague d'arrivée l'an dernier et que ces migrants cherchant protection ne devaient rester que provisoirement sur place, dans une interview publiée aujourd'hui en Allemagne. "Quand nous regardons le visage de chaque réfugié, surtout ceux des enfants et des femmes, nous ressentons leur souffrance et un être humain qui a de meilleures conditions de vie a la responsabilité de les aider. Mais d'un autre côté, il y en a trop à présent" en Europe, a déclaré le chef spirituel des Tibétains au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. "L'Europe, l'Allemagne en particulier, ne peut devenir un pays arabe, l'Allemagne est l'Allemagne", a-t-il ajouté, en référence au fait qu'une majorité des migrants vient de pays arabes comme la Syrie ou l'Irak. "Il y en a tant que cela devient difficile sur le plan pratique. Et sur le plan moral, je trouve aussi que ces réfugiés ne devraient être accueillis que provisoirement. L'objectif devrait être qu'ils retournent (dans leur pays) et aident à reconstruire leur pays", a estimé le dalaï-lama, qui vit lui-même en exil en Inde depuis plus de 50 ans. L'Allemagne a accueilli l'an dernier un nombre record d'un million de réfugiés. Source Le Figaro

Tendance: le yoga en moumoute et chaussures de ski…

6 avril 20166 avril 2016
ski_yoga_poseLe murmure du torrent et le chant des oiseaux dans les bouleaux apaisent déjà. Dans le décor vivant du Plan de l’Eau, aux Menuires, se déroule la randonnée «yoga et raquettes», encadrée par Brigitte Ruff, accompagnatrice en montagne, et Anita Thevenot, masseuse ayurvédique. Après une première marche dans la poudreuse, telle une page blanche, une première pause est consacrée à des exercices d’étirement. Le groupe, limité à douze personnes maximum, forme un petit cercle. Raquettes aux pieds, on tend et on étire ses bras vers le ciel. Profonde inspiration, puis on relâche totalement son buste et ses membres supérieurs jusqu’à frôler la neige. Pendant une quinzaine de minutes, Anita aide chacun à prendre conscience de son corps. «La montagne, avec son paysage somptueux et son air pur, offre un cadre idéal pour pratiquer le yoga pranayama, qui met l’accent sur la respiration», précise-t-elle. On repart ensuite plus détendu, attentif aux empreintes d’animaux et au silence, seulement rompu par le bruit feutré des raquettes. Plus loin, c’est la posture de la salutation au soleil. Un long et ressourçant déroulement du corps, pratiqué plusieurs fois, après avoir déchaussé et s’être installé sur un petit tapis de yoga, prêté par Anita. Les deux autres pauses zen sont consacrées à des exercices respiratoires et à de la méditation, assis en tailleur. Lancées l’an dernier au départ de la station de Val Thorens, ces randonnées bien-être hebdomadaires, de trois heures, affichent complet. Les clients? Souvent des femmes, n’ayant jamais pratiqué le yoga ou même les raquettes, mais curieuses de découvrir cette balade hybride. Morzine mise aussi sur l’engouement autour du yoga. Probablement inspirée par la station suisse d’Engadin St. Moritz qui lançait en 2014 la première piste de yoga du monde, Morzine propose cet hiver la piste des yogis, un itinéraire bleu de 2400 mètres jalonné de dix emplacements pour pratiquer des postures relaxantes, sans forcément ôter ses skis. Enfin, sous le nom de marche afghane, évocateur de montagne loitaine, la station de Samoëns invite à une sortie en raquettes accompagnée par un professionnel. Durant cette randonnée, le travail constant sur la respiration facilite la gestion de l’effort en altitude et relaxe. Les activités bien-être en montagne ne se résument plus à des papouilles et des bains bouillonnants dans des centres aqualudiques mais tirent parti, enfin, d’un environnement unique. Voir l'article sur le site de Libération

Le paradoxe Vegan de la femme branchée.

