Squelette faisant du yoga

6 bonnes raisons d’arrêter d’être obsédé par l’alignement parfait !

Si il y a un sujet propre à la polémique dans le milieu du yoga, c’est bien celui du juste alignement durant la pratique des asanas. D’une école à l’autre, les opinions différent grandement, à tel point qu’elles paraissent parfois irréconciliables.
Telle lignée porte une attention tatillonne aux moindres détails d’une posture quitte à mettre au second plan des pans entiers de la tradition , telle autre  n’éprouve qu’un intérêt très relatif pour ce sujet bien trop « terre à terre », exposant par une sorte de dédain « spiritualiste » leurs adeptes aux blessures.
Nous vous proposons un article qui fait le tour du web anglophone depuis plusieurs semaines et qui à eu le mérite de créer le débat sur ce sujet. Bonne lecture.

« Comme tout le monde, nous recommandons d’enseigner et de réaliser les asanas (postures de yoga) de manière à diminuer les risques de blessure. Bien sur, la posture se doit d’être reconnaissable; si vous ressemblez à une brouette alors que vous faites la pose du cobra (Bhujangasana) il y a de grandes chances que vous la faites mal.
Néanmoins, il est bon de rappeler que les asanas  ne sont pas le but ultime du yoga mais un simple outil. Dans les Yogas-Sutras, Patanjali nous rappel que la posture parfaite est confortable, stable et totalement détendue. Il ne parle pas d’alignement ou de symétrie.

Aujourd’hui, la plupart des enseignants se concentrent presque exclusivement sur les asanas et sur leur impact sur le corps physique. En tant que professeur de yoga, je comprends tout à fait la nécessité d’étudier l’anatomie et la physiologie. Après tout, un asana est aussi une pratique physique.
Comprendre le corps humain; ses capacités et ses limitations, aide l’enseignant à guider ses étudiants sans danger. C’est aussi très utile pour la création de séquences équilibrées et pour savoir  adapter les postures selon les capacités de l’élève.

8348934842_d655a00dc9_zMais en plaçant tout notre attention sur le corps physique, nous ignorons les nombreux bénéfices de la pratique sur le mental et sur l’esprit.
Exécuté correctement, couplé avec la respiration et avec un mental concentré, la pratique d’une posture peut et doit devenir une forme de méditation.

Le yoga est comme un joyau, il possède de nombreuses facettes. Certaines d’entre elles vont bien au-delà de la simple posture physique, dans la respiration, la méditation, et bien d’autres pratiques orientées vers la transformation du yogi.
Etre « obséder » par l’alignement c’est se condamner à rester bloqué au niveau physique de la posture. C’est aussi souvent ,s’alourdir de détails qui n’apportent pas grand chose, ni au niveau sécurité ni au niveau esthétique.

J’ai personnellement assisté à des cours où l’enseignant passait 15 minutes à rappeler l’importance d’un alignement parfait du corps pour Tadasana, le troisième orteil devant « absolument » être placé dans une position parfaite par rapport à la cheville. Ce genre de détail n’apporte rien au niveau sécurité, il ne rend pas non plus le cours plus intéressant, il fait simplement perdre quinze précieuses minutes de pratique.

Mais au delà de la perte de temps, voici quelques raisons pour lesquels il me semble que cette obsession de l’alignement est souvent excessive.

1)L’anatomie oui, mais de qui ?

L’anatomie est une science inexacte, il n’y a pas deux corps qui se ressemblent. Nous avons tous des qualités et des faiblesses qui nous sont propres. La structure articulaire par exemple, diffère grandement d’une personne à l’autre.
Il y a pourtant de nombreuses écoles qui ont une approche à sens unique et sectaire de l’alignement !
C’est limitant pour la plupart des étudiants et humiliant pour d’autres. Ignorer, par exemple, les grandes variations du squelette et du système musculaire des étudiants peut même devenir dangereux. Dans certains cas, c’est même irresponsable !

Presque toutes les postures peuvent être modifiées pour s’adapter à un type particulier. Adhérer à un seul principe d’alignement  exclut ceux qui ne peuvent pas encore être assez souples ou forts, et ceux dont la structure physique freine la mobilité.

2) On se concentre trop sur la perfection

Se concentrer exclusivement sur ​​l’alignement parfait conduit, tôt ou tard l’étudiant à l’échec. Si la perfection devient la norme , les pratiquants sont condamnés d’avance, cela peut même créer une grande anxiété .
Je l’ai vu avec certains styles de yoga, ou une pose doit être effectuée «parfaitement» ou pas du tout. Cela à sans doute du sens si vous êtes en compétition aux Jeux olympiques. Mais c’est de la gymnastique, surement pas du yoga !
Le yoga ne peut pas être jugé et classifié, et ce n’est certainement pas une question de performance.

La meilleure façon d’apprendre à faire du yoga, c’est de pratiquer le yoga, même si cela signifie exécuter une variante plus simple de la posture.
Tenir une pose parfaitement n’est pas forcément synonyme d’un alignement parfait. La perfection dans l’asana est obtenu lorsque le pratiquant effectue l’asana au mieux de sa capacité, dans le confort et la stabilité prescrits par Patanjali.
En unissant la posture juste avec la respiration et un esprit calme, l’asana devient méditation.

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Quand on dit attaché….

3) On s’attache à l’enseignant

Il y a longtemps, j’ai participé à une classe spécialement consacré aux alignements. A chaque posture, le professeur m’informait que je l’exécutait mal mais sans me préciser ce que je « faisais mal » et sans me montrer la « bonne façon » de faire.
Quand je lui demandai de me montrer la posture correcte, il m’ignorait. Je n’y suis jamais retourné mais j’ai compris comment certaines personnes pouvaient continuer leur apprentissage avec lui . Après tout, si il pouvait voir les « erreurs », il devrait être aussi en mesure de les corriger. Cette façon de faire joue sur les insécurités et les doutes de l’étudiant.

