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Yantra: Diagrammes mystiques, figures fascinantes et envoûtantes, une plongée dans le mystère du tantrisme indien.

Cet article s’inscrit en continuation de l’article sur la Navaratri, paru à la mi-octobre sur YogaNova . Il constitue une occasion de s’immerger un  peu plus en profondeur dans la pratique tantrique indienne et dans le monde fascinant et mystérieux des  Yantras. Il est bien entendu que l’on trouve des figures centrées similaires aux Yantras et aux Mandalas dans la plupart des traditions spirituelles avec divers usages : support de rituel, de méditation, de prière, élément décoratif, etc. Cet article va se baser plutôt sur la pratique tantrique indienne, car c’est celle avec laquelle je suis le plus familiarisé.

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Le Yantra de la déesse Kali

En guise d’avertissement, il est important de noter que l’on peut trouver dans la littérature tantrique indienne une multitude de yantras, avec des usages fort différents. On peut classer ces yantras et leurs usages autour de deux pôles: un pôle plus magique: afin de se protéger, pour acquérir certaines choses, certaines aptitudes, bien souvent liés à des motivations plus égoïstes, voir même destructives. Et à l’opposé, un pôle plus spirituel, en vue de se purifier, d’harmoniser notre être, etc. Dans cet article on se limitera, bien sûr, à l’usage plus spirituel des yantras. Dans cette catégorie, on trouvera des yantras pour chaque chakra, pour différents aspects du divin, pour exprimer des états d’être, etc. Par souci de compréhension, esquissons d’abord quelques concepts introductifs. La sadhana tantrique indienne est basée sur trois piliers:  Mantra, Yantra et Tantra.

Il est important de comprendre que le sanskrit est un langage extrêmement complexe qui peut mener à des traductions et des interprétations multiples et je ne prétends, en aucune manière, être un expert en la matière. Le but de cet article n’est pas de donner une approche exhaustive et scolaire du sujet mais, plus simplement, d’ouvrir quelques portes. Cette ouverture sur le monde sacré des Yantras est basée sur une expérience spirituelle pratique, née de la sadhana et des enseignements reçus dans la tradition tantrique indienne de la main droite 1
auprès de Rajkumar Baswar (Maitre indien de la region de Maharashtra), avec lequel j’ai pratiqué depuis plus de 9 ans, ainsi que de nombreuses années d’étude et d’enseignement au sein d’Agama Yoga.

Mantra: support sonore de la déité, de l’énergie, de la Shakti. Il peut être court ou long, d’une syllabe unique, un mantra peut aussi s’étendre à des pages ou des chapitres entiers de livres sacrés. Un mantra peut être composé d’une succession de syllabes qui n’ont aucunes significations ou au contraire de mots qui ont des significations précises. Que le mantra soit composé de mots ayant un sens ou non, l’aspect vibratoire sonore (son et prononciation) de ces syllabes/mots est primordial. Le sanskrit est un langage essentiellement phonétique. Comparé à l’hébreux, l’arabe, le latin ou nos langues contemporaines, le sanskrit est, sans aucun doute, celui qui a développé la plus grande attention sur l’aspect de la vibration sonore des mots. La prononciation des mots sanskrits est porteuse de l’énergie
essentielle de l’objet désigné, de sa qualité vibratoire. La structure de l’alphabet sanskrit est, en elle-même, une expression de cette importance de l’aspect phonétique, chaque lettre étant classée en fonction de la manière dont elle est prononcée.

Yantra: support visuel de la déité, de l’énergie, de la Shakti. Il associe différentes formes géométriques, généralement symétriques. Ces assemblages de formes géométriques peuvent être combinées à des mantras écrits sur le yantra, ils peuvent être composés de différentes couleurs qui correspondent aux 5 éléments (terre, eau, feu, air et éther) ou qui se référent à d’autres symbolismes. On trouvera de nombreux yantras, qui s’inscrivent dans un carré à quatre portes, symbolisant son incarnation dans le monde physique, la terre et les 4 directions de l’espace. Chaque
forme dans un Yantra est généralement associée à quelque chose de précis: un élément, un chakra, un corps subtil, etc. Certaines personnes simplifient parfois à l’excès l’interprétation symbolique de ces formes, en disant que
telle forme est toujours liée à la représentation de telle chose ou tel élément, mais en pratique, on peut trouver de nombreuses variations dans les interprétations de la symbolique de ces formes d’un yantra à l’autre, d’un enseignement à l’autre, etc. Il est donc important de rester prudent encette matière, pour éviter des généralisations trop hâtives. Ces formes sont combinées les unes avec les autres et créent des diagrammes parfois fort complexes. Ils sont centrés autour d’un point, appelé Bindu.

Le Bindu est la graine, le centre d’émanation du Yantra, il représente la dimension nonmanifestée (Shiva) de laquelle la manifestation (Shakti) émerge et en laquelle elle se résorbe.

Tantra: le terme tantra a de nombreuses significations. Il est souvent traduit comme ‘connection’, ‘trame’, ‘filet’. Cette compréhension se réfère à la connaissance, la pratique qui permet de créer la connection entre l’individuel (dimension microcosmique) et l’univers (dimension macrocosmique, universelle), le postulat de base étant qu’originellement, nous sommes unis, un avec la conscience cosmique et qu’on en a été séparé, du fait d’un processus d’incarnation. Le Tantra nous permet ainsi de se ressourcer et de régénérer notre identité perdue. Dans ce contexte-ci, il représente aussi l’enseignement, la connaissance, la shakti, l’énergie que nous cherchons à réaliser, en nous, au travers de la sadhana. Ce qui inclut tous les dispositifs additionnels qui peuvent être utilisés pour accroitre les
effets de la sadhana: cela peut-être des traitements à base d’herbes à prendre de manière interne ou à placer sur le corps, des rituels, la connaissance des cycles cosmiques et comment les utiliser pour en tirer le plus de résultats en terme d’évolution spirituelle et bien d’autres choses encore…

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Création d’un mandala tibétain

 