2 novembre 20152 novembre 2015
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Assez régulièrement ( et de plus en plus ) je vois des gens arriver à un mode de vie vegan ( ce qui en soit est plutôt bien ) mais ce que je trouve étrange c’est souvent le paradoxe éthique assez flagrant et parfois cliché.
Pour commencer, beaucoup des végan avec qui j’ai les échanges les plus houleux sont souvent des filles, entre 20 et 30 ans, « converties » depuis assez peu de temps.
Autant je crois sincèrement aux bienfondés de ce mode de vie lorsqu’il est choisi et pensé de bout en bout, autant je suis souvent confronté à des situations de fort malaise lors de nombreux échanges.
Cela se manifeste par plusieurs choses récurrentes : le prosélytisme, la suffisance et l’incohérence.
Je vais dresser un portrait caricatural pour essayer de bien faire comprendre ça … ( pour ce faire je ne vais que juxtaposer des éléments issus de posts ayant défilé sur mon fil d’actualité perso )
Faisant la queue pour avoir son café-pumpkin starbuck, elle attend en faisant un petit selfie marrant pour montrer son nouveau bonnet en coton bio.
Elle poste ça en ligne avec son nouvel iphone.
Un peu plus tard elle rentre chez elle, se fait un petit smoothie banane, mangue et lait de coco, le tout dans un super blender trouvé sur amazon.
Un petit tour sur son compte instagram nous fera découvrir sa garde robe pour constater que toutes les fringues sont bio. Comme tout est bio, le label "équitable" est apposé sur son chocolat, son café et ses épices.
Plus tard, un passage sur son compte facebook nous montrera de nombreux partages militant où on voit combien l'industrie agro-alimentaire est trash (les vidéos le montrent très bien assurément … (ne pas aller sur une page d'une végan à l'heure du repas !).
On la verra également se réjouir de la fermeture d'un abattoir, voyant le signe d'un réel progrès pour "la cause".
Elle prend soin d'elle, les statistiques publiées sur ses joggings grâce à l'application embarquée dans ses nike en sont la preuve ! Et après une bonne douche avec un savon Lush elle sent super bon le fruit de la passion.
Et ce soir après cette belle journée elle se fait un petit plaisir : un steak végétal. Tellement bien fait qu'on dirait trop de la viande (mais sans la souffrance animale) ! Un petit bout de "Faux-mage" à base de noix de cajou et un avocat. Et en dessert un petit bout de chocolat équitable.
Elle a le sourire en préparant ses vacances en Thaïlande en achetant sont billet en ligne sur son macbook, avec son chat sphinx qui ronronne sur ses genoux et peux enfin aller se coucher, en paix avec elle-même et ses convictions … aujourd'hui encore, elle n'a été la cause d'aucune souffrance animale.
Et là je vous vois venir avec un "Heuuu mais Samten, il est où le problème, je ne vois pas trop où tu veux en venir … elle a l'air plutôt cool la nana là … non ?"
Oui oui elle est cool ! Et c'est vraiment chouette que par son véganisme elle se sente impliquée dans la cause animale, le progrès et l'évolution de l'humanité à des hautes sphères de conscience et d'empathie !
MAIS … Et hélas c'est là que le bât blesse…
Son café est issu de la souffrance des hommes, d'une production qui détruit l'environnement dans lequel il est produit et contribue au déséquilibre nord-sud où la domination occidentale est vécue de plein fouet par les producteurs-esclaves.
Son téléphone est issu d'une production où les métaux rares sont également issus de productions où les hommes sont traités en esclaves dans des mines aux conditions abominables. En plus l'obsolescence perçue fait qu'elle changera de téléphone alors même que ce dernier sera encore tout à fait fonctionnel.
Elle se réjouit de la fermeture d’un abattoir sans réaliser que le nombre d’animaux abattus restera inchangé ... le seul changement sera que ces pauvres bêtes devront parcourir encore plus de distance dans le transport final ... l’élément souvent le plus traumatisant pour l’animal (mais aussi pour l’éleveur qui respecte ses animaux).