Si votre professeur de yoga vous dit que vous faites mal, mais ne vous dit pas exactement qu’est ce que vous faites mal, ou comment vous corriger, je vous conseille de déguerpir vite fait!
Utiliser les peurs de ses étudiants pour pouvoir payer la location de son studio en centre ville est moralement condamnable.
Un enseignant sincère veut aider ses étudiants à dépasser leurs propres capacités, certainement pas les rendre dépendants.
L’unique raison pour aller dans un cours de yoga est de pratiquer. Votre professeur n’est certainement pas totalement « éveillé » donc concentré vous sur votre pratique et faites du mieux que vous pouvez pour grandir intérieurement et progresser.
Ne vous donnez pas tout entier à un enseignant, il est un guide et non pas le but lui même.

4)Cela nous retarde dans notre évolution.

Dans ma lignée, on ne s’occupe pas de l’alignement au delà du minimum nécessaire pour pratiquer sans danger.Et pourtant, je peux et j’ai déjà enseigner à des milliers de personnes, des poses « avancées » sans aucun accident.
Quel est mon secret ? Il suffit de faire au mieux de votre capacité. Parfois, on a besoin d’accessoires et parfois quelques judicieux conseils suffisent. Les différents asanas ne peuvent être appris que par la pratique.
Si vous devez attendre de maîtriser « parfaitement » une posture avant de pouvoir commencer à en  travailler une autre, vous pouvez parfois attendre des années et pendant ce temps votre corps perd force et souplesse.Et d’ailleurs, combien de temps souhaitez vraiment vous consacrer à Tadasana?
Le meilleur moyen d’apprendre un asana « avancé » est de le pratiquer. Un enseignant expérimenté n’est nécessaire que pour vous aider à « entrer » dans la posture et à vous aider à progresser. Et ce n’est parce qu’il peut la faire « parfaitement » qu’il sera forcément apte à l’enseigner.

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5) On « pense » à la posture au lieu de la « sentir ».

Le vrai pouvoir des asanas ne se trouve pas dans l’esthétique de la posture mais dans le flux des énergies subtiles qu’ils stimulent dans le corps.
Quand l’enseignant focalise sur l’alignement en donnant moult et moult détails, cela nous ramène immanquablement dans le mental.
Au lieu de « sentir », ils pensent !  Se demandant si ce qu’ils font est correcte et jetant de temps à autre des regards angoissées vers le miroir ou vers un camarade de classe.

La posture doit devenir méditation, et dans la tradition « yogique » elle a un grand rapport avec la concentration. Donner trop d’explications et faire trop de corrections pendant la pratique d’un asana ne peut que distraire le pratiquant.

Le but du Yoga est de transformé l’être et de lui faire découvrir le « Soi ». Par le Hatha-yoga nous apprenons à contrôler le corps et la respiration avant de pouvoir contrôler le mental. Si l’enseignant passe son temps à remplir le crâne  de ses étudiants au point que leurs cervelles se mettent à fumer, on peut dire qu’il aura échoué lamentablement.

6)Vous n’irez jamais au delà des asanas. 

Se focaliser uniquement sur  les aspect physiques et visibles du yoga, c’est le limité. Cette tradition est vaste, et ses formes nombreuses.
Si le Hatha-Yoga préconise la pratique des asanas, il inclut également le pranayama, la méditation et bien plus…

Les écoles qui portent une grande importance à l’alignement oublient souvent la pratique du pranayama et de la méditation. Ce n’est pas une critique mais une simple constation.
C’est sans doute dû au fait que ni l’un ni l’autre ne peuvent s’expliquer à l’aide planches anatomiques ou de principes physiologiques.
La méditation peut avoir des effets « secondaires » d’ordre physique et  les effets du pranayama sur le cycle respiratoire peuvent être étonnant mais l’immense pouvoir de transformation de ses pratiques transcende les limitations du monde matériel et physique.
Le Yoga signifie bien plus que d’avoir une belle silhouette et de « péter » de santé. C’est une pratique spirituelle !
Si on se focalise sur le physique, on perd de vue la valeur du yoga.

Utilisons donc notre corps comme un véhicule mais pas comme une fin en soi. De toute façon, le culte porté à nos corps finira par nous paraître bien futile quand le temps sera venu de l’abandonner.

Alors plutôt que « d’aligner » les os et les organes, alignons donc nos esprits et nos âmes en résonance avec  notre « Etre » profond.
Et pratiquons le Yoga, pas seulement des asanas ! »

Maya Devi Georg & Chris Kourtinatos

Article librement traduit par nos soins, nous avons pris garde de respecter le sens du texte tout en prenant quelques libertés de style.
Il est consultable dans version originale en anglais: ICI

Si vous l’avez loupé, nous vous recommandons de lire notre article : « Le yoga moderne est il authentique?« 

Et comme d’habitude que vous soyez d’accord avec l’article ou non, les commentaires sont ouverts.
Nous adorerions connaitre la position de nos lecteurs sur ce sujet.



'6 bonnes raisons d’arrêter d’être obsédé par l’alignement parfait !' have 13 comments