2. Yantra et Mandala, similarités et différences:

Certains commentateurs aiment à différencier les yantras des mandalas. Les deux termes sont originaires du sanskrit, mandala signifie cercle, rond, il est souvent considéré comme une représentation microcosmique de l’univers. L’usage des mandalas et des yantras, comme toute approche tantrique, d’ailleurs, est basé sur le principe de résonance et de correspondance. Ce qui signifie que, symboliquement, nous sommes une réplique de l’univers et que la contemplation d’un mandala ou d’un yantra, qui constitue une représentation harmonieuse de l’univers, permet de s’harmoniser, s’aligner, s’accorder avec l’ordre cosmique naturel.
Une caractéristique qui peut permettre de les différencier est que les yantras sont généralement des figures symboliques plus abstraites. Ils se limitent à l’usage de formes géométriques simples (cercle, carré, triangle,
croissant de lune, ovale ou forme stylisée de fleur avec un nombre précis de pétales, de deux à plus de trente). Les mandalas, quant à eux, utilisent souvent, en plus, ou au lieu de ces formes géométriques simples, des éléments plus figuratifs: des représentations de déités, des éléments du paysages (nuages, montagnes, rivières, bâtiments, cavernes, villes, ponts, arcs-en-ciel), des personnages historiques, etc. Les Yantras et les mandalas sont issus tous deux de la culture indienne initialement, mais avec le développement du bouddhisme surtout sous sa forme tibétaine, on trouve plus de mandalas dans la tradition tibétaine et plus de yantras dans la tradition indienne.
Les yantras et les mandalas cristallisent une énergie, une shakti, une forme de déité spécifique, ils sont conçus comme des portails visuels de cette shakti. Ils peuvent être utilisés comme support de méditation, de rituels ou simplement être présents dans un espace comme élément décoratif. Mais aussi bien dans le tantrisme indien que tibétain, ils sont très souvent associés à des rituels précis de création, de maintenance et de dissolution. Il ne s’agit pas simplement de les peindre, lors de leur réalisation certains mantras doivent être répétés, ils peuvent faire l’objet de bénédictions,… Traditionnellement, ils constituent bien plus qu’un objet esthétique, ils sont créés pour un usage précis, souvent lié à l’harmonisation de champs énergétiques, à l’amplification de certaines influences bénéfiques, à la purification d’influences astrologiques néfastes, etc.

3. Support de concentration dans la pratique du yoga, Samyama.

L’utilisation des yantras est bien connue dans la pratique du Yoga avec la technique de Trataka. Trataka est un ensemble de 5 techniques qui appartiennent à la pratique des Kriyas . Un des tratakas fait usage d’un 4 support extérieur proche comme une image symbolique, un Yantra, une  photo d’un saint, etc. La technique avec un yantra consiste à regarder le Yantra avec les yeux ouverts. Généralement le yantra sera placé à hauteur des yeux, à une distance de plus ou moins 1 mètre. Les yeux doivent être idéalement maintenus ouverts sans mouvement, sans cligner. Le processus qui se passe quand on maitrise cette technique de trataka, est une progressive identification avec le yantra, avec ce qu’il représente. En
sanskrit, on parle de Samyama. On s’identifie progressivement à la déité, l’énergie, l’archétype que le Yantra représente.

De nombreux phénomènes peuvent être associés avec cette expérience de Samyama. Parmi celles-ci, on peut mentionner, au niveau visuel, une impression de s’unifier au yantra, de devenir le yantra. Au niveau mental, on peut avoir une impression de comprendre le symbole, d’en absorber les qualités intrinsèques, de devenir la Shakti que le Yantra ou Mandala représente.

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Le shri yantra en trois dimensions

 

4. Yantra dans la pratique tantrique indienne: création, maintenance et dissolution.

Un yantra est avant tout un support d’harmonisation et d’amplification d’énergie. Il est souvent utilisé afin d’accroitre les effets d’une pratique spirituelle et de faire le meilleur usage de certaines phases de cycles naturels ou cosmiques. Il peut être installé de manière plus permanente dans un temple, sur un autel, au pied ou en dessous d’une statue de la déité concernée, il sera alors fait en métal, en pierre ou d’autres matériaux plus permanents. Il peut être aussi peint sur un tissu, sur un mur, etc.
Les yantras et les mandalas peuvent être créés aussi de manière plus éphémère comme support de rituels spécifiques de plusieurs jours. Dans la tradition tibétaine, on va faire usage de sable coloré. La mise en forme des mandalas peut prendre plusieurs jours de travail pour plusieurs moines experts, tant le mandala peut être complexe et détaillé. Dans la tradition indienne, les yantras, peuvent être faits de fleurs quand ce n’est que pour un ou deux jours, de riz colorés ou même être constitués d’éléments vivants: avec une couche de terre et des graines qui poussent dans la terre et qui ont été arrangées selon la forme du yantra. Ils sont créés pour des rituels qui peuvent durer de quelques jours à plusieurs mois.
Dans tous les cas, la création d’un yantra suit des étapes très précises de construction, en respect de règles géométriques parfois très strictes, une attention particulière est donnée aux matériaux utilisés, à leur qualité, etc.
Dans la tradition indienne, au milieu du yantra, on peut placer une lampe à huile. Le yantra peut devenir très élaboré, il peut être composé, en plus du pot principal au milieu, de nombreux pots additionnels qui représenteront différents aspects secondaires pour compléter le yantra (les énergies des différentes directions, des planètes, etc.).
Après la première phase d’élaboration, il y aura une deuxième phase où l’on va insuffler la vie au yantra. Cette phase se fera souvent avec l’aide de mantras, de rituels. La lampe à huile sera alors allumée et le restera pour la durée totale du rituel. Le yantra sera nourri quotidiennement avec par exemple des offrandes de nourriture, des prières, des mantras, de l’encens, du son, de la musique, etc. Il devient alors un support vivant de la shakti, de l’énergie et permet d’amplifier la sadhana des pratiquants. Dans la tradition tibétaine, ils vont parfois faire des danses sacrées, à proximité du mandala, pour invoquer la déité. C’est dans ce sens que les yantras et les mandalas sont vraiment considérés comme des réalités vivantes. On s’y familiarise en le construisant, en apprenant sa symbolique et
progressivement on en absorbe les qualités par la pratique de méditation.
Le processus de création et de maintien d’un yantra/mandala constitue une forme de sacralisation du lieu et des personnes qui y participent, il agit comme une bénédiction pour ceux-ci, plus on est ouvert et réceptif à cette dimension, plus on en bénéficiera.
A la fin du rituel, le yantra et le mandala seront décomposés selon des rituels précis et généralement offerts dans de l’eau, cela peut-être une rivière, un lac, la mer, etc. Souvent ces rituels de fin sont accompagnés d’autres procédures rituelles comme un Yajna (parfois écrit yagna, cérémonie du feu). La déité, l’énergie est invitée à prendre forme dans le yantra ou le mandala, à s’y incarner, elle le vivifie et supporte l’évolution des pratiquants avec l’aide de la répétition des mantras et autres rituels.
Une fois que la période propice est passée, on la libère, on en dissout la forme, en l’offrant à l’eau, elle se résorbe alors dans le non manifesté, une très belle expression du principe d’impermanence de la réalité manifestée.