La banane de son smoothie provient d'équateur, issue d'une terra-formation imposée par les États-Unis pour que ces pays ne viennent pas concurrencer la production de maïs OGM. La mangue provient d'Inde et a peut-être véhiculé des parasites qui détruisent nos vergers. L'avocat provient d'Israël et le lait de coco de Thaïlande, finançant les deux des régimes politiques discutables. Les transport “bio” n’existe pas ... les bateaux délestent en pleine mer, les camions brulent du gasoil et dans les deux cas il y a un paquet de dommages collatéraux. Ben oui, combien de dauphins pris dans les pales des bateaux, de biches , d’oiseaux, de hérissons percutées, écrasés pour que nos fruits exotiques arrivent à bon port ?
Son blender vient de chine, assemblé dans une usine où les gens sont traités comme de la marchandise et payés une misère et acheté sur un site qui bafoue le droit du travail à longueur de temps.
Ses habits, comme sa nourriture, ont parcouru des milliers de kilomètres pour être parfois produit avec des produits chimiques (malgré les labels bios affichés) et cousu par des enfants, au même titre que ses nikes.
Sa fausse viande et son faux fromage sont issus de productions industrielle et chimique pas forcément très saine et de loin pas locale
Son chat provient d'un élevage de croisements génétiques et nourrit avec des boites industrielles (et là autre paradoxe : doit-on imposer le véganisme aux animaux … ah ben non ce serait aller à l'encontre de leur nature, dans ce cas là c'est pas pareil)
Son billet d'avion compensera le bilan carbone de son véganisme.
A côté de ça j'essaie d'imaginer une personne qui consommera bio, local, de saison avec, certes de la viande de temps en temps (mais qui vient d'un paysan qui connaît toutes ses bêtes) qui portera ses fringues jusqu'à l'usure, n'aura que le strict nécessaire chez lui, pas de robots ménagers dans tous les sens, pas d'ordi, pas de fruits exotiques … et qui pourtant sera la "cible" des végans en raison de son manque de conscience et de sensibilité… et là je me dit qu'il y a un soucis dans la manière qu'ont les végans de mener leur "combat" …
Je me dois de rajouter un GROS P.S. à ce texte : je ne me considère absolument pas comme étant moi-même éthiquement irréprochable, loin de là ! J'essaie de faire au mieux ma part en restant un maximum cohérent entre mes convictions et mes capacités de consommation. Mais par contre l'issue de mes réflexions, de mes pensées, mes idées, je les PARTAGE. J'espère que parfois ma vision des choses en convainc certain mais je considère toujours que les choix éthique sont personnels et que nous ne pourrons jamais être irréprochables sans devenir extrêmes et sans s'extraire totalement du système, ce qui n'est pas ma volonté, au contraire, j'espère pouvoir être le témoin d'évolutions du système dans "mon" sens quitte à devoir faire des compromis, mais que je choisis.