  1. 29 octobre 2014 @ 22 h 48 min Marie Ghillebaert

    Je pense qu’un cours de yoga peut être abordé de différentes manières.
    Selon moi, celui qui s’intéresse profondèment au yoga et qui souhaite développer une pratique complète devrait rechercher la complémentarité entre un cours disons plus technique dans lequel les asanas sont décortiquées afin d’en comprendre théoriquement et empiriquement les fondements et un cours plus fluide dans lequel les postures s’enroulent autour du souffle avec la seule conscience des ressentis personnels comme fil conducteur.
    Autrement dit, j’aurai tendance à distinguer deux types d’enseignement (ce qui ne les empêchent pas de cohabiter au sein d’un même cours).
    D’une part, un enseignement presque sous forme d’atelier de posture où l’on va porter l’accent sur les détails de la posture et où le professeur va chercher à ajuster le pratiquant dans la posture afin qu’il puisse ressentir ce qui se passe en lui tandis qu’il est installé dans cette posture.
    D’autre part, un enseignement plus libre dans lequel lequel le pratiquant est invité à trouver en lui son propre chemin vers la posture et à s’approprier cette dernière.
    Finalement, tout dépend de la manière dont on oriente son regard : partir du yoga et faire en sorte que le pratiquant s’adapte aux conventions qui définissent chaque posture ; ou partir du pratiquant et faire en sorte que le yoga s’adapte à ses propres particularités (en proposant donc des adaptations en fonction de ses potentiels et de ses limitations).
    Sans pour autant être obsédé par l’alignement, saisir ce que celui-ci implique est essentiel dans la mesure où justement cet alignement n’est pas le fruit du hasard. En effet, associé à une respiration fluide et consciente, l’alignement spécifique du corps dans la posture va favoriser l’harmonisation de la circulation énergétique dans les nadis (les canaux énergétiques qui traversent notre corps). On le sent d’ailleurs à mesure où notre pratique évolue. Plus nous avançons, plus nous nous trouvons dans un alignement juste (toujours associé à l’attention soutenue sur le corps et le souffle), plus nous ressentons les fabuleuses transformations que le yoga tisse en nous.
    Cependant, un pratiquant peut très bien réaliser les postures au cordeau mais, faute de lien entre son corps, son souffle et sa conscience, rester en surface, uniquement focalisé sur le plan le plus grossier de sa pratique (anna maya kosha, le corps physique). En revanche, un pratiquant peut sembler être « à côté » de la posture, établi dans une version vraiment approximative de celle-ci mais pourtant en saisir toute l’essence parce que pleinement connecté à ce qui se passe en lui à l’instant même où il vit la posture et où la posture vit en lui. Et parfois, instant de grâce, le corps installé dans l’exactitude de la posture est en communion à la fois avec le souffle qui circule en lui et avec l’Esprit éveillé à cette fusion dans laquelle on ne sait plus trop bien si c’est le corps qui contient le Souffle ou si c’est le Souffle qui contient le corps…
    Voilà ce qui me paraît peut-être un peu dommage dans cet article : une dichotomie un peu trop franche entre le corporel et le spirituel. Certes, se consacrer au corporel en considérant le yoga comme une quelconque pratique physique reviendrait à se priver de toute la subtilité que peut nous offrir notre pratique. Mais, dénigrer et dédaigner l’aspect postural au profit de la supériorité hégémonique de la dimension spirituelle n’est, d’après moi, pas une meilleure idée.
    Notre corps est changeant et périssable, s’attacher uniquement à lui, à sa forme, à ses performances nous éloignerait de notre nature profonde. Ceci dit, si par ma propre expérience, j’ai bien appris quelque chose c’est qu’il est impossible d’être un pur esprit débarrassé de son enveloppe corporelle : nous avons besoin de notre corps pour accéder à la spiritualité. Et en cela, le yoga est un formidable outil : transcender notre corporalité pour sacraliser notre incarnation.

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  2. 30 octobre 2014 @ 9 h 38 min Bertille

    Il ne faut pas se leurrer, que cela soit conscient ou non, nous éprouvons une forme de fierté quand la posture demandée est exécutée parfaitement, ce qui n’ai pas mal en soi. Mais comme toutes choses a son opposé, nous connaissons alors la frustration, voir l’envie, la jalousie quand notre voisin de tapis, pourtant seulement inscrit au cours depuis 1 mois réalise un Asana bien mieux que nous.

    Nous nous inscrivons alors dans une logique de jugement de nous, des autres, qui nous met dans un état d’incertitude « est-ce que je fais assez bien? ». Cet état nous empêche alors d’entrer dans la partie méditative de la posture, et d’avoir un regard bienveillant sur nous même et donc sur les autres.

    Alors je vous lance un défi, lors de votre prochain cours de yoga, essayez de tenir une posture moins longtemps, ou moins bien que d’habitude, voir d’être le premier à lâcher la posture, et tout cela en étant en paix avec vous même, sans vous en vouloir, et sans avoir peur du regard des autres. Vous pouvez même pousser l’exercice jusqu’à être sincèrement heureux pour les autres qui y arrivent si bien.

    Et surtout, Laissez votre commentaire pour expliquer comment vous avez vécu ce défi. Chacun de nous peut en retirer quelque chose de différent, alors partagez!

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  3. 31 octobre 2014 @ 11 h 20 min shivaleyogi

    Merci beaucoup au traducteur de yoganova, j’ai vu circuler l’article en anglais sur le web mais c’est tout de même plus clair en Français.
    Ça vient de moi ou c’est le style de Iyengar qui est visé par l’auteur ?
    J’ai eu une fois l’occasion de suivre un cours Iyengar en Inde et j’en garde un souvenir douloureux. L’ambiance était martiale et le prof un peu « pète-sec », nous avions utiliser des cordes, des poulies autres accessoires et je m’étais demander ce qu’il y avait de spirituel la dedans. Peut être étais je mal tombé, en tout cas je ne suis jamais retourné dans un cours Iyengar depuis.
    En tout cas, ici comme souvent, tout est question d’équilibre entre l’intérêt porté au corps et le travail sur les sphères plus subtiles de « l’Etre ».
    Merci pour le partage.

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  4. 17 décembre 2014 @ 0 h 59 min Denis Billo

    Peut-être pouvons nous entrevoir que l’asana est un véhicule mu par l’énergie pour emporter l’esprit dans de nouvelles connaissances et que finalement si la carrosserie du véhicule est un peu cabossée ou que le moteur ne marche pas à 100%, ce qui reste le plus important pour voyager est de passer la première et de partir avec.
    Mais il semble que beaucoup ne savent plus avancer et reste à regarder plus ou moins précisément pendant des mois ou des années la taille du câble du frein ou le parallélisme des roues…

    Répondre

  5. Yoganova

    17 décembre 2014 @ 18 h 05 min Yoganova

    Entièrement d’accord avec vous Denis. D’ailleurs dépouillé de ses aspects plus subtils et intérieur, le yoga ne devient qu’une discipline corporelle parmi d’autres, entre la gymnastique et le Pilate.
    C’est fort dommageable mais après tout assez symptomatique de notre époque qui veut toujours réduire à l’organique et au matériel ce qu’elle ne comprend plus.

    Répondre

  6. 7 août 2015 @ 22 h 47 min Eve-Anne / votreyoga

    Je trouve que cet article fait beaucoup, beaucoup de bien..