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Les yantras des dix Maha Vidyas ou les dix facettes de la manifestation du divin féminin (Shakti)

 

5. Utilisation contemporaine:

A côté de cet usage plus traditionnel, on voit aujourd’hui une grande fascination pour ces diagrammes sacrés. Depuis C. G. Jung, l’intérêt pour les mandalas et les yantras n’a cessé de croitre en Occident. Jung peut vraiment être considéré comme un des instigateurs principaux de cet intérêt. Il est un des premiers à en avoir saisi la force et l’importance et à les avoir considérés comme des outils thérapeutiques, comme des figures harmonisantes pour la psyché. Il les désigne comme des images archétypales .
Aujourd’hui, avec le fort développement de la culture du Nouvel Age, on constate un engouement très généralisé pour ces diagrammes. Du simple élément décoratif, on va les voir prendre une place importante dans de nombreux types de méditation, sous la forme de visualisation. Grâce à la technologie informatique, on va aussi en voir des expressions visuelles dynamiques. Le yantra de sa dimension 2D va être exposé en 3D et être mis en mouvement via des animations graphiques.

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6. Pourquoi une telle fascination ? Yantras et le cerveau humain.

On peut affirmer sans trop s’aventurer que les yantras spirituels sont des figures qui, quand on les contemple, génèrent naturellement une synchronisation des hémisphères cérébraux, ils aident à harmoniser notre activité cérébrale, à l’unifier. Ils sont avant tout des symboles au sens premier du terme: ‘symbolon’, ce qui crée l’union, par opposition à ‘diabolon’, ce qui divise, disperse. Souvent leur utilisation comme support de concentration a des effets actifs sur les glandes pinéale et pituitaire. Ils sont sans aucun doute une clé d’exploration de notre psyché. Comme bien d’autres techniques de méditation, ils peuvent être très bénéfiques, à condition bien sûr de savoir les utiliser de manière adéquate. Le vaste champ d’exploration du Tantra est un lieu où il vaut mieux s’aventurer avec l’aide d’un guide, tant sa réalité est complexe et nombreux les risques de s’y perdre. Le tantrisme n’est pas une pratique à prendre à la légère en se contentant d’une connaissance livresque. Les yantras et les mantras sont des outils de transformation puissants, s’ils sont maniés avec prudence. On peut bien sûr explorer le monde des mandalas en les dessinant, en les coloriant sans aucun danger et en tirer déjà de nombreux bénéfices, mais avant de s aventurer dans une pratique plus approfondie, informez-vous.
Bon voyage.

Manu Akshobhia

À Propos de Manu Akshobhia

belge d’origine, diplômé et agrégé en philosophie à l’ULB. Depuis 2003, il enseigne des programmes intensifs de yoga et des retraites de méditation en Asie, Europe et Canada. Formé dans le style d’Agama et Hridaya yoga, il y a découvert une passion pour le Sivaïsme du Kashmir. Depuis 2006, il pratique le tantrisme de la main droite sous la guidance de Rajkumar Baswar, maitre indien. Il est également impliqué dans le mouvement ‘Awaken Love’ et le chemin du coeur avec Prem Baba.



'Yantra: Diagrammes mystiques, figures fascinantes et envoûtantes, une plongée dans le mystère du tantrisme indien.' have 22 comments

  1. 23 novembre 2015 @ 11 h 33 min Edouard

    Des infos que l’on ne trouve nulle part ailleurs, merci !

    Répondre

    • 23 novembre 2015 @ 12 h 42 min Manu Akshobhia

      Merci beaucoup pour le commentaire, c’est agréable de savoir que ce travail est reconnu et apprécié…

      Répondre

  2. 23 novembre 2015 @ 13 h 34 min Nagesh

    Ne pas oublier GANESH, c’est lui le gardien des portes et qui donne l’accès au YANTRA, sans sa permission on va camper à sa périphérie en pleurnichant de ne pouvoir y pénétrer…

    Merci pour cet article de qualité.

    Répondre

    • 23 novembre 2015 @ 13 h 42 min Manu Akshobhia

      Oui, merci de le rappeler, Ganesh est définitivement un archétype primordial dans la compréhension et l’integration du tantrisme indien et de la réalité complexe des temples et des yantras.

      Répondre

    • Yoganova

      23 novembre 2015 @ 18 h 26 min Yoganova

      Vous pouvez précisez le rôle de Ganesha en tant que gardien des portes Naguesh ?

      Répondre

  3. 23 novembre 2015 @ 15 h 24 min Jaya-jyoti

    Merci Yoganova pour cet article très complet et très intéressant !

    Répondre

    • 23 novembre 2015 @ 15 h 38 min Jaya-jyoti

      Et merci aussi à Manu Akshobhia bien sûr !

      Répondre

    • Yoganova

      23 novembre 2015 @ 18 h 24 min Yoganova

      Merci, j’allais vous dire que c’était Manu Akshobia qu’il fallait remercier mais vous nous avez précédé ! 😉
      En tout cas cela fait toujours chaud au cœur de savoir que nos efforts ne sont pas vains.

      Répondre

  4. 23 novembre 2015 @ 20 h 21 min Stephane

    Encore un bien bel article fouillé et clair. Merci pour votre éclairage sur le sujet et bravo pour vos publications.

    Répondre

  5. 1 décembre 2015 @ 22 h 23 min Sudama Nath Aghori

    Parle-t-on de Samyama ou de Samaya?

    Répondre

    • 2 décembre 2015 @ 16 h 49 min Manu Akshobhia

      Samyama, mais peut-être que vous désirez apporter des nuances sanskrites supplémentaires, je ne connais personnellement pas le terme Samaya.