EDIT : suite à l’engouement et aux nombreux comm qu’a suscité cet article aux différents endroits où il a été partagé et comme ça a dépassé le cercle des gens qui me connaissent, je me dois de me présenter pour permettre de contextualiser éventuellement cet article. Pour commencer je dois moi-même faire face à de nombreux paradoxes de consommation lié à mon choix de travail : étant photographe j’ai en effet beaucoup de matériel technologique ( ordinateurs, tablette, appareils photos ... ) qui ont un cout éthique important. Je n’ai pour le moment pas trouvé de solution pour ce pan là. J’ai passé plusieurs période de ma vie à appliquer un régime végétarien et un mode de vie assez proche des principes végétaliens sous pas mal d’aspects. Je me considère comme étant assez impliqué dans les domaines de la réflexion sur nos modes de vies, nos interactions avec l’environnement. J’ai un très grand intérêt pour la permaculture, les productions équitables ( je ne parle pas des labels qui spolient le terme ). Suite à de nombreuses réflexions j’en suis venu à avoir un mode de vie où les choix alimentaires et de consommation générale sont souvent mis dans la balance du pour et du contre au moment de l’acte d’achat. J’ai également un régime alimentaire qui est aussi très “fashion” car j’ai une alimentation principalement axée sur les principes du Dr Seignalet, à savoir sans gluten, sans produits laitiers, sans sucres raffinés ( mais je n’en fais pas un dogme, je m’accorde des exceptions si je n’ai pas le choix ou même si simplement j’en ai envie), je suis venu à ce régime il y a plus de 7 ans pour des raisons de santé et il m’a apporté beaucoup de choses ( j’en discute volontiers avec ceux qui s’y intéressent ). D’autres principes alimentaires font également parti de mes convictions, principalement le fait de consommer local, de saison et bio ( et dans ma région ça veux dire qu’il faut aimer le choux et les poireaux ). Je porte avec moi un assez lourd bilan carbone car j’ai beaucoup voyagé, mais ces voyages m’ont permit en contre partie d’apprendre énormément de choses sur l’humain, la nature, les interactions entre les deux, mais surtout pour réaliser qu’il n’existe pas de valeurs “universelles” ... partout les gens ont des convictions qu’ils sont parfois prêt à défendre avec armes et sang ! J’ai aussi vu qu’il y a un réel angélisme de la part des gens qui vivent leur conviction depuis le fond de leur canapé ikéa ... car à travers le monde j’ai été témoin de la violence , partout sous un nombre inimaginable de formes ! Les seuls moments où j’ai eu la sensation de m’en extraire on été ceux où j’ai été seul face à la nature, loin du fait des Hommes ! J’ai vu plus d’amour et de respect chez une productrice de bœuf bio en France qu’envers des vaches “sacrées” au Népal. J’ai recommencé à manger de la viande en voyage, lorsque j’ai été reçu par des gens qui n’avaient rien d’autre à me proposer et qu’il aurait été plus que déplacé de dénigrer ce geste pour mon petit confort intellectuel. Et puis j’ai appris à reconnaitre qu’il y a de réelles différences entre les modes de production et que cela impact directement nos valeurs et notre environnement, j’y suis de plus en plus attentif et rencontre des gens merveilleux depuis. Comme je l’ai dit à de nombreuses reprises, je trouve merveilleux que de plus en plus de gens s’intéressent aux modes alimentaires “alternatifs” ( qu’ils soient végan, végétariens, sans gluten, bio ... ) car ça montre que les gens ne prennent plus tout pour argent comptant. Mais je prône également la coexistence et l’évolution douce. C’est souvent en ça que mes avis divergent avec les militants ( végan ou autre) sur les manières d’agir : Les études en neuroscience montrent que face à une démonstration de la violence (vidéo d’un abattoir par exemple), le cerveau d’une personne non préparée, vivra ça comme une agression ... mais au lieu d’obtenir un électrochoc contre le système, le trauma sera dirigé contre la personne qui lui aura fait vivre ce trauma... avec un effet inverse à celui désiré... mais je m’égare à parler de ça.
Bref, je tente juste de faire avec les outils à ma disposition pour rester le plus cohérent possible entre mes choix, mes croyances, mes moyens et mes aspirations. Jonglant moi-même avec certains paradoxes.
EDIT 2 :
Je n’ai hélas rien inventé pour créer ce personnage fictif ! juste pris quelques éléments sur différents posts de mes contacts ... j’ai même été assez soft pour qu’on ne pense pas que j’exagère le trait ! Et pour celles et ceux qui me font la critique d’avoir choisi une femme plutôt qu’un homme c’est pour la même raison ( qui n’est pas lié à une réalité statistique et objective ) : je n’ai pas eu autant d’occasion de voir ce type de posts et de profils dans mon fil d’actualité.