    C’est fou car j’ai commencé hier à écrire un article sur le sujet et voilà que je découvre aujourd’hui votre blog avec cet article. Il n’y a pas de hasard … :-)

    Je trouve qu’on entend beaucoup trop parler de blessures et d’alignement, d’une manière qui ne me paraît pas juste. En fait, je suis étonnée du nombre de personnes sur le net qui disent se blesser en pratiquant du yoga ou qui mettent en garde, presque comme si ça faisait partie de notre quotidien. Hors ce n’est pas du tout le cas.
    D’autre part, je pense également que l’alignement est quelque chose de personnel. Je crois qu’on peut trouver de bonnes choses dans les « consignes » d’alignement mais celles -ci devraient rester de l’ordre du conseil, de l’indication, comme une invitation à essayer…quelque chose à prendre ou à laisser en fonction de chacun. Dans tous les cas, ça ne doit pas devenir une « règle ». Je pense d’ailleurs que l’obsession de l’alignement est à l’origine de blessures car à l’origine de grandes dévalorisations. Les pratiquants se focalisent sur une représentation mentale d’une posture et en oublient leurs propres sensations, leur propre cheminement intérieur et personnel. C’est quand même un comble pour une pratique de yoga …

    Merci en tout cas pour cette traduction. Dès que mon article sort, je relaie le vôtre.

    Répondre

    • Yoganova

      8 août 2015 @ 16 h 50 min Yoganova

      Bonjour et merci pour votre commentaire. Nous avons hâte de de vous lire. N’hésitez pas à nous l’envoyez ou à mettre le lien dans les commentaires.

      Répondre

  7. 9 août 2015 @ 14 h 31 min Jean-Louis Lepreux

    Je suis entièrement d’accord avec cet article.
    La pratique est aussi une question d’intelligence (pour comprendre de qu’il faut faire ou ne pas faire) et de mesure. Quand l’un des deux manque, soit on se fait très mal, ou on se lasse (car après plusieurs mois rien n’a changé), ou on perd son temps à pinailler sur le petit muscle à droite du genou, et on se dégoûte du yoga.

    Je pratique et enseigne l’ Iyengar, tout en étant suffisamment ouvert pour aller voir ailleurs ce qui s’y passe. Je rencontre des enseignants très profonds et intéressants, qui me permettent d’expérimenter des états que je n’ai pas trouvé dans mon école, grâce au chant de mantras ou à d’autres pratiques du pranayama notamment. Mais je vois aussi des élèves réalisant des « positions » (je ne parle pas de posture) catastrophiques, non corrigées par l’enseignant, qui sous prétexte de « laisser la posture émerger de l’intérieur quand le corps sera prêt », rend impossible toute expérience que l’on peut ressentir dans une posture « juste » et proprement réalisée.

    Faire un Trikonasana enroulé en avant avec les jambes pliées, un Sarvangasana (« chandelle ») sur le milieu du dos plutôt que sur le dessus des épaules, ou une méditation le dos complètement plié en deux, c’est passer à côté de la possibilité d’une profonde sensation d’ouverture, de mieux être ou d’une belle expérience intérieure. C’est aussi passer à côté de la possibilité d’engager son corps à se transformer pour trouver rapidement un meilleur état d’être.

    Quand je reviens à ma pratique, j’ai beaucoup de gratitude envers M. BKS Iyengar pour nous avoir enseigné les alignements, pour avoir développé puis pour nous avoir appris à utiliser tous ces supports, sans lesquels je n’aurai jamais pu comprendre l’intérêt d’une posture « juste » ni la possibilité de rester longtemps dans ces postures, alors que mon corps n’était pas encore capable de les faire.

    Je rejoins Marie (1er commentaire) qui dit qu’on devrait associer des cours plus techniques et des cours plus fluides. Encore faut-il connaitre les techniques et savoir les enseigner, ce qui est encore assez rare d’après ce que je vois en dehors de mon école.

    Merci à Yoganova pour tous ces beaux articles et la qualité du site, ainsi qu’aux nombreux contributeurs.

    Répondre

    • Yoganova

      13 août 2015 @ 11 h 45 min Yoganova

      Jean-louis votre ouverture d’esprit vous honore et vous avez raison,ici comme ailleurs il faut trouver le juste milieu. 😉

      Répondre

  8. 14 janvier 2017 @ 0 h 10 min Daniel

    Bonjour

    je me suis permis d’insérer quelques phrases de l’article et des commentaires à propos de ce sujet important.

    « Merci à Yoganova pour tous ces beaux articles et la qualité du site, ainsi qu’aux nombreux contributeurs. »

    A propos de « l’action » d’un asana sur notre être vivant :

    « Vous serez peut-être nombreux à dire qu’exécuter un âsana est une discipline physique, mais si vous parlez ainsi sans connaître la profondeur des âsanas, vous êtes déjà déchus de la grâce du yoga » Nous dit Shri B.K.S.Iyengar

    De l’alignement :

    « Ligne médiane = le rayon qui divise le cercle en deux parties et ligne d’horizon chez les Egyptiens, lieu de la divinité «.
    Cette phase passe par la notion d’alignement qui se réfère au concept de samattva ou d’équanimité.
    La ligne médiane (bramakilla ou brahma danda) ainsi que le cercle ou bindu est le support de toutes les poses.

    “Tous les membres doivent s’intégrer dans la ligne. La connaissance de la ligne est la connaissance suprême. La ligne médiane est le support.”
    Réf : Vastu Upanishad (Upanishad des sculpteurs et constructeurs de temples.)

    Pratiquement l’alignement est essentiel afin que les énergies circulent à condition d’être détendu dans notre pratique.
    Si ce n’est pas le cas les énergies restent bloquées et rien ne se passe pour nous ouvrir peu à peu à de nouvelles perceptions .

    « Le vrai pouvoir des asanas ne se trouve pas dans l’esthétique de la posture mais dans le flux des énergies subtiles qu’ils stimulent dans le corps. »

    Pour les corrections :

    Elève débutant : quelques corrections de base et premières notions d’alignement.
    « On « pense » à la posture au lieu de la « sentir ».
    Autrement dit on est en l’air , en haut, dans le cerveau au lieu d’être en bas dans le Hara ‘deux doigts en dessous du nombril, bien ancré.

    Elève moyen : corrections plus précises des détails et de l’alignement et pénétration progressive dans la pratique, on commence à sentir.