      Répondre

    • Yoganova

      2 décembre 2015 @ 18 h 35 min Yoganova

      Le terme Samaya est couramment utilisé dans le bouddhisme Tibétain, il désigne le lien spécial et sacramentel qui existe entre un Maître et son disciple. C’est particulièrement utilisé dans la voie tantrique du Vajrayana ou ce lien revêt la plus haute importance, le briser c’est s’exposer à de sérieux obstacles sur le chemin.
      Je n’ai jamais entendu parler de Samaya dans un cadre hindou par contre. C’est peut-être de ce samaya là dont vous vouliez parler Sudama Nath Aghori ?

      Répondre

  6. 2 décembre 2015 @ 19 h 10 min Sudama Nath Aghori

    Oui, Samaya désigne l’une des trois écoles du Shri Vidya (Kaula, Samaya, et Mishra). L’approche Samaya désigne l’adoration interne du Shri Yantra. Sans partenaire. La Shakti est intériorisée entièrement de même que le rituel. Pas de supports extérieurs.

    Répondre

    • Yoganova

      2 décembre 2015 @ 19 h 42 min Yoganova

      Merci de vos précisions Sudama Nath Aghori.

      Répondre

  7. 14 décembre 2016 @ 22 h 27 min Adonaï Elohim

    Bonjour,
    Merci pour cet article très intéressant. Votre site est très très joli, j’aime beaucoup le design. C’est rare des designs simples qui marchent avec du contenu. Super !
    J’aurais beaucoup aimé avoir des images des autres yantras existants (union au divin etc). C’est ce que je recherchais en venant ici. Je suis fasciné par ces choses. Je veux en dessiner.
    Je dessine des mandalas depuis quelques temps et je les vends. C’est venu tout seul. Ensuite Il m’est aussi venu naturellement à l’esprit de les bénir (insuffler la shakti comme vous dites, avec prières mantras etc) sans savoir que c’était une pratique traditionnelle et ancestrale. Je souhaite simplement que mes dessins apportent la paix et fassent du bien.
    Je reste humble et je ne fais pas de tours d’apprenti sorcier, je reste sobre et je demande. Mais maintenant vous m’avez mis la pression, j’aimerais être rassuré.

    Alors, le truc c’est qu’au début, ll m’est arrivé de me perdre un peu dans ma pratique de la méditation vu que je n’ai pas eu de maitre (tout le monde en parle tout le temps le guru le guru mais je l’attends moi mon guru, « quand l’élève est prêt le guru apparait » hein, je dois pas être prêt donc je patiente et je pratique. J’aimeais bien avoir un vrai guru !) et que j’ai commencé à méditer par moi-même, en autodidacte, sans personne pour me guider. C’est, comme les mandalas, venu un peu (beaucoup) instinctivement.
    Et puis on voit partout « attention attention ça c’est mieux avec le maitre ça c’est mieux avec un maitre, ils sont ou les vrais gurus? Ou est la logique dans tout ça ? Si on pratique pas on progresse pas et si on ne progresse et alors on est pas prêt pour avoir un guru, non? Donc si on suit ce raisonnement attendre un guru pour commencer à pratiquer sérieusement des activités transformatrices est .. absurde ? SI tous les quêteurs de Vérité devaient attendre patiemment leur guru, qui ne viendrait donc pas, sans rien faire pour évoluer et creuser vers l’intérieur ne serait-ils pas condamnés à la stagnation sans jamais toucher à la joie et au veritable amour? Le guru ultime, le guru des gurus, n’est-il pas intérieur ? Toutes les « erreurs » qui sont faites par le Yogi ne sont-elles pas nécessaires pour intégrer la leçon? Et si les élèves et les autodidactes faisaient en fait les mêmes erreurs, à la différence que les élèves ont l’immense chance d’être guidés par leur guru pour comprendre plus vite que c’était bel et bien une erreur?

    Mon point est celui-ci : « Les yantras et les mantras sont des outils de transformation puissants, s’ils sont maniés avec prudence. » okédac donc je vous demande à vous pour ne pas m’égarer comme avec le yoga (enfin bon tout est parfait je me suis perdu pour trouver mon chemin), si je me mets à dessiner des yantras et que je continue à leur insuffler ma bonne intention vous pensez que c’est OK? Ce sera beaucoup plus fort que des mandalas provenant de mon imagination, non? Est-ce que je dois prendre des précautions?
    Voila, tout ça pour ça.
    Je le ferai de toute manière pour tester mais votre opinion m’intéresse. Vous m’avez l’air de résonner comme j’aime, vous n’êtes pas des « c’est comme si c’est comme ça ».

    J’ai écris un long message et je ne m’en excuse pas, bien que j’ai failli !
    Je veux simplement que vous me guidiez ici, rien de plus.
    Je ne veux absolument pas débattre de quoi que ce soit et cet étalage de réflexions sur les gurus était surtout pour moi en fait, je n’essaye pas de vous convaincre ou de dire que ce que vous pensez n’est pas bien ou autre. En réalité j’aimerais bien avoir un guru avec qui je me sens bien c’est tout. Ceux que j’ai rencontré ne me plaisaient pas, je n’aurais pas pu apprendre avec eux. Je raisonne donc pour me rassurer et me dire que je peux quand même continuer à pratiquer ces activités transformatrices qui sont la base de ma vie sur cette terre. C’est ce que j’ai de plus précieux. Donc si je devais les arrêter parce que c’est « dangereux » ou « risqué » sans guru alors je ne pourrais plus rien faire et ma vie perdrait son sens ! Quel ennui ce serait de vivre alors !

    Merci pour votre réponse et votre aide mes frères et soeurs chéris

    Répondre

    • 15 décembre 2016 @ 3 h 18 min Vincent

      Bonsoir.

      Tu es jeune, tu es sur une voie spirituelle et tu te poses beaucoup de question (qui contiennent déjà par elles-mêmes les réponses), c’est normal. Ne te prends pas la tête avec ces histoires de gurus et tout ce que tu peux lire.
      Tout d’abord, trouver un guru, sincère et honnête (les illusionnistes malhonnêtes sont nombreux) est beaucoup moins aisé que de se procurer une baguette de pain. Certains, n’ayant même aucun moyen de voyager, n’auront peut-être jamais l’occasion de croiser un véritable maître. Et ce n’est pas grave. Qu’est-ce qu’un maître sinon quelqu’un qui a une plus grande avance sur la voie spirituelle et qui peut te permettre d’aller plus vite ?
      Mais en aucun cas l’absence d’un maître ne t’empêchera d’avancer. Si un jour tu en trouve un tant mieux, mais ce n’est nullement une condition pour progresser sur le « chemin ».