    Elève avancé : les bases sont connues, quelques corrections plus fines, mais sans exagérer, alignement naturel.

    Evidemment l’alignement parfait n’existe pas et dépend évidemment de notre morphologie, mais nous mettons les « choses » en place pour nous en rapprocher, sans exagérer.

    Dans la pratique :
    le Vinyasa Krama pour arriver à un asana et le Vinyasa Krama dans l’asana et un retour correct.
    C’est au retour que l’on voit la maîtrise de l’élève : Vinyasa Krama de retour jusqu’à l’asana de départ.
    Et aussi le Vinyasa Krama du cours, un enchaînement d’asanas qui suit un thème particulier.

    Deux polarités complémentaires dans notre pratique : (Ha-tha)

    Approfondissement dans l’immobilité, et le repos.
    Approfondissement dans le mouvement et les enchaînements ou chaque asana doit garder sa structure.

    Le repos (l’immobilité) est une action en puissance.

    Et aussi : l’équilibre dans les corrections, le juste milieu, pas trop, ou aucune correction en considérant qu’au tout début les élèves ne sont pas habitués à être « touchés » !!
    Dans la « bonne « éducation »on » ne se touche pas !!

    « Il suffit de faire au mieux de votre capacité. Parfois, on a besoin d’accessoires et parfois quelques judicieux conseils suffisent.
    Les différents asanas ne peuvent être appris que par la pratique. »

    Un « bon » enseignant veille à dire aux élèves qu’en allant voir ailleurs, leur pratique va s’enrichir et à leur retour c’est l’occasion de partager les expériences.

    Pour conclure :

    « Alors plutôt que « d’aligner » les os et les organes, alignons donc nos esprits et nos âmes en résonance avec notre « Etre » profond.
    Et pratiquons le Yoga, pas seulement des asanas ! »

    Oui, il s’agit de l’alignement de l’Etre afin de relier en nous le Ciel et la Terre, avec la Bénédiction Divine et l’aide de notre Guide.

    Il faut nous rappeler que l’alignement, l’orientation la rectitude, la droiture sont essentiels dans la pratique ainsi que dans la vie quotidienne , qualités qui ne forment qu’Un sur le Sentier du Yoga.

    Répondre

  9. 4 février 2018 @ 15 h 49 min Max

    Enseignant EPS, en formation RYS200, je m’aligne pleinement sur votre point de vue: l’asanas est un chemin, pas un but.

    Répondre

  10. 13 septembre 2018 @ 22 h 56 min Daniel

    Bonjour Max

    Je ne connaissais pas la formation d’ Enseignant EPS :

    « Aujourd’hui, l’enseignant professionnel se définit, de façon consensuelle, comme une personne qui centre son travail sur enseigner-apprendre, qui puise ses savoirs et compétences, issus de pratiques contextualisées, au sein du groupe professionnel, qui quête, constamment, des stratégies adaptées, des techniques et des outils adéquats, «
    Réf : https://journals.openedition.org/rechercheformation/886

    Je crois lire des conseils pour l’enseignement du Yoga : « qui centre son travail sur enseigner-apprendre »
    C’est exactement cela : c’est l’élève qui nous met à l’épreuve pour trouver la bonne technique afin de l’aider avec les props à s’aligner correctement selon ses possibilités du moment .

    Amitiés Yoguiques

    Ps désolé pour cette réponse tardive et merci de votre approbation, c’est bien encourageant

    Répondre


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Attention ! Le yoga n’est pas sans risque

25 novembre 201625 novembre 2016
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Ouvrez vos chakras et ayez conscience de vos limites.

C'est l'une des études les plus conséquentes disponibles à ce jour sur la pratique du yogae t les blessures qui peuvent en résulter. Menée par deux chercheurs en traumatologie et épidémiologie de l'université d'Alabama de Birmingham, il en ressort que le yoga n'est évidemment pas le sport le plus traumatogène du répertoire, mais qu'il n'est pas pour autant dénué de risques. Et que les yogistes ayant dépassé les 65 ans doivent redoubler de prudence, car ce sont eux les plus vulnérables aux entorses, élongations et autres fractures. Le travail de Thomas A. Swain et Gerald McGwin, rassemblant quatorze ans de données récoltées aux États-Unis, montre aussi que le yoga a gagné en popularité sur la période, et que la fréquence des blessures s'en ressent. En moyenne, elle était de 10 pour 100.000 participants en 2001 et grimpe à 17 pour 100.000 en 2014. Après 65 ans, cette incidence –58 pour 100.000– est bien plus élevée, avec trois fois plus de fractures que pour les autres classes d'âge. Pour les individus âgés de 45 à 64 ans, elle est de 18 pour 100.000 et de 12 pour 100.000 pour ceux de 18 à 44 ans.
«Les blessures liées au yoga sont relativement rares, explique Swain, et comme on aurait s'en douter, l'incidence a tendance à monter avec l'âge du participant. Nous avons aussi observé que le taux de blessures augmente sur la période, ce qui pourrait traduire une plus grande popularité du yoga, avec davantage de personnes inexpérimentées qui ne prennent pas les précautions d'usage pour éviter les problèmes.»
Swain recommande de «consulter son médecin avant de débuter le yoga, d'être prudent et de connaître ses limites personnelles». Des limites que bon nombre de pratiquants débutants sont à même d'ignorer car «le yoga est bien plus difficile et exigeant qu'on le pense», précise McGwin. Au total, ce sont 29.590 blessures que les chercheurs ont répertoriées. Près de la moitié (45%) sont des entorses et le haut du corps est visiblement la zone la plus fragile.

Du yoga au travail….

21 septembre 201621 septembre 2016
yoga au bureauVous pouvez aller travailler ! » La séance d'une heure est terminée. Paula Taylor, professeur de yoga du réseau de coachs sportifs Fizix, libère ses douze élèves. Du chef sommelier à la femme de ménage, les 550 salariés du Bristol peuvent participer gratuitement à ce cours. Organisé dans une petite salle climatisée réservée aux employés, il coûte entre 80 € et 120 € au Comité d'Entreprise du palace. « Le point fort, c'est qu'il y a une homogénéité des groupes et ça crée une dynamique », se félicite son secrétaire adjoint Damien Largeau.   Collé serré   « On peut rencontrer des collègues d'autres services », renchérit Lucie Demai, hôtesse d'accueil. Allongé à sa gauche sur un tapis, Tony Le Douigou, dont elle n'a jamais été aussi proche, en est à son deuxième cours. « C'est plus apaisant que d'aller courir, observe le demi-chef de rang. Idéal pour se détendre avant de commencer le travail, de 16 heures à minuit ».   Debout depuis 7 heures du matin, le directeur d'achats Thomas Trucheret est en nage à la fin du cours, mais il savoure cette coupure en milieu d'après-midi : « J'aborde sereinement la deuxième partie de journée, sur le plan profesionnel et à la maison avec mes trois enfants ». Et de conclure, sourire en coin : « Le stress retombe. C'est parfait  : avec notre clientèle exigeante, il faut être très réactifs. » Voir l'article

Musculation et yoga, nouvelle mode made in US

23 août 201623 août 2016
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De nombreux hommes adeptes de musculation délaissent les poids et haltères pour des matelas de yoga, prenant le pas de l'intérêt grandissant pour une variante plus virile du yoga traditionnel, le «broga».

Le yoga, activité vieille de plusieurs millénaires, était autrefois pratiqué exclusivement par des hommes. L'activité physique «mâle» de l'ère moderne est aujourd'hui tout autre. «Le yoga se résume à bien plus qu'à des femmes qui se contorsionnent tels des bretzels végans», a lancé l'entrepreneur qui a fondé les cours de Jock Yoga, Michael DeCorte. Le centre d'entraînement Equinox de Toronto offre ces séances d'entraînement qui unissent les salutations au soleil à la musculation. De plus en plus de professeurs de yoga tentent d'attirer davantage d'hommes dans leurs classes en proposant des exercices qui misent sur la force plutôt que la flexibilité. Les adeptes de yoga sont constitués à 70% par des femmes, selon une étude de l'institut Ipsos publiée en 2016. M. DeCorte estime malgré tout que 50 à 85% des sportifs qui assistent à ses ateliers de Jock Yoga sont des hommes. D'autres centres de type «broga» essaiment un peu partout au pays. Jo-ga, à Halifax, Yoguy, à Vancouver, et le studio montréalais Mudraforce - où l'activité se pratique en toute nudité- ont notamment vu le jour. Une compagnie basée au Massachusetts, Broga yoga, détient un brevet sur l'emploi du mot-valise. L'entreprise se vante d'avoir plus de 12 000 clients et 500 professeurs à travers le monde, notamment par ses cours offerts par le biais de vidéo en ligne. Selon l'instigateur du «broga», Robert Sidoti, nombre d'hommes sont attirés par les bienfaits du yoga, mais craignent d'avoir un air efféminé en prenant la position du lotus.
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Le dalai lama juge qu’il y a trop de réfugiés en Europe

31 mai 201631 mai 2016
Dalai lama trouve qu'il y a trop de réfugiés en EuropeLe dalaï-lama a estimé qu'il y avait à présent "trop" de réfugiés en Europe après la vague d'arrivée l'an dernier et que ces migrants cherchant protection ne devaient rester que provisoirement sur place, dans une interview publiée aujourd'hui en Allemagne. "Quand nous regardons le visage de chaque réfugié, surtout ceux des enfants et des femmes, nous ressentons leur souffrance et un être humain qui a de meilleures conditions de vie a la responsabilité de les aider. Mais d'un autre côté, il y en a trop à présent" en Europe, a déclaré le chef spirituel des Tibétains au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. "L'Europe, l'Allemagne en particulier, ne peut devenir un pays arabe, l'Allemagne est l'Allemagne", a-t-il ajouté, en référence au fait qu'une majorité des migrants vient de pays arabes comme la Syrie ou l'Irak. "Il y en a tant que cela devient difficile sur le plan pratique. Et sur le plan moral, je trouve aussi que ces réfugiés ne devraient être accueillis que provisoirement. L'objectif devrait être qu'ils retournent (dans leur pays) et aident à reconstruire leur pays", a estimé le dalaï-lama, qui vit lui-même en exil en Inde depuis plus de 50 ans. L'Allemagne a accueilli l'an dernier un nombre record d'un million de réfugiés. Source Le Figaro

Tendance: le yoga en moumoute et chaussures de ski…

6 avril 20166 avril 2016
ski_yoga_poseLe murmure du torrent et le chant des oiseaux dans les bouleaux apaisent déjà. Dans le décor vivant du Plan de l’Eau, aux Menuires, se déroule la randonnée «yoga et raquettes», encadrée par Brigitte Ruff, accompagnatrice en montagne, et Anita Thevenot, masseuse ayurvédique. Après une première marche dans la poudreuse, telle une page blanche, une première pause est consacrée à des exercices d’étirement. Le groupe, limité à douze personnes maximum, forme un petit cercle. Raquettes aux pieds, on tend et on étire ses bras vers le ciel. Profonde inspiration, puis on relâche totalement son buste et ses membres supérieurs jusqu’à frôler la neige. Pendant une quinzaine de minutes, Anita aide chacun à prendre conscience de son corps. «La montagne, avec son paysage somptueux et son air pur, offre un cadre idéal pour pratiquer le yoga pranayama, qui met l’accent sur la respiration», précise-t-elle. On repart ensuite plus détendu, attentif aux empreintes d’animaux et au silence, seulement rompu par le bruit feutré des raquettes. Plus loin, c’est la posture de la salutation au soleil. Un long et ressourçant déroulement du corps, pratiqué plusieurs fois, après avoir déchaussé et s’être installé sur un petit tapis de yoga, prêté par Anita. Les deux autres pauses zen sont consacrées à des exercices respiratoires et à de la méditation, assis en tailleur. Lancées l’an dernier au départ de la station de Val Thorens, ces randonnées bien-être hebdomadaires, de trois heures, affichent complet. Les clients? Souvent des femmes, n’ayant jamais pratiqué le yoga ou même les raquettes, mais curieuses de découvrir cette balade hybride. Morzine mise aussi sur l’engouement autour du yoga. Probablement inspirée par la station suisse d’Engadin St. Moritz qui lançait en 2014 la première piste de yoga du monde, Morzine propose cet hiver la piste des yogis, un itinéraire bleu de 2400 mètres jalonné de dix emplacements pour pratiquer des postures relaxantes, sans forcément ôter ses skis. Enfin, sous le nom de marche afghane, évocateur de montagne loitaine, la station de Samoëns invite à une sortie en raquettes accompagnée par un professionnel. Durant cette randonnée, le travail constant sur la respiration facilite la gestion de l’effort en altitude et relaxe. Les activités bien-être en montagne ne se résument plus à des papouilles et des bains bouillonnants dans des centres aqualudiques mais tirent parti, enfin, d’un environnement unique. Voir l'article sur le site de Libération

Le paradoxe Vegan de la femme branchée.