      Ensuite, les conseils, les enseignements, sont nombreux, les livres en regorgent. D’ailleurs, les textes traditionnels donnent des indications et directions pour ensuite bien pratiquer. Théorie et pratiques forment une boucle vertueuse. Mais il reste important de garder du bon sens : nous ne sommes pas des robots, nous avons tous une sensibilité propre et il faut parfois savoir prendre de la distance avec ce qu’on peut lire, sinon on risque de se transformer en petit soldat bien obéissant et de prendre un chemin qui n’est pas forcément pour nous. Chaque personne à sa méthode pour avancer donc il faut bien garder à l’esprit que les conseils qu’on peut voir ici et là, les textes etc… ne sont pas un « standard » mais juste une indication.

      Essayes des cours avec différents professeurs de Yoga près de chez toi, essayes des stages ici et là pour approfondir ta pratique etc… et tu verras que tu continuera de progresser. Et si un jour des moyens te sont donner d’aller voyager pour trouver un guru, alors profites en et tu verra ce qui se passe… à moins que tu ne trouve un maître bien plus près de toi que tu ne le penses. Dans tous les cas, ne te mets pas de pression avec le fait de trouver un guru, sinon pour le coup c’est çà qui te freinera. Tu auras toujours le moyen de trouver des enseignements facile d’accès qui te parle.
      J’ai l’intime conviction (ça n’engage que moi) que les êtres humain les plus évolués ne sont pas forcément connu du grand public et n’ont pas forcément non plus eu de guru.

      Ensuite, si tu as envie de dessiner des yantras et des mandalas, alors vas-y. Surtout si tu y insuffles de bonnes intentions. La seule chose que je te conseillerais c’est déjà, si ce n’est totalement le cas, de connaître le sujet à fond, d’expérimenter leurs forces et leurs fonctions en restant lucide, raisonnable et mesuré.

      Bref, sois rassuré. Si tu es motivé et sincère, que tu restes sage (j’entends par sage le fait de savoir rester raisonnable et de ne pas vouloir brûler les étapes) et plein de bon sens et de patience, tu continueras toujours d’avancer, même si tu passes par des périodes de doutes et de stagnation, qui n’ont rien d’anormales, c’est le signe qu’il se passe des choses en toi.

      Répondre

      • 15 décembre 2016 @ 18 h 34 min Adonaï Elohim

        Merci Vincent pour ton joli message, il est tout bien tout cordial tout bien organisé. Il fait contraste avec ma fougue de jeune chiot.

        Je vais créer de ce pas.

        Je serai sage promis ! Tu m’as fait rire.

        Merci bisous

        Répondre

    • 15 décembre 2016 @ 10 h 18 min Kaivalya

      Bonjour,
      Une méthode pour dessiner des Yantras dans l’excellent livre en anglais « Nine Designs for Inner Peace » de Sarah Tomlinson ».

      Répondre

  8. 13 mars 2017 @ 22 h 16 min Hugo

    Absolument fascinant. Il m’est arrivé de voir des yantra lors de méditation par visualisation, alors que je n’avais pas encore pris connaissance du concept même de Yantra. Article très éclairant, en tout cas, merci !

    Répondre

    • 23 mars 2017 @ 12 h 43 min Manu Akshobhia

      Bienvenu, le phénomène de voir des yantras, mandalas pendant des méditations ou en rêves est en effet fascinant, surtout du fait de leur spontanéité. Il peut considéré comme un phénomène d’unification mentale, la manifestation d’un archetype, d’un symbole qui agit comme un passage, un pont vers un niveau d’intériorisation plus profond, vers la presence à l’être. Ce type de phénomène est surtout présent quand on est de tempérament plus visuel. Bonne continuation sur la route méditative.

      Répondre


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Ouvrez vos chakras et ayez conscience de vos limites.

C'est l'une des études les plus conséquentes disponibles à ce jour sur la pratique du yogae t les blessures qui peuvent en résulter. Menée par deux chercheurs en traumatologie et épidémiologie de l'université d'Alabama de Birmingham, il en ressort que le yoga n'est évidemment pas le sport le plus traumatogène du répertoire, mais qu'il n'est pas pour autant dénué de risques. Et que les yogistes ayant dépassé les 65 ans doivent redoubler de prudence, car ce sont eux les plus vulnérables aux entorses, élongations et autres fractures. Le travail de Thomas A. Swain et Gerald McGwin, rassemblant quatorze ans de données récoltées aux États-Unis, montre aussi que le yoga a gagné en popularité sur la période, et que la fréquence des blessures s'en ressent. En moyenne, elle était de 10 pour 100.000 participants en 2001 et grimpe à 17 pour 100.000 en 2014. Après 65 ans, cette incidence –58 pour 100.000– est bien plus élevée, avec trois fois plus de fractures que pour les autres classes d'âge. Pour les individus âgés de 45 à 64 ans, elle est de 18 pour 100.000 et de 12 pour 100.000 pour ceux de 18 à 44 ans.
«Les blessures liées au yoga sont relativement rares, explique Swain, et comme on aurait s'en douter, l'incidence a tendance à monter avec l'âge du participant. Nous avons aussi observé que le taux de blessures augmente sur la période, ce qui pourrait traduire une plus grande popularité du yoga, avec davantage de personnes inexpérimentées qui ne prennent pas les précautions d'usage pour éviter les problèmes.»
Swain recommande de «consulter son médecin avant de débuter le yoga, d'être prudent et de connaître ses limites personnelles». Des limites que bon nombre de pratiquants débutants sont à même d'ignorer car «le yoga est bien plus difficile et exigeant qu'on le pense», précise McGwin. Au total, ce sont 29.590 blessures que les chercheurs ont répertoriées. Près de la moitié (45%) sont des entorses et le haut du corps est visiblement la zone la plus fragile.

Du yoga au travail….

21 septembre 201621 septembre 2016
yoga au bureauVous pouvez aller travailler ! » La séance d'une heure est terminée. Paula Taylor, professeur de yoga du réseau de coachs sportifs Fizix, libère ses douze élèves. Du chef sommelier à la femme de ménage, les 550 salariés du Bristol peuvent participer gratuitement à ce cours. Organisé dans une petite salle climatisée réservée aux employés, il coûte entre 80 € et 120 € au Comité d'Entreprise du palace. « Le point fort, c'est qu'il y a une homogénéité des groupes et ça crée une dynamique », se félicite son secrétaire adjoint Damien Largeau.   Collé serré   « On peut rencontrer des collègues d'autres services », renchérit Lucie Demai, hôtesse d'accueil. Allongé à sa gauche sur un tapis, Tony Le Douigou, dont elle n'a jamais été aussi proche, en est à son deuxième cours. « C'est plus apaisant que d'aller courir, observe le demi-chef de rang. Idéal pour se détendre avant de commencer le travail, de 16 heures à minuit ».   Debout depuis 7 heures du matin, le directeur d'achats Thomas Trucheret est en nage à la fin du cours, mais il savoure cette coupure en milieu d'après-midi : « J'aborde sereinement la deuxième partie de journée, sur le plan profesionnel et à la maison avec mes trois enfants ». Et de conclure, sourire en coin : « Le stress retombe. C'est parfait  : avec notre clientèle exigeante, il faut être très réactifs. » Voir l'article

Musculation et yoga, nouvelle mode made in US

23 août 201623 août 2016
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De nombreux hommes adeptes de musculation délaissent les poids et haltères pour des matelas de yoga, prenant le pas de l'intérêt grandissant pour une variante plus virile du yoga traditionnel, le «broga».

Le yoga, activité vieille de plusieurs millénaires, était autrefois pratiqué exclusivement par des hommes. L'activité physique «mâle» de l'ère moderne est aujourd'hui tout autre. «Le yoga se résume à bien plus qu'à des femmes qui se contorsionnent tels des bretzels végans», a lancé l'entrepreneur qui a fondé les cours de Jock Yoga, Michael DeCorte. Le centre d'entraînement Equinox de Toronto offre ces séances d'entraînement qui unissent les salutations au soleil à la musculation. De plus en plus de professeurs de yoga tentent d'attirer davantage d'hommes dans leurs classes en proposant des exercices qui misent sur la force plutôt que la flexibilité. Les adeptes de yoga sont constitués à 70% par des femmes, selon une étude de l'institut Ipsos publiée en 2016. M. DeCorte estime malgré tout que 50 à 85% des sportifs qui assistent à ses ateliers de Jock Yoga sont des hommes. D'autres centres de type «broga» essaiment un peu partout au pays. Jo-ga, à Halifax, Yoguy, à Vancouver, et le studio montréalais Mudraforce - où l'activité se pratique en toute nudité- ont notamment vu le jour. Une compagnie basée au Massachusetts, Broga yoga, détient un brevet sur l'emploi du mot-valise. L'entreprise se vante d'avoir plus de 12 000 clients et 500 professeurs à travers le monde, notamment par ses cours offerts par le biais de vidéo en ligne. Selon l'instigateur du «broga», Robert Sidoti, nombre d'hommes sont attirés par les bienfaits du yoga, mais craignent d'avoir un air efféminé en prenant la position du lotus.
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Le dalai lama juge qu’il y a trop de réfugiés en Europe

31 mai 201631 mai 2016
Dalai lama trouve qu'il y a trop de réfugiés en EuropeLe dalaï-lama a estimé qu'il y avait à présent "trop" de réfugiés en Europe après la vague d'arrivée l'an dernier et que ces migrants cherchant protection ne devaient rester que provisoirement sur place, dans une interview publiée aujourd'hui en Allemagne. "Quand nous regardons le visage de chaque réfugié, surtout ceux des enfants et des femmes, nous ressentons leur souffrance et un être humain qui a de meilleures conditions de vie a la responsabilité de les aider. Mais d'un autre côté, il y en a trop à présent" en Europe, a déclaré le chef spirituel des Tibétains au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. "L'Europe, l'Allemagne en particulier, ne peut devenir un pays arabe, l'Allemagne est l'Allemagne", a-t-il ajouté, en référence au fait qu'une majorité des migrants vient de pays arabes comme la Syrie ou l'Irak. "Il y en a tant que cela devient difficile sur le plan pratique. Et sur le plan moral, je trouve aussi que ces réfugiés ne devraient être accueillis que provisoirement. L'objectif devrait être qu'ils retournent (dans leur pays) et aident à reconstruire leur pays", a estimé le dalaï-lama, qui vit lui-même en exil en Inde depuis plus de 50 ans. L'Allemagne a accueilli l'an dernier un nombre record d'un million de réfugiés. Source Le Figaro

Tendance: le yoga en moumoute et chaussures de ski…

6 avril 20166 avril 2016
ski_yoga_poseLe murmure du torrent et le chant des oiseaux dans les bouleaux apaisent déjà. Dans le décor vivant du Plan de l’Eau, aux Menuires, se déroule la randonnée «yoga et raquettes», encadrée par Brigitte Ruff, accompagnatrice en montagne, et Anita Thevenot, masseuse ayurvédique. Après une première marche dans la poudreuse, telle une page blanche, une première pause est consacrée à des exercices d’étirement. Le groupe, limité à douze personnes maximum, forme un petit cercle. Raquettes aux pieds, on tend et on étire ses bras vers le ciel. Profonde inspiration, puis on relâche totalement son buste et ses membres supérieurs jusqu’à frôler la neige. Pendant une quinzaine de minutes, Anita aide chacun à prendre conscience de son corps. «La montagne, avec son paysage somptueux et son air pur, offre un cadre idéal pour pratiquer le yoga pranayama, qui met l’accent sur la respiration», précise-t-elle. On repart ensuite plus détendu, attentif aux empreintes d’animaux et au silence, seulement rompu par le bruit feutré des raquettes. Plus loin, c’est la posture de la salutation au soleil. Un long et ressourçant déroulement du corps, pratiqué plusieurs fois, après avoir déchaussé et s’être installé sur un petit tapis de yoga, prêté par Anita. Les deux autres pauses zen sont consacrées à des exercices respiratoires et à de la méditation, assis en tailleur. Lancées l’an dernier au départ de la station de Val Thorens, ces randonnées bien-être hebdomadaires, de trois heures, affichent complet. Les clients? Souvent des femmes, n’ayant jamais pratiqué le yoga ou même les raquettes, mais curieuses de découvrir cette balade hybride. Morzine mise aussi sur l’engouement autour du yoga. Probablement inspirée par la station suisse d’Engadin St. Moritz qui lançait en 2014 la première piste de yoga du monde, Morzine propose cet hiver la piste des yogis, un itinéraire bleu de 2400 mètres jalonné de dix emplacements pour pratiquer des postures relaxantes, sans forcément ôter ses skis. Enfin, sous le nom de marche afghane, évocateur de montagne loitaine, la station de Samoëns invite à une sortie en raquettes accompagnée par un professionnel. Durant cette randonnée, le travail constant sur la respiration facilite la gestion de l’effort en altitude et relaxe. Les activités bien-être en montagne ne se résument plus à des papouilles et des bains bouillonnants dans des centres aqualudiques mais tirent parti, enfin, d’un environnement unique. Voir l'article sur le site de Libération