2 novembre 20152 novembre 2015
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Assez régulièrement ( et de plus en plus ) je vois des gens arriver à un mode de vie vegan ( ce qui en soit est plutôt bien ) mais ce que je trouve étrange c’est souvent le paradoxe éthique assez flagrant et parfois cliché.
Pour commencer, beaucoup des végan avec qui j’ai les échanges les plus houleux sont souvent des filles, entre 20 et 30 ans, « converties » depuis assez peu de temps.
Autant je crois sincèrement aux bienfondés de ce mode de vie lorsqu’il est choisi et pensé de bout en bout, autant je suis souvent confronté à des situations de fort malaise lors de nombreux échanges.
Cela se manifeste par plusieurs choses récurrentes : le prosélytisme, la suffisance et l’incohérence.
Je vais dresser un portrait caricatural pour essayer de bien faire comprendre ça … ( pour ce faire je ne vais que juxtaposer des éléments issus de posts ayant défilé sur mon fil d’actualité perso )
Faisant la queue pour avoir son café-pumpkin starbuck, elle attend en faisant un petit selfie marrant pour montrer son nouveau bonnet en coton bio.
Elle poste ça en ligne avec son nouvel iphone.
Un peu plus tard elle rentre chez elle, se fait un petit smoothie banane, mangue et lait de coco, le tout dans un super blender trouvé sur amazon.
Un petit tour sur son compte instagram nous fera découvrir sa garde robe pour constater que toutes les fringues sont bio. Comme tout est bio, le label "équitable" est apposé sur son chocolat, son café et ses épices.
Plus tard, un passage sur son compte facebook nous montrera de nombreux partages militant où on voit combien l'industrie agro-alimentaire est trash (les vidéos le montrent très bien assurément … (ne pas aller sur une page d'une végan à l'heure du repas !).
On la verra également se réjouir de la fermeture d'un abattoir, voyant le signe d'un réel progrès pour "la cause".
Elle prend soin d'elle, les statistiques publiées sur ses joggings grâce à l'application embarquée dans ses nike en sont la preuve ! Et après une bonne douche avec un savon Lush elle sent super bon le fruit de la passion.
Et ce soir après cette belle journée elle se fait un petit plaisir : un steak végétal. Tellement bien fait qu'on dirait trop de la viande (mais sans la souffrance animale) ! Un petit bout de "Faux-mage" à base de noix de cajou et un avocat. Et en dessert un petit bout de chocolat équitable.
Elle a le sourire en préparant ses vacances en Thaïlande en achetant sont billet en ligne sur son macbook, avec son chat sphinx qui ronronne sur ses genoux et peux enfin aller se coucher, en paix avec elle-même et ses convictions … aujourd'hui encore, elle n'a été la cause d'aucune souffrance animale.
Et là je vous vois venir avec un "Heuuu mais Samten, il est où le problème, je ne vois pas trop où tu veux en venir … elle a l'air plutôt cool la nana là … non ?"
Oui oui elle est cool ! Et c'est vraiment chouette que par son véganisme elle se sente impliquée dans la cause animale, le progrès et l'évolution de l'humanité à des hautes sphères de conscience et d'empathie !
MAIS … Et hélas c'est là que le bât blesse…
Son café est issu de la souffrance des hommes, d'une production qui détruit l'environnement dans lequel il est produit et contribue au déséquilibre nord-sud où la domination occidentale est vécue de plein fouet par les producteurs-esclaves.
Son téléphone est issu d'une production où les métaux rares sont également issus de productions où les hommes sont traités en esclaves dans des mines aux conditions abominables. En plus l'obsolescence perçue fait qu'elle changera de téléphone alors même que ce dernier sera encore tout à fait fonctionnel.
Elle se réjouit de la fermeture d’un abattoir sans réaliser que le nombre d’animaux abattus restera inchangé ... le seul changement sera que ces pauvres bêtes devront parcourir encore plus de distance dans le transport final ... l’élément souvent le plus traumatisant pour l’animal (mais aussi pour l’éleveur qui respecte ses animaux).
La banane de son smoothie provient d'équateur, issue d'une terra-formation imposée par les États-Unis pour que ces pays ne viennent pas concurrencer la production de maïs OGM. La mangue provient d'Inde et a peut-être véhiculé des parasites qui détruisent nos vergers. L'avocat provient d'Israël et le lait de coco de Thaïlande, finançant les deux des régimes politiques discutables. Les transport “bio” n’existe pas ... les bateaux délestent en pleine mer, les camions brulent du gasoil et dans les deux cas il y a un paquet de dommages collatéraux. Ben oui, combien de dauphins pris dans les pales des bateaux, de biches , d’oiseaux, de hérissons percutées, écrasés pour que nos fruits exotiques arrivent à bon port ?
Son blender vient de chine, assemblé dans une usine où les gens sont traités comme de la marchandise et payés une misère et acheté sur un site qui bafoue le droit du travail à longueur de temps.
Ses habits, comme sa nourriture, ont parcouru des milliers de kilomètres pour être parfois produit avec des produits chimiques (malgré les labels bios affichés) et cousu par des enfants, au même titre que ses nikes.
Sa fausse viande et son faux fromage sont issus de productions industrielle et chimique pas forcément très saine et de loin pas locale
Son chat provient d'un élevage de croisements génétiques et nourrit avec des boites industrielles (et là autre paradoxe : doit-on imposer le véganisme aux animaux … ah ben non ce serait aller à l'encontre de leur nature, dans ce cas là c'est pas pareil)
Son billet d'avion compensera le bilan carbone de son véganisme.