Le paradoxe Vegan de la femme branchée.

2 novembre 20152 novembre 2015
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Assez régulièrement ( et de plus en plus ) je vois des gens arriver à un mode de vie vegan ( ce qui en soit est plutôt bien ) mais ce que je trouve étrange c’est souvent le paradoxe éthique assez flagrant et parfois cliché.
Pour commencer, beaucoup des végan avec qui j’ai les échanges les plus houleux sont souvent des filles, entre 20 et 30 ans, « converties » depuis assez peu de temps.
Autant je crois sincèrement aux bienfondés de ce mode de vie lorsqu’il est choisi et pensé de bout en bout, autant je suis souvent confronté à des situations de fort malaise lors de nombreux échanges.
Cela se manifeste par plusieurs choses récurrentes : le prosélytisme, la suffisance et l’incohérence.
Je vais dresser un portrait caricatural pour essayer de bien faire comprendre ça … ( pour ce faire je ne vais que juxtaposer des éléments issus de posts ayant défilé sur mon fil d’actualité perso )
Faisant la queue pour avoir son café-pumpkin starbuck, elle attend en faisant un petit selfie marrant pour montrer son nouveau bonnet en coton bio.
Elle poste ça en ligne avec son nouvel iphone.
Un peu plus tard elle rentre chez elle, se fait un petit smoothie banane, mangue et lait de coco, le tout dans un super blender trouvé sur amazon.
Un petit tour sur son compte instagram nous fera découvrir sa garde robe pour constater que toutes les fringues sont bio. Comme tout est bio, le label "équitable" est apposé sur son chocolat, son café et ses épices.
Plus tard, un passage sur son compte facebook nous montrera de nombreux partages militant où on voit combien l'industrie agro-alimentaire est trash (les vidéos le montrent très bien assurément … (ne pas aller sur une page d'une végan à l'heure du repas !).
On la verra également se réjouir de la fermeture d'un abattoir, voyant le signe d'un réel progrès pour "la cause".
Elle prend soin d'elle, les statistiques publiées sur ses joggings grâce à l'application embarquée dans ses nike en sont la preuve ! Et après une bonne douche avec un savon Lush elle sent super bon le fruit de la passion.
Et ce soir après cette belle journée elle se fait un petit plaisir : un steak végétal. Tellement bien fait qu'on dirait trop de la viande (mais sans la souffrance animale) ! Un petit bout de "Faux-mage" à base de noix de cajou et un avocat. Et en dessert un petit bout de chocolat équitable.
Elle a le sourire en préparant ses vacances en Thaïlande en achetant sont billet en ligne sur son macbook, avec son chat sphinx qui ronronne sur ses genoux et peux enfin aller se coucher, en paix avec elle-même et ses convictions … aujourd'hui encore, elle n'a été la cause d'aucune souffrance animale.
Et là je vous vois venir avec un "Heuuu mais Samten, il est où le problème, je ne vois pas trop où tu veux en venir … elle a l'air plutôt cool la nana là … non ?"
Oui oui elle est cool ! Et c'est vraiment chouette que par son véganisme elle se sente impliquée dans la cause animale, le progrès et l'évolution de l'humanité à des hautes sphères de conscience et d'empathie !
MAIS … Et hélas c'est là que le bât blesse…
Son café est issu de la souffrance des hommes, d'une production qui détruit l'environnement dans lequel il est produit et contribue au déséquilibre nord-sud où la domination occidentale est vécue de plein fouet par les producteurs-esclaves.
Son téléphone est issu d'une production où les métaux rares sont également issus de productions où les hommes sont traités en esclaves dans des mines aux conditions abominables. En plus l'obsolescence perçue fait qu'elle changera de téléphone alors même que ce dernier sera encore tout à fait fonctionnel.
Elle se réjouit de la fermeture d’un abattoir sans réaliser que le nombre d’animaux abattus restera inchangé ... le seul changement sera que ces pauvres bêtes devront parcourir encore plus de distance dans le transport final ... l’élément souvent le plus traumatisant pour l’animal (mais aussi pour l’éleveur qui respecte ses animaux).
La banane de son smoothie provient d'équateur, issue d'une terra-formation imposée par les États-Unis pour que ces pays ne viennent pas concurrencer la production de maïs OGM. La mangue provient d'Inde et a peut-être véhiculé des parasites qui détruisent nos vergers. L'avocat provient d'Israël et le lait de coco de Thaïlande, finançant les deux des régimes politiques discutables. Les transport “bio” n’existe pas ... les bateaux délestent en pleine mer, les camions brulent du gasoil et dans les deux cas il y a un paquet de dommages collatéraux. Ben oui, combien de dauphins pris dans les pales des bateaux, de biches , d’oiseaux, de hérissons percutées, écrasés pour que nos fruits exotiques arrivent à bon port ?
Son blender vient de chine, assemblé dans une usine où les gens sont traités comme de la marchandise et payés une misère et acheté sur un site qui bafoue le droit du travail à longueur de temps.
Ses habits, comme sa nourriture, ont parcouru des milliers de kilomètres pour être parfois produit avec des produits chimiques (malgré les labels bios affichés) et cousu par des enfants, au même titre que ses nikes.
Sa fausse viande et son faux fromage sont issus de productions industrielle et chimique pas forcément très saine et de loin pas locale
Son chat provient d'un élevage de croisements génétiques et nourrit avec des boites industrielles (et là autre paradoxe : doit-on imposer le véganisme aux animaux … ah ben non ce serait aller à l'encontre de leur nature, dans ce cas là c'est pas pareil)
Son billet d'avion compensera le bilan carbone de son véganisme.