A côté de ça j'essaie d'imaginer une personne qui consommera bio, local, de saison avec, certes de la viande de temps en temps (mais qui vient d'un paysan qui connaît toutes ses bêtes) qui portera ses fringues jusqu'à l'usure, n'aura que le strict nécessaire chez lui, pas de robots ménagers dans tous les sens, pas d'ordi, pas de fruits exotiques … et qui pourtant sera la "cible" des végans en raison de son manque de conscience et de sensibilité… et là je me dit qu'il y a un soucis dans la manière qu'ont les végans de mener leur "combat" …
Je me dois de rajouter un GROS P.S. à ce texte : je ne me considère absolument pas comme étant moi-même éthiquement irréprochable, loin de là ! J'essaie de faire au mieux ma part en restant un maximum cohérent entre mes convictions et mes capacités de consommation. Mais par contre l'issue de mes réflexions, de mes pensées, mes idées, je les PARTAGE. J'espère que parfois ma vision des choses en convainc certain mais je considère toujours que les choix éthique sont personnels et que nous ne pourrons jamais être irréprochables sans devenir extrêmes et sans s'extraire totalement du système, ce qui n'est pas ma volonté, au contraire, j'espère pouvoir être le témoin d'évolutions du système dans "mon" sens quitte à devoir faire des compromis, mais que je choisis.
EDIT : suite à l’engouement et aux nombreux comm qu’a suscité cet article aux différents endroits où il a été partagé et comme ça a dépassé le cercle des gens qui me connaissent, je me dois de me présenter pour permettre de contextualiser éventuellement cet article. Pour commencer je dois moi-même faire face à de nombreux paradoxes de consommation lié à mon choix de travail : étant photographe j’ai en effet beaucoup de matériel technologique ( ordinateurs, tablette, appareils photos ... ) qui ont un cout éthique important. Je n’ai pour le moment pas trouvé de solution pour ce pan là. J’ai passé plusieurs période de ma vie à appliquer un régime végétarien et un mode de vie assez proche des principes végétaliens sous pas mal d’aspects. Je me considère comme étant assez impliqué dans les domaines de la réflexion sur nos modes de vies, nos interactions avec l’environnement. J’ai un très grand intérêt pour la permaculture, les productions équitables ( je ne parle pas des labels qui spolient le terme ). Suite à de nombreuses réflexions j’en suis venu à avoir un mode de vie où les choix alimentaires et de consommation générale sont souvent mis dans la balance du pour et du contre au moment de l’acte d’achat. J’ai également un régime alimentaire qui est aussi très “fashion” car j’ai une alimentation principalement axée sur les principes du Dr Seignalet, à savoir sans gluten, sans produits laitiers, sans sucres raffinés ( mais je n’en fais pas un dogme, je m’accorde des exceptions si je n’ai pas le choix ou même si simplement j’en ai envie), je suis venu à ce régime il y a plus de 7 ans pour des raisons de santé et il m’a apporté beaucoup de choses ( j’en discute volontiers avec ceux qui s’y intéressent ). D’autres principes alimentaires font également parti de mes convictions, principalement le fait de consommer local, de saison et bio ( et dans ma région ça veux dire qu’il faut aimer le choux et les poireaux ). Je porte avec moi un assez lourd bilan carbone car j’ai beaucoup voyagé, mais ces voyages m’ont permit en contre partie d’apprendre énormément de choses sur l’humain, la nature, les interactions entre les deux, mais surtout pour réaliser qu’il n’existe pas de valeurs “universelles” ... partout les gens ont des convictions qu’ils sont parfois prêt à défendre avec armes et sang ! J’ai aussi vu qu’il y a un réel angélisme de la part des gens qui vivent leur conviction depuis le fond de leur canapé ikéa ... car à travers le monde j’ai été témoin de la violence , partout sous un nombre inimaginable de formes ! Les seuls moments où j’ai eu la sensation de m’en extraire on été ceux où j’ai été seul face à la nature, loin du fait des Hommes ! J’ai vu plus d’amour et de respect chez une productrice de bœuf bio en France qu’envers des vaches “sacrées” au Népal. J’ai recommencé à manger de la viande en voyage, lorsque j’ai été reçu par des gens qui n’avaient rien d’autre à me proposer et qu’il aurait été plus que déplacé de dénigrer ce geste pour mon petit confort intellectuel. Et puis j’ai appris à reconnaitre qu’il y a de réelles différences entre les modes de production et que cela impact directement nos valeurs et notre environnement, j’y suis de plus en plus attentif et rencontre des gens merveilleux depuis. Comme je l’ai dit à de nombreuses reprises, je trouve merveilleux que de plus en plus de gens s’intéressent aux modes alimentaires “alternatifs” ( qu’ils soient végan, végétariens, sans gluten, bio ... ) car ça montre que les gens ne prennent plus tout pour argent comptant. Mais je prône également la coexistence et l’évolution douce. C’est souvent en ça que mes avis divergent avec les militants ( végan ou autre) sur les manières d’agir : Les études en neuroscience montrent que face à une démonstration de la violence (vidéo d’un abattoir par exemple), le cerveau d’une personne non préparée, vivra ça comme une agression ... mais au lieu d’obtenir un électrochoc contre le système, le trauma sera dirigé contre la personne qui lui aura fait vivre ce trauma... avec un effet inverse à celui désiré... mais je m’égare à parler de ça.
Bref, je tente juste de faire avec les outils à ma disposition pour rester le plus cohérent possible entre mes choix, mes croyances, mes moyens et mes aspirations. Jonglant moi-même avec certains paradoxes.
EDIT 2 :
Je n’ai hélas rien inventé pour créer ce personnage fictif ! juste pris quelques éléments sur différents posts de mes contacts ... j’ai même été assez soft pour qu’on ne pense pas que j’exagère le trait ! Et pour celles et ceux qui me font la critique d’avoir choisi une femme plutôt qu’un homme c’est pour la même raison ( qui n’est pas lié à une réalité statistique et objective ) : je n’ai pas eu autant d’occasion de voir ce type de posts et de profils dans mon fil d’actualité.