A côté de ça j'essaie d'imaginer une personne qui consommera bio, local, de saison avec, certes de la viande de temps en temps (mais qui vient d'un paysan qui connaît toutes ses bêtes) qui portera ses fringues jusqu'à l'usure, n'aura que le strict nécessaire chez lui, pas de robots ménagers dans tous les sens, pas d'ordi, pas de fruits exotiques … et qui pourtant sera la "cible" des végans en raison de son manque de conscience et de sensibilité… et là je me dit qu'il y a un soucis dans la manière qu'ont les végans de mener leur "combat" …
Je me dois de rajouter un GROS P.S. à ce texte : je ne me considère absolument pas comme étant moi-même éthiquement irréprochable, loin de là ! J'essaie de faire au mieux ma part en restant un maximum cohérent entre mes convictions et mes capacités de consommation. Mais par contre l'issue de mes réflexions, de mes pensées, mes idées, je les PARTAGE. J'espère que parfois ma vision des choses en convainc certain mais je considère toujours que les choix éthique sont personnels et que nous ne pourrons jamais être irréprochables sans devenir extrêmes et sans s'extraire totalement du système, ce qui n'est pas ma volonté, au contraire, j'espère pouvoir être le témoin d'évolutions du système dans "mon" sens quitte à devoir faire des compromis, mais que je choisis.
EDIT : suite à l’engouement et aux nombreux comm qu’a suscité cet article aux différents endroits où il a été partagé et comme ça a dépassé le cercle des gens qui me connaissent, je me dois de me présenter pour permettre de contextualiser éventuellement cet article. Pour commencer je dois moi-même faire face à de nombreux paradoxes de consommation lié à mon choix de travail : étant photographe j’ai en effet beaucoup de matériel technologique ( ordinateurs, tablette, appareils photos ... ) qui ont un cout éthique important. Je n’ai pour le moment pas trouvé de solution pour ce pan là. J’ai passé plusieurs période de ma vie à appliquer un régime végétarien et un mode de vie assez proche des principes végétaliens sous pas mal d’aspects. Je me considère comme étant assez impliqué dans les domaines de la réflexion sur nos modes de vies, nos interactions avec l’environnement. J’ai un très grand intérêt pour la permaculture, les productions équitables ( je ne parle pas des labels qui spolient le terme ). Suite à de nombreuses réflexions j’en suis venu à avoir un mode de vie où les choix alimentaires et de consommation générale sont souvent mis dans la balance du pour et du contre au moment de l’acte d’achat. J’ai également un régime alimentaire qui est aussi très “fashion” car j’ai une alimentation principalement axée sur les principes du Dr Seignalet, à savoir sans gluten, sans produits laitiers, sans sucres raffinés ( mais je n’en fais pas un dogme, je m’accorde des exceptions si je n’ai pas le choix ou même si simplement j’en ai envie), je suis venu à ce régime il y a plus de 7 ans pour des raisons de santé et il m’a apporté beaucoup de choses ( j’en discute volontiers avec ceux qui s’y intéressent ). D’autres principes alimentaires font également parti de mes convictions, principalement le fait de consommer local, de saison et bio ( et dans ma région ça veux dire qu’il faut aimer le choux et les poireaux ). Je porte avec moi un assez lourd bilan carbone car j’ai beaucoup voyagé, mais ces voyages m’ont permit en contre partie d’apprendre énormément de choses sur l’humain, la nature, les interactions entre les deux, mais surtout pour réaliser qu’il n’existe pas de valeurs “universelles” ... partout les gens ont des convictions qu’ils sont parfois prêt à défendre avec armes et sang ! J’ai aussi vu qu’il y a un réel angélisme de la part des gens qui vivent leur conviction depuis le fond de leur canapé ikéa ... car à travers le monde j’ai été témoin de la violence , partout sous un nombre inimaginable de formes ! Les seuls moments où j’ai eu la sensation de m’en extraire on été ceux où j’ai été seul face à la nature, loin du fait des Hommes ! J’ai vu plus d’amour et de respect chez une productrice de bœuf bio en France qu’envers des vaches “sacrées” au Népal. J’ai recommencé à manger de la viande en voyage, lorsque j’ai été reçu par des gens qui n’avaient rien d’autre à me proposer et qu’il aurait été plus que déplacé de dénigrer ce geste pour mon petit confort intellectuel. Et puis j’ai appris à reconnaitre qu’il y a de réelles différences entre les modes de production et que cela impact directement nos valeurs et notre environnement, j’y suis de plus en plus attentif et rencontre des gens merveilleux depuis. Comme je l’ai dit à de nombreuses reprises, je trouve merveilleux que de plus en plus de gens s’intéressent aux modes alimentaires “alternatifs” ( qu’ils soient végan, végétariens, sans gluten, bio ... ) car ça montre que les gens ne prennent plus tout pour argent comptant. Mais je prône également la coexistence et l’évolution douce. C’est souvent en ça que mes avis divergent avec les militants ( végan ou autre) sur les manières d’agir : Les études en neuroscience montrent que face à une démonstration de la violence (vidéo d’un abattoir par exemple), le cerveau d’une personne non préparée, vivra ça comme une agression ... mais au lieu d’obtenir un électrochoc contre le système, le trauma sera dirigé contre la personne qui lui aura fait vivre ce trauma... avec un effet inverse à celui désiré... mais je m’égare à parler de ça.
Bref, je tente juste de faire avec les outils à ma disposition pour rester le plus cohérent possible entre mes choix, mes croyances, mes moyens et mes aspirations. Jonglant moi-même avec certains paradoxes.
EDIT 2 :
Je n’ai hélas rien inventé pour créer ce personnage fictif ! juste pris quelques éléments sur différents posts de mes contacts ... j’ai même été assez soft pour qu’on ne pense pas que j’exagère le trait ! Et pour celles et ceux qui me font la critique d’avoir choisi une femme plutôt qu’un homme c’est pour la même raison ( qui n’est pas lié à une réalité statistique et objective ) : je n’ai pas eu autant d’occasion de voir ce type de posts et de profils dans mon fil d’actualité.